Archives pour août 2010

Le Phaco (fanzine) – Editions Groinge

Le Phaco (fanzine) - Editions Groinge dans Presse et Revues phacochere29

Quand on s’intéresse à un domaine aussi riche et diversifié que les revues de bande dessinée, on en découvre toujours plus au fil de nos recherches, de notre curiosité. C’est chez l’un de mes bons libraires d’occasion que je découvre ces deux numéros (29 et 30) de ce fanzine qui m’était totalement inconnu, mais comprenant des signatures familières et appréciés, inscrites dans des réseaux d’auteurs, de revues et de maisons d’édition que j’affectionne particulièrement (Ibn al rabin et Baladi d’Atrabile, Imius ou Bourguignon croisés dans le Psiko…). Animé par Big Ben et Fafé – qui furent inspirés par les fanzines du débuts des années 90 (Le goinfre, Jade etc…), la création de l’Association et les « Approximate Continuum Comix » de Lewis Trondheim – le Phacochère fut la première publication de l’association niçoise Groinge. Le collectif a publié un nombre conséquent d’auteurs aujourd’hui reconnus, notamment lors des derniers numéros du Phaco, tels que Bsk, Parrondo, Kochalka

Lancé sous le nom de Phacochère en mars 1992, la première mouture est plus ou moins trimestrielle. A partir de 1997, il devient plutôt semestriel, pour finir annuel en 1999. C’est à partir du numéro 28 (2001) qu’il perd le « chère » de son nom (alors qu’en toute logique, son prix augmente tout comme son nombre de page) pour devenir le Phaco ! Ses slogans sont plus cons les uns que les autres : « Journal cochon et exotique, comme son nom l’indique », « Le journal des jeunes de 77 à 97 ans », « Le journal des lesbiennes basques », « Le journal des paranoïaques obéissants »,  » Le journal fidèle aux passages cloutés »,  » Le journal des meubles en kit » ou encore « Le journal inqualifiable »

Un fanzine pro, de belle facture, à la couverture épaisse et solide, comprenant pas moins de 170 pages (de la BD bien sur, mais aussi des chroniques BD, musique et des critiques en strips !). Un mag-zine qui n’a pas à rougir face aux revues « officielles » et corrobore l’idée que le fanzine ne veut pas automatiquement dire « amateurisme » ou « mal fait », mais qu’il peut, comme c’est le cas pour le Phaco, garantir de grandes qualités formelles, et de contenu ! Le Phaco, revue collective de bande dessinée, n’existe plus depuis 2003. L’association Groinge a cependant sorti la revue critique ComixClub en 2002, devenue depuis une référence, mais malheureusement cette dernière n’existe plus non plus (le dernier numéro est sorti en janvier de cette année). On peut encore se procurer ces deux revues, il leur en reste en stock…

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Dernier numéro…

Les éditions Groinge

Le cimetiere des fous – Al Coutelis / Rodolphe (Dargaud, 1984)

Le cimetiere des fous - Al Coutelis / Rodolphe (Dargaud, 1984) dans Chroniques BD dampierremorrison101120

Suite à un naufrage, deux hommes se retrouvent abandonnés sur l’épave d’un yacht qui ne semble pas vouloir sombrer, portés par les flots, au gré des vents et des courants d’une mer recouvert d’algues. Ils croisent un vieux bateau abandonné, dans lequel ils découvrent des cadavres mutilés. Ils y récupèrent un vieil homme qui ne peut leur dire quoi que ce soit, tant il est pétrifié. Nos héros se rendent vite compte qu’il se cache des choses affreuses sous la surface de l’eau. Mais quoi ?… Ils vont bientôt le découvrir et au moment où ils se sentent perdus, ils accostent sur une île, qui n’en est pas vraiment une, plutôt un amas d’épaves de bateaux collés les uns aux autres. Tous les naufragés de cette mer semblent s’être tous échoués sur cette véritable cité flottante, « la communauté des Sargasses » sur laquelle règne « Queen », fille de Theops IV… Sont-ils sauvés pour autant ? Rien n’est moins sur…

Al coutelis est un excellent dessinateur réaliste (ce n’est pas anodin s’il a réalisé un album de Tanguy et Laverdure !), mais je le trouve bien meilleur dans le style semi-réaliste teinté d’humoristique, qu’il nous propose dans Fluide Glacial avec Bienvenue à Welcome Land et surtout Di Cazzo. Il a également participé à un album collectif d’un héros incontournable de la bande dessinée française : Superdupont ! (oui nide iou). Dans ce « cimetière des fous », qui date de 1984, Coutelis maitrise son graphisme, mais il n’a pas encore trouvé ce trait vif et fluide si caractéristique. On le sent encore « coincé » par l’influence d’un Pratt, d’un Giraud, d’un Bernet… Le personnage de Dampierre est un croisement entre les physiques de Corto et Torpedo. Morisson m’évoque plus le Barbe Rouge de Hubinon et.Charlier (avec lequel il collabora à plusieurs reprises). Rodolphe est un scénariste plutôt prolifique (initié à la bd par Jacques Lob), qui a débuté comme chroniqueur dans les pages de Metal Hurlant, Pilote ou Charlie… Il a collaboré avec de nombreux auteurs de talents, tels que Floch’, Goetzinger, Léo, Le Tendre, Juillard…

Une histoire plutôt originale qui, partant d’un postulat dramatique, s’insinue petit à petit dans le fantastique, sans oublier quelques passages purement horrifiques. Une aventure fantastique rythmée, bien menée, sans temps morts, mais traité un peu trop au premier degré à mon gout. Ca manque d’humour, de décalage, d’absurde… Mais c’est le parti pris des auteurs. Par contre, les couleurs ont mal vieillies. Le traitement n’est pas réaliste. La coloriste Claire Lesueur use d’un procédé qui n’est plus trop utilisé, consistant à changer les couleurs des décors quasiment à chaque case, en fonction des situations et des plans, afin de renforcer les émotions des personnages (Par exemple le ciel peut-être à la suite bleu, jaune, rose ou vert…). Les contrastes sont trop sombres et la palette n’apporte pas assez de clarté. Certaines planches sont trop chargées, manquant de lisibilité. Mais fort heureusement le graphisme et l’histoire nous font oublier ces quelques défauts et rendent cet album plutôt intéressant. D’ailleurs, les auteurs avaient prévu de publier deux autres aventures, comme on peut le lire en quatrième de couverture. Des albums qui ne sont jamais parus… Encore un mystère pour Dampierre et Morrisson…

 dans Chroniques BD

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Al Coutelis & Rodolphe sur Bedetheque

XXI (revue)

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XXI ne veut pas dire extra-extra large (quoi que le journal revendique de proposer de l’information grand format, d’où sa couverture en « cinémascope »), mais bien 21 en chiffres romains, comme notre nouveau siècle. Sauf qu’ici, point de science fiction, que du contemporain. La rédaction tente de renouer avec la grande tradition du Grand-Journalisme, se référant à Albert Londres dans l’édito du premier numéro : « Aux idées préconçues, Albert Londres préférait la vérité des choses vues et des êtres rencontrés. [...] Ce journalisme est éternel, seules ses formes changent. Il est toujours aussi nécessaire. L’information s’est multipliée, et notre regard s’est rétréci. Prendre le temps, se décaler, redonner des couleurs au monde, de l’épaisseur aux choses, de la présence aux gens, aller voir, rendre compte : telle est la volonté de XXI. »

XXI s’appuie sur cet évident constat : la bande dessinée peut être un médium d’investigation tout à fait crédible et légitime. On le sait depuis Hara-Kiri et Charlie Hebdo (grâce à des dessinateurs tels que Cabu, Gébé ou Wolinski), et plus récemment par des auteurs comme Joe Sacco ou Emmanuel Guibert, la bande dessinée journalistique n’est pas qu’un moyen original de retranscrire des informations, mais bel et bien un outil d’investigation pertinent (et précieux, car dans certain endroit du monde, il est difficile de se promener avec un appareil photo…). Le dessin n’a pas ici vocation à illustrer les propos des journalistes, mais devient un élément essentiel de l’enquête, une trace tangible de leur périple, de leurs rencontres… Dans le premier numéro, le dessinateur Jean-Philippe Stassen nous raconte en bande dessinée son enquête réalisée à Gibraltar, sur les traces des migrants risquant leur vie pour entrer en Espagne. La bande dessinée n’est plus un divertissement, elle devient une source d’information et d’investigation originale tout à fait crédible, bien plus pertinente à mon sens qu’un traditionnel reportage photo, car le dessin étant plus subjectif, plus proche de la sensibilité de l’auteur, il dégage bien plus d’émotion (qui n’est pas incompatible avec l’authenticité des faits rapportés) en évitant tout sensationnalisme outrancier. De plus, une photographie personnalise quand le dessin lui « universalise » (comme nous l’explique très bien Scott McCloud dans son « Art invisible » !).

La rédaction a fait le choix d’un traditionnel journal papier distribué non pas en kiosque (ce qui les aurait obligé à se financer par la publicité) mais en librairies spécialisées. Ce qui est une bonne chose. Depuis sa création en janvier 2008, 11 numéros (trimestriels) sont sortis, soit plus de 150 auteurs et 50 dessinateurs (illustrations et BD) qui ont collaboré à la revue, totalisant plus de 1800 pages ! On retrouve les traits de bons tels que Muzo, Trapier, Hyman ou Placid à la mise en page… Une revue copieuse (presque 200 pages) mais pas gavante, qui ne cède pas aux sirènes de l’actualité immédiate et jetable, mais prend le temps d’un traitement de fond de l’information (leur « Dossier Russie » du premier numéro fait pas moins de 70 pages, soit un tiers de la revue !)

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XX / MMX – Collectif (L’Association, 2010)

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L’Association marque le coup pour ses 20 ans en publiant cet ouvrage, qui fait également office de catalogue de l’exposition organisée à Sierre ce mois de juin. L’Asso ne fera décidément jamais comme les autres, car plutôt que de nous proposer un album commémoratif, compilant les moments forts de ces 20 années passées, J.C. Menu a préféré proposer aux auteurs maisons (les anciens, les nouveaux, les réguliers ou les occasionnels) de choisir une de leurs planches éditées par la structure et d’en réaliser une nouvelle en lien avec celle-ci. Un exercice oubapien (l’autoréinterprétation), qui laisse la liberté aux auteurs d’y répondre, de la prolonger ou de l’actualiser. Chacun choisissant la page qu’il veut et y répondant comme il le veut. 85 dessinateurs ont contribué à l’exercice. Il manque tout de même 3 fondateurs de l’Hydre… On trouvera également des textes de 3 auteurs-collaborateurs : Pacôme Thiellement, Anne Baraou et Christian Rosset. Sans oublier J.C. Menu, qui répond ici à l’édito qu’il avait écrit pour LABO en janvier 1990. « L’ensemble de ces contributions forme une Histoire Imaginaire de l’Association, basée sur son principal enjeu de départ : l’exploration du langage de la Bande Dessinée. Une histoire improbable et aléatoire qui dure depuis maintenant vingt ans, mais qui aura tout traversé, suivant sa devise : « Intransigeance et opiniâtreté »… et qui semble loin d’avoir achevé son potentiel de devenir.«  (J.C. Menu).

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Berberian en 1994…

Cet exercice nous permet d’observer l’évolution (graphique, narrative, thématique…) des auteurs. Si certains prolongent l’histoire (Stanislas, Berberian, Reumann…), d’autres réinterprête leur planche aux regards de leur nouveau style (Doucet, Andersson, Guibert, Gerner, Ruppert & Mulot…). D’autres encore exploitent leur planche pour en recréer une nouvelle (Lécroart, Blexbolex, Placid, Baladi, JM Bertoyas…) ou y répondent (Benoit Jacques, Parrondo, Peeters, Valoni, Remi…). Un ouvrage de belle facture classique (au format Ciboulette, LA collection historique de l’Asso) dont on peut choisir la couleur (entre vert, bleu, jaune, rouge…). Une manière originale et subtile de revenir sur son parcours, de faire le point sur son évolution. Et de se rendre compte que l’histoire, et par conséquent, le catalogue de l’Association est d’une richesse incroyable, d’une inventivité constante et d’une rare cohérence. Sans parler de la qualité des auteurs édités…Un catalogue original, pour une expo originale (que je n’ai malheureusement pas vu !), difficilement descriptible tant il ne ressemble à rien de connu jusqu’alors. Je ne peux que vous conseiller de vous le procurer rapidement !

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… et en 2010.

Autre évènement pour fêter ses vingt ans : l’Asso, avec la complicité du Comptoir des indépendants, a demandé à vingt libraires de choisir leurs vingt albums préférés du catalogue de l’Hydre. Le résultat est le suivant : Un incertain silence de François Ayroles, Le Petit Christian de Blutch, The red monkey dans John Wesley Harding de Joe Daly, L’Ascension du Haut Mal de David B., Shenzen de Guy Delisle, Ciboire de Criss ! de Julie Doucet, Daddy’s Girl de Debbie Drechsler, Journal d’un album de Dupuy & Berberian, L’An 01 de Gébé, Faire semblant c’est mentir de Dominique Goblet, 676 apparitions de Killoffer de Killoffer, L’art selon Mme Goldgruber de Mahler, M le Magicien de Massimo Mattioli, Livret de phamille de JC Menu, 73304-23-4153-6-96-8 de Thomas Ott, Persepolis de Marjane Satrapi, Pascin de Joann Sfar, Lapinot et les carottes de Patagonie de Lewis Trondheim, Pat Boon « Happy End » de Winshluss. (plus d’infos)

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TNT – Tortoise (Thrill Jockey, 1998)

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J’avoue être passé à côté de cet album lors de sa sortie en 1998. Je n’accrochais pas à ce que les journalistes appellaient alors le Post-rock : un rock instrumental, expérimental et planant, un peu trop jazzy et intello pour moi. Disons que je n’étais pas assez mûr pour prendre le rythme de cette tortue… Mais depuis, est sorti le dyptique Kid A/Amnesiac qui m’a sensibilisé à cette approche musical. Alors, quand je me me suis plongé dans ce TNT, j’ai rapidement été pris dans les mailles de ses filets. Tortoise produit un rock instrumental, effectivement influencé par les structures jazz (« Swung from the gutters », « In Sarah, Mencken, Christ… »), mais aussi par les musiques de films, entre Western et Fantastique (« The Equator », « I set my face to the hillside »ou bien « Ten-day interval » et « Four-day interval » qui paraissent venir d’une B.O. de John Carpenter !). Cependant, ce n’est pas aussi cérébral que je ne le pensais. Leur musique est très sensible, sensuelle…

Bien qu’il s’aventure parfois vers les sonorités froides et inquiétantes de la musique électronique, des productions du label Warp en particulier (« A simple way to go fast », »Almost always is nearly enough », « Jetty »), TNT est un album chaleureux et paisible. L’influence des rythmes latinos et caribéens y contribue fortement. De superbes ambiances rock (« TNT », « The suspension bridge at Iguazu falls » ou « Everglade ») qui m’emmènent en ballade mentale vers les grandes étendues d’une Amérique imaginaire… Un univers musical proche de ce que je peux trouver chez Calexico, Pavement ou Broken Social Scene, les lyrics en moins… Leur album précédent, « Million now living will never die » (sorti en 1996) est tout aussi bon ! Moins électro et plutôt influencé par le Krautrock. On y retrouve ces riches ambiances… Tortoise est un groupe qui compte !

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