Crazy – Florian Pourias & Stanislas Gros (Rannou/Libres Courts, 2014)

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Crazy est le premier ouvrage de la jeune maison d’édition Rannou, dans la collection Libres Courts. Maël a crée cette structure afin de présenter les diverses formes possibles du lien entre textes et images. Bande dessinée, dessins humoristiques, textes  illustrés… Dans ce cas présent, un poème théatral illustré.

Florian Pourias nous raconte la folie, celle qui détruit. Un thème difficile. Car tenter de décrire la structure mentale d’une personne qui se déconnecte de la réalité est quasi impossible, tant on ne peut rationaliser (par l’exercice de l’écriture) ce qui échappe à la raison. Toutefois, les choix narratifs de l’auteur – structurant son récit entre les pages de gauche qui nous installe dans la tête du personnage principal, ses pensées, ses ressentis et les pages de droites qui racontent ses relations au monde, le dialogue avec son médecin – conviennent parfaitement pour rendre compte du décalage permanent entre la vie intérieure du sujet et ses interactions avec le monde extérieur. Ces allers-retours constant entre ces deux dimensions font la force du récit. Comme il est dit en préface : « le texte est donc partagé entre raison et folie, à l’image du protagoniste ».

Loin de brouiller les pistes ou d’être redondantes, les illustrations de Stanislas Gros (au noir et blanc expressif) apportent une troisième dimension au récit. Parfois les images racontent et amènent des pistes de compréhension. Parfois les textes illustrent la psyché du personnage en prenant la forme de calligrammes disloqués.

Crazy est une expérience de lecture assez unique, qui nous demande une petite gymnastique pour en saisir toute les subtilités. Et ça vaut le coup !

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Editions Rannou

 

 

 

It Follows – David Robert Mitchell (2015)

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Quand l’ami Swamps me propose d’aller voir It Follows, un film fantastique indépendant made in US, à l’univers proche du Black Hole de Charles Burns, je dis ok. Pour passer une bonne soirée entre amis plutôt que pour le film en lui-même, dont je ne connaissais pas l’existence. C’est rare de s’installer devant la toile, n’avoir aucune idée de ce qu’on va voir et se prendre une grosse claque. La scène d’ouverture est magistrale et installe une tension qui perdurera jusqu’à la fin.

It Follows raconte l’histoire d’un groupe d’adolescents ordinaires de la petite bourgeoisie américaine, qui se retrouvent confrontés à des événements surnaturels et mortellement dangereux. Suite à son premier rapport sexuel, une jeune femme se voit rapidement affranchie par son amant (et ce de manière pour le moins violente) : il vient de lui refiler, non pas une maladie (comme dans Black Hole), mais une malédiction. A partir de maintenant, elle sera constamment poursuivie par une créature qui peut prendre différentes formes humaines. Elle peut fuir et courir autant qu’elle veut, la chose, qui marche au pas, la rattrapera toujours. On ne sait d’où vient ce mal qui se propage tel un virus et cherche à tuer le dernier contaminé, pour remonter jusqu’au patient zéro.

It Follows, c’est Freddy Kruger chez Gus Van Sant. Soit une créature issue de l’inconscient des jeunes qu’elle décime (s’appuyant sur des peurs primales), le tout filmé à la manière du cinéaste indépendant. On pense souvent à Éléphant, avec ces longs travelling latéraux qui suivent au plus près les mouvements des protagonistes. Une approche impressionniste, transcrivant les faits sans en expliquer les causes. J’aime ces ambiances suggérées, sensibles, appuyés par une bande-son (bruit du vent dans les arbres, gazouillis des oiseaux…) et une lumière naturelle parfaitement maîtrisées.

David Robert Mitchell développe un scénario original et intelligent, tout en s’appuyant sur des références typiques du genre. Et celle qui saute aux yeux, et aux oreilles, c’est Halloween de Carpenter. Autant dans le choix d’un score minimaliste et efficace que par ces plans d’ensembles sur les quartiers résidentiels typiquement américains. Là encore, Mitchell est dans la citation, l’évocation, jamais dans le pillage d’idées qui comblerait un vide scénaristique ou esthétique.

Mitchell est bien plus malin que ça (comme en atteste cette subtile symétrie « kubrickienne »). Il amène une constante réflexion sur le cadre. Dans sa dimension esthétique, jouant avec les écrans de télévision (procédé classique permettant d’accentuer un climat, enrichir une thématique), les cadres de porte ou de fenêtres qui génèrent une constante mise en abyme. Mais aussi dans sa dimension narrative, avec ce jeu du hors cadre et la peur de ce qui n’est pas montré (élément classique de la mise en scène fantastique).

It Follows est un teen-movie qui ne s’adresse pas à un jeune public. Il prend le contre-pied des slasher débiles à la surenchère d’effets inutiles et à la bande-son insupportable (la liste est longue). Tout en s’inscrivant dans une filiation assumée aux archétypes du genre. Parabole sur le passage à l’age adulte (la psychologie des personnages est finement travaillée et de casting parfait), avec ses doutes et ses peurs, ce petit chef d’œuvre n’est pas sans m’évoquer Donnie Darko, un autre grand film fantastique indépendant qui aborde avec justesse la sensibilité écorchée de l’adolescence.

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Chronique K.BD – Feu de paille

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Nous terminons notre périple 6 pieds sous terre avec un album fraîchement sorti en janvier de cette année. Ce qui nous démontre qu’on peut toujours compter sur l’ornithorynque pour découvrir de bons albums. Feu de paille est le quatrième ouvrage du jeune et talentueux Adrien Demont, qui explore avec finesse et subtilité les potentialités narratives et iconiques du récit par l’image, sans oublier l’essentiel : nous raconter une histoire passionnante.

Une synthèse par mézigue.

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Chronique K.BD – Jade

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Impossible d’établir un focus sur 6 Pieds sous Terre sans aborder la revue Jade. A l’instar de Lapin ou de Ferraille illustréJade fut créé par nécessité et non dans un but lucratif. A une époque (début des années 90) où la presse BD se réduisait à peau de chagrin, une nouvelle génération d’auteurs indépendants n’ont eu d’autre choix que de lancer leur propre revue pour diffuser leurs bandes et celles de leurs camarades. En 15 ans d’existance, Jade est devenu LA référence en matière de revue de bande dessinées indépendantes, entre analyses sérieuses du médium et bandes à l’humour décalé. Son influence est encore bien présente…

Une synthèse par ma pomme.

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Chronique K.BD – Plageman

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Les éditions 6 Pieds sous Terre sont mis à l’honneur en ce mois de mars sur K.BD. Une très chouette maison qui nous propose depuis plus de vingt ans de chouettes albums (et une chouette revue!). Ce qui rend la sélection plutôt difficile et retenir cinq albums phares n’est pas une mince affaire. Cependant, certains choix s’avèrent inévitables. Outre la revue Jade, il est en effet impossible de faire l’impasse sur le héros le plus emblématique (et le plus crétin) de leur catalogue : Plageman ! L’une des premières séries de Mister Bouzard dans laquelle il nous en balance plein la gueule, tant au niveau de l’humour absurdement con que du graphisme outrancièrement déjanté. Culte !

Une synthèse de Champiman !

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