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Archives pour décembre 2013

2013, l’année du Rêve…

tati rêve

Mickael et Jéméry sont bien plus que de simples libraires. De vrais acteurs (activistes?) culturels, organisant de nombreux événements tout au long de l’année, qui vont bien au-delà du monde du livre et s’ouvrent à d’autres domaines artistiques. Musique, cinéma, illustration, bande dessinée, photographie, arts plastiques, etc. La liste est sans fin, tant ils demeurent d’éternels curieux, à l’affût de tout ce qui est authentiquement bon et beau. Pas de clivages ni de snobisme dans leur démarche. Au contraire, tout est fait pour le plaisir du partage, de l’échange, de la rencontre humaine et artistique.

Les trois concerts auxquels j’ai assisté (j’en ai malheureusement loupé quelques uns) auront été des moments riches en découvertes et bonnes vibrations. L’espace exiguë (qui peut accueillir une petite centaine de personnes) mais convivial crée une proximité avec les musiciens, favorise la complicité et fait tomber les barrières. On prend plaisir à écouter de la bonne musique, tout en buvant un petit coup, pour ensuite discuter et trinquer avec les artistes…

Le mercredi 19 juin : LES TOMBSTONE’S BROTHERS (Dominique Bonaffini and co), un duo guitare-chant qui a pour ambition d’enterrer le Rock. Une première partie au Rêve de l’Escalier, puis on se dirige en chantant, à pieds (en croisant des chiens), pour un petit pot entre ami(e)s à la Galerie MONA Bertereau, rue des Bons Enfants. Une double prestation dans lesquelles les deux compères revisitent les standards du rock : de Buddy Hollie à Amy Winehouse, en passant par les Rolling Stones, The Doors, Lou Reed et Iggy Pop, sans oublier les Talking Head, The Stranglers ou les Cramps… Une chose est sûre, le Rock bande encore !

Le 19 septembre, au tour du trio formé de Boule, Nicolas Lelievre et Christophe Ecobichon de nous offrir un très beau moment, une prestation musicale à partir du film de Alain Resnais « toute la mémoire du monde ». Une illustration sonore riche en sons et émotions, qui se marie admirablement avec les images de Resnais. Magique.

Le lundi 4 novembre, c’est au tour de Jeff et ses amis de nous émerveiller avec leur pop-rock psychédélique et raffinée. MY FRIEND JEFF est une formation de quatre gaillards (Jeff Hallam au chant et basse, Csaba Palotaï à la guitare, Boris Boublil au clavier et Emmanuel Marée à la batterie) qui composent de superbe chansons, respectant le format pop-rock standard, mais pour mieux le pervertir de l’intérieur. Du rockabilly aux ambiances technos, les références sont multiples, sans pour autant dénaturer leurs compos. La grande Classe !

rêve de l'escalier

Merci les amis, et continuez comme ça, on en redemande pour 2014 !

(ah oui au fait, Le Rêve de l’Escalier se trouve Rue Cauchoise à Rouen, pour ceux qui l’ignoraient…)

Chronique K.BD – Focus Comès

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Nous terminons notre thématique de décembre par Comès. Un auteur aussi discret que précieux (une référence du noir et blanc), qui aura creuser tranquillement son sillon, s’attachant à décrire comme personne les rapports complexes de l’homme face à la nature. Passionné par ses Ardennes natales, il n’est pas étonnant de voir Comès inscrire ses histoires dans ce territoire méconnu, parfois hostile et pour toujours mystérieux. Son oeuvre demeure à part dans le monde du 9ème.

Une synthèse de notre belette à nous, Mo’

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Chronique K.BD – Focus Fred

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Après Jean Giraud, Sergio Toppi et Keiji Nakazawa, c’est au tour du génial Fred d’être mis à l’honneur sur K.BD. Un auteur singulier et remarquable, d’une gentillesse telle qu’elle transparait dans son œuvre, même dans ses aspects les plus sombres. Car Fred était aussi un maitre de l’humour noir. Sans oublier son amusement permanent pour triturer le langage même de la bande dessinée.

Un focus réalisé de « manu-manu de maître » par Badelel.

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Cinema Panopticum – Thomas Ott (L’Association, 2005)

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Je l’avoue, je n’avais jamais lu de Thomas Ott avant de me plonger dans ce Cinema Panopticum. Une expérience particulière. Lire n’est peut-être pas le bon terme, puise que les albums du maître de la carte à gratter sont toujours muets. Cependant, Ott nous raconte des histoires, perturbées et perturbantes, qui s’inscrivent dans la pure tradition des contes fantastiques, cruels et absurdes.

Les cinq protagonistes évoluent dans un univers kafkaïen (comme en atteste le symbole du cafard), pris au piège dans une impitoyable machinerie. Chaque destin est dirigé par une puissance supérieure (des cafards, des extra-terrestres, un médecin-fou ou la Mort elle-même), qui dans le fond n’est autre que Thomas Ott lui-même. Sa manière de considérer (le terme approprié serait ‘maltraiter’) ses personnages suscite chez le lecteur une drôle empathie, mélange de voyeurisme malsain et de pitié. Bien heureux de ne pas être à leur place.

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Se baladant dans une fête foraine aux allures de Barnum, une jeune fille n’ayant que cinq sous en poche ne peut se payer qu’une seule attraction : le Panopticum. Dans une pièce, se trouve cinq scopitones à un sou. Chacun porte un titre : The Girl, The Hotel, The Champion, The Experiment, The Prophet. On visionne donc les sketchs en même temps qu’elle. On se rend compte qu’on a déjà croisé les protagonistes dans la foule de la foire…

A la manière des Contes de la Crypte ou de la série La Quatrième Dimension, Ott développe un univers fantastique clos et structuré, comprenant la première nouvelle en ouverture, qui présente de contexte et les protagonistes, le déroulement des quatre autres, que l’on découvre en même temps que la fillette (clin d’œil au film Métal Hurlant ?) et un épilogue, qui revient au contexte du départ. Une mécanique imparable, aux ramifications multiples.

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Traditionnel dans sa mise en scène, Ott l’est également dans sa mise en images. Grattant ses petites vignettes (qui sont pour la plupart plus petites que les versions imprimées) tels les illustrateurs d’antan grattaient le bois. Son style est toutefois plus moderne, moins tranché, plus rond que celui des graveurs expressionnistes. Alors que cette technique repose sur les contrastes et la force des hachures pour signifier les formes, Ott a souvent recours aux traits de contours, propres à la bande dessinée, pour dessiner les silhouettes, les figures.

Chaque case est un tableau se suffisant à lui-même. On peut les admirer indépendamment, tant ils racontent beaucoup et regorgent d’une multitudes de détails, tout en devant les intégrer dans une lecture d’ensemble. Ott use d’un langage narratif plutôt classique, découpant l’action en séquences fluides, jouant peu d’ellipses qui trancheraient le récit.

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Nous devons malgré tout combler par nous même les non-dits de l’histoire. Qu’a donc pu voir la fillette dans cette cinquième séance ? A chacun de deviner. Mais vu la teneur des quatre premiers sketchs, je me demande si elle n’aurait pas pris connaissance d’une effroyable vérité : elle n’est qu’une chimère, un personnage de papier, le résultat de la créativité d’un auteur un peu sadique, qui ne manque pas d’humour noir…

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T.O.T.T.

Philémon et le naufragé du « A » – Fred (Dargaud, 1972)

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On retrouve dans ce premier acte de l’incroyable odyssée de Philémon tous les ingrédients qui témoignent du génie de Fred et feront le succès de cette saga. Philémon est certainement le personnage de Fred qui se rapproche le plus du héros traditionnel de bande dessinée. Cependant, ce dernier ne peut s’empêcher d’en pervertir la forme classique pour l’emmener vers une direction inédite, stimulant notre imaginaire à chaque page.

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Dès la première page, Fred nous implique directement dans le processus de narration, nous reprenant sur notre manière de lire l’histoire. Car le gredin s’amuse avec les focales, comme un cinéaste pourrait le faire. Sauf qu’ici les plans sont fixes. Il se moque gentiment de nous, nous demandant de prendre la bonne distance pour regarder les images (comme un photographe nous demanderait de reculer), alors que nous n’avons aucun moyen de contrôler les angles de vues. Si c’est la seule fois dans cet album que Fred nous parle directement, il ne cessera de jouer avec nous, nous laissant croire que notre manière de lire influe sur le déroulement de l’histoire (est-ce parce que les cases changent de sens que nous retournons le livre, ou l’inverse ?).

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C’est à travers ce jeu permanent de l’espace et du temps que Fred nous démontre la richesse insoupçonnée du médium. En bon démiurge qui se respecte, il balade ses personnages (et ses lecteurs) dans un méandre de dimensions parallèles, où les puits donnent accès à l’Océan Atlantique, les cabanes poussent comme des plantes et les bateaux naviguent dans des bouteilles.

Dans cet univers voisin du Pays des Merveilles de Lewis Carroll ou du Slumberland de Winsor Mc Cay, les lois de la physique sont chamboulées (l’eau stagne au plafond, le lit d’une rivière sert de route pour voyageurs dans le temps…). On y découvre une faune et une flore inédites, faites d’objets-plantes de toutes sortes (des arbres à bouteilles, des lampes naufrageuses, des pots de fleurs sur pattes…), un centaure (qui s’appelle Vendredi), une licorne ou des animaux de bois sculptés. Ce petit monde évolue dans un décorum pour le moins surréaliste, jalonné de nombreux symboles : la ligne d’horizon de la plage de sable évoque les déserts de Tanguy, l’horloge-plante qui pousse et se fane revoie aux montres molles de Dali. Clin d’oeil également au Radeau de la Méduse de Géricault… Niveau référence, n’oublions pas la principale, à savoir le Robinson Crusoé de Daniel Defoe (qui est d’ailleurs cité dans l’album).

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Et l’histoire dans tout ça me direz-vous ? C’est en allant chercher de l’eau au puits que Philémon tombe dedans, se perd dans un tourbillon et se retrouve échoué sur une plage. Alors qu’il déambule dans cet environnement bizarre (il y a deux soleils !), il rencontre Barthélémy, un homme qui n’est autre que le puisatier de la légende, disparu quarante ans plus tôt. Ce dernier lui annonce qu’ils se trouvent sur l’ile du A. Le A du mot Atlantique, inscrit sur toutes les cartes du monde… Au-delà de l’aspect loufoque du récit, prétexte aux divagations les plus folles, la recherche du puisatier amène à un éternel retour aux sources. D’où ces perpétuels effets de boucles, l’histoire tournant sur elle-même tel un escargot dans sa coquille…

Cet album (et par extension la série) dégage une poésie du verbe et du trait unique, rarement égalée depuis. Richement référencé, l’univers de Philémon est devenu au fil du temps un mètre-étalon du neuvième art, à l’influence inaltérable.

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