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Archives pour juillet 2014

Celebrated Summer – Charles Forsman (Cambourakis, 2014)

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Charles Forsman nous démontre qu’il n’est pas nécessaire d’inventer un scénario original et « jamais vu » pour rendre un album passionnant. L’histoire de Celebrated Summer n’a à priori rien de stimulant et repose sur un postulat mainte fois exploité : alors qu’il glande dans sa vie et durant ses vacances, un jeune homme obèse et légèrement associable du nom de Wolf, qui vit seul avec sa grand mère, part pour le bord de mer avec son pote Mike. Un road movie à base de trips d’acide et d’arrêts pipi, qui ne les mènera nulle part, si ce n’est à leur point de départ. La journée insignifiante de personnes insignifiantes en somme.

Qu’est-ce qui rend ce récit passionnant alors ? Et bien, c’est l’ambiance générale qui s’en dégage. Cet entre-deux permanent propre à cette ingrate période de l’adolescence, fait d’envies de fuites et de besoins de repères, où tout est possible mais rien n’est faisable, tant les casseroles à porter et cet impitoyable principe de réalité bloquent tout. Ces deux compères (des « potes de galères » pourrait-on dire) ne fuient pas autre chose que leur propre existence.

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Une mise en page subtile qui accentue cette impression de flottement, de temps suspendu dans lequel évoluent les protagonistes, autant à cause de leur statut d’adolescent que des stupéfiants qu’ils ingurgitent. Forsman décrit sans chercher à expliquer ni justifier les motivations de ses personnages. Il se contente de nous raconter sur un mode descriptif (et parfois de manière explicite les effets hallucinogènes des drogues) la dérive, tant comportementale que psychologique, de ces deux jeunes garçons mal dans leur peau.

Son graphisme épuré va à l’essentiel et ne s’encombre pas de détails qui pourrait parasiter la fluidité du récit. Wolf, sorte de Charlie Brown punk et obèse, est un être sensible (trop sûrement), nostalgique d’une enfance déjà révolue, incapable d’avancer dans sa vie. « Je donnerais tout pour ne plus avoir peur », dit-il en dernière case. Un état qui n’est étranger à personne.

Un bel album des éditions Cambourakis qui nous offrent en supplément un fac-similé de la première (non-)aventure de Wolf. Un petit fascicule dans lequel on découvre certains éléments à l’origine de son mal être. Ce qui le rend d’autant plus attachant.

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Brèves de chroniques #3

Sound Of Boston Comics (Vide Cocagne, 2014)

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Boris Mirroir traîne ses guêtres du coté de Jade depuis quelques années maintenant. On le retrouve également, avec ses complices James et Fabcaro, dans les pages de fluide glacial, pour un soap opéra bien loufdingue, dont le titre annonce la couleur : « Amour, passion & CX diesel ». Dans Sound Of Boston, édité dans la sympathique collection épicerie fine, chez Vide Cocagne, Boris nous propose une adaptation d’une chanson de Mike Peck intitulée « Miss Me », tout un programme. Boris use de ce graphisme si caractéristique (stylisation proche du pictogramme) et de cette mise en page en damier si particulière, alternant cases dessinées et cases textes. Prenant la forme (et le format) d’un comics (fascicule souple de 32 pages), on trouve aussi deux planches d’introduction, un court récit (intitulé prologue) et de fausses réclames. De très bonne facture.

Shift (La cinquième couche, 2012)

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Shift est une bande dessinée réalisée par ordinateur (et par Benoit Henken et Marianne Kirch). On pourrai même croire à un vieil ordinateur, tant le trait pixelisé parait approximatif et « mal dégrossi ». Pourtant, cet album date de 2012. Il s’agit de l’adaptation par la bande d’une performance sur la traduction, jouée pour la première fois en 2008. Le thème explique pourquoi chaque personnage, à chaque plan, parle dans une langue différente. Une manière de confirmer que les mots ne sont pas impératifs pour comprendre et se faire comprendre. Les deux seuls bulles en français nous permettent de saisir les enjeux de l’histoire : traduire est-ce trahir ? Une traduction purement mécanique ne sert à rien si elle ne véhicule pas ce supplément d’âme nécessaire pour susciter l’émotion. Si l’histoire commence par un travelling avant, partant de l’extérieur pour arriver à des scènes de dialogues lors d’une soirée diplomatique, les plans se focalisent sur le kimono d’une japonaise, seul élément coloré de cette grisaille ambiante. Mais loin d’être froides et sans âmes, ces images numérisées sont d’une rare beauté.

Dopututto Max n°5 (Misma, 2013)

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Petite jeunette de la famille des revues bédé de maisons d’éditions, Dopututto Max (des éditions Misma) a été récompensée par le Prix de la bande dessinée alternative lors du 40e Festival d’Angoulême. Créée à l’initiative des frangin Estocafish et El Don Guillermo (découvert pour ma part dans Lapin), on retrouve au générique Anouk Ricard, Anne Simon, Simon Hanselmann ou Amandine Meyer. Des histoires courtes au graphismes expressifs et parfaitement maîtrisés, Dopututto Max est un festival de styles et de formes variés : les traits enfantins d’une Esther Pearl Watson ou d’un Roope Eronen, les planches quasi abstraites de Nylso ou les superbes perspectives colorées de Franky Bartol. Une revue à suivre…


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