Chronique K.BD – Jade

jade1

Impossible d’établir un focus sur 6 Pieds sous Terre sans aborder la revue Jade. A l’instar de Lapin ou de Ferraille illustréJade fut créé par nécessité et non dans un but lucratif. A une époque (début des années 90) où la presse BD se réduisait à peau de chagrin, une nouvelle génération d’auteurs indépendants n’ont eu d’autre choix que de lancer leur propre revue pour diffuser leurs bandes et celles de leurs camarades. En 15 ans d’existance, Jade est devenu LA référence en matière de revue de bande dessinées indépendantes, entre analyses sérieuses du médium et bandes à l’humour décalé. Son influence est encore bien présente…

Une synthèse par ma pomme.

jade2

Lire l’article

Chronique K.BD – Plageman

plageman (1)

Les éditions 6 Pieds sous Terre sont mis à l’honneur en ce mois de mars sur K.BD. Une très chouette maison qui nous propose depuis plus de vingt ans de chouettes albums (et une chouette revue!). Ce qui rend la sélection plutôt difficile et retenir cinq albums phares n’est pas une mince affaire. Cependant, certains choix s’avèrent inévitables. Outre la revue Jade, il est en effet impossible de faire l’impasse sur le héros le plus emblématique (et le plus crétin) de leur catalogue : Plageman ! L’une des premières séries de Mister Bouzard dans laquelle il nous en balance plein la gueule, tant au niveau de l’humour absurdement con que du graphisme outrancièrement déjanté. Culte !

Une synthèse de Champiman !

plageman

Lire l’article

Feu de Paille – Adrien Demont (6 Pieds sous Terre, 2015)

feudepaille

Il est rare de sortir d’une lecture avec un sentiment de jamais lu. Feu de Paille est un album de bande dessinée qui ne ressemble à aucun autre. L’auteur s’amuse à brouiller les pistes et les genres avec une étonnante fluidité, entre des éléments fantastiques qui s’immiscent dans le quotidien, vieilles légendes et science-fiction, chronique familiale et récit sur l’enfance. Bien sûr, cet univers clos et l’ambiance étrange (et légèrement flippante) qui s’en dégage ne sont pas sans rappeler certains épisodes de la Quatrième Dimension ou des Contes de la Crypte. Ces personnages aux formes longilignes et au yeux vides m’évoque ceux d’un Jason. Cependant, dans l’ensemble, on ne ressent aucune références flagrantes.

Une famille de citadins abandonne son ancienne vie pour s’installer à la campagne, dans le village d’enfance du père. On comprend rapidement que, suite à un grave accident, ce dernier a subit une lourde opération du cœur qui a profondément modifié son rapport au monde. Ce retour au source ravivera en lui de vieux souvenirs (son amitié avec Hugo, un camarade plus que troublant) et le confrontera à d’anciennes légendes oubliées (en particulier celle de l’homme-paille). De son coté, son fils unique découvre un nouvel environnement, dans lequel il semble parfaitement à l’aise.

Le fond et la forme sont indissociables. Il est indiqué en 4ème de couv’ : « Il arrive qu’un événement bouscule l’ordre établi et provoque de graves interférence capables de bouleverser notre perception de la réalité ». C’est ce que fait Adrien Demont avec son récit. Entre séquences oniriques, souvenirs, hallucinations ou réalité, il nous entraîne dans une succession de scènes (aux époques diverses et multiples protagonistes) qu’il nous faut resituer dans leur temporalité. Deux récits principaux se font échos et semble se répéter : la jeunesse du père et le présent de son fils. Au delà de ce décorum fantastique, Feu de paille aborde les thèmes de la transmission, du temps qui passe, de la fin de l’insouciance…

Adrien Demont ne cache pas les artifices. Il aime les décors de carton-pâte très théâtraux, qui sentent la mise en scène, le fictif. Outre le père qui fut réparé comme une vulgaire machine (il possède un cœur artificiel), certains personnages-automates répètent leurs textes de façon mécanique (tel le facteur-robot), sans âme. Les décors en sont plus pourvus que les personnages. Les chimères plus vivantes que les vivants…

Ses choix esthétiques et narratifs sont judicieux. Son noir & blanc contrasté, riche de gris, ce graphisme stylisé au trait fin et précis soulignent parfaitement ces formes et figures bizarres (son bestiaire est formidable, en particulier le chien-niche). Sa mise en page est relativement classique, linéaire. Ce sont les contenus de chaque cases qui apportent du dynamisme. Champs contre-champs, plongée contre-plongée, cadre hors-cadre, intérieur-extérieur… Demont se joue de l’espace avec une remarquable dextérité. La gravité ne semble pas exister, les personnages ou les objets flottent comme en apesanteur.

L’étrangeté diffuse qui persiste tout au long de la lecture vient aussi du fait qu’on ne sait à quoi s’attendre à chaque nouvelle page, comment finira ce récit à tiroirs, aux multiples ramifications. Le mieux est de lâcher prise… Feu de Paille est un livre qu’on garde longtemps en soi, qui amènera quelques relectures…

feuchienniche

Adrien Demont

Nicole et Franky (Cornelius, 2015)

Nicole et franky

J’aime bien Franky, mais personnellement, je préfère Nicole. Il ne faut pas y voir là une réflexion d’hétéro primaire, c’est simplement que Nicole répond bien au delà des intentions annoncées par cette revue bicéphale et transsexuelle.

Le contenu de ce deuxième opus est aussi riche et polymorphe que le premier. Des bandes dessinées de haut niveau qui montrent l’exigence graphique et narrative d’une nouvelle génération d’auteurs plutôt originaux, aux patronymes pourtant très communs : Adrien Demont, Simon Roussin, Renaud Thomas, Jérôme Dubois. Ces p’tits jeunes sont pour la plupart formés aux écoles d’art, il n’en sont pas pour autant intello-chiants. Si leurs bandes dessinées peuvent être une expérience de lecture qui bouscule les habitudes et explore les limites de la narration séquentielle, ces derniers n’en oublient pour autant pas de raconter des histoires. Cette nouvelle garde supporte aisément la proximité des plus anciens qui, s’ils n’ont plus rien à prouver, nous démontre une sacrée vitalité. On peut toujours compter sur les Texier, Raynal, Burns, Ayroles, Crumb, Winshluss, Lumineau… On trouvera aussi des bandes issues du patrimoine (terme pompeux, mais j’ai pas le courage de chercher un synonyme), qui trouveront toute leur place ici (le Pepito de Bottaro, Bwana, le seigneur de la futaie de Lob ou le Papa Dindon de Martinet et Petit-Roulet). Belles découvertes avec Giacomo Nanni, Delphine Panique (quel beau nom!), Zuo Ma, Valfret, Donatien Mary ou Vincent Pianina.

Si je préfère Nicole, c’est qu’elle n’a pas peur des mots (j’entends déjà quelques réflexions déplacées du genre : « c’est normal, c’est une femme, bla bla bla »). Le rédactionnel est cette fois ci présent, entre une introduction revenant sur les événements à Charlie Hebdo ; une longue présentation des albums qui ont valu le coup en 2014 ; une riche interview du rare Blexbolex ou une plus courte mais tout aussi passionnante de Jake Raynal ; des textes absurdes à l’humour pince-sans-rire de JL Capron, sans oublier des présentations sommaires mais précises (merci Wikipédia!) des auteurs, en haut de chacune de leurs pages.

Franky et Nicole forment un joli couple, – faisant chacun la promotion de leurs auteurs maisons (et d’autres amies, telles que 6 pieds sous terre, Atrabile ou Arbitraire…) qui sont pour beaucoup les mêmes – j’ai hâte de découvrir leur progéniture.

petit-roulet

Petit-Roulet

Chez Cornelius

Les Meufs Cool – Eric Salch (Les Rêveurs, 2015)

lesmeufscool

Eric Salch a la cote et c’est tant mieux. Découvert dans la revue Street life stories, il a depuis épuré son graphisme pour aboutir à ce minimalisme qui n’est pas sans rappeler Reiser. En quelques traits, il va à l’essentiel pour retranscrire efficacement les expressions et attitudes de ses personnages. Son découpage vif et son sens du dialogue apportent un rythme soutenu à l’ensemble, accentué par l’usage de bulles jaunes, de petits cœurs rouges et de graphèmes (types gouttes de sueur et tirets de regards). A l’instar d’un Fifi avec ses Chroniques Wallonnes, Salch développe un langage graphique qui lui est propre. Une écriture particulière. L’intérêt ne réside pas tant dans ce qu’il raconte que dans sa manière de le raconter. Une authentique démarche d’auteur.

Autobiographique et auto-parodique, Les Meufs Cool aborde les difficultés de la relation amoureuse. Divorcé après dix ans de mariage, Salch redécouvre les joies du célibat et de la rencontre des meufs cool. Sauf qu’il est difficile de garder son indépendance et ne pas retomber dans la routine conjugale. Aucune réflexions sexistes de sa part, Salch est bien plus critique vis à vis de lui même que des filles qu’il rencontre. Il ne se montre pas à son avantage, et n’hésite pas à dévoiler des aspects peu glorieux de sa personnalité : il est peu sûr de lui, dépressif, pleurnicheur, parfois lâche et légèrement feignant. Comme tout le monde en fait. C’est pourquoi on s’identifie facilement.

Son humour n’est pas si ravageur que son graphisme pourrait le laisser penser. Eric Salch est un grand sensible, voire « fleur-bleue ». Comme il le dit lui même dans le strip Mon cœur saigne : « écrire sur « les Meufs Cool » quand on est tombé amoureux, ça devient un peu plus compliqué… ». Il est constamment tiraillé entre ce qu’il est (un sentimental qui doute) et celui qu’il aimerait être (un mec cool sûr de lui), entre le fantasme de la relation amoureuse et la dure réalité d’une vie de couple. Mais bien heureusement, on en rigole avec lui. C’est le principal.

Édité en Hors Collection chez Les Rêveurs, ce format atypique et plutôt maniable (semblable au Microcosme de Larcenet) est idéal pour mettre en valeur cette succession de strips, à raison d’un par page. Le livre original d’un auteur qui l’est tout autant.

salch12

MA LIFE !!!

12345...100

Visiteurs

Il y a 1 visiteur en ligne

Morceaux du moment…

Morceaux du moment…

Films vus dernièrement…

Films vus dernièrement…

Du beau, du bon, des bds…

Du beau, du bon, des bds…

Mag’ & revues disponibles…

Mag’ & revues disponibles…


DuffDes!gn |
Le peuple des couleurs |
ateliers enfants |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | axecreations
| ART'S DATING - DJO CAFÉ-ARTS -
| Electivo Fotografía