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Archives pour décembre 2014

Chronique K.BD – Paul à la campagne

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Nous terminons notre périple québécois avec un auteur et une série aussi essentiels que discrets. Michel Rabagliati et Paul, son double de papier, nous emmènent en balade dans les terres douce-amères de l’enfance. Sorti en 1999, Paul à la campagne est le premier acte d’une saga qui compte maintenant six volumes (il travaillerait actuellement sur le septième). Fine, tendre, juste, légèrement nostalgique… les qualificatifs ne manquent pas pour décrire cette « belle et touchante aventure intérieure ».

Une synthèse avec un léger accent de Champi !

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Nu-men (Tome 1 – Guerre urbaine) – Fabrice Neaud (Quadrants, 2012)

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Je découvre tardivement la série de pure science fiction de Fabrice Neaud. On le sais à la lecture de son journal (le coffret est encore disponible chez Ego comme X) qu’il est un passionné du genre, et travaillait déjà sur un projet SF, avant de se lancer dans son œuvre autobiographique qui demeure la référence ultime en la matière. Un sacré grand écart ! Mais à bien y regarder, on retrouve ses préoccupations politiques (dénonciation des discriminations), ses obsessions métaphysiques (l’homme et les nouvelles technologies) et ses figures de sur-hommes bodybuildés.

Nu-men est du genre anticipation tendance Uchronie. Au milieu du XXIème siècle, suite à d’importantes catastrophes naturelles, les Etats Unis ne sont plus et l’Afrique se meurt du Sida. L’ordre mondial s’en trouve chamboulé, l’Europe et l’Asie devant faire face à d’importants flux migratoires venants de ces continents désolés. Une situation géo-politique qui ne peut que générer le replis identitaire et les idées fascisantes, incarnées par le front européen.

Anton Csymanovski est sergent de l’armée régulière européenne. Lors d’une violente émeute, en périphérie d’une grande ville à la veille d’une élection, il se retrouve coincé sous un immeuble vétuste qui s’effondre sur lui et la petite fille qu’il voulait sauver. Simultanément, tous deux sont témoins d’un étrange flash de lumière… Dégagé peu après des décombres, miraculeusement indemne, Anton passe pour un héros au micro de médias empressés et avides de sensations. Cependant, la sécurité intérieure confisque d’autorité la scène de sauvetage qu’une collègue d’Anton avait filmée. La petite fille, une réfugiée en situation irrégulière, disparaît aussi soudainement de l’hôpital où on la tenait en observation. Anton fait certes partie des forces de l’ordre, mais tout le pousse à penser que cette agitation cache une étrange affaire, dans laquelle il va devoir plonger… (note de l’éditeur)

Ce premier épisode plante le décors, installe les nombreux personnages et enjeux d’une histoire pour le moins complexe (qui n’est pas sans évoquer Akira). Cependant, la maîtrise narrative de Neaud – tant au niveau du graphisme que du découpage ou des dialogues – et son sens de l’action suscite l’adhésion et nous entraîne sans retenue dans ce qui s’annonce être une passionnante saga de science fiction moderne.

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Chronique K.BD – Ciboire de criss !

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J’avoue avoir légèrement insisté auprès de mes camarades k.bédien-ne-s pour que l’on retienne un album de Julie Doucet dans notre sélection québécoise de décembre. Une auteure incontournable, chef de file du DIY (do it yourself) made in Québec. Il faut reconnaître que son univers autobiographique n’est pas facile d’accès. Que ce soit ce qu’elle raconte, ou dans sa manière de le raconter, Julie Doucet ne fait pas dans la dentelle (aucune réflexion sexiste de ma part!) et y va sans retenue. Cette forme d’autobiographie intime, proche de la « confidence psy » est assez rare dans le monde de la BD et n’est pas l’apanage exclusivement masculin des CrumbJoe Matt ou autres Mattt Konture.

Une synthèse by myself…

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Fables Amères (de tout petits riens) – Chabouté (Vents d’Ouest, 2010)

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Christophe Chabouté s’est fait une spécialité des récits longs, prenant ainsi le temps de développer une intrigue, des situations, des psychologies (Tout Seul, La Bête, Terre-Neuvas…). Avec ces fables amères, il excelle également dans le format court. Bien que l’ensemble peut se lire comme une déclinaison d’un même thème (l’isolement dans nos sociétés urbaines), Chabouté respecte le format propre à la discipline, chaque nouvelle se lisant indépendamment des autres, se suffisant à elle-même.

L’amertume est bien la sensation diffuse qui se dégage de ces fables. La relation virtuelle passionnée entre deux voisins qui s’ignorent, le passé lumineux et le présent gris d’un travailleur immigré, les bobos qui veulent changer leur intérieur, indifférents au SDF qui survie sur leur palier ou encore cette caissière qui, suite au décès de son père, se remémore une surprise ratée qu’elle voulait lui faire étant enfant… Les personnages subissent ce que l’on pourrait appeler des « confrontations silencieuses », tous tiraillés entre leurs aspirations et la dure réalité de leur existence. Rencontres ratées, ignorance de l’autre, incommunicabilité, il est clair que ce qu’ils vivent dans leur quotidien ne peut que leur laisser un sale goût dans la bouche (et explique la tristesse qui se lit sur leur visage). Ce recueil nous rappelle une amère vérité : nous sommes toujours seuls dans la détresse.

Chabouté trace sa route à l’écart des courants. Il a su développer un graphisme particulier, reconnaissable entre mille, s’appuyant sur un noir et blanc tranchant. Il transpire de ce réalisme expressionniste un peu maladroit une forte personnalité, une remarquable puissance d’évocation. Les tout petits rien du sous titre sont tout sauf insignifiants. Ils sont lourds de sens pour ceux qui les vivent et ne peuvent nous laisser insensible, tant Chabouté dit beaucoup avec une formidable économie de moyens.

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Paul à la campagne – Michel Rabagliati (La Pastèque, 1999)

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Paul part à la campagne avec sa femme et sa fille, rejoignant ainsi son père dans la maison de vacance familiale. Ce périple sera pour lui l’occasion de se remémorer des événements survenues durant ses jeunes années. Par un effet madeleine, revenir dans sa maison de campagne ravive de vieux souvenirs, qu’il semble avoir vécu la veille. Un récit aigre-doux, s’appuyant sur des flash-back de souvenirs tendres, parfois dramatiques, et toujours justes. Souvenirs d’enfance et récit sur l’enfance, l’autobiographie de Rabagliata est légèrement nostalgique et donne toute son importance à l’anecdote, aux petits événements qui s’oublient vite, mais forgent à jamais une personnalité. Il s’arrête sur cette période charnière de la fin de l’enfance, entre joyeuse insouciance et découverte les dures réalités de la vie (la mort, la séparation…).

Le graphisme stylisé de Rabagliati évoque celui de Dupuy et Berberian ou de son compatriote Seth. Sauf qu’il semble moins préoccupé par le style que par la force d’évocation du trait. Le fait de ne pas distinguer graphiquement les différentes époques de son récit, de passer en une case du Paul enfant au Paul adulte est une manière subtile d’affirmer que ce dernier est toujours le même, qu’il a conservé sa sensibilité, son regard sur les choses. C’est vrai qu’on ne change pas vraiment. Dans le fond, devenir adulte, c’est une vue de l’esprit…

Ne nous fions pas à ce petit format. Bien que possédant peu de pages, Paul à la campagne est un album dense, riche, qui même s’il se lit rapidement, laisse sa trace longtemps après lecture. Yves Frémion a raison, Rabagliati est une très bon artisan de la BD : « Un grand auteur qui, s’il ne fera pas mode, restera. »

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