Archives pour la catégorie Plein les ouies

Overgrown Path – Chris Cohen (Captured Tracks, 2012)

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Quand je parlai d’Ariel Pink et Mac Demarco il a deux ans, je n’avais pas encore pris le temps d’écouter le Overgrown Path de Chris Cohen, sorti la même année. Il est clair que je me suis rattrapé depuis, et aurais sûrement fait une triple chronique. Entre les ambiances pop psychédélique d’un Pink et le son indie-US aux arpèges dissonantes du Mac, Chris Cohen m’est rapidement apparu comme le chaînon manquant. Sorti chez Capture Tracks, label de Demarco avec qui, il a plusieurs fois partagé l’affiche, je fut à peine surpris d’apprendre (sur Magicrpm.com)  que Cohen est ancien batteur du Ariel Pink Haunted Graffiti. Il y a d’évidentes filiations entre ces trois là…

A l’instar de ses camarades, Chris Cohen crée un univers référencé et pourtant hors du temps. Un sens de la mélodie remarquable, à l’interprétation soignée (excellent vocaliste), il sait écrire de bonnes chansons et prend des libertés avec la structure « couplet-pont-refrain ». D’un premier abord brute, il faut quelques écoutes pour cerner toutes les subtilités de cette production clair-obscure, mélancolique et lumineuse.

Overgrown Path offre de multiples niveaux d’écoute. En fonction de nos humeurs, du contexte, on est amené à focaliser sur telle chanson, tel instrument, telle ligne mélodique… Un album pensé dans son ensemble, les morceaux se répondant les uns aux autres de manière évidente. Du rock pysché (Nomad, Don’t Look Today) au rockab’ façon Elvis Costello (Optimist High, Rollercaster Rider). De la pop harmonique (Caller N°99, Open Theme) en passant par les ambiances atmosphériques (Solitude, Inside A Seashell) et la folk d’un Heart Beat, Chris Cohen revisite les genres sans aucuns complexes et sans jamais perdre en cohérence. Un album qui supportera les années. Sûr que j’y reviendrai encore longtemps, il est fait pour durer.

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Singles Club – Tahiti 80 (Human Sounds, 2011)

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En attendant la sortie de leur sixième opus prévue en cette fin d’année, quoi de mieux que de se plonger dans ce Singles Club, compilation sortie en 2011. Tahiti 80 (le secret le mieux gardé de la pop made in France, mais en France uniquement…) nous proposent une pop-rock riche d’influences multiples, « d’Aphex Twin aux Zombies »…

En 1998 sort Heartbeat, premier single du premier album Puzzle, et tube en puissance qui ne trouvera pas le succès pourtant mérité. A la réécoute (16 ans après sa sortie) ce morceau n’a rien perdu ni de sa fraîcheur, ni de son efficacité, et trouve à ce jour encore toute sa place dans les set-lists du groupe (comme on a pu s’en rendre compte à leur concert de juillet à Rouen). Ce premier album contient d’autres pépites pop qui ne pouvaient que produire de formidables singles, tels que I.S.A.A.C ou Yellow Butterfly, superbe morceau à la structure riche et complexe, dont l’intensité monte crescendo. La pop-song parfaite.

Leur deuxième opus, le magnifique Wallpaper For The Soul (mon préféré encore actuellement) prend une orientation plus Soul-funk, avec ces subtils arrangements de cuivres et de cordes, que l’on retrouve sur le bien nommé Soul Deep ou le percutant 1.000 Times. De par son ambiance trip-hop, le premier single éponyme détonne un peu dans leur production. Quoi que, les rouennais sont des orfèvres qui ont toujours privilégié une production minutieuse. A priori évidentes et faciles d’accès, leurs chansons ne dévoilent leurs charmes qu’après de nombreuses rencontres.

Changes, premier single de leur troisième album Fosbury, m’avait dérouté à sa découverte. Mais bien entendu, comme pour toute bonne pop-song, il faut l’écouter plusieurs fois avant d’en saisir toute les subtilités. Un album dont la production lorgne vers l’électro et le R’n'B, taillé pour les dance-floors, tels que Big Day ou Here Comes. Une tendance qui devient leur marque de fabrique : allier harmonie pop et rythmes dansants. Something About You Girl calme l’ambiance et nous rappelle que les p’tits gars sont des maîtres de la ritournelle pop…

Pour leur quatrième fournée, Activity Center, les Tahiti 80 privilégient un son plus direct, plus rock, avec guitares saturées (Chinatown) et rythmes binaires (All Around). Un album qui donne la part belle à la structure classique « guitare-basse-batterie » et confirme tout le talent de composition et de production des Tahiti boys.

Prendre de nouvelles directions tout en conservant une cohérence artistique, tracer son sillon sans jamais donner l’impression de se répéter, c’est la grande force du groupe. Sans oublier la principale : écrire et interpréter de bonnes chansons. Au fil du temps, Tahiti 80 s’est forgé une solide réputation de groupe de scène, totalement justifiée.

Je pourrais ajouter qu’ils ont fait disque d’or au Japon, que je les connais bien depuis longtemps et que j’ai dû les voir en concert une bonne dizaine de fois. Mais ça, on s’en moque… Merci les gars, on a plus à rougir des anglo-saxons !

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Yellow Butterfly

I Am Not Afraid Of You And I Will Beat Your Ass – Yo La Tengo (Matador, 2006)

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Archétype même du groupe indépendant (espèce en voie de disparition), Yo La Tengo trace son sillon à part des modes musicales depuis 30 ans maintenant. A l’instar de leurs amis les Sonic Youth, Yo La Tengo est avant tout le projet d’un couple, Ira Kaplan (guitare et chant) et Georgia Hubley (batterie et chant), auquel se joint le bassiste et chanteur James McNew, ainsi qu’une kyrielle d’instrumentistes.

Prolifique et variée, la discographie du trio ne cesse de s’étoffer, nous proposant un nouvel album tous les deux-trois ans en moyenne. Loin de connaitre toutes leurs œuvres, je peux tout de même affirmer que leur production ne souffre d’aucune impression de redite. Ils génèrent une variété incroyable de rythmes et d’ambiances sans jamais perdre en cohérence. A l’image de ce superbe I Am Not Afraid Of You And I Will Beat Your Ass (quel titre !), sorti en 2006. Une merveille.

Tout y est, la puissance du rock noïsy (Pass the hatchet, I think I’m goodking), la légèreté de la pop harmonique (Sometimes I don’t get you, The weakest part), la transe des rythmes tribaux (The room got heavy), la subtilité des arrangements de cuivres et de cordes (Beanbag chair), la plénitude de l’easy-listing (Song for Mahila, I feel like going home) flirtant parfois vers l’ambiant (Daphnia)… Sans oublier de pures perles typiquement « Yo-la-tengocienne » (The race is on again).

Une variété de matières sonores, allant du séminal « guitare-basse-batterie au chant punk » (I should have know better), aux tessitures pop paisibles (Black Flowers). Le tout rehaussé de superbes harmoniques de voix, sachant que les trois compères chantent, parfois même en voie de tête. Une richesse musicale aux influences maitrisées (entre Beatles, Doors, Jefferson Airplane, New Order ou Sonic Youth), partant des sixties (le rock’n’rollien Watch out for me Ronnie, le très Soul Mr Tough…) pour atterrir au 21ème siècle. Car cet album est bien de notre temps…

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Ariel Pink’s Haunted Graffiti – Before Today (4AD, 2010) / Mac DeMarco – 2 (Captured Tracks, 2012)

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Lo-fi forever !

Ariel Pink et Mac DeMarco, les petits chanteurs à la gueule de bois ! Deux géniaux song-writers à l’univers très personnel, qui nous démontrent avec brio que le 4 pistes a encore de beaux jours devant lui…

Ils confirment que la production ‘low cost’ ne sous entend pas forcement ‘mauvaise qualité’. Au contraire, à l’instar d’un Beck, la ‘small production’ oblige à composer de bons morceaux, car on ne peut en cacher la médiocrité sous une tonne d’effets et de bidouillages. Ne soyons pas dupes, même les meilleurs producteurs œuvrant dans les meilleurs studios ne pourront jamais transformer une bouse en chef d’œuvre. Peu importe l’habillage, si c’est mauvais, c’est mauvais. A l’inverse, quand une chanson est bonne, et qu’en plus, la production permet d’en saisir toutes les subtilités, ça en devient jubilatoire !

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Ariel Pink Haunted Graffiti – « Bright Lit Blue Skies »

Le prolifique Ariel Pink est le nouveau roi de l’autoproduction. Cette huitième galette « Before Today » (la première à être éditée sur le label 4AD) est fortement influencée par la musique californienne, entre surf-pop et cold-funk (croisement contre nature entre Love, Devo, Beefheart, Joy Division et Robert Palmer). Sous des dehors psychédéliques et déjantés (le morceaux d’ouverture « Hot Body Rub » est une hallucinante descente de mauvais Acid Jazz), ses compositions sont de véritables perles pop d’une richesse incroyable. Comme l’illustre parfaitement son chaleureux « Bright Lit Blue Skies ».

Mac Demarco vient de sortir son deuxième disque et premier album sur le label Captured Tracks (après un EP auto-produit plus que prometteur), logiquement intitulé ’2′. Le jeune canadien nous propose une pop-rock branque bourrée d’humour et d’arpèges, sous forte influence Pavement, avec une bonne dose de Neil Young et une pincée de Creedence Clearwater Revival. Son single « Ode to Viceroy » est à ce titre une petite merveille pop à l’humour génialement con !

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Mac DeMarco – « Ode to Viceroy »

Ariel Pink’s Haunted Graffiti et Mac DeMarco sont avant tout des groupes, dont les musiciens transcendent littéralement des délires créatifs de leur leader. Bien que leur musique référencée paraisse légère et fun, emprunte de second (voire troisième) degré, Pink et Demarco ne sont pas de jeunes décervelés naïfs, copieurs ou poseurs. Leur production lo-fi se fait sans filets, donc sans tricheries. Un exercice casse gueule qui nécessite une vraie authenticité artistique et une réelle folie. Ce dont ne manque pas ces deux hurluberlus.

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Ariel Pink Haunted Graffiti – « Round and round »

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Mac DeMarco – « My Kind of Woman »

Keep You Close (2011) / Following Sea (2012) – dEUS

Keep You Close (2011) / Following Sea (2012) - dEUS dans Plein les ouies deus-kyc

dEUS nous propose deux albums en moins d’un an. Ils auraient pu les regrouper en un double… Cela dit, à une époque ou le LP est désinvesti par la plupart des artistes, au profit de formats plus courts, sortir un double album paraitrait obsolète, voire prétentieux. Des qualificatifs qui ne conviennent pas à Tom Barman et ses acolytes.

Deux très bon cru, bourrés de perles pop et de morceaux de bravoure rock typiques de la formation. Et bien que l’on découvre au fil des écoutes de nombreux ponts entre les deux, en particulier au niveau de la production (analogique surement, avec synthés cheap et structures electro-pop aux ambiances new wave), chaque album possède son univers propre, son identité. Deux galettes à voir comme les deux pôles de la planète dEUS… Une démarche qui n’est pas sans rappeler celle de Radiohead avec le diptyque Kid A / Amnesiac, qui avait été produit lors des mêmes sessions…

Les pochettes (superbes, réalisées par Uber and Kosher) illustrent parfaitement la teneur de leur contenu. Keep You Close, c’est l’infiniment petit : minutieux, « maniériste », coloré, tout en détails. Un album d’hiver… Following Sea, c’est l’infiniment grand : plus direct, étendu, « lâché », contrasté, tout en ambiances. Un album d’été…

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Les ambiances « dEUSsiène » sont au rendez-vous, et sans vouloir faire de comparaison inutile – que je vais quand même faire ! - Keep You Close (qui a ma préférence) se rapprocherait plus d’Ideal Crash : deux albums complets, sans fausses notes, sans morceaux plus faibles que d’autres. Deux albums à l’unité parfaite, chaque chansons répondant parfaitement à la précédente. Presque des albums concepts…

Alors que Following Sea est plus affilié à In a Bar Under a Sea. Au delà de la proximité avec la mer, on retrouve ces mêmes ambiances branques, ces variations de rythmes, ce talk-over particulier (Barman excelle dans le registre) sur des habillages sonores dignes de musiques de film. Albums plus inégaux, un peu fourre tout, expérimentaux, qui illustrent l’une des qualités majeures des anversois : nous surprendre, toujours et encore.

Qui a dit qu’avec le temps, les artistes perdaient de leur créativité ? Avec ces deux albums, dEUS nous démontre l’inverse de fort belle manière.

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