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Archives pour novembre 2009

BRAZIL – Le Cinéma sans Concession(s) (magazine)

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Le « Surréaliste en chef » Terry Gilliam…

Brazil est le seul magazine de critique ciné que j’achète tous les mois ! Faut dire qu’il n’y en a pas beaucoup de bons sur le marché, j’ajouterai même que c’est le seul (il y a aussi Mad Movies, qui est plus spécialisé). Le seul qui ne soit pas un catalogue promotionnel des sorties hebdomadaires. Le seul dont la rédaction assume pleinement sa mauvaise foi et ose dire quand un film n’est pas bon, surtout venant d’un réalisateur vénéré. Que ce soit une série B made in US ou un film d’auteur Coréen (ou l’inverse), ils n’ont pas de genre de prédilection et restent ouvert à tous les cinémas.

Tous les chroniqueurs, en particulier le rédacteur en chef Christophe Goffette, sont des passionnés, qui ne cherchent surtout pas à faire consensus à propos d’un film. Car les fortes personnalités de la rédaction (Goffette, Lemaire, Caroline Vié, Jean-Sébastien Thirion, Eric Coubard, j’en passe et des meilleurs…) ne sont que rarement tous d’accord sur les qualités d’un film, et savent faire entendre leurs avis. Des chroniqueurs qui assument pleinement leur subjectivité, ce qui démontre une grande honnêteté car il est impossible de donner un avis définitif sur un film. On peut démontrer toutes ses qualités techniques et artistiques, ce n’est pas pour autant que tous le monde aimera. La critique d’un film (et des autres médiums artistiques) n’est pas une science exacte, et beaucoup semblent l’oublier.

Pas de consensus, mais pas non plus d’esprit de contradiction automatique. Ils ne vont pas forcément casser un film parce qu’il fait l’unanimité ou produit par des gros studios d’Hollywood. Ils apprécient Clint Eastwood ou Woody Allen par exemple…

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The first…

Dans l’édito du premier numéro (octobre 2002), Goffette répond à la question « pourquoi Brazil ? » et annonce la profession de foi du journal : « Parce que ce film, au-delà de ses évidentes qualités techniques et narratives, et de son statut de film culte d’entre les films cultes (hautement représentatif des œuvres qui seront défendues dans ce qui est désormais le magazine du même nom), s’est transformé avec le temps, partant d’un « film contre le système », pour finalement devenir un combat de son réalisateur (Terry Gilliam) contre ce même système. Ainsi « Brazil » symbolise à la perfection un cinéma non pas élitiste ou enfermé dans un quelconque costume, mais simplement une expression artistique vivante, qui cultive ses différences et n’accepte aucun compromis ». 

Leur principal critère de qualité est ce qu’ils nomment le « sans concessions ». Ce qui veut dire fait avec honnêteté, par des auteurs qui vont au bout de leur démarche, si possible sans compromis auprès les grosses majors. Créer une œuvre et non un produit formaté. Le cinéma « sans concessions » comme antidote au cinéma « pop corn ». Comme le dit le cinéphageuh Christophe Lemaire dans ses carnets : « cette rubrique n’est pas dédiée à ceux qui vivent par le cinéma sans en être passionné ».

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Quand Brazil et Crossroads fusionnent…

Mais dire ce qu’on pense vraiment gêne toujours. Et un certain Luc Besson n’a pas apprécié un article plutôt négatif, mais jamais insultant ou diffamant, sur son cinéma, intitulé « Besson m’a tuer… mon cinéma » ! Les conséquences ont faillit être catastrophiques (tous les détails). Le journal a du cesser de paraître sous son nom propre (pour raison financière à cause du procès) et s’était réfugié dans Crossroads, l’autre revue de Bandits Company. Ayant obtenu gain de cause et remboursement des frais de procès (Besson ayant été débouté), Brazil est réapparu en Octobre 2007 dans sa deuxième version. Chouette !

Au-delà des traditionnelles chroniques des films à l’affiche (ou a venir) et des nouveautés DVD, Brazil nous propose des comptes rendus de festivals (y en a beaucoup dans une année !), des dossiers complets sur un auteur ou un genre particulier, de vraies interviews qui abordent des vraies questions de fond (sur le processus de création, les difficultés de la production…). Peu importe l’auteur ou le film, leurs articles nous en apprennent toujours sur l’univers du cinéma, toutes les étapes de la vie d’un film, de l’idée du cinéaste à la projection en salle.

Une subjectivité revendiquée, une philosophie du cinéma comme art et non comme produit et surtout, pas de langue de bois et d’intellectualisme à deux balles ! Voilà les grandes qualités qui me font apprécier Brazil.

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Premier numéro de Brazil 2, le retour…

http://www.banditscompany.com/

Interview de Christophe Goffette :  Brazil, la résurrection

 

Les Cinq Saisons / Automne – Kordey & Django (Dargaud, 1990)

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Il est parfois des titres trompeurs. Intituler un album les cinq saisons – Automne, laisse supposer qu’il s’agit d’une série en cinq volumes, dont le premier se nomme Automne. S’ensuivraient donc logiquement les autres saisons (peut-être pas dans l’ordre, vu que ça ne commence pas par Printemps !) jusqu’à cette fameuse cinquième… Mais en fait, pas du tout ! Cet album est un « one shot » comme on dit dans les milieux branchés. Une simple histoire, la seule d’ailleurs que le scénariste Nenad Django semble avoir écrite. Le dessinateur Kordey lui, est bien plus prolifique. D’origine croate, il a commencé aux Humanoïdes Associées dans les années 80, en adaptant la saga de Vam de l’auteur de SF roumain, Vladimir Colin. Il fait depuis carrière aux USA, oeuvrant sur des licences plutôt célèbres : Batman – Tarzan, Alien, Star Wars, X-Men…

Cette histoire semble à part dans sa bibliographie. Dès la lecture de ce titre énigmatique, on est attiré dans un univers onirique, étrange. Tout comme dans un rêve, la meilleure façon d’apprécier cette histoire, c’est de se laisser transporter par les événements, les images, les symboles… sans chercher à rationnaliser. On essaiera de comprendre après avoir refermé l’album. Restons dans les impressions, la raison viendra plus tard… Il n’y a, à priori, rien de logique dans cette histoire. C’est ce qui rend cet album si particulier.

Car l’histoire commence par un combat entre un samouraï et des brigands, puis on passe brutalement dans l’univers bruyant et chaleureux d’un cabaret fin 19ème, dans lequel traine Toulouse-Lautrec… Mais quels liens peut-il y avoir entre un guerrier samouraï et Toulouse-Lautrec ? On apprendra au fil de l’histoire que le samouraï est un nain, acteur dans un spectacle de  cirque, auquel assiste Toulouse-Lautrec… Deux artistes de petites tailles, vivant dans leurs rêves comme pour se protéger de l’hostilité du monde…

Les images sont remarquables ! Kordey est un excellent graphiste, et surtout un formidable coloriste. Il maitrise parfaitement l’exercice de la couleur directe. Cette manière particulière de créer le volume par la couleur. Le trait n’est là que pour souligner les formes. La matière est modulée par les effets de couleurs (jeux d’ombres, contrastes…), qui donnent du corps aux dessins. Chaque univers possède sa propre dominante. Celui du Samouraï passe par des tons froids, entre bleus ciel et gris(qui correspondent aux changements du ciel). L’univers du cabaret est dans les tons ocres-rouges (plus ou moins inspirée par les teintes de Lautrec lui-même) qui illustrent à merveille le monde chaleureux et enivrant des nuits parisiennes. Kordey use d’effets très cinématographiques, possédant un sens aigu du cadrage, du découpage, de la mise en page… Entre histoire fantastique, conte philosophique et biographie dramatique, Automne est un album original, qui ne ressemble à rien de connu.

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Kordey sur Bedetheque

SINE – 60 ans de dessins (Hoëbeke, 2009)

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Ouvrage de qualité, aussi bien dans sa forme que son contenu. Les éditions Hoebeke nous propose, comme à chaque fois, un livre de très belle facture, au papier de qualité supérieure, avec des couleurs qui rendent hommage aux œuvres imprimées. Toujours avec une couverture souple, mais solide. Ce genre d’ouvrage qui résistera au temps et aux modes éditoriales. Pour un auteur comme Siné, on ne peut rêver mieux. Et pour nous présenter le contenu, je laisse la parole à François Cavanna :

« Siné, 60 ans et toutes ses griffes

Il a toujours été pour les chats, le jazz, l’humour, et contre l’armée, les flics, les religions. Un album rassemble «60 ans de dessins» de Siné, et le fête. Increvable Siné ! Comme ses chats bien-aimés, il retombe toujours sur ses pattes. Le coup en vache qui devait le jeter à bas, il en fait un triomphe. Ce gros bouquin est le trophée de sa victoire. Comment ce gars, qui prenait le départ d’une brillante carrière d’humoriste genre intello d’avant-garde apprécié par un lectorat plutôt snob, est-il devenu cet enragé, ce semeur de merde qui allait foutre le feu aux quatre coins de la presse française ? C’est que les gens qu’il fallait -Leonor Fini, Jean-Jacques Pauvert… – ont su déceler le tempérament de Siné et son principal, pour ne pas dire son unique centre d’intérêt. Tempérament de bagarreur, intérêt puissant pour la chose politique.

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Siné n’aime pas l’armée, les flics, les religions, l’embrigadement, comme toutes les formes de contrainte, d’oppression, de refus de penser par soi-même. Un anar, alors ? De coeur, certainement. Les petits malins qui ont toujours tout compris s’écrient : «Anar de droite !», ce n’est même plus à la mode…

Siné dessine comme on écrit. Et il écrit autant qu’il dessine, avec la même vacherie tranquille. Il exprime des idées simples par un dessin volontairement simpliste. Foin de la ressemblance ! Ses bonshommes  ? Des stéréotypes. Un ovale, c’est le visage. Le même pour tout le monde. Une petite moustache si le modèle en porte une, des cheveux plus longs si c’est une madame, un cigare au bec si c’est un rupin, une gâpette de travers si c’est un homme-du-peuple, ça fait la rue Michel. Le plus fort, c’est qu’elle y est, en fin de compte, la ressemblance !

Le message est aussi direct que le trait est dépouillé. Tu le reçois en pleine gueule. Siné veut être compris au premier regard. Quitte à faire gros. Quand il faut faire gros, il fait gros. Les chiortes ne lui font pas peur. Quoi de plus efficace que la merde pour exprimer le dégoût ? Mais l’idée n’est jamais médiocre, là moins encore qu’ailleurs. C’est donc l’humour vache. Mais pas gratuit. Sine a choisi son camp. Les sourires en demi-circonférence fleurissent plutôt sur les tronches à casquette. Il lui est arrivé de militer, en des temps où militer n’était pas de tout repos.

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Chat aigne

Comme tout le monde, c’est par les chats que j’eus tout d’abord connaissance de Siné. Vers les années 1950, on vit soudain des chats partout, surgis va savoir d’où. Des chats-cals-(en-bourre) – Siné, tu permets ? – qui vous fixaient de leur bonne bouille ronde, calembourdesques à faire pâlir le calembour, étirant d’une oreille à l’autre un sourire fait d’une demi-circonférence qu’il suffisait de retourner pour obtenir une grimace tout aussi éloquente, mais en sens inverse. Si le dessin est délibérément sommaire, il est, qu’on ne s’y trompe pas, minutieusement travaillé. Une application de bon élève. Il exprime les choses de façon posée, en gars qui a quelque chose à dire et qui tient à le dire bien. Je ne sais pas si cela se remarque, mais en tout cas on en subit l’effet, chacun de ses dessins est un petit tableau qui, tel quel, pourrait faire une «une». Ses «unes», d’ailleurs valent des affiches. Une «une» de Siné à la devanture du kiosque, ça appelle ! On la voit du trottoir d’en face. Quant à ses affiches… Voyez vous-même !
Si, chez Siné, le cul – ailleurs on dit «l’amour» – tient une aussi grande place, c’est qu’il est la seule chose au monde qui puisse consoler de la vacherie de la vie. C’est aussi pourquoi, chez Siné, le cul est toujours joyeux.

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Voici donc réuni l’essentiel d’un œuvre énorme, soixante ans de bagarre contre une société étouffante, pas du tout ouverte à cette critique violente qui appelle un chat un chat et un homme politique un étron, et qui fait de Siné ce paradoxe : un réprouvé perpétuel porté par une popularité qui ne se dément pas. Il vient encore d’en faire la brillante démonstration. » (Cavanna, « le Nouvel Observateur » du 8 octobre 2009).

Sans revenir sur la polémique, il est important de noter que, de l’actuelle équipe de Charlie,seul Cavanna (et Willem aussi) a encore (de) l’estime et (de) la reconnaissance de (pour) Siné. « Sache que tu seras le bienvenu dans « Siné Hebdo », lui disait-il dans sa zone de novembre 2008 (n°12). Chose à laquelle Cavanna n’est pas indifférent, sinon pourquoi aurait-il chroniqué cet ouvrage, et de cette manière…Ca me réconforte, car je n’aurai pu accepter que mon Siné critique mon Cavanna, ou que mon Cavanna critique mon Siné ! Oui je sais, c’est très possessif tout ça, mais que voulez-vous, je les kiffe grave tous les deux !

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nouvelobs.com

Jack Palmer – Pétillon

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Premier album des aventures de Jack Palmer…

Comme Lauzier, Pétillon est un auteur que j’ai apprécié sur le tard. Il pratique un humour absurde, nonsensique et très second degré. Il fait aussi appel à de nombreuses références politiques et sociales. Cependant, ses histoires ne sont pas trop datées et supportent sans problèmes le passage du temps.

La plupart des auteurs de BD évoluent au niveau de leur style graphique. Ils le peaufinent, l’affinent, l’épurent… Mais rares sont ceux qui semblent se réinventer à chaque album, cassant tout automatisme (voire l’idée même de « style »), tout en restant cohérent. Pétillon est de ceux-là, un dessinateur caméléon, œuvrant aussi bien pour la bande dessinée que le dessin de presse (on le retrouve dans les pages du Canard Enchainé).

Comme nous l’explique très justement Thierry Groensteen dans son article Pétillon le mutant, paru dans la revue Neuvième Art n°13 : « Mettez côte à côte un dessin de Pétillon exécuté au milieu des années 70, un autre de 1980, un de 1985, un de 1990 et un de 2000, vous penserez avoir affaire à cinq dessinateurs différents. On ne connaît guère d’autre exemple d’un artiste qui, tout en restant par ailleurs d’une fidélité obstinée au même personnage, soit passé par autant de périodes graphiques fortement différenciées. »

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Métamorphose depuis 1974…

Palmer semble le bon prétexte à Pétillon pour s’essayer à différentes approches picturales (entre minimalisme et « esthétique de la surcharge et de la saturation », caricature et réalisme, traits incisifs ou ligne claire…), différentes techniques (encres ou pinceaux, hachures ou aplats…). Le tout, s’appuyant sur de multiples références : les américain Johnny Hart, Edler et Kurtzman (de Mad) ou encore Mordillo, Masse, Rochette (autre mutant notoire).

 

Si le style de Pétillon est en constante évolution, Jack Palmer lui, n’évolue pas. Depuis sa première enquête, il est toujours aussi crétin et à coté de la plaque. Ce qui ne l’empêche pas de résoudre ses affaires. Un détective privé qui subit les événements, ne comprend jamais rien à rien, mais qui malgré tout arrive à chaque fois à tirer son épingle du jeu. Chapeau Palmer !

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Je suis loin d’avoir tout lu, mais les quelques Jack Palmer que je possède sont tous excellents. Les disparus d’Apostrophes, Le chanteur de Mexico et Le pékinois pour la période « années 80 ». L’enquête Corse et L’affaire du voile pour les années 2000. Même si j’aime beaucoup la ligne claire des trois premiers (sous influence hollandaise, en particulier Leon la terreur de Van Den Boogaards & Schippers), je rejoins Groensteen à propos de la qualité des derniers, surtout L’affaire de Voile : « Sur le plan graphique, L’affaire de Voile (2006) est à ce jour, et pour mon goût, le plus achevé de tous les albums de Pétillon. Il est réjouissant de voir un auteur sexagénaire, après un parcours tout en sinuosités, parvenir à une sorte de synthèse de son art. Son trait de pinceau a retrouvé de la souplesse. Les expressions physionomiques sont plus travaillées, et on ne peut qu’admirer le talent de Pétillon pour caractériser un personnage dès sa première apparition. Les décors (le Selim Bazar, l’appartement de l’imam Hâdi) sont d’une grande puissance d’évocation. Les couleurs (de Sophie Dumas et Christine Couturier) sont feutrées, sans ostentation. Si Pétillon se rapproche ici de quelqu’un, c’est, il me semble, de Rochette, avec lequel il a par ailleurs entamé une collaboration fructueuse comme scénariste des aventures loufoques de Louis le Vétilleux et Clémolin, dit « Dico » (Cf. Panique à Londres et Scandale à New York). Qui s’assemble finit donc par se ressembler… provisoirement. »

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édition en arabe…

 

Jack Palmer sur Bedetheque

Radiodread – Easy Star All-Stars (Easy Star Records, 2006)

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A la fin des années 90, une rumeur circulait comme quoi Massive Attack allait intégralement remixer OK Computeur, avec l’approbation de Radiohead. Les deux groupes s’apprécient mutuellement et se côtoyaient parfois. Un projet qui avait de quoi mettre l’eau à la bouche : le meilleur groupe électro du moment fusionnant avec le meilleur groupe rock, ça ne pouvait qu’être bon ! D’où la déception de voir que ce projet ne restera qu’un rêve improbable de fans… C’est pourquoi, lorsque le Easy Star All-Stars sort leur 2ème album, Radiodread, qui réorchestre façon reggae-dub ce même OK Computeur, c’est un peu comme si ce projet fou réapparaissait, dans une version alternative. D’autant que la présence d’Horace Andy en ouverture de l’album (sur Airbag) fini de me convaincre qu’il existe une réelle filiation entre ces deux projets.

Collectif basé à New York, Easy Star All-Stars est composé d’un noyau dur d’artistes de la scène reggae, ska, dub et jazz, ainsi que de grands chanteurs jamaïcain, invités à l’occasion pour participer aux projets. Leur premier, sorti en 2003, est le Dub Side of the Moon qui, comme son nom l’indique, aborde la face reggae du Pink Floyd. Un premier essai réussit. S’ensuit 3 ans après ce Radiodead puis, sort cette année, un nouvel opus : Easy Star’s Lonely Hearts Dub Band qui, vous l’aurez deviné, reprend l’intégralité du plus célèbre album des Beatles. Des p’tits gars qui n’ont peur de rien !

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Les chansons de Radiohead sont ici entièrement réorchestrées façon reggae-dub. D’une grande fidélité par rapport au matériau de base, chaque morceau y est repris note pour note, sans perditions ni modifications. Ce qui fait qu’on retrouve l’architecture particulière des chansons, avec un énorme plus apporté par ces sons et structures reggae.

La voie lyrique d’Horace Andy fait des merveilles sur Airbag, véritable alter-égo jamaïcain de Thom Yorke… Paranoïd Androïd commence doucement. L’orchestration n’apporte pas grand-chose à la chanson, jusqu’au moment ou les cuivres arrivent (en remplacement les guitares) et là, ça prend une autre tournure ! Exit Music est magnifique et se prête admirablement au spleen reggae. Une reprise qui sonne comme du Gainsbourg période Wailers. Le Let Down est magistralement transcendé par l’interprétation de Toots & Maytals. Si on ne connaît pas cette chanson de Radiohead, on pourrait croire sans problème à un standard, un classique du répertoire roots-reggae. Bluffant. Karma Police reste Karma Police, même à la sauce jamaïcaine. Un pur morceau. Superbe aussi la version de Electioneering qui termine en apothéose Dub ! Les autres morceaux sont un ton en dessous, mais dans l’ensemble, Radiodread est un tribute vraiment réussit, bien plus qu’une curiosité pour les fans du quintet d’Oxford et peut même en réconcilier plus d’un avec leurs chansons !

Ce Radiodread nous permet de redécouvrir des morceaux qu’on croyait connaître par cœur. Il nous confirme également l’idée (qu’on savait déjà) qu’au-delà du style et du « son Radiohead », il y a à la base de superbes chansons, qui supporteraient tous les traitements possibles et inimaginables (à quand Kid A version Doom-Metal ..?).

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