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Walking Dead T.22/23 – Kirkman & Adlard (Delcourt, 2015)

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Les morts qui marchent continuent leur bonhomme de chemin. Kirkman et Adlard tiennent la longueur et arrivent encore à nous surprendre. La présence de nouveaux collaborateurs (Gaudiano et Rathburn) y est sûrement pour beaucoup. Si certains épisodes ronronnaient et dégageaient une impression de déjà-vu (Negan pouvant être vu comme un Gouverneur bis), le récit trouve un nouveau souffle à partir du numéro 22 (133 en version US), judicieusement intitulé « Une autre vie ».

Quelques années ont passé. La guerre avec Negan est terminée, Rick est devenu le sage patriarche d’Alexandria, respecté de tous. Maggie a pris les rennes de la Colline et Carl s’émancipe. La vie prospère et tout à l’air d’aller pour le mieux dans le pire des mondes. Sauf qu’une nouvelle menace extérieure apparaît, plus pernicieuse que les zombis eux-mêmes. A moins que le danger ne viennent, une fois encore, d’entre les vivants…

Comme toujours, le rythme est soutenu, comprenant son lots de rebondissements, d’épilogues (avec Negan) et d’ouverture vers de nouvelles intrigues (avec ceux qui murmurent). La narration conserve cet équilibre entre temps calmes (les protagonistes redécouvrent les joies des petits tracas familiaux) et morceaux de bravoures (et ses scènes gores).

Cette absence de manichéisme fait la richesse de Walking Dead. Les vivants sont potentiellement tous dangereux et prêts à tout pour survivre, à l’image de Rick Grimes lui-même. Le monde ne se divise pas bêtement entre les vivants et les morts. C’est plus subtil que ça. On distingue plusieurs catégories d’individus : les morts-morts (soit des vivants qui sont morts et non revenus ou des zombies mis hors d’état de nuire), les morts-vivants (postulat et seul élément fantastique de l’histoire), les vivants-morts (correspondant à la majorité des survivants, bon nombre d’entre eux sont psychologiquement morts, d’autres agissent en fonction de leurs pulsions de mort, d’autres encore se comportent comme les zombies…) et les vivants-vivants (ceux qui s’accrochent encore aux valeurs du vieux monde ne font pas long feu. Rick l’a bien compris et tente de préserver ce qui lui reste d’humanité).

Cette saga ne semble pas prête de s’arrêter, et c’est tant mieux. Tant que ses qualités narratives et esthétiques perdurent, on en redemande.

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Walking Dead – Le magazine officiel (2013)

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Face au succès grandissant de la licence Walkind Dead, il n’est pas surprenant de voir les éditions Delcourt et Skybound sortir ce magazine officiel. En fait, il s’agit de la traduction de la version made in US, sortie en novembre 2012. Comics, série tv, mais aussi roman, jeux vidéo, émission télé et figurines, la saga des morts qui marchent se décline sur tous les supports. Un peu trop sûrement, industrie du spectacle oblige ! Mais tant que le comics et la série tv conserveront leurs qualités narratives et esthétiques, ainsi que cet esprit nihiliste sans concessions, je continuerai à m’y intéresser…

Les bons points :  les interviews de Kirkman et Adlard qui reviennent sur la genèse de leur création. La rubrique « anatomie d’un récit » qui décortique dans le présent numéro le volume 16 (chez Delcourt) de la saga. Les « scènes coupées », soit un focus sur un personnage en particulier, en l’occurrence Michonne, avec en bonus, 6 pages inédites nous racontant l’histoire de Michonne avant qu’elle ne rejoigne le groupe.

Les mauvais points : une maquette un peu trop tabloïd à mon goût, sans parler de cette couverture bien moche (je préfère celle réservée aux librairies qui se réfère au comics). Des articles en mode descriptif (les logo « attention spoliers ! » sont nombreux) pas assez analytiques, la plupart n’étant que des résumés d’épisodes.

Au final, cette revue trimestrielle est divertissante, mais manque cruellement de fond. Certes, Walking Dead n’est pas non plus un traité de philosophie, mais sachant que cette série possède plusieurs niveaux de lecture, et n’est pas exclusivement appréciée par les adolescents, il est dommage que l’analyse qui en soit faite demeure trop superficielle.

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Inévitablement parodié par Mad !

Chronique K.BD – Walking Dead

Chronique K.BD - Walking Dead dans Chroniques K.BD entete-walking-dead

Décembre 2012, le thème de ce mois est tout trouvé : nous allons nous promener du côté de la fin du monde. L’avantage pour les auteurs de bande dessiné, c’est qu’ils ne sont pas limités par les moyens techniques et peuvent représenter absolument tout ce qu’ils veulent en matière de délires apocalyptiques. La seule limite est celle de leur imagination. Et Kirkman nous démontre avec sa saga des ‘morts qui marchent’ qu’il n’en manque pas. Une série déjà culte.

Première synthèse du camarade Paka.

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Walking Dead – Robert Kirkman

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Inconditionnel de Romero, la plupart des films de zombie sont incohérents par rapport à l’univers matriciel de maitre Georges, à l’exception notable des formidables Dellamorte Dellamore, Shaun of the dead, les 28 jours/semaines ou Zombiland), On connaît la bourde de Romero qui, à l’époque, n’avait pas protégé ses droits d’auteur, laissant sa nuit des mort-vivants tomber dans le domaine public et ainsi récupéré par de trop nombreux tacherons.

Romero n’a pas inventé la (dé)figure du Zombie, qui remonte au très fond de la culture Vaudou. Il a cependant posé les jalons du mort-vivant moderne. Les morts reprennent vie sans raison clairement définie (phénomène scientifique, nucléaire, naturel, climatique, viral, évolutif, biblique.. ?) et errent sur la surface de la terre dans un seul but, manger ce qui est vivant. Surtout bipède (certains peuvent dévorer des animaux, s’ils arrivent à les attraper…).

Chez Romero, les zombies sont la métaphore d’une nouvelle évolution, dans laquelle l’homme n’est plus en haut de la chaine alimentaire… Une parabole sur la bestialité de l’humanité, obligeant les survivants à « se nourrir sur le cadavre du vieux monde » (dixit Papagallo dans Mad Max 2). Une situation qui met en exergue les comportements les plus primaires…

Bien que le postulat soit purement fantastique, les attitudes et réactions des personnages sont tout à fait réalistes. C’est la force du cinéma de Romero.

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L’engouement pour les zombies dans le milieu de la bédé m’a jusqu’alors laissé indifférent. Le nombre de séries qui pullulent depuis quelques années me laissent perplexe quant à leur pertinence. Phénomène de mode auprès d’un public jeune, le zombie a plus de gueule que le vampire ou le loup-garou. Cependant, à force de tirer sur les grosses ficelles, les Zombies perdent de leurs forces d’évocation.

Aussi, lorsque le comics Walking Dead est sorti en 2007 chez Delcourt, je reconnais avoir fait preuve de préjugés, me disant que cette série devait être, comme beaucoup d’autres, bien décevante. Puis, l’adaptation en série TV, faisant l’unanimité pour ses qualités, m’a incité à lire le comics. Je voulais découvrir l’œuvre originale avant de voir l’adaptation. Et je dois reconnaître qu’il aurait été dommage de passer à coté d’une série de cette qualité.

Tout d’abord, que ce soit pour la série, le comics ou même le livre (L’ascension du Gouverneur), les codes « romériens » sont plus que respectés. Ce qui crée une complicité avec le lecteur-spectateur-amateur du genre. Kirkman explique (dans le volume  2) : « Pour moi, les meilleurs films de zombies ne sont pas les plus gores et les plus violents, ou ceux joués par des personnages abrutis et caricaturaux. Les bons films de zombies nous révèlent à quel point nous pouvons être déséquilibrés… ainsi que la situation de détresse dans laquelle se trouve notre société aujourd’hui. Bien sûr, ils amènent également leur dose de gore, de violence et pas mal d’autres choses fun… Mais il y a toujours en arrière-plan cette critique sociale. C’est pourquoi je préfère, et de loin, Zombie (Dawn of the Dead de Romero) au Retour des morts-vivant (Return of the Living Dead de Dan O’Bannon). »

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Une comparaison s’impose alors entre le comics et l’adaptation télé. Cependant, chacun doit s’apprécier à sa juste valeur, en fonction de ses qualités intrinsèques. La série doit se voir comme une version alternative, une autre manière de raconter la même histoire.

Les tenants et aboutissants sont globalement les mêmes, mais mélangés, croisés… Telle situation ne se déroule pas de la même manière, ni avec les mêmes personnages. Les protagonistes diffèrent : il en manque certains (Allen, Ben et Billy) et de nouveaux apparaissent (Daryl, T-Dog). Certains conservent leur importance (Rick et sa famille), d’autres deviennent plus anecdotique (Andrea), quand d’autres sont plus présents dans la série (Shane). Des situations du comics sont oubliées dans la série (le passage du Wiltshire Estates dans le volume 2) alors que d’autres n’y apparaissent pas (l’épisode du labo en fin de première saison).

Pour le comics, la narration est plus linéaire, usant d’ellipses nous laissant toute latitude pour combler les manques. Alors que la série joue de flash-back nous racontant l’avant, expliquant des choses qui sont laissées en suspend dans le comics (tel que la contamination ou le phénomène des hordes). La série tv explique là ou le comics suggère…

Au niveau graphisme, Tony Moore ouvre la série avec un style maitrisé, un peu trop humoristique à mon goût. Je préfère le noir et blanc expressionniste et crade de Charlie Adlard qui, à mon sens, sied bien mieux à l’univers nihiliste de Kirkman.

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La psychologie des personnages est plus aboutie dans la série. C’est le point faible du comics, les personnages ne sont pas assez incarnés, pas assez vivants, trop figés. On les découvre au fil des événements qui s’accumulent et montent crescendo. La série s’arrête sur la personnalité (souvent complexe) des personnages, dressant les portraits dès  l’introduction de chaque épisode.

Cependant, dans l’une ou l’autre version, les protagonistes sont constamment confrontés à des choix difficiles pour leur survie, et de ce fait, perdent de plus en plus de leur humanité. Car dans ce monde de chaos, où les vivants sont plus dangereux que les zombies, il est impossible de se rattacher à ses anciennes valeurs, de s’attacher à l’autre sans peur de le perdre.

Bien que ne lésinant pas sur les passages gores (zombies obligent), la série est plus politiquement correcte, moins nihiliste. Il y a plus d’espoir… Le rôle de Carl est à ce titre significatif. Il aurait été impossible, même dans une série pour adultes, de représenter tel quel ce qu’il vit et fait dans le comics…

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Le Gouverneur

Au final, un comics réussi donne naissance à une série réussie ! Les scénaristes (Kirkman est crédité au générique) ont sût renouveler cette histoire, en garder les grandes lignes dramaturgiques, tout en créant quelque chose de neuf, qui ne donne pas l’impression de déjà-vu !

Et la série télé risque de durer, puisqu’à la fin de la saison 2, l’histoire n’en est arrivée qu’au début du volume 3 du comics, qui en compte 15 pour l’instant… Kirkman le précise : « L’idée directrice de Walkind Dead est de rester proche des personnages et en particulier de Rick Grimes, aussi longtemps que cela sera humainement possible. Je vois Walking Dead comme la chronique de l’existence de Rick. On ne se demandera JAMAIS ce qu’il est arrivé ensuite à Rick, on y assistera. Walking Dead sera un film de zombie qui ne connaîtra pas de fin. Enfin… Pas avant un bon moment du moins. »

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Walking Dead sur bedetheque

http://walking.dead.free.fr/


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