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Archives pour juillet 2012

Blackbird – Pierre Maurel (l’Employé du Moi, 2011)

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« Les députés ont adopté la loi qui supprime le prix unique du livre, à laquelle se rattache l’interdiction de l’auto-édition. En effet, toutes les publications devront désormais passer entre les mains d’un éditeur certifié et agréé, afin de mieux contrôler les contenus à caractère litigieux et offrir aux auteurs des conditions optimales de distribution de leurs ouvrages. » (4ème de couv’)

Ce postulat digne d’un scénario d’anticipation (évoquant le Fahrenheit 451 de Ray Bradbury) – malheureusement pas si fantaisiste que cela – transforme en un clin d’œil un groupe de créateurs de fanzine en de dangereux terroristes. Une pratique marginale mais plutôt confidentielle devient un acte déviant, dangereux pour la bonne moralité de la société. C’est l’un des effets pervers d’une telle loi répressive : attirer l’attention sur un phénomène qui, dans le fond, n’est pas si transgressif que ça. Car ce n’est plus le contenu qui peut être de nature subversive, mais l’objet fanzine en lui-même.

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Interdire l’auto-production, sous prétexte d’apporter aux auteurs de meilleures conditions d’édition, est un moyen efficace pour contrôler les esprits subversifs et censurer tout message non politiquement correct. En un mot : museler la liberté d’expression !

Heureusement, un groupe d’ami ne l’entend pas de cette manière et prend le risque de continuer à produire leur fanzine. Leur création s’associe maintenant à un discours et des actes revendicateurs. Se procurer une photocopieuse au marché noir, distribuer gratuitement leurs productions dans les espaces publiques (abribus ou bancs publics) et inventer les attentats encriers, inspirés des attentats pâtissiers de Noël Godin, en remplaçant la tarte par de l’encre de chine. Tout un symbole !

La grande originalité de cet album est cette constante mise en écho entre le fanzine créé par les personnages et le livre que nous tenons dans les mains. Outre le titre en commun, rien ne nous empêche de penser que le contenu du fanzine puisse être le même que celui de l’album que nous lisons, dans la mesure où, à l’exception de quelques cases encadrées en noir, nous n’avons pas connaissance de son contenu. La couverture en carton brut de l’album renforce cette impression de « livre-fanzine » et contribue à brouiller la frontière entre fiction et réalité.

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Côté mise en page, Maurel alterne entre des planches classiques (type gaufrier) et des compositions plus libres, dans lesquelles il use d’effet chrono-photographique, décomposant le mouvement d’un skateur dans un même espace.

Son graphisme semi-réaliste m’évoque celui de Mathias Cousin (dessinateur du Chant de la machine), avec ses volumes hachurés pour les décors et ce trait plus en à-plat pour les personnages. Un style graphique plutôt « underground » qui convient parfaitement aux propos de l’histoire.

Véritable manifeste pour la libre édition, Blackbird soulève des questions fondamentales quant à la liberté d’expression et d’entreprise dans notre société moderne qui, sous ses dehors progressistes, n’en demeurent pas moins très conservatrice. Il suffirait de peu pour que nos libertés individuelles ne se réduisent à peau de chagrin. Soyons vigilants !

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Le blog de Pierre Maurel

Blackbird sur Du9

L’Employé du Moi

Gallery of covers – Manara (BFB éditions, 2000)

Gallery of covers - Manara (BFB éditions, 2000) ManaraGalarie_061120021

Dans le tome 4 des aventures de Giuseppe Bergman, Revoir les étoiles, Milo Manara enchaine les références. Ce qui n’arrange pas son affaire par rapport à certains critiques, qui l’ont toujours considéré comme un pilleur, un plagiaire (dans un vieux Métal Hurlant, Philippe Manœuvre le désignait comme un « Moebius de Prisunic »).

Personnellement, j’aime beaucoup le trait de Manara et ne le considère pas comme un pâle copieur. Tout bon dessinateur s’est toujours inspiré de styles déjà existants avant de trouver sa « patte ». Manara ne fait pas exception. Il n’en demeure pas moins un très grand dessinateur qui techniquement parlant, peut absolument tout représenter. Mais son motif de prédilection est bien évidemment la femme.

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Cet ouvrage, qui comprend une cinquantaine d’illustrations pour les couvertures des différentes éditions de ses albums, nous permet de constater que Manara est un peintre hors-pair, modulant la matière de manière à générer de magnifiques formes charnelles, pour le moins excitantes. Bien plus que le motif en lui-même. Son sens de la composition est également remarquable.

Si la plupart de ses albums me tombent des mains (excepté sa série des HP ou ses collaborations avec Pratt ou Fellini) – à cause de ses scénarii bâclés, stupides et inintéressants, prétextes à l’enchainement de scènes scabreuses à la vulgarité « classieuse » – ses recueils d’illustrations sont par contre de vrais régals pour les mirettes. Manara est avant tout un plasticien. Ses références aux grands maitres (Botticelli, Klimt, Doré…) attestent de cette filiation.

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