Archives pour avril 2014

Dix questions pour une bibliothèque #3 : Terreur Graphique

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Difficile de croire que Terreur Graphique n’ait sorti son premier album qu’en 2010. Il semble faire partie du « paysage bédé d’humour » depuis bien plus longtemps : Psikopat, Fluide Glacial, Jade, mais aussi Aaarg ou Alimentation Générale, dont il est à l’initiative. Et il n’en manque pas, d’initiative. Prolifique, il multiplie les projets et les collaborations et, l’air de rien (avec beaucoup de travail tout de même), peaufine son art au fil de ses publications.

Bien installé dans le registre de l’humour (souvent trash et sûrement absurde), il ne s’y réduit pas pour autant. J’ai déjà eu l’occasion de dire le bien que je pensais de son Rorschach (pas encore en détail, mais ça ne saurai tarder). En attendant, Terreur a accepté de répondre à mon petit questionnaire (on se rend compte sur sa page fb que c’est un sujet qu’il affectionne). Des réponses franches, sans fioritures. Tout à son image (son site s’intitule Minimun Syndical !).

1) Quelle place prend ta bibliothèque chez toi ?

Grande ! Un grand mur entier de haut en bas et de droite à gauche (ou inversement).

2) Quelle est sa configuration (en un seul bloc, en plusieurs parties, dans différentes pièces…) ?

Un gros bloc dans le salon qui est grand ( 30m²)et qui est aussi mon bureau + 3 étagères dispersées dans la maison + un tas dans les toilettes évidemment.

3) Possèdes-tu un classement particulier (si oui lequel) ? En changes-tu souvent ?

Oui, en ce moment on classe les livres par couleur (oui la déco j’avoue) mais c’est plus complexe que ça : couleur/collection/ taille/ auteur/éditeur tout ça rentre en ligne de compte. qui a dit psychopathe ? Oui on change tous les 6 mois.

4) Que contient-elle essentiellement ? Littérature, Art, Histoire, science, fiction, science-fiction, fantastique, auto, biographique, bande dessinée, essai, roman..?

Essentiellement des bandes dessinées et des romans.

5) Quelle est la proportion entre livres avec images et sans images ?

70/30.

6) Tes ouvrages sont-ils plutôt rangés à l’horizontale ou la verticale ?

Verticale sauf dans les toilettes, et sauf la collec’ de vieilles revues BD…

7) Et tes nouvelles acquisitions ? Les ranges-tu à part ou trouvent-elles de suite leur place définitive ? Avant ou après leur lecture ?

Oui, table de chevet à côté du lit puis rangement ou lorsque que j’ai trop de retard j’ai une petite caisse de vin à part pour les mettre en transit.

8) Es-tu globalement satisfait de ta bibliothèque ?

Je trouve toujours que j’ai pas tel ou tel livre indispensable, mais ça va.

9) Qu’y manquerait-il ?

Un peu plus de beaux livres sur autre chose que la bd…

10) Comment la vois-tu évoluer ?

Je la vois devenir obèse.

[Entretien réalisé par courrier électronique le 27 avril 2014]

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Ti-Grô et le Mamoumouth – Olivier Ka & Jean-Denis Pendanx (Petit à Petit, 2008)

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Les éditions Petit à Petit n’existent plus. Dommage, le catalogue de cette maison indépendante normande était d’une richesse et d’une variété incroyables, tout en faisant preuve d’une rare cohérence. Des livres de très belle facture, bandes dessinées, romans ou livres jeunesses, aux formes diverses, alternants adaptations et créations, planches traditionnelles, récits illustrés ou expérimentations narratives et esthétiques…

Ils ont su développer des collections qui sont rapidement devenues des références, maintes fois copiées. La plus emblématique a ouvert la voie aux adaptations littéraires en bande dessinée. Poèmes, contes et légendes, mais surtout chansons d’un auteur choisi (la liste est longue). Autre spécialité de la maison Darnétalaise : les ouvrages collectifs, qui sentent bon la collaboration fructueuse. A l’image de leur dernière collection, qui s’attarde sur le parcours d’un musicien ou d’un groupe emblématique de la culture rock (Nirvana, The Clash, Jimi Hendrix, The Rolling Stones…). Une diversité de style (un dessinateur par chapitre) comme autant de points de vue complémentaires sur le sujet. Chaque collectif fait preuve d’une belle cohésion formelle et met en valeur (parfois en perspective) l’œuvre ou l’auteur abordés.

Petit à Petit aura tracé son petit bonhomme de chemin, tranquillement, en étoffant son catalogue de manière pertinente, en déclinant les thématiques sans se répéter, ni miser sur des albums à gros tirages d’auteurs « bankables » (on retrouve tout de même du beau monde avec Alfred, Olivier Ka, Patrick Jusseaume, Efix…). Seule maigre consolation, on trouve maintenant les albums Petit à Petit dans les bacs à soldes et autres magasins à 2 euros… Ca fait un peu rapace, mais d’un autre côté, je préfère voir un catalogue vendu au rabais plutôt qu’il parte au pilon.

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Aussi, je ne vais pas bouder le plaisir de m’être procuré ce merveilleux conte d’Olivier Ka, illustré par Jean-Denis Pendanx. Ti-Grô et le Mamoumouth nous narre les aventures d’un jeune néandertalien qui devra lutter pour imposer sa passion aux siens : de dessin. Car plutôt que de l’aller chasser avec son père et son frère, il préfère apprendre le dessin auprès de leurs voisins les cro-magnons. Seulement voilà, il buttera sur Pa-Grô qui trouve inutile de dessiner et pour qui seule compte la chasse pour la survie de l’espèce. Heureusement pour lui, le Mamoumouh va changer la donne.

Les grandes compositions aux couleurs chaudes et contrastées de Pendanx (gouache appliquée sur papier noir) sont d’une belle intensité, allant à l’essentiel sans s’éparpiller dans une surenchère de détails. Son trait humoristique et expressif donne à ses personnages des trognes sympathiques. S’il s’appuie sur des vérités surement historiques (ce sont les cro-magnons qui ont crée l’art rupestre), Olivier Ka s’accorde toute les libertés narratives (ils peignent sur des peaux de bêtes qu’ils accrochent comme des tableaux) pour véhiculer la morale de son histoire : sans l’art l’homme ne serait qu’un animal.

La maîtrise du dessin est une invention tout aussi fondamentale pour l’humanité que la roue. Une nouvelle manière d’appréhender le réel, de maitriser son environnement et surtout, développer son imaginaire, sa créativité. D’où l’aspect magique du dessin, sa puissance d’évocation peut être aussi forte que la réalité. Ce que symbolise le Mamoumouth. Une chouette parabole sur cette éternelle question de l’utilité de l’Art…

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Dix questions pour une bibliothèque #2 : Nantua

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Bien heureux de pouvoir continuer cette rubrique avec l’ami Nantua. Professeur d’Histoire-géographie mais surtout dessinateur amateur de grand talent. Ce cher Nantua nous démontre (dans son Carnet à dessins) que l’Art du dessin est un travail de tous les instants, qui nécessite beaucoup de rigueur et une bonne dose de lâcher prise tout de même. Ce dont il ne manque pas !

Amoureux des beaux livres et conservateur devant l’éternel, il ne pouvait échapper à ce questionnaire, qu’il illustre lui-même. Merci mon ami ! (Ce cher Nantua prolonge la thématique…)

1) Quelle place prend ta bibliothèque chez toi ?

Une place importante, dans tous les sens du terme de mon « chez moi »  : mon appartement et ma vie, tout simplement. J’adore les bouquins. Les miens, ceux des autres … quand je suis dans un appart étranger ou ami  je peux pas m’empêcher de feuilleter, c’est maladif. Les livres sont des aimants. Ma bibli prend  de la place. A force d’accumuler j’ai résolu de me débarrasser de quelques vieilleries, non sans mal.

2) Quelle est sa configuration (en un seul bloc, en plusieurs parties, dans différentes pièces…) ?

Dans les deux pièces de vie que j’ai. Dans le salon elle occupe 2 bibliothèques et 3 étagères, dans ma chambre une bibliothèque.

3) Possèdes-tu un classement particulier (si oui lequel) ? En changes-tu souvent ?

J’ai des classements très généraux qui, globalement, reflètent mes goûts à certaines périodes de ma vie : là l’époque Dupuis avec l’intégral Buck Danny en broché, les tuniques bleues, les sammy et quelques autres. Je ne les relis plus guère.  Là, les « classiques » ( Tintin, Black et Mortimer … ), là mon « best of » personnel ( Moebius, Blain, Larcenet, Crumb, Tardi … ) . Ailleurs par format, ( en général les romans graphiques) . Enfin, s’agissant des romans et des livres d’Histoire c’est un peu plus bordélique , même si j’ai réservé un rayon pour les romans scandinaves ; Il y aussi un pan réservé aux auteurs que j’affectionne: Jack London, Cortazar, Léo Perutz, Calaferte … il y en a tant !   Les livres que je préfère trônent en général dans mon salon. Je ne change pas souvent de classement, mais il m’arrive de faire des modifications à la marge.

4) Que contient-elle essentiellement ? Littérature, Art, Histoire, science, fiction, science-fiction, fantastique, auto, biographique, bande dessinée, essai, roman..?

De tout, mais pas toujours en force … A force d’en accumuler, je pense que c’est les bd qui constituent la base solide de ma bibliothèque, en second lieu viennent les livres d’Histoire mais j’ai quand même beaucoup de romans (notamment scandinaves ), un peu de SF, de policiers (Mankell  incontournable) et quelques essais. Ces derniers ne font pas véritablement l’objet d’un classement, je les pose ça et là.

5) Quelle est la proportion entre livres avec images et sans images ?

Compte tenu de ce que j’ai dis avant je dirais du 60 % images, peut être plus, d’autant qu’il n’est pas seulement question de bd mais de carnet de croquis, livres d’art…

6) Tes ouvrages sont-ils plutôt rangés à l’horizontale ou la verticale ?

A la verticale la plupart, mais j’en glisse beaucoup dans les interstices à l’horizontale, peut être que je pourrai faire autrement mais j’aime bien aussi le côté bordélique assumé.

7) Et tes nouvelles acquisitions ? Les ranges-tu à part ou trouvent-elles de suite leur place définitive ? Avant ou après leur lecture ?

Je les mets de côté dans un 1er temps, dans le petit meuble près de mon canapé ( c’est précis !), ça me permet de les avoir sous la main pour les feuilleter un peu. J’aime bien ces rites qui font qu’on tourne autour avant d’y aller franco. C’est des préliminaires quoi !

8) Es-tu globalement satisfait de ta bibliothèque ?

En terme de qualité des livres oui, moins d’un point de vue très concret. J’aimerais résoudre le problème de place en achetant ou montant un meuble qui prendrait un pan entier, du mur jusqu’au plafond. « Ça va se faire » comme dirait un certain…

9) Qu’y manquerait-il ?

Certainement quelques classiques, en roman comme en bd. En outre j’aimerais bien m’intéresser un peu plus à l’économie ( on nous serine tellement de bêtises que je voudrais m’armer intellectuellement ). Enfin l’actualité bd est tellement foisonnante et mes désirs sans fin qu’on ne peut que ressentir du manque.

10) Comment la vois-tu évoluer ?

Grandir … elle n’a pas d’autres choix : c’est la vocation d’une bibliothèque !

[Entretien réalisé par courrier électronique le 18 avril 2014]

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Auto-biblio…

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Ent’revues

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L’aurions nous enfin ce magazine de critique de bande dessinée tant attendu, qui rend pleinement compte de la richesse et la créativité du neuvième art, de sa production et de ceux qui la font ? Il semblerait en effet. Ka Boom est une revue trimestrielle qui prend le temps d’analyser, de rencontrer, de comprendre, sans céder aux sirènes de l’actualité immédiate (voire l’interview de Joe Matt qui n’a rien produit depuis plus de dix ans). Et sans pour autant se déconnecter du milieu, comme en attestent les dossiers concernant le festival d’Angoulême ou les dernières nouveautés éditoriales (en avant-première pour certaines). Du « mainstream » (Schtroumpfs, Asterix, Spirou), aux « indépendants » (Daniel Clowes, Blutch, Sfar & Trondheim, Ruppert & Mulot…), des anciens (Gus Bofa, Herriman, Don Rosa, René Follet) aux incontournables (Tardi, Corben, Jaime Hernandez, Willem, Floc’h, Gipi…), sans oublier les petits nouveaux (Nadja, Joff Winterhart), la rédaction évite tout clivage et guéguerres de chapelles.

Le choix des artistes et des œuvres présentées me convient tout à fait. Proposer des dossiers qui ont l’intelligence d’éviter les traditionnels écueils de l’hagiographie (bio-biblio), en abordant l’Œuvre d’un auteur sous un angle original (l’influence de Moebius sur les auteurs japonais, l’influence de Gus Bofa sur les dessinateurs contemporains…). Susciter des rencontres entre artistes (interviews de Dan Clowes par Pirus et Mezzo, Peter Belgvad par JC Menu, Joff Winterhart par Nine Antico, Willem par Morvandiau…), établir des liens inattendus (les schtroumpfs et le dadaïsme), créer des ponts entre les continents et les époques, telles sont les ambitions réussies de Ka Boom.

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Troisième numéro pour le bimensuel Aaarg, qui garde le cap et semble avoir trouvé son rythme de croisière (et ses lecteurs). C’est une bonne chose, car cette revue possède de grandes qualités, tant formelles que de contenus. Son format d’abord, très grand, épais et coloré, associé à une qualité d’impression impeccable, m’évoque le regretté Ferraille Illustré. Une revue hors norme qui « ne rentrera jamais dans ma petite bibliothèque toute moite » (comme indiqué au dos du Ferraille n°27). Son contenu est riche et généreux (188 pages plus des posters), à l’image des collaborateurs du rédac’chef Pierrick Starsky. Petit name-dropping qui en dit long : Anthony Pastor,Tanxxx, Fabcaro, Terreur Graphique, Pixel Vengeur, Salch, Pochep, Bouzard, Sourdrille, B-gnet, Rifo, Caritte, Reuzé, Jürg…

La comparaison avec Ferraille ne s’arrête pas là. L’humour varié (potache, satirique, second degré, con, etc.) et la diversité graphique sont au rendez-vous. Son contenu alterne entre courtes planches de gag en strips (avec entre autres le Grotext d’Olivier texier, Paf et Hencule de Goupil Acnéique…) et longs récits d’une vingtaine de pages (Pastor dans le n°1, Caritte, Rifo et Starsky dans le n°3). Le tout entrecoupé de dossiers complets et bien ficelés qui parfois, en particulier « les chroniques de la bouche bée », flirtent avec l’esprit « Echo des Savanes », photos racoleuses en moins. Sans oublier des zooms sur des artistes-illustrateurs : Laurent Durieux, Il Gatto, Riff Reb’s ou Julien Loïs. Bien qu’étant une revue de dessins et d’illustrations, Aaarg n’a pas peur des mots. On peut trouver des pages entières de nouvelles inédites sans une seule illustration. Ce qui contribue à la diversité de l’ensemble. Une revue à suivre…

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Alimentation générale, de la jeune maison d’édition indépendante nantaise Vide Cocagne, est née de l’initiative de l’excellent Terreur Graphique (ce qui s’annonce bon !). Une sorte de fanzine de luxe sorti de manière plutôt confidentielle en juin 2011, qui en est actuellement à cinq numéros. Une revue placée sous le joug de l’ « umour et bandessinée ». Pas étonnant dans ce cas de retrouver cette constellation d’auteurs qui gravitent autour des planètes Fluide, Psikopat, Jade, Aaarg ou feu-Ferraille, coutumiers de ce genre de production (Guerse, James & Boris Mirror, Fabrice Erre, Gilles Rochier, Pixel Vengeur ou Pochep). Merci à l’ami Nantua de m’avoir offert ce premier numéro, exclusivement composé d’histoires courtes dessinées, certaines reliées autour du thème de la bouffe (d’où le titre), sans aucun rédactionnel. Ça se lit vite mais c’est bien foutu. J’ai hâte de me procurer les autres numéros…

Dix questions pour une bibliothèque #1 : Maël Rannou

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L’idée d’établir des interviews me trotte dans la tête depuis longtemps. Je me lance enfin. Partant du principe que chaque bibliothèque est unique, celle-ci ne peut que refléter la personnalité de son propriétaire. Une manière comme une autre de faire connaissance avec une personne, en la questionnant sur les rapports qu’elle entretien avec sa bibliothèque. Et par extension, sur ses goûts en matière d’art et de littérature, si elle est conservatrice ou détachée de l’objet livre…

Je soumettrai donc ces dix questions à des artistes, auteurs, blogueurs, amis avec lesquels je partage cette passion pour l’objet livresque. La seule consigne est de répondre le plus franchement possible (chacun décidant de prendre les questions au sens propre ou figuré), sachant que certaines réponses mériteront d’être commentées. Et surtout, en profiter pour parler des œuvres qui leur semblent incontournables à toute bonne bibliothèque qui se respecte.

Et quoi de mieux que de commencer cette nouvelle rubrique avec le camarade Maël Rannou (dont je vous ai parlé le mois dernier), passionné de livres devant l’éternel et, de surcroît, bibliothécaire de métier. Merci encore pour ta sincère participation !

1) Quelle place prend ta bibliothèque chez toi ?

Elle est énorme, d’ailleurs elle se disloque entre mon appartement actuel, mon ancien appartement où vit toujours ma compagne et la maison de mes parents, ou elle remplie ma chambre et la chambre d’amis !

2) Quelle est sa configuration (en un seul bloc, en plusieurs parties, dans différentes pièces…) ?

Ha, j’ai déjà commencé à répondre précédemment : en plusieurs partie, dans différentes pièces et dans différents lieux ! Et encore je n’ai pas parlé de la bibliothèque dont je suis responsable (puisque je suis bibliothécaire de métier).

Pour rajouter une info disons qu’en plus d’être sur les étagères il y a perpétuellement plusieurs dizaines de bandes dessinées à trainer un peu partout (en attente de lecture, en attente de rangement, etc.).

3) Possèdes-tu un classement particulier (si oui lequel) ? En changes-tu souvent ?

J’ai classé ma bibliothèque il y a un an ou deux et n’y touche plus. Globalement l’idée est simple : un classement alphabétique de dessinateur. Après j’ai adapté à quelques contraintes : les séries changeant d’auteur (elles sont classées au nom du premier dessinateur), l’espace (pour des contraintes d’espace gâché j’ai divisé ma chambre en trois sections de formats : une étagère de grand format, les formats classiques puis des petites étagères de formats poches), des exceptions (ainsi, si je suis amateur d’un scénariste en particulier je regroupe tout à son nom, c’est le cas de Moore par ex qui me semble plus connu que ses dessinateurs), et le classement des revues et fanzines, posées à part.

J’ai aussi un étrange classement « qualitatif » : chez ma compagne on trouve un peu plus d’une centaines de Bds que je trouve essentielles, je les avais sélectionné et emmené avec moi pour pouvoir toujours les lire (résultat elles sont loin de moi!), chez mes parents ma chambre est emplis de tout ce qui est alternatif, adulte, etc. Alors que la chambre d’ami contient tout ce qui est classique franco-belge et BD tout public/pour enfant (ce n’est pas aussi binaire et certainement pas un jugement de valeurs, certains de mes albums favoris étant là bas, ceux de Franquin, Tillieux, Will et Goscinny en tête) et dans mon appartement on trouve les dernières Bds que j’ai acheté, une bonne centaine aussi, mais là « en attente » d’être classé ailleurs.

Je tiens à préciser que ce classement est fonctionnel parce que je m’y retrouve mais que je ne le professerai pas, chacun fais comme il se retrouve pour chez soi. Ce qui est certain c’est que je le trouverai inadapté pour une bibliothèque recevant du public, un sujet pour lequel je renvoie à mon mémoire de licence : « La bande dessinée en bibliothèque municipale : présenter, classifier et valoriser un fonds » ( http://neuviemeart.citebd.org/spip.php?page=memoire&id_memoire=27 )

4) Que contient-elle essentiellement ? Littérature, Art, Histoire, science, fiction, science-fiction, fantastique, auto, biographique, bande dessinée, essai, roman..?

Il s’agit en grande majorité de bandes dessinées mais aussi de « livres de mots » (je déteste évidemment la distinction bande dessinée/livres). Pas mal de romans tout de même, même si en ce moment, hors bande dessinée, je lis surtout des essais.

De manière générale on y distingue un goût évident pour les choses un peu « en marge », que ce soit dans la bande dessinée (fanzines, petits tirages, choses obscures des 70′, beaucoup d’éditeurs alternatifs actuels, etc.) ou dans le reste. Par exemple j’ai un rayon de poésie québécoise (avec l’incroyable et inconnu ici Denis Vanier), pas mal d’essais politiques (mais pas des machins témoignages écrit par les nègres d’un ministre je vous rassure), des livres de chez Pauvert, des bouquins d’argot, etc. Après je ne crache évidemment pas chez de grands inspirateurs comme Gide, ou sur la littérature anglo-saxonne du début XXe qui occupe une place forte en mon cœur (Lewis Carroll, L. Frank Baum et James Barrie en tête).

Sur les livres d’Art c’est surtout de l’expressionnisme, dans les essais les livres d’histoire, de philo et de littérature sont avant tout des reliquats de ma prépa littéraire, mais j’y réinsère de l’histoire politique régulièrement, et un certain nombre de penseur de l’anarchie en ce moment.

5) Quelle est la proportion entre livres avec images et sans images ?

A minima du 80% pour les livres avec images, mais pas juste de la bande dessinée (livres pour enfants, livres illustrés, livres d’art)… Et pourtant je ne manque pas de livres de mots, mais la proéminence de la bande dessinée est incontestable et incontestée !

6) Tes ouvrages sont-ils plutôt rangés à l’horizontale ou la verticale ?

Horizontale, arrivée en bas de l’étagère on remonte en haut de la suivante. Certains très grands formats (principalement des 30×40 de Futuropolis mais pas que) sont à plat en haut d’une étagère. [ - C’est marrant de voir qu’on a pas interprété de la même façon le rangement horizontal ou vertical. L’ensemble est en effet rangé à l’horizontale (de gauche à droite, comme tout bon occidental :) mais je parlais plutôt des livres qui eux sont chacun rangés à la verticale…  - Ha oui, à l’horizontale comme ça oui… En fait les piles en bas de mon lit et mes zines sont en vertical en ce cas ! Mais je voyais en lignes d’étagères moi ^^]

7) Et tes nouvelles acquisitions ? Les ranges-tu à part ou trouvent-elles de suite leur place définitive ? Avant ou après leur lecture ?

Je ne range rien avant que ce soit lu. A l’achat mes livres sont posés à côté de mon lit, ils entrent ensuite plus où moins rapidement dans les étagères, généralement chez mes parents après être passés par le « purgatoire » de mon appartement.

8) Es-tu globalement satisfait de ta bibliothèque ?

Oui, mais moi qui n’ai aucun désir de possession immobilière en soit, je rêve d’un grand hangar rempli d’étagères.

9) Qu’y manquerait-il ?

Certains auteurs sans doute, des bouquins en VO – mais je ne parle aucune langue étrangère alors bon – mais surtout de la place, de l’espace, encore plus d’étagères !

10) Comment la vois-tu évoluer ?

En s’étendant inexorablement…

[Entretien réalisé par courrier électronique le 12 avril 2014]

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