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Astérix & Cie… Entretiens avec Uderzo – Numa Sadoul (Hachette, 2001)

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Je termine ce livre au moment même où l’on fête les 50 ans d’Asterix. Belle coïncidence. J’aime bien Astérix, c’est une série sympathique et très bien faite. Mais je ne la classe pas au même niveau qu’un Gaston, un Philémon ou un Tintin… A chacun son panthéon ! Pourtant j’admire vraiment l’œuvre de Goscinny, et le dessin d’Uderzo m’a toujours bien plu.

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La réussite d’un recueil d’entretiens tient aux qualités de l’interviewé, mais également à celles de l’intervieweur. Numa Sadoul (frère de Jacques Sadoul, sacrée famille !) est passé maitre dans l’échange avec les auteurs de bd (Hergé, Franquin, Gotlib, Moebius, Tardi…) depuis sa participation aux Cahiers de la bande dessinée. Numa Sadoul n’est pas un journaliste, mais un artiste. Un auteur, metteur en scène, comédien de théâtre et d’Opéra. Cela se ressent dans sa manière d’enchainer des questions, ainsi que dans leur contenu. Ce qui l’intéresse, ce sont les origines de la vocation du dessinateur, son parcours, ce qui l’a amené à être ce qu’il est aujourd’hui… En bref, la genèse de l’artiste. D’ailleurs, Uderzo commence l’entretien en lui disant : – Tu vas me psychanalyser !  Chose à laquelle répond Sadoul : - Il y a un certain nombre de questions inévitables, prévues ; puis d’autres qui viendront au fur et à mesure, c’est comme ça que je procède toujours. Numa Sadoul s’attache uniquement au processus de création, aux influences, aux faits marquants de la carrière. Il ne s’aventure que rarement dans la vie intime des auteurs. Cet ouvrage contient trois entretiens réalisés sur 3 jours de février 1999, chez Albert Uderzo. En annexe, on trouve l’entretien réalisé en 1973 pour les cahiers de la Bande Dessinée.

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Uderzo est un dessinateur mésestimé. Cette situation est due à plusieurs choses. D’abord, Albert est un homme discret, qui s’est toujours accommodé du fait que Goscinny soit plus reconnu que lui. Sa référence (et révérence) envers Walt Disney lui a été aussi mainte fois reproché par les « grands esprits » de la bande dessinée. Il a aussi été critiqué pour avoir continué l’aventure Astérix sans Goscinny (en assurant lui-même le scénario). Son procès gagné contre la maison Dargaud pour récupérer les droits d’Astérix, a enfoncé le clou et contribué à ce qu’il devienne « persona non-grata » dans le landernau de la Bande Dessinée. Il attendra 2000 pour recevoir un prix à Angoulême (le Prix du Millénaire, décerné par Boucq).

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Beaucoup pensent qu’Uderzo n’a fait qu’Astérix, et qu’Astérix a fait Uderzo. Et bien que cela soit vrai depuis la fin des années 60, on ne peut pas ignorer ses autres œuvres. C’est un immense dessinateur, autodidacte, qui peut quasiment tout représenter. Un bosseur acharné, qui dans les années 50 réalisait jusqu’à 9 planches par semaine (entre ses 3 séries phares : Astérix, Oumpah-Pah et Tanguy) Bien que préférant le style humoristique (Oumpah-Pah, Belloy), il a su s’atteler avec brio au style réaliste (Tanguy, Bill Blanchard). Il a même dessiné des planches de Captain Marvel Jr pour l’édition francophone. Il a travaillé avec les plus grands dessinateurs et scénaristes de son époque (Goscinny bien sur, mais aussi Charlier, Hubinon, Greg, Jijé, Paape…). Ses amitiés ne sont pas mal non plus : Franquin, Tibet, Morris, Mulatier, Tabary…

On apprend aussi qu’Uderzo possède des caractéristiques physiques plutôt exceptionnelles pour un dessinateur : il est né avec 6 doigts à chaque main et est daltonien (il ne distingue pas les dominantes de même couleurs). Cela ne l’a pas empêché de devenir un excellent dessinateur. Mais depuis quelques années, un problème à la main l’empêche de conserver sa virtuosité d’antan.

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Il ne cite que trois influences fondamentales : Walt Disney et Pat Sullivan (Felix-le-chat) pour le dynamisme et les formes rondes, ainsi le français Calvo (qui l’a pris sous son aile) pour le sens de la composition. Il admire Franquin, comme beaucoup… Uderzo reste humble face au succès mondial d’Astérix. Il n’entretient aucune rancœur envers ses détracteurs. Il ne règle aucun compte dans ses entretiens. Ce qui nous démontre qu’il est aussi un grand homme. Comme le dit Numa Sadoul en avant-propos : – Ma mémoire conservera le bonheur d’avoir confectionné ce livre dans un climat de confiance et de complicité sans nuage avec un artiste qui a fait preuve, depuis le début, de ce que l’on appelle « la grande classe ».

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Avec ses complices…

Site officiel : http://www.asterix.com/index.html.fr

Les illustrations viennent du site : lambiek

PILOTE (magazine) – Editions Dargaud

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Couverture de Giraud (2008)

Pilote fut créé en 1959, par le chef du service de presse de Radio-Luxembourg. Ce dernier, voulant lancer sur le marché un « Paris-Match » pour jeunes, fait appel à de jeunes auteurs : Charlier, Uderzo et Goscinny, qui revient des USA où il a collaboré avec l’équipe du journal MAD !..  » Nous voulions faire un journal s’adressant à des adolescents et pas à de jeunes enfants. Pour cela nous avons fait appel à des journalistes de la « grande presse », dont beaucoup émanaient, bien sur, de Radio-Luxembourg (Jean Carlier, Lucien Barnier…), et non pas à des spécialistes de la presse des « petits ». Et il fallait créer des nouvelles séries : Charlier et Uderzo ont fait « Michel Tanguy », Uderzo et moi devions faire quelque chose… Nous avons cherché et nous avons trouvé « Astérix »… » (Goscinny in Pilote spécial 30 ans)

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Couverture de Gotlib

En 1961, Georges Dargaud rachète le journal et nomme Goscinny et Charlier comme co-rédacteur en chef en 1963. Cette année là et dans les années qui suivent, Blueberry, Achille Talon, le Grand Duduche, Fred, Gotlib, Reiser, Gébé, Mandryka, Christin, Mézières, Lob, Gigi, Pichard, Forest, Goetzinger, accompagnés de beaucoup d’autres, rejoignent l’équipe. En 1966, en deux semaines, on vend 600 000 exemplaires de l’album Asterix chez les bretons (le premier de la série avait été tiré à 6000 exemplaires). On n’ avait jamais vu un tel engouement pour la Bande Dessinée (Asterix fait même la couverture de l’Express, une première pour un héros de BD). Pilote est plus que jamais « le journal d’Asterix et Obelix » !

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L’équipe de Pilote croquée par Alexis

En mai 1968, alors que le succès est là, Pilote est secoué lui aussi par la révolte qui agite le pays. Quelques dessinateurs impétueux (menés pas Giraud) décident de traduire Goscinny et Charlier devant un pseudo-tribunal de la plume et du pinceau. Leur seul tord en fait, est d’être de l’ancienne génération. Car avec le recul, il parrait un peu stupide de reprocher à Goscinny d’être un réac, quand on voit les risques qu’il à oser prendre en éditant tous ces auteurs anti-conformistes. Ça s’arrangera, mais Goscinny en fut durablement blessé. Cette épreuve passé, le journal (« qui s’amuse à réfléchir ») devient de plus en plus riche. A la rédaction, tout le monde est amoureux de Clair Bretécher. Les albums se succèdent. Morris arrive. William Vance illustre Bob Morane. Druillet fait exploser les pages. Tardi passe. F’Murrr entre. Clavé, Solé, Alexis, Petillon, Patrice Leconte sont là. Godard et Ribera aussi. Bilal, 19 ans, gagne un concours organisé par Pilote et commence à collaborer aux pages d’actualités.

En 1974, Pilote devient mensuel. René Goscinny disparaît en 1977… Charlier s’est éloigné. Suivront cependant des années qui verront s’ajouter sur le livre d’or des éditions Dargaud les signatures de Loisel, Cothias, Blanc-Dumont, Lauzier, Régis Franc, Caza, Rodolphe, Baru, Cabanes, Boucq, Martin Veyron, Jean-Claude Denis, Hugot Pratt, Rivière, Floc’h, d’Autheman et de bien d’autres, y compris celle de Pierre Desproges.

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En septembre 1978, le numéro 53 de Pilote défraie la chronique par une couverture épurée, presque vidée, au titre provocateur : « Pilote n’est plus un journal ». La commission paritaire des publications et des agences de presse a en effet radié Pilote, sans aucun avertissement préalable, au motif d’un manque de respect permanent à l’égard des gouvernants. Une censure, donc, ou, comme l’explique Guy Vidal dans son éditorial, « un assassinat par le fric ». Devant la levée de bouclier de la presse, la commission paritaire fait finalement machine arrière. En février 1979, la commission paritaire admet la bande dessinée comme un moyen d’expression à part entière. Aux milieu des années 80, Charlie Mensuel rejoint Pilote. En 1986, les deux titres fusionnent. En novembre 1989, Pilote cesse de paraître. En juillet 1990, Georges Dargaud meurt. Une époque se termine… (historique tiré en parti du Catalogue Dargaud 2007)

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Mezieres

Formidable auteur, scenariste, dialoguiste et créateur d’univers, Goscinny fut surtout un rédacteur en chef génial. Il a donné sa chance à de nombreux jeunes dessinateurs qui deviendront des géants de la Bande Dessinée française : Jean Giraud-Moebius, Cabu, Gotlib, Druillet, Bretecher, Mandryka, Fred, Alexis, et tant d’autres… Même s’il n’aimait pas le style d’un dessinateur, Goscinny le diffusait, car il sentait que les lecteurs pouvaient accrocher. Il laissait le temps à une série pour trouver son public. Il savait prendre des risques afin de proposer des choses nouvelles à ses lecteurs…Par exemple, quand il lance Philemon de Fred en 1966, la série fait un bide total. La rédaction croule littéralement sous les lettres de lecteurs mécontents et indignés de voir une série « mal déssinée » et « sans queue ni tête » dans leur journal préféré (chaque année Pilote organisait un référendum auprès de ses lecteurs pour établir le palmarès des meilleures séries, Philémon à du finir bon dernier…). Quand on constate maintenant le succès justifié de cette série et le génie reconnu de Fred, on ne peut qu’applaudir Goscinny pour son talent de découvreur et sa tenacité ! Les exemples de ce type (avec Gotlib, Druillet, Reiser…) ne manquent pas.
Ce qui fait de Goscinny l’homme le plus important de la bande dessinée française. Et Pilote, LA revue de Bande Dessinée !

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Sempé, Goscinny, Uderzo et Charlier

Tout Pilote sur http://www.bdoubliees.com/journalpilote/annees/index.html


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Du beau, du bon, des bds…

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