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Archives pour février 2013

Ariel Pink’s Haunted Graffiti – Before Today (4AD, 2010) / Mac DeMarco – 2 (Captured Tracks, 2012)

Ariel Pink's Haunted Graffiti - Before Today (4AD, 2010) / Mac DeMarco - 2 (Captured Tracks, 2012) dans Plein les ouies before_today

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Lo-fi forever !

Ariel Pink et Mac DeMarco, les petits chanteurs à la gueule de bois ! Deux géniaux song-writers à l’univers très personnel, qui nous démontrent avec brio que le 4 pistes a encore de beaux jours devant lui…

Ils confirment que la production ‘low cost’ ne sous entend pas forcement ‘mauvaise qualité’. Au contraire, à l’instar d’un Beck, la ‘small production’ oblige à composer de bons morceaux, car on ne peut en cacher la médiocrité sous une tonne d’effets et de bidouillages. Ne soyons pas dupes, même les meilleurs producteurs œuvrant dans les meilleurs studios ne pourront jamais transformer une bouse en chef d’œuvre. Peu importe l’habillage, si c’est mauvais, c’est mauvais. A l’inverse, quand une chanson est bonne, et qu’en plus, la production permet d’en saisir toutes les subtilités, ça en devient jubilatoire !

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Ariel Pink Haunted Graffiti – « Bright Lit Blue Skies »

Le prolifique Ariel Pink est le nouveau roi de l’autoproduction. Cette huitième galette « Before Today » (la première à être éditée sur le label 4AD) est fortement influencée par la musique californienne, entre surf-pop et cold-funk (croisement contre nature entre Love, Devo, Beefheart, Joy Division et Robert Palmer). Sous des dehors psychédéliques et déjantés (le morceaux d’ouverture « Hot Body Rub » est une hallucinante descente de mauvais Acid Jazz), ses compositions sont de véritables perles pop d’une richesse incroyable. Comme l’illustre parfaitement son chaleureux « Bright Lit Blue Skies ».

Mac Demarco vient de sortir son deuxième disque et premier album sur le label Captured Tracks (après un EP auto-produit plus que prometteur), logiquement intitulé ’2′. Le jeune canadien nous propose une pop-rock branque bourrée d’humour et d’arpèges, sous forte influence Pavement, avec une bonne dose de Neil Young et une pincée de Creedence Clearwater Revival. Son single « Ode to Viceroy » est à ce titre une petite merveille pop à l’humour génialement con !

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Mac DeMarco – « Ode to Viceroy »

Ariel Pink’s Haunted Graffiti et Mac DeMarco sont avant tout des groupes, dont les musiciens transcendent littéralement des délires créatifs de leur leader. Bien que leur musique référencée paraisse légère et fun, emprunte de second (voire troisième) degré, Pink et Demarco ne sont pas de jeunes décervelés naïfs, copieurs ou poseurs. Leur production lo-fi se fait sans filets, donc sans tricheries. Un exercice casse gueule qui nécessite une vraie authenticité artistique et une réelle folie. Ce dont ne manque pas ces deux hurluberlus.

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Ariel Pink Haunted Graffiti – « Round and round »

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Mac DeMarco – « My Kind of Woman »

Oldies from seventies…

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1972, c’est encore la grande période de Pilote, celle d’avant la création de la nouvelle presse dissidente (L’Echo, Fluide, Métal…). Cette version hebdomadaire a permis à de nombreux lecteurs de découvrir de nouveaux jeunes dessinateurs qui deviendront pour beaucoup les maîtres de la BD d’aujourd’hui. A l’image de Bilal, qui signe la couverture et publie ici une de ses premières histoires de pure SF. Son graphisme est encore maladroit. Il se cherche encore (et toujours, d’ailleurs !) mais on y décèle les prémices d’une œuvre forte.

On trouve au sommaire de ce numéro 671 les planches de Vidal et Hoppe, Beketch et Loro, Beketch et Alexis, Vidal et Clave, ou Carthy qui, de part leur forme « fiche conseil », demeure sous forte influence « Madienne ». Coté bandes, que du bon : des histoires complètes avec Leconte, Bilal, Gibo, Fred, Greg ou Jean-Claude Gal… Et des prépublications avec Astérix (extrait du Devin), Forest ( Hypocrite), Lucky Luke (Chasseur de primes) ou Blueberry (Ballade pour un cercueil). Sans oublier les pages d’actualités de Jean Florac et Guy Vidal. Un numéro qui reste parfaitement lisible et tout à fait intéressant, même plus de quarante ans après sa sortie.

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A une époque (début des années 70) où ni Métal Hurlant ni Mad Movies n’existaient, les amateurs de fantastique avaient peu de chose à se mettre sous la dent ! Heureusement pour eux, il y avait Creepy, et son cousin Eerie. Deux revues traduites directement du matériau issu des EC Comics (Les Contes de la Crypte). D’où la présence dans ces pages de Wally Wood, Angelo Torres ou Richard Corben.

Ce recueil de trois numéros (les 18, 20 et 21. mais où est passé le 19 ?!), datant de 1973, alterne entre bandes dessinées déviantes en noir et blanc et articles de films fantastiques (de Universal, la Hammer ou les productions Corman) richement documentés. On y trouve de nombreuse images d’archives des (dorénavant) classiques du cinéma d’épouvante (Le bal des vampires, La créature du lac noir, Westworld, Dracula, La nuit des morts-vivants, etc.), ainsi que des chroniques sur les fanzines et revues de l’époque (ils parlent de Mad Movies en ces termes : « Le meilleur fanzine français consacré au cinéma fantastique dont la qualité s’accroit au fil des numéros »).

Creepy et Eerie sont actuellement réédités par le label Delirium des éditions ça & là.

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Première mouture de l’Echo des Savannes, et de loin la meilleure, car uniquement consacrée à la bande dessinée. L’Echo de 1974 est encore géré par le trio infernal Mandryka, Gotlib et Brétécher, avant que ces deux             dernier(e)s ne s’envolent pour d’autres folles aventures éditoriales…

Mandryka est absent de ce dixième numéro (mais bien sur crédité en tant que directeur de publication), qui comprend la présence du génial Alexis et son loufoque La publicité dans la joie, scénarisé par Gotlib. Le monstrueux Masse et son noir et blanc massif nous raconte Une soirée en famille digne de Kafka et Dali. Leconte qui, avant de se faire un nom en tant que réalisateur, était un dessinateur talentueux et prolifique (il a bossé pour Pilote, Mormoil, Fluide Glacial…) au style monolithique et absurde très personnel qui ma foi, vieilli plutôt bien. Gotlib lui, nous présente sa version hallucinante et déjantée de l’Exorciste, en pas moins de 16 pages. On sent qu’il se libère ici de toute ces années de frustrations et d’(auto-)censures accumulées au sein de Pilote et de Pif. Plus aucuns tabous de sa part, ça fornique, dégueule, sue, chie et trucide à tout va. Jubilatoire ! Brétécher ferme le bal avec l’histoire de Chandelle, une jeune frustrée qui porte bien son prénom.

Un numéro dix de l’Echo qui, dans sa forme (édito de Gotlib !) et son sommaire (excepté cette absence de rédactionnel), annonce le futur Fluide Glacial qui sortira l’année suivante, en 1975.

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Y a pas à dire, Métal Hurlant était ce qui se faisait de mieux en cette époque de la fin des années 70. Pour preuve, le nombre de revues et fanzines qui s’en sont inspirés, même encore aujourd’hui. Un journal copieux (comprenant de nombreux dossiers complets, riches analyses et chroniques érudites) et généreux (sur cent pages en moyenne, de nombreuses bandes et illustrations d’auteurs prestigieux). Cette générosité constante est une preuve que la passion et le respect de son lectorat, étaient les principaux moteurs de la rédaction. Cette envie de partager, de faire connaître, fait de Métal Hurlant un journal-passeur, le prospecteur d’une nouvelle génération d’auteurs… Un lieu incontournable pour les grands artistes internationaux de la BD et de la SF.

Ce 39ème numéro comprend la présence de beau monde : Cornillon, Voss et son Kar War, Hermann et son Jérémiah, Druillet, Lob, Charlier & Gir avec leur Blueberry (en couleur !), Chaland, Margerin, Moebius et son garage hermetik, Paul Gillon et ses naufragés du temps…

La ‘formule Métal’ est ici à son summum : alchimie parfaite entre les auteurs « classiques » (Druillet, Moebius, Voss…) et les « modernes » (Chaland, Margerin…), la pure science fiction et l’humour absurde, la ligne claire et un graphisme plus chargé. Une revue qui reste d’une insolente modernité.

 

Fanzine Zone…

A la manière de l’excellent site 1 fanzine par jour, je vais vous présenter quelques bons et incontournables fanzines BD sortis il y a quelques années, mais dénichés récemment… Les nouveautés, c’est bien, mais les vieilleries, c’est pas mal non plus !

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Créé et édité par le jeune Jacques Glénat en 1969, Schtroumpf fanzine est la troisième mouture de cet acte fondateur des éditions grenobloises. D’abord production « Do It Yourself », le fanzine devient en 1972 Schtroumpf – Les Cahiers de la bande dessinée, une revue mensuelle consacré à l’actualité de la bande dessinée dirigée par Henri Filippini (puis par Thierry Groensteen et Numa Sadoul) qui s’attache à la découverte d’un auteur classique ou contemporain. De 1976 et 1979, Glénat sort en parallèle Schtroumpf Fanzine, qui reprend l’esprit du fanzine originel.

Ce numéro 28 de mars 1979 est consacré à Max Cabanes, comprenant une interview et présentant de nombreuses planches de l’auteur. On y trouve également un article complet de Filippini sur une revue allemande de l’époque (Super As). De son coté, Antoine Roux nous propose une analyse pertinente d’une planche de Jerry Spring qui nous en apprend beaucoup sur le mode opératoire de Jijé. Le fanzine termine sur des chroniques d’albums du mois, rédigées par Filippini, Roux et Jean Léturgie. Il manque actuellement une revue de ce genre, en particulier la formule « Cahiers de la bande dessinée » qui pouvait se comparer aux cahiers du cinéma et ainsi apporter un vision critique essentielle au neuvième art…

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Fanzine de bande dessinée parisien sorti entre 1990 et 1995 (17 numéros), Le Goinfre se place principalement dans la tradition du Métal hurlant des origines. Soit Fantastique, SF et Humour. D’où la présence de Druillet dans le numéro 8 ou Caza dans le numéro 9. Le Goinfre a reçu l’Alph’Art Fanzine du Festival d’Angoulême en 1994.

Un fanzine qui fait la part belle aux planches d’auteurs maisons (Bajram, Joan, Liberge…) qui, bien que sympathiques, fleurent bon l’amateurisme. Le tout entrecoupé de la gazette de l’asile, du rédactionnel dressant un état des lieux de la production fanzine et bédé du moment. Sans oublier en pages centrales l’interview de l’invité ! Bref, Le Goinfre est un fanzine dont seront sorti de bon dessinateurs maintenant reconnus (Pedrosa, Christopher, Bajram…) et qui aura influencé bon nombres de jeunes maisons d’éditions « indépendantes », telles que les éditions Groinge (qui éditaient le Phaco ou Comix Club) ou La Cafetière.

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Fanzine bd des années 90 créé du côté de Toulouse, Black Out possède les caractéristiques habituelles de ce genre de publication : des planches (d’heroic fantasy, fantastiques ou absurdes) allant du plus amateur au plus pro (on y trouve le Kookarurra de Crisse), des chroniques d’albums et de revues faisant l’actualité, des nouvelles illustrées, des interviews de grands auteurs. Ce huitième numéro de janvier 1997 comprend un long entretien très bien mené avec le Maître Jean Giraud / Moebius et un plus court (mais non moins bien mené) avec Cromwell.

Street Life Stories (Editions Publia, 2002/2003)

Street Life Stories (Editions Publia, 2002/2003) dans Presse et Revues sls1-212x300

Quand le Street Art s’immisce dans le neuvième, le pervertit de l’intérieur en dynamitant les codes, cela donne Street life stories, revue éphémère du début des années 2000. Extrait du premier édito qui annonce les intentions de la rédaction : « Où est passée la BD qui colle à l’actualité, qui raconte des histoires qui traitent du quotidien, qui reflète l’univers dont elle est issue. Un journal de BD qui réunirait des artistes issus de la culture urbaine peut-il toucher un vaste public ? Se référant à feu Métal Hurlant, magazine mythique des années 80 et à son succès à l’époque, nous pensons que oui. »

Sous la houlette du scénariste El Diablo (le créateur de la série d’animation Les Lascars), les auteurs enchaînent de courtes histoires drôles, parfois dramatiques, racontant les préoccupations d’une génération de jeunes urbains (draguer, s’éclater, taguer…), mais dans lesquels tout le monde peut se reconnaître.

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L’équipe (dont certains membres font parti du collectif Kourtrajmé) fait preuve d’une incroyable inventivité formelle, tant narrative qu’esthétique, rarement vue dans une revue de bande dessinée. Le graphisme vif et puissant du tag s’adapte très bien au langage BD et apporte un rythme soutenu au découpage séquentiel de l’action.

La diversité des matières et des formes nous permet de prendre la pleine mesure de la richesse du Street Art. Graphisme stylisé propre aux tags de rue, style humoristique crade de Salch (façon Vuillemin), couleurs expressives (gouaches, pastels, feutres, numérisées) ou noir et blanc tranchant, romans photos déjantés… A l’image de PSAI, qui dans sa bande « Mon pote Francis » change de technique à chaque double page, de photos de sujets en pâte à modeler au dessin, en passant par le graffiti.

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Dommage que cette revue n’ai pas durée plus de trois numéros. Peut-être n’a-t-elle pas su trouver son public. Car bien que la bande dessinée et les arts de la rue soient « amis » (le groupe Bazooka se situe entre les deux disciplines ; des artistes tels Basquia, Keith Haring ou Miss.tic se réfèrent beaucoup à la bande dessinée), proches de par leurs préoccupations esthétiques et leur dimension « populaire », il semblerait qu’ils possèdent chacun leur public. Et que ces derniers aient peu en commun…

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Quelques planches…

Himalaya Vaudou – Fred Bernard & Jean-Marc Rochette (Drugstore/Glénat, 2009)

Himalaya Vaudou - Fred Bernard & Jean-Marc Rochette (Drugstore/Glénat, 2009) dans Chroniques BD himalaya-vaudou

Et si le Père Noël existait ? S’il possédait une conscience écologique et avait le pouvoir de changer les choses ? Ces quelques questions servent de postulat à cet Himalaya Vaudou.

Issu d’une famille de riche notable africain, Noël connaitra le succès public en tant qu’écrivain et philosophe. Ne supportant plus la superficialité des sociétés dominantes, qui ne respectent pas la planète et mettent en péril la biodiversité, il décide de se retirer du monde et s’isole dans un refuge en Himalaya, en compagnie de sa chèvre Miranda.

Elevé dans la tradition vaudou, Noël est devenu un puissant magicien qui n’hésitera pas à user de ses pouvoirs pour sauver le monde, à sa façon. Il transforme alors tous les chefs d’états en animaux en voix de disparition. Une manière de rétablir l’équilibre dans les écosystèmes. Seulement voilà, il ne compte pas s’arrêter là et a l’intention de transformer tous les humains. Considérant que cela reste la seule solution pour sauver la planète. Afin d’informer ses concitoyens de ses intentions, il invite trois personnalités médiatiques (Serge Sel D’Amargue, Jimmy et Gabriel Granduc) sensés représenter toute la population. Bien sur, ils tenteront de l’en dissuader, mais en vain.

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Rochette est toujours aussi virtuose dans l’usage de la couleur direct. Sa palette s’appuie sur les couleurs primaires et revisite tous les contrastes : chaud-froid, de complémentaire… Les planches (remarquables) représentant l’Himalaya sont à dominante bleue, celles concernant l’Afrique sont en ocre jaune. Les rêves et souvenirs sont en vert et noir, le Père Noël est bien entendu en rouge, quand ses invités sont en jaune.

La dualité des concepts est au cœur du récit tragi-comique de Fred Bernard, comme en atteste son titre : Himalaya Vaudou  (froideur du continent asiatique et chaleur du continent africain). Entre idéaux anarchistes et actes totalitaires, considérations écologiques et intérêts personnels, les contradictions du Père Noël sont multiples. Personnage complexe et ambigu, il est prêt à supprimer l’humanité toute entière pour son bien. Seul Gabriel arrivera à l’en empêcher…

La morale de cette fable écologique n’est pas très rassurante, elle doit nous mettre en garde. Il semblerait que seules des actions extrêmes envers l’humanité permettraient de sauver la planète. Il est encore temps de réagir pour éviter d’en arriver là.

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