Chronique K.BD – L’été des Bagnold

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Nous poursuivons notre sélection estivale par un ouvrage de circonstance : L’été des Bagnold, sorti en 2013 chez ça & là. Mon album coup de cœur de la saison. L’été n’est pas toujours synonyme de soleil et de bonheur. Il peut être aussi ennuyeux et gris. Surtout pour un ado qui doit le passer seul avec sa mère. L’été des Bagnold nous raconte cette cohabitation forcée faite de routine, de fuites et de non-dits. Mais il y a toujours du beau derrière la grisaille. Tous deux en sortiront grandis et trouveront quelques réponses à leur mal-être… Joff Winterhart a trouvé la forme et le ton justes, nous permettant ainsi de faire connaissance avec une famille attachante.

Une synthèse à quatre mains par Champi et Myself.

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Singles Club – Tahiti 80 (Human Sounds, 2011)

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En attendant la sortie de leur sixième opus prévue en cette fin d’année, quoi de mieux que de se plonger dans ce Singles Club, compilation sortie en 2011. Tahiti 80 (le secret le mieux gardé de la pop made in France, mais en France uniquement…) nous proposent une pop-rock riche d’influences multiples, « d’Aphex Twin aux Zombies »…

En 1998 sort Heartbeat, premier single du premier album Puzzle, et tube en puissance qui ne trouvera pas le succès pourtant mérité. A la réécoute (16 ans après sa sortie) ce morceau n’a rien perdu ni de sa fraîcheur, ni de son efficacité, et trouve à ce jour encore toute sa place dans les set-lists du groupe (comme on a pu s’en rendre compte à leur concert de juillet à Rouen). Ce premier album contient d’autres pépites pop qui ne pouvaient que produire de formidables singles, tels que I.S.A.A.C ou Yellow Butterfly, superbe morceau à la structure riche et complexe, dont l’intensité monte crescendo. La pop-song parfaite.

Leur deuxième opus, le magnifique Wallpaper For The Soul (mon préféré encore actuellement) prend une orientation plus Soul-funk, avec ces subtils arrangements de cuivres et de cordes, que l’on retrouve sur le bien nommé Soul Deep ou le percutant 1.000 Times. De part son ambiance trip-hop, le premier single éponyme détonne un peu dans leur production. Quoi que, les rouennais sont des orfèvres qui ont toujours privilégié une production minutieuse. A priori évidentes et faciles d’accès, leurs chansons ne dévoilent leurs charmes qu’après de nombreuses rencontres.

Changes, premier single de leur troisième album Fosbury, m’avait dérouté à sa découverte. Mais bien entendu, comme pour toute bonne pop-song, il faut l’écouter plusieurs fois avant d’en saisir toute les subtilités. Un album dont la production lorgne vers l’électro et le R’n'B, taillé pour les dance-floors, tels que Big Day ou Here Comes. Une tendance qui devient leur marque de fabrique : allier harmonie pop et rythmes dansants. Something About You Girl calme l’ambiance et nous rappelle que les p’tits gars sont des maîtres de la ritournelle pop…

Pour leur quatrième fournée, Activity Center, les Tahiti 80 privilégient un son plus direct, plus rock, avec guitares saturées (Chinatown) et rythmes binaires (All Around). Un album qui donne la part belle à la structure classique « guitare-basse-batterie » et confirme tout le talent de composition et de production des Tahiti boys.

Prendre de nouvelles directions tout en conservant une cohérence artistique, tracer son sillon sans jamais donner l’impression de se répéter, c’est la grande force du groupe. Sans oublier la principale : écrire et interpréter de bonnes chansons. Au fil du temps, Tahiti 80 s’est forgé une solide réputation de groupe de scène, totalement justifiée.

Je pourrais ajouter qu’ils ont fait disque d’or au Japon, que je les connais bien depuis longtemps et que j’ai dû les voir en concert une bonne quinzaine de fois. Mais ça, on s’en moque… Merci les gars, on a plus à rougir des anglo-saxons !

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Yellow Butterfly

Chronique K.BD – Une histoire d’hommes

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K.BD a pris ses quartiers d’été. Pour cette période estivale, nous vous proposons nos albums coup de cœur de la saison. Legof s’est arrêté sur cette « histoire d’hommes » de Zep, un album plutôt atypique au regard de sa production. Une histoire d’adultes (crise de la quarantaine sur fond de rock business) traitée sur un mode réaliste, ça change des gags et des gros nez. Bien que cet album soit de très bonne facture, cette nouvelle direction ne plait pas forcément à tout de monde. C’est ce que l’on peut constater à la lecture de cette nouvelle synthèse K.BD.

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MAC DEMARCO – Le Trabendo (16 Mai 2014, Paris)

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Dessin de Inaniel Swims

Bon, il est temps de faire mon petit compte rendu du concert de Mac Demarco au Trabendo, il y a trois mois déjà. D’autant que l’ami Bruce a déjà fait le sien (avec la set-list), et que le camarade Roubignole de WeWant2Wigoler vient d’écrire une petite bafouille dans laquelle il ne tarie pas d’éloges à propos du sieur Demarco ! Mac est un Dieu dit-il, je suis bien d’accord avec lui.

J’avoue que je conserve un souvenir plutôt éthylique de cette soirée (le Monkey Shoulders était gouleyant!). Mais pas au point de ne plus m’en rappeler. Ce concert fut surtout l’occasion de passer un superbe week-end avec mon frangin Bruce. On a bien bu, bien mangé, bien discuté, écouté et partagé du bon son… et marché aussi  ! (ah cette balade dans le 19ème!) Un week-end riche en émotions… J’arrive au Trabendo en étant partagé entre la joie de le découvrir enfin en vrai (photo à l’appuie!), et la déception que ce ne soit pas deux ans plus tôt, pour la sortie de son album 2 qui demeure pour moi son chef d’œuvre. Je ne sous-entend pas être déçu par son Salad Days, qui est un très bon album, mais je rejoint Woubignole sur son aspect fourre-tout qui manque un peu en cohérence, comparativement à 2.

M’enfin, je suis bien content de l’apercevoir avant d’entrer (il joue dehors en acoustique pour une webtv), de le croiser brièvement dans la salle et de le voir enfin à l’œuvre. Ce fut un sacré bon concert, qui confirme Mac Demarco comme un grand groupe, à la configuration parfaite (chant, deux guitares, basse-batterie, chœurs et un peu de clavier). Une bouffée de bonnes vibrations rock. J’en ai pris plein mon saoule sur Salad Days, Passing Out Pieces, Cooking Up Something Good, Brother, Chamber Of Reflection, Still Together ou les incontournables Ode to Viceroy et Freaking Out The Neighborhood. Mais je reste un peu sur ma faim. À certains moment, j’ai senti comme un ronronnement. Certains morceaux du dernier album me semblaient un peu léger sur scène, ça tourne, mais ça transcende pas (Treat Her Better, Let My Baby Stay). Comparativement à ceux de 2, dont je regrette de n’avoir pu entendre certaines perles ce soir, en particulier les inaltérables Dreamin’ et My Kind of Women.

Mais ne soyons pas bégueule, j’ai apprécié ce chouette concert et cette rencontre. Car le Mac a assuré le show, sortant blagues et bouffonneries à répétition (slamer comme un fou, faire le singe sur le rail de spots…). Une attitude naturelle et bien rodée chez lui, ce mec est un comédien, un clown (il suffit de voir ses clips et nombreuses vidéos pour s’en convaincre). Je regrette seulement de ne pas lui avoir dit : « My children love your music » quand on l’a croisé avant le concert. J’ai manqué d’à propos. Je lui ai juste dit merci pour la photo et « good luck !», pour le concert et la suite de sa carrière…

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Myself & Mac

Méta Mune Comix – Jean Christophe Menu (L’Apocalypse, 2014)

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Cet ouvrage prend la forme d’un recueil de six comics, dont on ne sait s’ils existent indépendamment les uns des autres. La numérotation commençant à partir du n° 111, Menu brouille les pistes et laisse supposer que d’autres comics antérieurs à ceux-ci existeraient. Encore et toujours cette volonté d’inscrire ses albums dans une généalogie particulière, de susciter de vieux souvenirs à ses lecteurs (quand on découvrait l’existence d’autres volumes d’une série ou numéros d’un magazine qu’on venait de terminer…), nous amenant à imaginer le contenu d’anciens comics qui n’existent sûrement pas (à part les 5 tomes de Mune Comix sortis chez Cornelius entre 1993 et 1994). De cette manière, Menu installe une agréable complicité.

Il revisite cette bande dessinée traditionnelle, qu’il inscrit dans une forme de nostalgie de ses lectures d’enfance, tout en ouvrant sur de nouvelles perspectives : autobiographie et reportage, chroniques culturelles (le n°112 est un « spécial Rock’n'Roll »), mais aussi récits métaphysiques, voire pataphysiques, s’appuyant sur des souvenirs diffus, des délires(rium!)… Ce Méta Mune Comix est un condensé, un concentré de toute ses approches et obsessions. On y retrouve du Lock Groove, du Mont Vérité, du Meder, du Livret de phamille, des réflexions théoriques, des expérimentations oubapiennes, et bien entendu du Mune Comix…

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Description d’une réalité ou transcription d’un univers mental, Menu s’aventure entre ces deux pôles d’attraction avec une formidable liberté créative. Influencé par les avant-gardes littéraires et artistiques du vingtième siècle, en particulier le surréalisme, on pourrait supposer qu’il n’est pas indifférent à la psychanalyse. Bien que cela ne semble pas être une référence volontaire de sa part, et sans tomber dans les écueils réducteurs de l’analyse de comptoir (le symbole de la Mune n’indiquerait-il pas que Menu est un garçon lunaire et lunatique?), il est possible de visiter son œuvre par le prisme d’une approche analytique. Au delà de l’aspect cathartique de certaines de ses planches (dans lesquelles il se livre sans tabous sur ses névroses, ses addictions), on observe dans sa production de nombreux thèmes propres à la discipline : interprétation des rêves, libération de la parole et affirmation du moi, expression de l’inconscient (parfois collectif)…

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Il n’est pas simple de raconter un rêve, même par la bande. Possédant sa propre logique, il est impossible d’en retranscrire le déroulement avec des codes narratifs stricts et limités. Plutôt que d’en raconter le contenu précis et tenter d’interpréter pour en dégager du sens, Menu s’attache à retranscrire cet enchaînement incontrôlable de scènes propre au déroulé d’un rêve. Une écriture automatique qui évoque parfaitement cette impression diffuse et résiduelle (faite de fascination mêlée d’appréhension) que l’on conserve au réveil. Rêves absurdes ou cauchemars, Menu excelle dans l’exercice et sème ces comptes rendus tout au long de ces six numéros.

Menu prône une autobiographie sans mensonges ni tabous. Ce qui pose le problème de la représentation des personnes qui l’entourent. Car poser sur papier imprimé, donc susceptible d’être lu de tous, des éléments concernant la vie privée de vraies personnes n’est pas sans conséquences liées au droit à l’image, et peut faire apparaître la pratique autobiographique comme un manque de courage flagrant, l’auteur préférant dire ce qu’il pense de quelqu’un par l’intermédiaire du médium. Est-ce pour ces raisons que les récits autobio de Menu présents ici abordent essentiellement son entourage professionnel, ses rencontres musicales ou ses déboires existentiels mais, à l’exception de sa mère (et de sa 4L), ne concernent plus les membres de sa famille.

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S’il cite volontiers des figures et des formes connues de la bande dessinée (l’équipe d’Hara-Kiri, le chronoscaphe de Black et Mortimer, le Z de Zorglub…), Menu s’amuse surtout avec ses codes narratifs, des plus traditionnels (principe du « à suivre », personnages récurrents, sens de la mise en page, art du lettrage) aux plus expérimentaux (les formes abstraites de Mollux, les planches métaphysiques de L’Autre], la pataphysique du Mont Vérité…). Une autre manière de créer la complicité avec ses lecteurs, puisant dans un « back ground » commun à tout amateur de la neuvième chose.

JC Menu bouscule les rapports entre fond et forme (ses textes sont souvent en décalage par rapport à ses images), signifiant et signifié (à l’image de son Meder qui s’exprime dans un langage incompréhensible, mais pas insensé) et circule parmi toutes ces dimensions avec une dextérité et un sens de l’a propos qui en font un auteur toujours passionnant, traçant ainsi une impressionnante « méta œuvre », qui va bien au-delà du simple divertissement en bande dessinée.

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