Archives pour juin 2012

SEBASTIEN TELLIER – Le 106 (1er juin 2012, Rouen)

SEBASTIEN TELLIER - Le 106 (1er juin 2012, Rouen) dans Plein de Live 291437SebastienTellier

J’apprécie le gars Tellier depuis une dizaine d’année maintenant, découvert avec son morceau Black Douleur. J’aime chez lui cette faculté à faire original avec du vieux, cette manière de transcender ses influences (entre pop anglo-saxonne et variété française, arrangements organiques ou électroniques), ce génie de la mélodie…

Entouré de deux musiciens (un batteur et un clavier), Tellier arrive sur scène tel le gourou de l’alliance bleue qu’on attendait (les bras en croix) sur l’air de son désormais légendaire Pépito bleu. Concept oblige. Mais au bout de deux morceaux, il laisse tomber le masque de la mascarade pour se dévoiler tel qu’il est réellement : un artiste sensible et génial, à l’humour absurde et bon enfant.

Tellier ne cherche pas à se donner un genre, comme certains pourraient le penser. On sent que c’est un garçon honnête, au service de sa musique, nous avouant que son spectacle est encore en rodage. Il est heureux d’être ici sur scène, et nous l’exprime à plusieurs reprises. Lors des intermèdes, entre deux blagues bien placées, il nous offre des fleurs ou nous gratifie de pas de danse aussi gracieux que burlesques.

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Une set-list (je ne crois pas en oublier) qui fait la part belle aux nouveaux morceaux, définitivement taillés pour la scène, mais qui n’oublie pas les incontournables chefs d’œuvres…

- Pépito Bleu

- Against The Law

- Sedulous

- My Poseidon

- Yes it’s possible

- Cochon Ville

- Fingers Of Steel

- League Chicanos

- Kilometer

- Sexual Sportswear

- Divine

- Russian Attractions

- La Ritournelle

- L’amour et la violence (1er rappel)

- Roche (2ème rappel)

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Un concert magistral. Tellier et ses comparses sont impeccables, monstrueux de précision. Sébastien est un excellent vocaliste, impressionnant de maitrise et d’émotion, variant les tessitures comme personne. Un décor cheap, avec jeux de lumières stroboscopiques dignes d’une adaptation théâtrale amateur de rencontre du 3ème type.

Tantôt spectaculaire (sur les morceaux du dernier album), nous en balançant plein les oreilles avec sa Flying V sur de gros rythmes technos. Tantôt intimiste, interprétant ses anciens morceaux (La Ritournelle, L’amour et la Violence, Roche) parfois seul au piano.

Un concert un peu court (on en veut toujours plus !) mais intense. J’en suis ressorti avec la banane, ainsi qu’un sentiment mélangé de satisfaction et de tristesse, pour avoir passé un très bon moment avec une personne géniale, que je ne reverrai malheureusement pas de si tôt chez moi… Reviens-nous vite, maman !

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ALLIANCE BLEUE

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Le 106

Dérapages – Jean Solé (Dargaud, 1979)

Dérapages - Jean Solé (Dargaud, 1979) dans Chroniques BD 370519Derapages24092003

Indispensable second couteau de la presse bédé, Solé a laissé sa marque dans toutes les grandes revues de l’époque : Pilote, l’Echo des savanes, Fluide Glacial (dès sa création), Métal Hurlant, (A Suivre) ou Pif Gadget. Bon nombre de ses couvertures sont devenues cultes. Fan absolu de Pop Music (les Beatles surtout), il  fut illustrateur à Rock and Folk et a pondu de nombreuses pochettes de disque, pour Marcel Dadi, Richard Gotainer, Guy Béart, Brassens ou Marcel et son Orchestre… mais aussi Hendrix ou Zappa. Des affiches de film aussi (le Père Noêl est une ordure, Et vive la Liberté des Charlots). Il apporte toujours sa contribution à Fluide, avec le retour de Superdupont.

Solé est à l’aise dans tous les genres, se trouvant dans son élément aussi bien du coté des « science-fictionneux » Moebius, Nicollet ou Caza, que des humoristes Gotlib, Mandryka ou Loup. Malgré une forte diversité de techniques et de styles, les dessins de Solé se reconnaissent immédiatement. Par ce trait souple et épais, servant des formes rondes, charnelles. Un graphisme riche et maitrisé dont les principales influences revendiquées sont Crumb, Franquin et Norman Rockwell.

Sorti en 1979, cet album de Solé compile des histoires et illustrations fantastico-loufoques parues à l’époque dans les pages de Pilote. A l’exception d’un gag scénarisé par son ami Gotlib, ce Dérapages ne comprend que ses propres histoires. Tel un Alexis, qui a essentiellement œuvré avec des scénaristes, Solé a collaboré avec du beau monde (Dionnet, Dister, Gotlib, Lob, Vidal…). Cependant, l’un et l’autre (Alexis avec son Avatars et Coquecigrues ou Solé avec ce Dérapages) nous démontrent leur capacité à créer leurs propres univers, partageant cet amour pour un humour absurde et surréaliste.

Un album qui reflète parfaitement l’esprit de son époque : entre réalisme sombre (les pâtes) et psychédélisme hérité des folles sixties (Deux pages (sans sens), comme ça, en passant), humour crétin (la cigarette), chronique sociale (Une vie comme ça…) ou récit autobiographique (L’angoisse de la feuille blanche). Certaines histoires son teintées d’un humour noir digne de Serre ou Franquin (Vol à la tire d’ailes, Drames de la route), quand d’autres allient délires autobiographiques et surnaturels, proches des Scènes de la vie de banlieue de Caza (La tache). Sans oublier son obsession pour les robinets qui goutent, véritable leitmotiv de cet album, à voir comme le symbole de ses nuits blanches… Ses références vont de la culture populaire made in US (Maidine youaissait) à Toulouse Lautrec (A la manière de Lautrec), en passant par Lewis Carroll (Une facétie au poil de Jano Kapluduntour).

« A la question : « Comment te définirais-tu ? », Jean Solé répond simplement : « Comme un fantaisiste ! ». Presque sans hésitation. « Je me rends compte que, depuis le temps, ajoute-t-il, le mot Fantaisiste est ce qui me caractérise le mieux, par son aspect ludique, parce que ça part dans tous les sens. Et que je n’ai jamais eu de plan de carrière vachement sérieux. » (Christian Marmonnier in 33tours/minute avec Jean Solé, My Way n°3, Janvier 2002)

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Solé sur bedetheque

Walking Dead – Robert Kirkman

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Inconditionnel de Romero, la plupart des films de zombie sont incohérents par rapport à l’univers matriciel de maitre Georges, à l’exception notable des formidables Dellamorte Dellamore, Shaun of the dead, les 28 jours/semaines ou Zombiland), On connaît la bourde de Romero qui, à l’époque, n’avait pas protégé ses droits d’auteur, laissant sa nuit des mort-vivants tomber dans le domaine public et ainsi récupéré par de trop nombreux tacherons.

Romero n’a pas inventé la (dé)figure du Zombie, qui remonte au très fond de la culture Vaudou. Il a cependant posé les jalons du mort-vivant moderne. Les morts reprennent vie sans raison clairement définie (phénomène scientifique, nucléaire, naturel, climatique, viral, évolutif, biblique.. ?) et errent sur la surface de la terre dans un seul but, manger ce qui est vivant. Surtout bipède (certains peuvent dévorer des animaux, s’ils arrivent à les attraper…).

Chez Romero, les zombies sont la métaphore d’une nouvelle évolution, dans laquelle l’homme n’est plus en haut de la chaine alimentaire… Une parabole sur la bestialité de l’humanité, obligeant les survivants à « se nourrir sur le cadavre du vieux monde » (dixit Papagallo dans Mad Max 2). Une situation qui met en exergue les comportements les plus primaires…

Bien que le postulat soit purement fantastique, les attitudes et réactions des personnages sont tout à fait réalistes. C’est la force du cinéma de Romero.

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L’engouement pour les zombies dans le milieu de la bédé m’a jusqu’alors laissé indifférent. Le nombre de séries qui pullulent depuis quelques années me laissent perplexe quant à leur pertinence. Phénomène de mode auprès d’un public jeune, le zombie a plus de gueule que le vampire ou le loup-garou. Cependant, à force de tirer sur les grosses ficelles, les Zombies perdent de leurs forces d’évocation.

Aussi, lorsque le comics Walking Dead est sorti en 2007 chez Delcourt, je reconnais avoir fait preuve de préjugés, me disant que cette série devait être, comme beaucoup d’autres, bien décevante. Puis, l’adaptation en série TV, faisant l’unanimité pour ses qualités, m’a incité à lire le comics. Je voulais découvrir l’œuvre originale avant de voir l’adaptation. Et je dois reconnaître qu’il aurait été dommage de passer à coté d’une série de cette qualité.

Tout d’abord, que ce soit pour la série, le comics ou même le livre (L’ascension du Gouverneur), les codes « romériens » sont plus que respectés. Ce qui crée une complicité avec le lecteur-spectateur-amateur du genre. Kirkman explique (dans le volume  2) : « Pour moi, les meilleurs films de zombies ne sont pas les plus gores et les plus violents, ou ceux joués par des personnages abrutis et caricaturaux. Les bons films de zombies nous révèlent à quel point nous pouvons être déséquilibrés… ainsi que la situation de détresse dans laquelle se trouve notre société aujourd’hui. Bien sûr, ils amènent également leur dose de gore, de violence et pas mal d’autres choses fun… Mais il y a toujours en arrière-plan cette critique sociale. C’est pourquoi je préfère, et de loin, Zombie (Dawn of the Dead de Romero) au Retour des morts-vivant (Return of the Living Dead de Dan O’Bannon). »

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Une comparaison s’impose alors entre le comics et l’adaptation télé. Cependant, chacun doit s’apprécier à sa juste valeur, en fonction de ses qualités intrinsèques. La série doit se voir comme une version alternative, une autre manière de raconter la même histoire.

Les tenants et aboutissants sont globalement les mêmes, mais mélangés, croisés… Telle situation ne se déroule pas de la même manière, ni avec les mêmes personnages. Les protagonistes diffèrent : il en manque certains (Allen, Ben et Billy) et de nouveaux apparaissent (Daryl, T-Dog). Certains conservent leur importance (Rick et sa famille), d’autres deviennent plus anecdotique (Andrea), quand d’autres sont plus présents dans la série (Shane). Des situations du comics sont oubliées dans la série (le passage du Wiltshire Estates dans le volume 2) alors que d’autres n’y apparaissent pas (l’épisode du labo en fin de première saison).

Pour le comics, la narration est plus linéaire, usant d’ellipses nous laissant toute latitude pour combler les manques. Alors que la série joue de flash-back nous racontant l’avant, expliquant des choses qui sont laissées en suspend dans le comics (tel que la contamination ou le phénomène des hordes). La série tv explique là ou le comics suggère…

Au niveau graphisme, Tony Moore ouvre la série avec un style maitrisé, un peu trop humoristique à mon goût. Je préfère le noir et blanc expressionniste et crade de Charlie Adlard qui, à mon sens, sied bien mieux à l’univers nihiliste de Kirkman.

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La psychologie des personnages est plus aboutie dans la série. C’est le point faible du comics, les personnages ne sont pas assez incarnés, pas assez vivants, trop figés. On les découvre au fil des événements qui s’accumulent et montent crescendo. La série s’arrête sur la personnalité (souvent complexe) des personnages, dressant les portraits dès  l’introduction de chaque épisode.

Cependant, dans l’une ou l’autre version, les protagonistes sont constamment confrontés à des choix difficiles pour leur survie, et de ce fait, perdent de plus en plus de leur humanité. Car dans ce monde de chaos, où les vivants sont plus dangereux que les zombies, il est impossible de se rattacher à ses anciennes valeurs, de s’attacher à l’autre sans peur de le perdre.

Bien que ne lésinant pas sur les passages gores (zombies obligent), la série est plus politiquement correcte, moins nihiliste. Il y a plus d’espoir… Le rôle de Carl est à ce titre significatif. Il aurait été impossible, même dans une série pour adultes, de représenter tel quel ce qu’il vit et fait dans le comics…

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Le Gouverneur

Au final, un comics réussi donne naissance à une série réussie ! Les scénaristes (Kirkman est crédité au générique) ont sût renouveler cette histoire, en garder les grandes lignes dramaturgiques, tout en créant quelque chose de neuf, qui ne donne pas l’impression de déjà-vu !

Et la série télé risque de durer, puisqu’à la fin de la saison 2, l’histoire n’en est arrivée qu’au début du volume 3 du comics, qui en compte 15 pour l’instant… Kirkman le précise : « L’idée directrice de Walkind Dead est de rester proche des personnages et en particulier de Rick Grimes, aussi longtemps que cela sera humainement possible. Je vois Walking Dead comme la chronique de l’existence de Rick. On ne se demandera JAMAIS ce qu’il est arrivé ensuite à Rick, on y assistera. Walking Dead sera un film de zombie qui ne connaîtra pas de fin. Enfin… Pas avant un bon moment du moins. »

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Walking Dead sur bedetheque

http://walking.dead.free.fr/

Chronique K.BD – Sin City

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L’aventure K.BD continu sur son rythme de croisière, avec pour ce mois de juin, l’exploration du thème de la vengeance… Ce dimanche, c’est le premier volume de Sin City qui est à l’honneur, avec une synthèse qui ne pouvait qu’être réalisée par Yvan, dont le blog s’intitule… Sin City !

Extrait :   « OliV’ est clairement impressionné par ce tome, qui pose avec force et brio la première pièce d’un monument déjà plusieurs fois récompensé aux Eisner Awards. Il est clairement sous le charme de cet art narratif qui accompagne idéalement un univers graphique mêlant magnifiquement le noir et le blanc. Que d’éloges également sur le site de Mo’, où les plus sceptiques sont encouragés à lire au minimum les quatre premiers tomes, alors que les amateurs se délecteront de la série complète. Mitchul parle carrément d’un choc esthétique, provoqué par cette hallucinante maitrise du procédé négatif-positif et par cette manière particulière de triturer le noir et blanc jusque dans ses retranchements et de signifier les formes par le contraste et non par le trait, flirtant ainsi avec l’abstraction. Il évoque également un Miller, qui a su remettre au goût du jour le genre « hard-boiled » avec une telle maestria que vingt ans après, on ne s’en remet toujours pas. Champi parle d’un petit bijou ciselé au rasoir graphique, prêt à exploser à chaque page. Il est également subjugué par le noir et blanc de Miller : ses ombres, ses lumières, ses regards esquissés dans la nuit, ses éclats qui fragmentent le monde et l’image, ces lignes qui composent et recomposent les cases avec la délicatesse de l’abstraction. Zorg est non seulement bluffé par le dessin et par ce découpage cinématographique tout bonnement génial, mais également par la prouesse de Miller, qui parvient à rendre le personnage de Marv sympathique aux yeux du lecteur. Il parle d’un grand Frank Miller et d’un comics qu’il n’a pas su lâcher avant la fin, accroché à la destinée de ce personnage qui ne connaît aucun répit tout au long des 200 pages et qui vous emmène vers un final éblouissant. Quant à moi, le nom de mon blog trahit mon admiration illimitée pour ce chef-d’œuvre du neuvième art et je vous invite également à découvrir l’adaptation cinématographiquement de Robert Rodriguez avec Mickey Rourke dans le rôle de Marv. Une suite doit d’ailleurs être tournée au courant de l’année 2012… Longue vie à Sin City ! »

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