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Archives pour juillet 2009

HAUTE COUTURE – Besseron (les Requins Marteaux, 2001)

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Tout de même, Ferraille Illustré était un sacré vivier de bons auteurs : Bouzard, Guerse & Pichelin, Winshluss, Blex Bolex, Mathsap, etc. Besseron est un de ceux qui m’a de suite tapé dans l’œil, avec son style « monolithique ». Ses personnages, ainsi que les décors et les objets, ont tous un aspect minéral, donnant l’impression d’être fait en pierre, inexpressifs (leurs yeux ronds sont sans pupilles) et se ressemblant tous…

Sa nouvelle « Haute Couture », (collection Carrément des Requins Marteaux) nous raconte le périple d’un sérial-killer artiste, qui cout des morceaux de poulet sur ses victimes (!?). Cette histoire plutôt conne nous permet de constater que Besseron maitrise parfaitement les techniques de découpage, de séquençage qui confèrent à ses planches un rythme particulier (alors que ses dessins sont très statiques) le tout dans un format original. Il possède un sens précis des situations, du cadrage, du détail… Remarquable.

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Couverture du numéro 20…

Dans les premiers numéros de Ferraille (jusqu’au n°22), Besseron nous présentait, sur un scénario de Bouzard, les aventures de Claude et Jeremy, les frères siamois (deux têtes pour un même corps). Leur aspect bête de foire (clin d’œil à Freaks) ne les empêche pas de vivre comme tout le monde et d’être confrontés à un quotidien banal. Ce qui crée un constant décalage absurde. Claude et Jérémy se font virer de leur boulot de caissier dans un supermarché. Ils décident (du moins Claude) de ne pas se laisser abattre et d’en profiter pour redémarrer une nouvelle vie à la campagne…  Une série qui est par la suite sortie en album chez les Requins Marteaux sous le titre Le chalet de l’horreur.

A mon grand plaisir, on retrouve régulièrement Olivier Besseron dans les pages du Psikopat, où il excelle également dans l’exercice du gag, du dessin humoristique. Humour noir of course…

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Planche parue dans Psikopat magazine

A voir, son court métrage « Cirrhose Party » et ses divers projets sur :

http://besseronolivier.free.fr/ ou http://www.myspace.com/besseron

SUPERWEST COMICS – Mattioli (l’Echo des Savanes/Albin Michel, 1986)

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La plupart des dessinateurs italiens font preuve d’une grande rigueur académique au niveau de leur graphisme, de l’anatomie. Manara, Giardino, Serpieri, Liberatore, Magnus… Tous sont les héritiers directs des grands peintres de la Renaissance. Leurs représentations des corps les inscrivent dans l’héritage plastique d’un Raphaël ou d’un Michel-Ange… Représentation charnelle de la matière, puissance des corps, pureté des gestes…

Il y a bien sûr des exceptions à cette tradition. Mattioli lui, s’exprime dans un genre purement humoristique et stylisé, à l’opposé de la représentation réaliste des auteurs sus-cités. Il s’inspire plutôt de l’art moderne et de la contre-culture (New Wave, cinéma bis… Dans son Superwest Comics, parodie absurde de Superman, il utilise des couleurs vives très Pop-art, détourne des images de films (souvent interdits aux mineurs) et s’amuse avec les codes de la bd (narration, séquençage…) afin de nous raconter six histoires plus loufdingues les unes que les autres, flirtant avec le « porno-gore-scato » et fortement jubilatoires.

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Dans Panic in the city, Superwest tente de sauver les citadins d’un méchant scientifique qui transforme les trottoirs en sables mouvants. Scanner est une référence directe au film de Cronenberg. Porno massacre porte bien son nom, Superwest enquêtant sur la mort d’une actrice… Very hot dogs nous raconte l’histoire de saucisses tueuses qui sont en fait fabriquées à base de loup-garou. Cartoons hold-up, un braquage organisé par Riri, Fifi et Loulou déguisé en Woody Wood Pecker, ou l’inverse… Et The Shadow raconte l’histoire d’une ombre tueuse dont seule l’idée lumineuse de Superwest arrivera à venir à bout.

Mattioli privilégie une approche absurde, ludique, surréaliste et poétique du médium. Que ce soit avec son génial M le Magicien (avec lequel il se joue des codes, tel un Fred), son Squeak the Mouse (bd muette, du Tex Avery sous acide qui influencera très fortement Matt Groening pour son Itchy et Scratchy) ou ce Superwest, ses planches sont de véritables dessins animés en deux dimensions. Mattioli privilégie le mouvement dynamique et dynamite, ce qui rend ses bd toujours aussi modernes plus de 20 ans après leur création…

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Itchy et Scratchy ? Nan, Squeak the Mouse ! 

THE COTTAGE – Paul Andrew Williams (Angleterre, 2008)

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Le cinéma fantastique anglais se porte très bien depuis quelques années. Danny Boyle a brillamment renouvelé le genre avec son 28 jours plus tard, suivi du remarquable 28 semaines plus tard qu’il produit. Neil Marshall a transformé son premier essai avec le sympathique Dog Soldiers avant d’enfoncer le clou avec son flippant the Descent. Dans un registre plus humoristique, Edgar Wright et Simon Pegg nous ont servi ce qui demeure le film d’horreur le plus original et éclatant de ces 10 dernières années : Shaun of the Dead. Qui selon les auteurs, n’est pas un film d’horreur comique, mais une comédie, avec des zombis… The Cottage de Paul Andrew Williams s’inscrit pleinement dans cette mouvance des films « horrifico-comique ».

Cette histoire commence comme un polar, avec kidnapping et demande de rançon, pour basculer dans un délire grand guignolesque. Un minable malfrat, une petite frappe de seconde zone, décide de kidnapper la fille du caïd de la pègre locale, qui est aussi son patron. Pour ce faire, il fait appel à la complicité de son frère, et décide de se planquer dans le cottage familial. Bien évidemment, rien ne va se dérouler comme ils l’avaient prévu et tout dégénère lorsqu’ils croisent le chemin d’un fermier psychopathe… L’histoire, bourrée de rebondissement, est servie au poil par une brochette d’excellents acteurs, dont Andy Serkis et Reece Shearsmith qui jouent les frères, ainsi qu’une poignée de seconds rôles aux gueules improbables, plus irrésistibles les uns que les autres (chose que les anglais savent faire, cf Snatch).

Le réalisateur revisite le genre survival et, au lieu de se retrouver dans de grands espaces sauvages et désertiques (comme dans Délivrance, Massacre à la tronçonneuse ou la Colline a des yeux), les personnages sont ici pris en chasse dans la campagne anglaise, qui pour le coup, n’est pas si accueillante et calme que cela…Un très bon divertissement horrifique !

Tout le long du film, l’humour y est décoiffant. (…) On se régale vraiment (…) s’il ne réinvente rien, le film de Paul Andrew Williams est une pleine réussite et se boit comme du petit-lait. Eric Coubard – Brazil.

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ULTRA – Depeche Mode (Mute, 1997)

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C’est marrant, mais à chaque fois que je veux faire découvrir un album de Depeche Mode, je choisi toujours Ultra… C’est un album incroyable, inespéré pour le fan critique que je suis… Leur meilleur album, leur chef d’œuvre…

J’y retrouve l’alchimie toute particulière du « son DM ». Des chansons bien sur, avec le traditionnel « couplet-pont-refrain » qui nous démontre (s’il fallait encore le démontrer) les grandes qualités d’écriture de Martin.L.Gore. Ses thèmes de prédilection sont bien présents (la quête, la rédemption, amours perdus, impossibles…). Des ambiances toujours aussi sombres, mais cette fois-ci plus matures, plus assumées, moins « fabriquées ». La voie de Dave Gahan possède plus d’ampleur, d’épaisseur. Martin Gore (qui chante de façon plus technique que Dave, qui est plutôt instinctif) interprète ici les deux chansons qui sont à mon avis ses meilleurs jamais écrites pour lui-même : Home et The Bottom Line.

La production de Tim Simenon est remarquable, ce qui est une gageure tant il est plutôt difficile de passer après Alan Wilder et d’arriver à conserver l’identité sonore du groupe. C’est d’ailleurs ce que j’aime dans cet album, la qualité du son. Entre des lignes de basses profondes, très Trip Hop, des guitares mélodiques ou incisives, une rythmique organique (fini la boite à rythme)… L’habillage sonore (qui se dévoile au fil des écoutes) apporte une richesse incroyable à des chansons charnelles, incarnées comme jamais. Toujours cet équilibre entre le chaud et le froid, l’ombre et la lumière, l’intime et l’universel, le super-produit et l’authenticité…

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Barrell of a gun, premier morceau et première claque ! Enfin le single qu’aucun fan de rock ne peut critiquer. Ni les fans de DM of course… Une intensité à pleurer, une puissance à hurler. Chanson de la résurrection, aux paroles explicites (« Whatever I’ve done, I’ve been staring down the barrel of a gun…« ). Dave Gahan n’écrivait pas encore de texte pour DM, mais il aurait pu écrire cette chanson au mot prêt. The love thieves est magnifique, une de mes chansons préférées du groupe. Un morceau à la structure classique, qui prend le temps d’installer une ambiance intime, dont l’intensité dramatique monte crescendo… Morceau typique des albums de DM. Home est une pur merveille. La plus belle des chansons de Martin et de fait, son plus beau single. It’s no good est à prendre au second degré, comme une auto-parodie. DM imite le DM faiseur de tube des années 80. Une chanson électro-pop pour club de dance, lourde de sens et bien moins naïve qu’elle n’y parait. Uselink est un instrumental, un intermède musical qui devient une tradition depuis Music for the Masses. Useless est imparable et ne pouvait que finir en single. Une chanson qui nous démontre une bonne fois pour toute (comme s’il fallait le confirmer) que la structure « guitare-basse-batterie » a toute sa place dans l’univers modien…

La face b de cet album (qui fut sorti aussi en vynil) est remarquable et difficilement racontable, tant les chefs d’œuvre s’y succèdent. Entre le mélancolique Sister of night (qui fini en apothéose), l’instrumental Jazz thieves, le bluesy Freetaste, le gospel de The bottom line ou le classicisme d’Insight. Toute la palette de leurs influences s’y trouve transcendée comme jamais…

Un album nocturne, qui s’inscrit dans la continuité logique de la direction prise par les deux précédents (Violator et SOFAD). Ultra est un album rock, aux influences assumées, qui a définitivement installé DM au panthéon des groupes phares des années 90. On est loin de l’image de garçons coiffeurs des années 80. Synthèse parfaite de leurs albums antérieurs, entre Pop-sombre et électro-rock. L’apogée de leur discographie…

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L’ACTEUR – Sirou (Jusqu’à l’os, 2008)

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Sirou est un dessinateur indépendant dont j’aime de plus en plus le style et l’humour (qui évoluent de mieux en mieux). Découvert il y a quelques années dans les pages du Psikopat, ses récits autobio pourraient être sans grand intérêt (il nous raconte ses déboires de dessinateur de bd qui galère pour survivre, avec quelques penchants pour l’alcool entre potes) s’ils n’étaient servis par un coup de crayon humoristique, vif et rond. Un humour absurde et légèrement surréaliste qui l’amène chaque fois à exagérer, et donc dédramatiser ce qu’il vit (il a créé le concept de « chômologie »! Tout un programme).

C’est dans la revue Bazart (mag’ et agenda culturel normand) que j’ai été surpris d’apprendre que Sirou est un gars de chez moué, un seino-marin du Havre, qui vient de sortir un album autoproduit : L’Acteur aux éditions jusqu’à l’os, dans la collection Fracture.

Toujours dans l’optique de soutenir la création auto-produite, j’ai acheté cet L’acteur car en plus d’apprécier l’auteur, ce petit livre (format 21x15cm, 54 pages) est de très bonne facture, à un prix abordable de 7 euros. Le personnage (Sirou lui-même ?) est en plein dialogue philosophique (un monologue en fait) avec le rocher contre lequel il est appuyé. L’acteur nous parle des affres de l’existence. Par un effet de mise en abime (le narrateur est aussi spectateur de ce qu’il nous raconte), Sirou aborde le thème du processus de création, le questionnement d’un auteur en particulier, d’un artiste en général. Ainsi que toutes les angoisses qui peuvent en découler… Intéressant et divertissant, et plus que ça encore… Du grand 9ème art… 

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http://www.siroublog.com/

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