Archives pour mars 2009

BRAD MEHLDAU TRIO – Hangar 23 à Rouen (25 mars 2009)

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Après le Nascimento trio et Erik Truffaz, c’est la troisième fois seulement que j’assiste à un concert de Jazz. Bien que je sois ouvert à toutes les musiques, je suis plutôt d’une culture rock. Mais je ne voulais pas louper Brad Mehldau, que je connais pour son album Songs – Art of the Trio et sa reprise d’ Exit Music de Radiohead.

Le premier morceau m’a totalement dérouté, bousculé dans mes habitudes d’auditeur… Je n’avais plus aucun repère. Qui marque le temps, qui fait quoi ..? Je me rends compte qu’un trio de jazz est bien plus que la somme des trois musiciens qui le compose. Il m’aura donc fallu cette petite période d’adaptation pour entrer pleinement dans la musique et me laisser porter… J’aime bien ressentir ça. Etre déstabilisé, puis apprivoisé par la musique. Il n’y a que la bonne musique pour nous permettre de vivre ce genre d’expérience.

Bien qu’il nous interprète des compos très techniques, très pointues, Mehldau s’appuie constamment sur la mélodie, simple, belle… Il la triture, la bouscule, la déstructure, mais y revient toujours. « Il y a une sorte de dichotomie dans le tempérament artistique de Mehldau. C’est d’abord et surtout un improvisateur, qui tient beaucoup à la surprise et l’émerveillement suscités par une idée spontanée exprimée directement, en temps réel. Mais il est également fasciné par l’architecture formelle de la musique et cela marque tout ce qu’il fait. Dans ses œuvres les plus inspirées, la structure de sa pensée musicale devient un outil d’expression ». (Note de programme 2008-2009, Rouen Jazz Action)

Le fait qu’il reprenne des chansons d’artistes pop-rock nous démontre qu’il ne fait pas de distinction entre musique savante et musique populaire. Ce qui compte c’est l’émotion suscitée par la beauté d’une mélodie (qu’elle vienne de Bach ou de Soundgarden). D’ailleurs, il nous présente ses morceaux comme des chansons. Ils nous ont interprété un impressionant Knives Out de Radiohead ainsi qu’un morceau de Ray Charles (que personnellement, je n’ai pas reconnu).

Brad Mehldau est un artiste aussi touchant qu’impressionnant. Proche de son public, il n’est pas aussi introverti qu’il pourrait le laisser paraître… Quant à ses musiciens, Larry Grenadier à la contrebasse et Jeff Ballard à la batterie, je crois (et mes amis en sont sûrs) qu’on a vu des pointures en action. Superbe soirée. La musique de Brad Mehldau nous touche directement à l’âme ! Ca fait du bien.

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(cette photo ne vient pas de ce concert)

http://www.rouenjazzaction.asso.fr/manifestations/

Chasseur Déprime / Le Garage Hermétique – Moebius (2008 éditions Stardom)

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Moebius nous propose, en 2008, une nouvelle aventure du Garage Hermétique (une de ses nombreuses séries cultes des années 70). Ce n’est pas un coup marketing (il n’a pas besoin de ça !) car, bien qu’elle connaisse un succès critique dès sa diffusion, cette série est loin d’être grand public. Cela relève plutôt d’une authentique démarche artistique. La pulsion de créer. Encore et toujours… Etre aussi actif et créatif après plus 50 ans de carrière force l’admiration. Il ne perd rien de sa virtuosité ni de son inspiration… Un mauvais album de Moebius (il a du en faire… Non !?) sera toujours meilleur que le meilleur album de nombreux tacherons (des noms ? Oh, vous en connaissez plein…) !

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« L’important, c’est qu’à cheval entre deux époques, né trop tôt dans un monde trop tard, Jean Giraud et ses alias sont plutôt bien tombés. Enfanté artistiquement au XXème siecle, avec, comme on disait dans les années 70, trente ans d’avance sur la plupart des autres, il a maintenant été rattrapé par le temps qui lui a donné raison. Il est bien le premier artiste signifiant du troisième millénaire dont il prophétisait les ordres et le chaos.[…] J’ai l’impression qu’en gros, depuis le « Désert B », en passant par « Inside Moebius » et la renaissance du Major. A l’exception de « Blueberry » qui ne peut plus être désormais un adieu au second millénaire, Moebius est à nouveau en train de nous prendre de vitesse. » (J.P. Dionnet en préface de l’ouvrage)

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Moebius n’a plus rien a prouver à personne, sauf à lui-même, sûrement. S’il nous propose cette séquelle, c’est qu’il a encore des choses à dire. Ou plus exactement, son inconscient a des choses à nous exprimer. On ne compte plus les symboles (reptiles, totems, lapins, têtes de mort… Le scénario en roue libre est une succession aléatoire de séquences, de scènes. Tel un cadavre exquis… « Voyons ce que signifie cette histoire de rêves emboîtés » nous précise le résumé de la page 3. Le major Gruber, en pleine déprime, subit les délires d’une histoire qui semble s’inventer au fil des cases.

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Petit rappel à propos du Garage : « Le Garage Hermétique se situe dans un astéroïde contenant plusieurs mondes superposés, créé par le Major Grubert, qui continue à en surveiller l’évolution à bord de son vaisseau spatial le Ciguri. L’astéroïde se trouve dans la constellation du Lion. Les planches du Garage hermétique sont parues initialement sous la forme d’un feuilleton dans Métal hurlant en 1979 ; elles étaient écrites au fur et à mesure de leur publication dans la revue, chaque planche étant improvisée. Il en résulta une histoire décousue et manquant souvent de cohérence, mais par contre un formidable laboratoire d’idées, un univers coloré et délirant, truffé de références à la science-fiction et aux super-héros. Dans ce récit, Moebius évoque quantité de détails sans les développer, ce qui rend la description du Garage hermétique difficile… ce qui correspond bien à sa nature : immense, changeant, délirant. » (Wikipédia)

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Bien qu’il dessine depuis quelques années sur palette graphique, Moeb semble ici renouer avec l’encre et le papier. L’inexactitude de la calligraphie nous le prouve, elle conforte cette impression d’écriture automatique… Son trait est impressionnant de vivacité, d’invention, d’exactitude, de légèreté,  de liberté, de poésie, de beauté… Quel plaisir !

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Les sexties de Lauzier (1980 éditions Glenat)

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Plus jeune, je n’accrochais pas vraiment aux BD de Lauzier (genre Zizi et Peter Panpan ou Les Cadres). Peut être étaient-elles un peu trop « adultes », trop politique. Puis, ce coté « dessinateur de droite » (dans un journal de gauche) me gênait… En fait, il n’avait pas d’étiquette précise et critiquait autant les idées de Droite que celles de Gauche… Il faut parfois acquérir une certaine maturité pour apprécier des auteurs à leur juste valeur. Lauzier est de ceux-là !

Dans le n°57 de Pilote mensuel (février 1979) Guy Vidal répond à la question : Lauzier est-il un traître ?! (suite à son départ du journal pour d’autres projets). « Lauzier vous manque. Vos lettres le disent. Certains (peu nombreux) insinuottent : « Il vous gênait pour prendre votre virage vers l’extrême gauche ». Rigolade. [...] – Lauzier est-il un traître ? – Non, pas un traître. Un égoïste. Comme vous et moi. »

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Les sexties…

Je me suis récemment procuré Les Sexties, grâce auquel je découvre que Lauzier est avant tout un formidable illustrateur, dessinateur et coloriste. Certaines de ses illustrations (qui ne sont pas toutes “cul”) sont du calibre d’un Sempé ou d’un Chas Addams… Poétique et nonsensique…

 

Lauzier était un implacable observateur de notre époque… Dans sa série des Tranches de vie (oubien ses scénarii pour le théâtre et le cinéma), il passe au crible tous nos travers, nos névroses, nos obsessions de petits bourgeois occidentaux (on ne disais pas Bobo à l’époque !). Il n’est pas tendre avec nous, c’est pour ça qu’on l’aime…  Lauzier nous a quitté en fin d’année dernière.

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Tranches de vie…

BASTON LABAFFE (1984 Goupil éditeur)

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Si les parodies de Tintin ont toujours été mal perçues et dénoncées par Hergé et ses ayants droits, Franquin lui, n’a jamais chercher à interdire les pastiches de son héros. Au contraire, comme nous le démontre la préface qu’il a écrit (avec ironie et humilité) pour l’album La ballade des baffes – réalisé en collaboration avec Yvan Delporte, l’ami de toujours – il les cautionne !

« Bref, et pour que la chose soit bien claire, je te répète une dernière fois que je ne tiens pas à écrire de préface pour quoi que ce soit, et certainement pas pour un album de bandes dessinées, avec un indéniable talent, par quelques uns des meilleurs auteurs contemporains. Mes gribouillis informes n’ont rien à faire auprès d’une telle brochette de grands professionnels. Je suis simplement un peu étonné qu’ils aient tous choisi de s’inspirer de l’un de mes personnages. Il y avait certainement mieux à faire ».

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Baston Labaffe comprend en effet la présence de nombreux grands auteurs. On retrouve entre autres Baudoin, Carali, Cosey, Denis, Edika, Goossens, Hermann, Macherot, Margerin, Reiser, Schlingo, Solé… Une kyrielle d’auteurs qui rendent un hommage sincère au chef d’œuvre de Franquin.

Cet album contient son lot de parodies salaces, mais celui qui a été le plus loin dans le pastiche pornographique, c’est Franquin lui-même !

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Le dessinateur Loup nous a offert un superbe cadeau dans le Siné Hebdo n°17 (du 31 décembre 2008) : des croquis très coquins de Gaston et M’oiselle Jeanne. « Il y a une trentaine d’année, Franquin m’avait hébergé chez lui, à Bruxelles. Sur sa table à dessin, traînaient ces croquis étonnants. J’en tombais amoureux. Je le lui dis. Quelques jours plus tard, à Paris, il me les apporta, l’œil plein de malice, avec ce commentaire : « Je te les ai signés, ça m’étonnerait qu’on les publie un jour ». Ce jour est arrivé. Et ce cadeau exceptionnel, je le partage avec vous… »

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http://www.bdcentral.com/Gaston/baston.html

LAPIN n°37 – Revue de l’Association (2009)

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C’est une bonne nouvelle pour les amateurs de BDs « autres », la célèbre revue de l’Association  réapparaît en ce début d’année après plus de 2 ans d’absence. Revenue à sa forme initiale (trimestriel, couverture monochrome avec dessin en aplat…), ce retour peut être perçu comme un acte nostalgique, cela part surtout d’un constat : une nouvelle génération d’auteurs indépendants a plus que jamais besoin d’une revue de ce genre, afin de trouver leur public…

Lapin repart au numéro 37 alors que le 36 n’est pas encore sorti ! « Ah, le n° 36 ? Il fera partie de la formule précédente et paraîtra ultérieurement… Axé autour d’Alice et de Lewis Carroll, codirigé avec Yvan Alagbé du Frmk dans le cadre de l’expérience Alice, il s’agira bien sûr d’un Lapin Blanc… qui sera, naturellement… en retard ! »

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Lisa Mandel

Large extrait de l’édito de JC Menu nous présentant les conditions et les objectifs de cette résurrection :  « Il ne s’agit donc pas là d’une quatrième formule de Lapin, mais bel et bien de la reprise de la première formule, et par là même de l’histoire là où elle s’était arrêtée. La relance de l’animal dans sa première peau tient à l’addition simple de deux constats : le regret généralement formulé de cette première formule ; et l’apparition d’une nouvelle génération d’auteurs, que l’Association appelait de tous ses vœux, et de la nécessité de lui confier un support viable et exigeant où elle puisse se développer. Et pour cela, quoi de plus  symbolique que Lapin, la première des revues de librairie issue des « labels indépendants », à l’origine de bien des métamorphoses de la bande dessinée d’Auteurs en France depuis trois ou quatre lustres. Né en 1992, Lapin est devenu trimestriel à son n° 8 de 1995. Ce rythme soutenu a permis à la génération montante d’alors de donner corps à des œuvres qui figurent parmi les fleurons du renouveau de l’époque : le Pascin de Joann Sfar, le Shenzhen de Guy Delisle, la Guerre d’Alan d’Emmanuel Guibert, le Prophète voilé de David B., les Contures de Mattt Konture n’auraient probablement pas existé sans la dynamique de Lapin… Sans oublié de Persepolis de Marjane Satrapi, dont le premier chapitre est paru dans le n° 25 de Lapin en octobre 1999, dernier numéro apparent de cette formule.  La principale raison de l’arrêt de cette première formule (outre qu’elle correspondait à une certaine usure d’énergie, commune à la plupart des revues d’alors) a déjà été souvent rappelée : de nombreux travaux publiés dans Lapin s’apprêtaient à devenir, selon le souhait bien légitime de leurs auteurs, des livres, alors qu’au départ, Lapin se voulait une revue de librairie dont le contenu ne serait pas repris ultérieurement ailleurs. La programmation d’un certain nombre de livres issus des pages de Lapin transformaient la revue en support de prépublication et devenait contradictoire avec sa vocation initiale ». 

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 Olivier Josso

On retrouve dans ce numéro 37 des auteurs confirmés, tels que Ayroles, Baladi, Catherine Meurisse ou Ruppert et Mulot (qui signent la couverture) et une kyrielle de nouveaux dessinateurs. Un bon équilibre entre ces auteurs à découvrir et des valeurs sures. « A travers cette équipe, c’est en fin de compte la politique d’auteur qui a fait l’exigence de l’Association qui retrouve là un second souffle en même temps qu’un retour aux sources ».

Du bel ouvrage !

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Ruppert & Mulot

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