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Archives pour février 2009

IN RAINBOWS – Radiohead (2007 XL Recordings)

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Que peut-on attendre du nouvel album d’un groupe comme Radiohead ? Qu’il nous surprenne, nous déroute, ou qu’il nous rassure en retrouvant un univers familier ..? La grande qualité d’un groupe, c’est de nous proposer des chansons qui nous touchent, nous émeuvent, nous remuent les tripes, correspondant à nos goûts… Et pour moi, Radiohead créé les plus belles que je n’ai jamais entendues.

Depuis 1995 et The Bends, Radiohead ne sort que des grands albums. Sa capacité à se réinventer, à aller vers des directions inattendues, à ne jamais sortir des albums qui se ressemblent est pour moi un gage de qualité, et relève d’une démarche artistique intègre et honnête. Car aussi déroutant qu’ils soient (tels le diptyque Kid Amnesiac), lors des premières écoutes, chaque albums me semblent avoir été produits spontanément, d’un premier jet, alors qu’ils relèvent d’un travail de long haleine, monstrueux. Impression que j’ai ressenti plus encore avec In Rainbows.

Qu’attendre de leur dernier album ? Qu’il m’apporte de nouvelles pépites, de belles sensations… Et c’est le cas ! Au-delà de mes espérances, c’est leur meilleur album. Le décrire morceau par morceau me parait difficile, trop subjectif. Car on ne peut comparer qu’en fonction de nos propres références…

In Rainbows ne s’aventure pas vers des territoires sonores inconnus. Il n’est non plus une redite de Hail to the Thief (qui fait la synthèse de leurs précédents albums, une sorte de best of d’inédits). Tel un artiste peintre, Radiohead a maintenant constitué sa palette et peut composer pleinement avec ses sonorités, ses structures, ses mélodies, ses rythmes…

L’ambiance globale est plus calme, moins torturée (plus adulte ?). Les membres (et thom Yorke en particulier) semblent plus sereins, à l’aise à leur place. Cet album est celui d’un groupe soudé, au service de leurs chansons et non celui de musiciens au service d’un chanteur mégalo… Remarquable !

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LITTLE NEMO – Winsor McCay (1969 éditions Pierre Horay)

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J’ai vraiment un libraire gé-nial ! Il te sort comme ça, de ses cartons, un exemplaire de Little Nemo de chez Horay, en édition originale de 1969 !!! C’était mardi dernier, je le vois en train de le rénover sur son bureau. Je lui demande sans trop y croire : il est en vente ? Me doutant qu’il était déjà vendu ou qu’un client lui demandait de le rénover… Il me dit qu’il fait du tri dans son stock de BD, que beaucoup l’avaient repéré depuis qu’il l’a sorti, mais que personne n’avait pris une option dessus !! Je lui demande de répéter ?! Il me confirme que personne ne l’a encore acheté. Putaing ! Mon gode ! quels connos ! et quelle chance pour moi ! Je le réserve donc immédiatement, et le récupère hier, rénové comme il faut, il y avait juste les pages de garde déchirées…

J’aime bien ce genre d’histoire avec les livres que je considère incontournables, indispensables à toute bonne bibliothèque. Comme l’est cet ouvrage admirable, qui restitue à merveilles les dimensions et les couleurs de l’oeuvre de McCay. Je ne pensais jamais pouvoir me le procurer un jour, sauf hors de prix (même que l’ami Vidocq a le même chez lui depuis toujours, et même que j’étais jaloux !). Je ne m’acharne pas à rechercher ce genre d’ouvrage, j’attend qu’il vienne à moi. Je ne suis donc pas déçu de ne pas le trouver, et très heureux de tomber dessus un jour, par hasard qui, s’il existe, se provoque aussi…

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Roland Topor – Made in Taïwan, copyright in Mexico (1997 éditions du Rocher) / Pavé Topor (1994 DTV)

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Dès que je peux trouver un ouvrage de Topor à un prix raisonnable, je le prends ! Mais malheureusement, il n’a souvent publié que confidentiellement, à petit tirage, au sein de petites maisons d’éditions (Losfeld, Pauvert, DTV, Balland, Atelier Clot… Ce qui explique la difficulté d’en chiner et les prix exorbitant pour une édition originale. Mais ça vaut le coup d’être patient pour dénicher la bonne affaire.

Roland Topor est un artiste polymorphe. Virtuose du dessin (un style académique qui contraste avec des thèmes surréalistes), Maître de l’humour noir, collaborateur de la première heure à Hara-Kiri, co-fondateur du mouvement Panique, auteur pour le théâtre (de l’absurde essentiellement) et la télévision (avec son ami JM Ribes), nouvelliste (dont le fameux Café Panique), parolier, romancier (a écrit une petite dizaine de romans dont Le Locataire Chimérique qui sera adapté au cinéma par Polanski). Illustre illustrateur (des œuvres de Gogol, de Perrault, Swift, Tolstoï…), il a conçu, entre autre, les décors et personnages de La Planète Sauvage de René Laloux. Acteur dans le Nosferatu d’Herzog, il a aussi taté de la BD dans les premier numéro du Petit Psikopat Illustré de Carali. Bref, Roland Topor est un monstre, certainement le plus humain des monstres…

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Made in Taïwan, copyright in Mexico est le dernier ouvrage de Topor paru de son vivant. Ce recueil de nouvelles et d’illustrations aborde, comme par hasard, le thème de la Mort… « La frontière entre la vie et la mort n’est pas aussi précise qu’on le prétend. Beaucoup de vivants portent déjà en eux leur propre sépulture et n’existent plus que par habitude, alors qu’un jeune cadavre abrite encore des cellules bien vivantes, qui s’activent comme si de rien n’était […] Les morts traversent dans l’illégalité la ligne de pointillés qui sépare l’au-delà de l’en-deçà pour se payer du bon temps du côté de la vie en se moquant des marionnettes du libre arbitre, ou pour se plaindre en les prenant à témoin. Symétriquement, certains vivants se faufilent entre deux rondes de gabelous pour explorer et conquérir de nouveaux territoires, ou pour trafiquer avec leurs complices établis de l’autre côté de la vie ». Les illustrations -les photomorphoses- sont faites à partir de photographie que Topor a retravaillé, redessiné. A la manière des surréalistes (je pense à Max Ernst), il détourne le sens premier de la photo pour y faire apparaître de nouvelles formes, en les soulignant d’un trait. 

Topor Pavé est un recueil de poésies illustrées reprenant l’intégrale de Rumsteak plus des inédits. Leur structure et leur rythme font plutôt penser à des chansons (d’ailleurs certaines sont des chansons). Pas étonnant que François Hadji-Lazaro ait interprété ses textes (François détexte Topor). Les illustrations sont plutôt des crobars qui semblent avoir été dessiné à la va-vite, au coin d’un zinc. Le génie de Topor réside aussi là, dans cette impression de « bâclé ». Ce qui n’est évidemment qu’une impression…

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Articles de Philippe Krebs sur Topor et Panique : http://hermaphrodite.fr/article629

Contes des Monts et Merveilles (1987 éditions Gründ)

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Illustration de Alfons Mucha

Sorti en 1988 (réédité en 2000), ce magnifique ouvrage nous présente une vingtaine de contes, certains d’auteurs connus et reconnus (Frères Grimm, Tolstoï, La Fontaine), d’autres de diverses traditions (anglaise, lituanienne, allemande, française, suédoise ou grecque).

Chacun de ces contes est richement illustré par un artiste de l’époque Art Nouveau, avec la présence du plus emblématique : Alfons Mucha. Je découvre ici avec bonheur de formidables illustrateurs, les anglais Walter Crane et Aubrey Bearsley, les français Eugène Grasset, Henri Rivière et Maurice Boutet de Monvel, les tchèques Frantisek Kupka et Josef Lada, le suédois Carl Larsson, le russe Ivan Bilibine… Quel plaisir de (re)découvrir ces contes, merveilleusement illustrés.

Grâce aux travaux de Bettelheim (Psychanalyse des contes de Fées), on sait que le conte exerce une fonction thérapeutique et formative, d’où son immense portée pédagogique. Le jeune enfant projette sur les personnages des contes de fées ses propres fantasmes et parvient ainsi à s’en libérer. En lisant, il enrichit son imagination et trouve une réponse concrète et précise à ses angoisses. Et cela vaut également pour l’adulte, qui ne manquera pas d’y projeter ses fantasmes les plus libidineux (comme nous le démontre Gotlib dans son Rhaa Lovely). Il n’y a pas d’age pour en lire, les contes de Fées se lisent sur plusieurs niveaux…

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Illustration de Julius Diez pour La Belle au Bois Dormant

LOCK GROOVE COMIX – JC Menu (2008/09 l’Association Mimolette)

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Les passerelles entre le Rock et la Bande Dessinée existent depuis quelques décennies maintenant, grâce surtout à Metal Hurlant. Ses hors séries « Spécial Rock » concoctés par Manoeuvre, la collection Speed 17 des Humanos, avec des ouvrages sur le Punk, les Sex Pistols… Dans son Rock-City, Serge Clerc utilise les membres de groupes connus (Les Cramps, Dr Feelgood…) comme des héros de BD. Franck Margerin lui, intègre ses personnages dans un univers rock et invente le groupe Ricky Banlieue et ses Riverains… 

Cette alliance Rock-BD peut prendre différentes formes. Des dessinateurs qui font de la musique (Denis Twist, Thiriet, Winshluss, Carali et Pixel vengeur…), des musiciens qui se lancent dans la BD, tel Kent. Des dessinateurs qui nous parlent musique (Thierry Guitard, Menu, Luz…), des musiciens qui collaborent avec des dessinateurs (Arthur H et Blain, Dutronc père et fils, l’un avec Fred, l’autre avec une kyrielle de dessinateurs), etc.

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Dans la rubrique Mes Disques à Moi du Rock & Folk de juin 2008, JC Menu répond à la question : pourquoi Rock et BD sont-ils fait pour s’entendre ? « Les deux s’appellent contre-culture tout simplement, il faut les découvrir par soi-même. Ces deux sphères m’intéressent. Parfois, elles se rejoignent comme chez Tramber et Jano à l’époque de Métal Hurlant. Si on écoute « In The Flat Field » de Bauhaus et qu’on découvre Elles Sont De Sortie [fanzine Art & BD des années fin 70], il n’y a pas vraiment d’interaction, mais les influences, les images, les atmosphères qui circulent sont les mêmes. A chaque étape de la musique, il y a un renouveau graphique qui fait sens avec tout ça ».

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Lock Groove s’inscrit donc dans cette continuité. JC Menu doit pas mal à ces auteurs, ils font parti de la même famille. C’est aussi en celà que l’Association est l’héritière directe des Humanoides Associés !

Menu explique aussi dans Rock & Folk qu’il est copain avec Les Satellites. Il a été chanteur dans une première mouture du groupe, mais n’était pas assez mure pour assumer le rock’n’roll way of life. Il dessinera leurs pochettes ainsi que leur logo. Autre exemple de complémentarité entre Rock et BD.

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Ces deux numéros de Lock Groove nous racontent ses souvenirs liés à la musique, ses premiers émois rock (avec les Beatles). Comme son ami Luz et son Claudiquant sur le Dance-Floor, Menu nous propose des chroniques d’albums cultes, des comptes rendus de concert ou de festivals. Mais surtout, il nous fait découvrir ce qu’est le locked groove, le dernier sillon (sans fin) d’un vinyl, qui empêche la tête de lecture de se crasher sur le rond central du disque. Beaucoup de disques en possède, mais peu d’artistes y ont enregistré quelque chose. Les premiers à avoir incéré un locked groove sonore sont les Beatles sur Sergent Pepper. On en trouve aussi sur des disques de Lee Ranaldo (des Sonic Youth) ou des labels Sub Pop et RRRecords. A notre époque du numérique et des mp3, collectionner des vinyls de locked grooves peut paraître un peu snob. C’est aussi une forme de rébellion, venant d’un punk notoire…

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Je retrouve avec plaisir la patte si particulière de Menu : son style expressionniste inimitable, un noir et blanc contrasté, son sens aigu des détails, ses reproductions d’après nature (ici, bien évidemment, des pochettes de disques et des chanteurs). Surtout cette sensibilité, authentiquement naïve, du vrai collectionneur passionné ! Menu excelle dans ce genre « carnet d’impressions et de souvenirs »…

Première contribution de Menu à la collection Mimolette, Lock Groove Comix devrait sortir tout les 6 mois (le numéro 3 en mai prochain ?).

 

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