Archives pour avril 2009

THE WRESTLER – Darren Aronofsky (2009)

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Cela fait quelques temps maintenant que je suis assez régulièrement les aventures de ces gladiateurs des temps modernes. Le catch n’est pas un sport, mais un spectacle, un divertissement sportif comme disent nos amis canadiens. Dans la grande tradition de l’entertaintment à l’américaine, le catch est à la fois du cirque, du sport de combat, du Grand Guignol, de la cascade, de la gymnastique, de la chorégraphie, du cinéma, du business… C’est pourquoi il n’y a pas vraiment d’arbitrage. Les arbitres font partie intégrante du spectacle. Les coups ne sont pas réellement portés (quoique…), mais les risques sont bien réels. Il faut faire preuve d’une grande abnégation, donner de son corps pour faire le spectacle. En fait, celui qui porte le coup prend beaucoup plus de risques que celui qui l’encaisse…

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Le film The Wrestler nous montre très bien les coulisses de cette discipline. Aronofsky filme les combats au plus prêt des corps (à la différence des matchs filmés pour la télévision). C’est là qu’on se rend compte de la violence des chocs, des coups… En coulisses, on découvre comment les catcheurs préparent les combats : ils se mettent d’accord seulement 5 minutes avant le match. Leurs expériences font qu’ils déterminent rapidement un scénario et se lancent… The Wrestler raconte l’histoire de Randy « The Ram » Robinson, un catcheur vieillissant qui, suite à un accident cardiaque, doit absolument arrêter son activité. Il tente de rentrer dans le rang et avoir une vie normal, mais ses déceptions sentimentales (avec sa fille, son amie…) lui brisent bien plus le cœur que son attaque. The Ram se rend compte qu’il ne peut rien faire d’autre que catcher. Le ring est toute sa vie, et il en mourra ! Tous ce qu’on a pu dire sur Mickey Rourke est vrai : il est bouleversant, impressionnant ! C’est un film une telle intensité qu’on le garde avec soi, longtemps après l’avoir vu…

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Show vu à Rouen cette année…

Assister à un spectacle de catch américain est quand même une expérience bien sympathique. Dans un Zénith bondé, le ring parait assez petit au centre de la salle (dans la fosse !). Mais en fait, la visibilité est nickel (en plus, on était situé dans l’axe, en plein milieu). La distance fait qu’on ne voit pas trop les imperfections, les hésitations des lutteurs. Le spectacle est bien rodé, avec un enchaînement de divers combats : les vétérans, par équipe, un combat féminin, les mini luchadores (pour ne pas dire les nains…). En Main Event, on a eu le droit à la présence d’un des champions de la WWE (la plus importante fédération) : Rob Van Dam ! Un acrobate qui saute partout, tout le temps ! Un vrai showman ! D’ailleurs, pour la petite histoire : à la fin du spectacle, on sort de la salle et on cherche à récupérer l’appareil photo de l’ami Haelith. Il se l’est fait confisqué à l’entrée du Zénith. Il doit le reprendre à la fin. On se ballade donc dans le grand hall d’entrée afin de repérer le stand et sans le vouloir, on se retrouve devant la sortie des artistes. Et là, qui voit-on sortir des loges ? Rob Van Dam ! Il allait en direction du stand dédicace, seul, avec juste un garde du corps devant lui (en même temps, vu son gabarit, personne n’osera venir le provoquer…). Comme il arrive vers nous, je lui tend la main et lui dit qu’il est « great ! ». Il hésite une demi-seconde, puis me sert la main en me remerciant d’un geste de la tête… Quand je pense que d’autres vont payer pour l’approcher, alors qu’il nous a serré la main comme ça, pour rien ! Il aurait pu nous envoyer bouler, mais non ! Ces mecs là respectent vraiment leur public.

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Rob Van Dam, il m’a serré la main, comme ça !

Au final, ce fut une soirée vraiment sympa, avec une ambiance bon enfant (beaucoup de papa et leur fiston dans la salle). Malgré le coté « baston », le catch est un spectacle familial, qui plait à toutes les générations. Populaire, dans le vrai sens du terme…

INCIDENTS – Lorenzo Mattotti (Artefact, 1984)

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Comme de nombreux dessinateurs italiens, Mattotti est influencé par l’école argentine. Breccia et Pratt bien sur, pour ce noir et blanc stricte, ce trait expressionniste… Mais il me fait surtout penser à Munoz (qu’il cite d’ailleurs dans cette BD), pour sa maîtrise des contrastes, des ombres, de la matière. Dans le rendu des formes, tout en arabesques…

Incidents nous raconte les errances de plusieurs personnages (pour la plupart des paumés qui vivent de larcins), tous impliqués de près ou de loin (volontairement ou pas) dans une histoire de trafic d’armes qui les dépasse totalement. Une ambiance de polar sur fond de terrorisme…

Membre du collectif d’artistes “Valvoline” (depuis 1977) qui vise à renouveler l’esthétique et la linguistique de la bande dessinée. A l’aise dans tous les registres (BD, illustration, animation…), les genres (fantastique, contes, réaliste…), les techniques (crayon, fusain, pastels, encres, peinture…), Lorenzo Mattotti nous livre ici un superbe album (son deuxième édité en France) qui, loin d’être un incident de parcours, annonce une œuvre majeure pour le 9ème art. Un auteur Incontournable !

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http://www.mattotti.com/

Mémoire des Ecumes – Caza & Lejalé (Dargaud, 1985)

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Encore un ouvrage difficilement classable, entre BD, livre illustré et story-board. Une sorte d’Opéra lyrique sur papier, que l’on peut lire en écoutant la musique éponyme de Henry TORGUE pour claviers, synthétiseurs et orchestre symphonique.

L’histoire de Lejalé, découpée en quatre actes (quatre époques plus précisément), est d’un registre mystico-cosmique. Une allégorie sur la création, la vie, la civilisation… La première époque nous parle de la Nuit des temps. Les dessins de Caza forment un long travelling avant, qui part de rien (du noir), avance vers une planète pour arriver à la vie (un enfant). La deuxième époque s’intitule Mémoire des écumes. Caza joue sur les contrastes entre matières minérales et organiques : il associe un homme drapé à des rochers, ou bien transforme un décors de pierre en corps de femme. La troisième : les Dieux et les masques est, comme son nom l’indique, plus figurative, plus théatrale (très Comedia Dell’Arte, avec tous ces masques). Et plus colorée. La quatrième : Comme l’ombre d’un souvenir termine l’histoire comme elle a commencé, par un travelling (inversé) qui nous fait partir de la planète, vers la lumière cette fois-ci. L’histoire commence donc avec une case noire, pour finir par une case blanche…

La narration emprunte beaucoup au cinéma (travelling, contre-champs…) et à l’illustration de texte plutôt qu’à la bande dessinée classique (pas de phylactères, pas de héros…). Le style de Caza oscille entre l’hyperréalisme (à certain moment, il travaille directement sur photos, pour les décors surtout) et Pop Art, avec ces couleurs flashy ! Justement, les couleurs de Caza sont magnifiques (au niveau de la technique, il me semble qu’il alterne entre gouache et aérographe) ! Toutes les gammes y sont présentes, chaque époque ayant leur dominante : bleu nuit pour la première, mauve et violet pour la deuxième, vert et rouge-orangé pour la troisième et retour au bleu nuit pour la dernière… J’ai personnellement une préférence pour la troisième époque, la plus contrastée. J’y retrouve toute la virtuosité de Caza ! Un maître incontesté de la science fiction dessinée !

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DOMINO BD (émission WebTV)

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Domino TV, c’est la web TV du Grand Rouen. Domino BD, son émission spécialisée sur la BD (logique !), présentée et co-réalisée par Fred, notre libraire du « Grand Nulle Part » (102, rue du Général Leclerc, à Rouen)…

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Deux émissions pour l’instant, originales et sympathiques (la troisième est en préparation). De très bonnes factures, un choix éclectique et de bons conseils…

Première livraison…

http://www.dailymotion.com/video/x1so2a

Deuxième fournée…

http://www.dailymotion.com/video/x1sk60

Le site : http://augrandnullepart.blogspot.com/

EN ROUTE POUR L’ENFER – Matt Groening (éditions La Sirène, 1994)

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Génie du dessin animé d’humour, ce petit livre bien sympathique nous permet de découvrir le Matt Groening dessinateur de comic-strips underground, dans la lignée des Spiegelman et autres Crumb… Bien que le rythme du gag diffère de l’animation, on y retrouve son sens de la chute, son humour un peu dingue, grinçant, parfois noir. Une critique imparable de l’absurdité de nos sociétés occidentales.

On découvre dans ce En route pour l’enfer, deux séries alternant quasiment à chaque page, entrecroisées de quelques planches indépendantes. Cela donne l’impression de lire une revue faite à plusieurs mains. Impression renforcée par la différence de style entre ces deux séries. On retrouve dans les traits de Bongo la forme caractéristique des visages de Groening (celle des Simpson ou Futurama). Alors que les personnages Akbar et Jeff sont plus simplifiés, stylisés. 

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Bongo

 

La première série nous raconte les aventures de Bongo, un jeune lapin qui n’a qu’une oreille. Il doit faire face à la cruauté et l’incompréhension de ses parents, de ses professeurs, de son thérapeute… Cela donne des situations et des répliques cinglantes !

L’autre série nous présente deux personnages jumeaux, amants, Akbar et Jeff (qu’on suppose d’origine arabe, puisqu’ils portent un tarbouche), qui sont également confrontés à l’absurdité du monde. La plupart des planches d’Akbar et Jeff sont des bandes sous contrainte, dignes de l’Oubapo. Plus précisément des itérations iconiques. « Cette contrainte impose de bâtir une séquence plus ou moins longue (pouvant aller jusqu’à un album entier) autour d’une seule image, ou en n’utilisant qu’un petit nombre d’images récurrentes ». (Thierry Groensteen in OuPus 1).

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Akbar et Jeff

A travers ces personnages et ces situations loufoques, Matt Groening nous parle du droit à la différence. Les gens qui ne sont pas dans le moule, la norme, (ici un handicapé et deux homosexuels) ont malgré tout le droit d’avoir leur place dans la société. Vive les freaks ! Thématique récurrente dans l’œuvre de Groening…

Cette version française (cinquième ouvrage de Groning aux éditions La Sirène) est traduite par Jean-Luc Fromental.

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