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Soluto, peintures & dessins (Galerie des Artistes, 2015)

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N’ayant pu me rendre à une exposition de Soluto qui avait eu lieu à Dieppe il y a deux ans, j’ai enfin pris ma revanche en ce début juillet grâce à la Galerie des Artistes (Paris 20ème), où j’ai pu enfin admirer ses œuvres (dommage de n’avoir pu me rendre au vernissage). Et prendre ainsi la pleine mesure de ses compositions, ses techniques employées, ses choix esthétiques. Observer son trait, saisir son geste…

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Belle rencontre avec Stéphane Gamain, un galeriste comme on aimerai en voir plus souvent. Échanges passionnant avec un passionné, excellent dessinateur au demeurant. Son lieu est superbe, beau, sans fausse modestie. La mise en scène est bien pensée, le sous-sol voûté, espace intimiste s’il en est, donne la part belle au Soluto dessinateur de « Vies à la ligne » (mis en valeur par un superbe accrochage), alors que ses grandes toiles avaient besoin de l’espace lumineux de la grande salle pour s’épanouir et nous en mettre plein les mirettes.

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Ses couleurs sont splendides (gouache pour les portraits et acrylique pour ses grandes compositions, si jeune Mabuse). J’aime ce travail de la matière, très charnelle, cette parfaite maîtrise des contrastes chaud-froid, en particulier dans l’un de ses paysages urbains (ci dessus) où les bleus nuits crépusculaires se confrontent aux orangés lumineux. Magnifique. Ses paysages et ses portraits partagent cette exigence d’un rendu tout à la fois réaliste et expressionniste. Ses teintes parfois fauves en disent long sur les sujets représentés. Je suis surpris par les colories qui sont quasi les mêmes que ceux de ses reproductions. Ce qui ne m’étonnes pas, venant d’un perfectionniste comme lui. Stéphane me confirme ce que je savais déjà, Soluto travaille essentiellement d’après ses propres photos. Ce qui explique cette approche quasi hyperréaliste, cette précision dans les attitudes, les regards, les gestes…

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Je remercie encore Soluto et Stéphane pour cette superbe exposition, point d’orgue d’une bien belle journée.

Soluto

Dix questions pour une bibliothèque #7 : Soluto

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Ce blog me permet de faire des rencontres. Celle avec Soluto est l’une des plus passionnantes. Ses commentaires réguliers nous ont permis d’échanger autour de nombreuses références communes. Je découvre alors un dessinateur hors-pair, au regard vif et au geste précis, d’une impressionnante maitrise graphique. Mais rapidement, je me rends compte que Soluto est de la trempe des artistes inclassables, que l’on ne peut réduire à une discipline ni enfermer dans un genre particulier. Au risque de n’avoir qu’une vision parcellaire de son œuvre. S’il multiplie les casquettes (dessinateur, peintre, écrivain, photographe…), ce n’est pas pour se réinventer, mais pour mieux chercher, fouiller, gratter, creuser, expérimenter… et toucher juste à chaque fois. Refusant tous clivages et considérations « finkielkrautiennes » de l’Art, chez lui, Flaubert côtoie Reiser sans aucuns complexes… Merci mon cher Soluto d’avoir répondu à ces quelques questions :

1) Quelle place prend ta bibliothèque chez toi ?

Ma bibliothèque n’a pas de lieu dévolu… Par rapport à certains, d’ailleurs, je n’ai pas beaucoup de livres… Mais il y en a un peu partout. On en trouve dans les chambres, le séjour, le salon, la cuisine et bien sûr les toilettes. Il y en a aussi dans la cave. Et pourtant j’ai déjà perdu, à cause d’une inondation, des milliers de livres et de revues, dont la collection entière d’A Suivre,  les premières années de Métal Hurlant, tous les numéros de Pilote version mensuelle, mes Charlie-Hebdo (période Reiser, Cavanna, Caster, Berroyer)… Bref tout ce que je destinais à mes enfants et qu’ils ne pourront jamais lire… Les bouquins que j’y remise maintenant sont dans des caisses. Je veux croire qu’elles sont hermétiques. Pas si sûr… De toute façon ces livres-là n’ont aucune valeur en regard de ceux que j’ai perdus…

2) Quelle est sa configuration (en un seul bloc, en plusieurs parties, dans différentes pièces…)?

Les livres d’art et d’images sont les mieux protégés. Pour le reste, essentiellement des poches, on peut les retrouver partout.

3) Possèdes-tu un classement particulier (si oui lequel) ? En changes-tu souvent ?

Non, j’ai tenté vaguement, à un moment, de regrouper mes auteurs favoris… Puis j’ai renoncé. Ce n’est pourtant pas le grand bazar. Les logiques de rangements m’échappent mais néanmoins je sais à peu près où tout se trouve. Pas d’organisation intentionnelle, donc.  Un livre déplacé n’est jamais assuré de retrouver sa place d’origine. J’aime assez l’idée que des couvertures d’auteurs se frottent… Il y a de bonnes compagnies (qui ne sauraient se quitter, d’ailleurs…)

4) Que contient-elle essentiellement ? Littérature, Art, Histoire, science, fiction, science-fiction, fantastique, auto, biographique, bande dessinée, essai, roman..?

Ma bibliothèque contient surtout des romans français, de la philo (essentiellement des auteurs très classiques que je rumine. Je m’y suis mis sérieusement —sérieusement à ma façon… depuis une bonne dizaine d’années. J’avance pas à pas… Ce qu’il y a de formidable avec la philosophie c’est qu’une poignée d’ouvrages peut vous occuper, vous nourrir, pendant des années) et bien sûr des livres de peinture, des revues d’art ou d’images …

Je ne lis ni science-fiction, ni fantastique, ni biographies (sur ce point je m’adresse de sérieux reproches…) J’aime certains polars quoique j’en lise moins. J’ai un rapport très tendu à la bande dessinée. J’en ai lu énormément jusqu’à la fin de mon adolescence puis ma passion est retombée avec la fin des grandes revues qu’on trouvait en kiosque. J’ai dû rater un tournant… Je sens cependant qu’il y a de très bons ouvrages. Celles que j’aime fricotent souvent avec l’art contemporain.  J’en lis d’ailleurs quelques-unes à l’occasion et qui me passionnent. A l’inverse de la littérature, ou des catalogues d’expo, je n’éprouve que très rarement un désir de possession à l’égard de la bd.

5) Quelle est la proportion entre livres avec images et sans images ?

J’achète évidemment plus de poches que de monographies d’artistes !… Alors, forcément,  la littérature a pris le pas. Mais la peinture, le dessin, l’illustration, la photographie (tout ce qui se passe allègrement des mots) m’occupent l’esprit tout aussi puissamment…  J’ai souvent le désir de relire tel poème ou tel passage alors que j’ai l’illusion de porter la peinture et les images en moi. Je me reporte aux uns et consulte plutôt ma mémoire pour les autres – le souvenir valant mieux parfois que la confrontation aux œuvres, ce qui n’est jamais le cas pour la littérature…

6) Tes ouvrages sont-ils plutôt rangés à l’horizontale ou la verticale ?

Très bonne question ! A côté de mon lit il y a des piles et des piles, qui chancellent et qui me tomberont dessus tôt ou tard… Ailleurs c’est presque toujours à la verticale, sauf sur les tables et les bureaux….

7) Et tes nouvelles acquisitions ? Les ranges-tu à part ou trouvent-elles de suite leur place définitive ? Avant ou après leur lecture ?

Tout ce que j’achète passe par ma chambre et stationne à côté de mon lit aussi longtemps qu’il le faut. Il y a des livres qui y restent des années parce que j’y retourne sans cesse (les fameux livres de chevet !) Comme il faut bien faire un peu de rangement de temps en temps j’en évacue quelques-uns  vers mes étagères.

8) Es-tu globalement satisfait de ta bibliothèque ?

Oui. Je connais ses manques, je m’en accommode. J’achète à peu près tout ce que je désire et tout ce que je pense pouvoir lire. En matière de bouquins je n’ai pas beaucoup de freins… De quoi pourrais-je me plaindre ?… De manquer malgré tout, parfois, de discernement et de me laisser aller à acheter des volumes qui m’ennuient  au bout de trente ou cinquante pages. Ou qui ne me correspondent pas. Ou que j’attaque à de mauvais moments…

9) Qu’y manquerait-il ?

10) Comment la vois-tu évoluer ?

Elle va évoluer tranquillement, au rythme de mes acquisitions… Elle continuera de pousser de façon foutraque et fantaisiste…  Le classique y côtoiera toujours des livres de genre… Je tiens à ce que Simonin adresse à l’occasion des clins d’œil à Flaubert…

Il manque à ton questionnaire une dernière interrogation qui pourrait se formuler ainsi : Dans quelle proportion lis-tu tout ce que tu achètes ?

Eh bien je crois qu’il y a un petit tiers de ce que j’achète qui  ne sera jamais lu jusqu’au bout et qui restera pour toujours en suspens : achats d’impulsion vite déçus, bouquins fabriqués qui m’agacent rapidement, inadéquation avec ce que je suis et ce que je suis prêt à recevoir. On ne peut être ami avec tout le monde…  Il y a des auteurs qui, au fil d’une lecture, déplaisent peu à peu. Ceux qui flattent ou qui consolent avec l’air de ne pas y toucher me débecquettent particulièrement.  Il y a des ouvrages qui mentent, qui ne tiennent pas leurs promesses et qui m’ennuient vite. L’habileté des marchands, pour nous amener à l’achat, est sans limite. Je me venge d’eux en me déliant sans états d’âme de mes acquisitions.

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En bonus…

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Retrouvez Soluto sur son site : Barbouilles et Croquis…

 

Vies à la ligne – Soluto (éditions Les Rêveurs, 2009)

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A contre courant de l’autobiographie, Soluto nous parle des autres. Des anciennes connaissances, des rencontres récentes, des membres de sa famille… Soit tout ce petit monde qui gravite autour de lui. De nous également, car on connaît ces personnes. Pas tout à fait les mêmes, mais pas étrangères non plus. Une ex-petite amie, de vieux potes de lycée, des cousins éloignés…On les a déjà rencontrées, croisées. C’est l’universalité des petits mondes. Le jeu de la mémoire et du temps qui passe…

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Sidonie fait son cirque…

Vies à la ligne allie subtilement le verbe et le trait. Les dessins nous en racontent bien plus sur les personnages que des mots. Précis et sensible, son trait quasi hyperréaliste cède parfois la place à des déformations proches de la caricature. Comme pour mieux illustrer une particularité physique, un trait de caractère, une situation particulière… Un procédé qu’il expérimente aussi dans certaines de ses peintures. Soluto joue avec ces déformations optiques (effets concaves et convexes) donnant l’impression de regarder ses toiles (ou ses dessins) à travers un miroir déformant ou une vitre mouillée et embuée.

 Vies à la ligne - Soluto (éditions Les Rêveurs, 2009) solutodform

Entre brefs portraits et courts récits, ses textes sont sans fioritures ni excès de style, usant d’un langage parlé (avec oublis de négation) et d’expressions familières. Soluto évite les écueils de l’approche « psychologisante », en instaurant une distance juste envers ces tranches de vies, et par là même, ses propres sentiments. Les relations aux autres sont souvent de l’ordre du conflit, une succession de batailles qui, gagnées ou perdues, laissent des traces, inévitablement. C’est le discours qui apparaît en filigrane de ces Vies à la ligne, et qui ne peut nous laisser indifférents, nous autres êtres sensibles…

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Tombe toujours, tu m’intéresses…

Je remercie Soluto pour sa sympathie et sa sincérité, qui a bien voulu répondre à mes quelques questions. Et m’autorise à diffuser le portrait de Max, qui aurait pu apparaitre dans ces Vies à la ligne

Mitchul : Comment s’est développé ce projet ? Avais-tu une idée précise du résultat ou cela s’est-il construit au fur et à mesure ?

Soluto : Ce projet s’est développé assez rapidement avec les éditeurs, Nicolas Lebedel et Manu Larcenet, pour les Rêveurs… Je leur ai fait parvenir quelques dessins, ceux entre autres d’un portfolio paru sur l’excellent Coconino, avec l’idée qu’ils pourraient peut-être donner lieu à la publication d’un carnet ou d’un recueil d’images… L’idée leur paraissait légitimement un peu courte… Les dessins leur plaisaient mais ils voulaient quelque chose qui puisse permettre d’aller au-delà d’un ensemble à feuilleter… Comme j’avais déjà écrit des textes pour certaines images je les leur ai présentés… Ils les ont bien aimé. On s’est rapidement mis d’accord sur cette formule… Finalement l’idée était déjà dans le blog, même si les textes accompagnaient indifféremment des images à l’acrylique, des aquarelles, ou des crayons…  Le projet s’est noué autour des dessins à l’encre de chine…  J’ai peaufiné des textes, j’en ai fait d’autres pour accompagner des dessins qui n’en avaient pas. L’inverse a été aussi vrai puisque certains récits attendaient leurs images…

Par ailleurs nombre de textes et de dessins inédits ont été réalisés pour le livre et n’ont pas eu de prépublication sur le blog. Finalement je crois même qu’ils sont en majorité.

M : Ces personnages existent-ils tous ? Les as-tu tous rencontrés ? Quelle est la part de fiction dans ces portraits ?

S : En matière d’écriture et de dessin la question du vraisemblable m’importe plus que celles de la véracité et de la ressemblance. Je mens sans scrupule si le mensonge parle plus juste que le vrai. Ce qui n’empêche pas que beaucoup de ces personnages existent… Il en est certains que je côtoie encore. J’ai bien pris soin de dissimuler ce qui aurait pu les rendre trop identifiables. Souvent j’ai mis en avant des traits qui ne sont pas si marqués dans leurs quotidiens, ou je leur ai prêté des anecdotes qu’ils n’ont pas vécus — mais que d’autres, qui me sont indifférents, ont traversées… Rien de bien original ; écrire c’est déplacer, condenser, rassembler, faire des ponts, des liens improbables et c’est aussi, dans le même temps, trouver le ton, la musique, qui fera tenir le tout…   Quant aux histoires, elles ne sont pas vraies à proprement parler, mais elles piochent toutes dans la réalité…

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Les narines et les mains ouvertes…

M : De quelle manière as-tu développé cette interaction particulière entre le texte et le dessin ? Sachant que tes illustrations nous en disent tout autant (voire plus) sur les personnages que tes récits, qui ce concentrent sur l’anecdote, l’événement. T’appuis-tu sur le dessin pour écrire tes textes, ou l’inverse ?

S : C’est toute la question de la redondance que tu abordes par ta question… Quelles pouvaient être les marges communes entre ce que montraient les images et ce que racontait le texte ? Mais surtout, que pouvaient-elles montrer, sans risque de trahison, qui soit étranger au texte ? La représentation est toujours à double tranchants. Elle libère l’imaginaire autant qu’elle l’emprisonne.  Sans jamais  jouer le contrepied, j’essaie que les images décentrent un peu mon propos… Souvent, par un travail classique d’associations, l’histoire m’apparait confusément tandis que je réalise le dessin. L’un me raconte l’autre puis les deux se mélangent et vivent gentiment leurs vies. Ils évoluent pour leur propre compte avec un vague projet commun qui leur donne cohérence…

M : Travailles-tu d’après photo, de mémoire ou sur le vif ?

S : Je viens de la peinture, pas de l’illustration ni de la bande dessinée, et je me méfie terriblement des dessins de « chic », de mémoire et d’imagination…Je les trouve souvent, chez moi (mais hélas aussi chez d’autres) plein de tics… Il y a des facilités très difficiles à combattre. Je dessine moins fréquemment sur le vif, mais je fais beaucoup de photos et je travaille souvent d’après trois ou quatre documents d’un même esprit, d’un même personnage sous différents angles — quitte à les abandonner dès que le dessin trouve son envol… Ensuite, ce qui se passe m’échappe un peu. Quand j’ai trouvé l’angle, c’est un peu comme si ça roulait tout seul… C’est la petite transe que connaissent bien les dessinateurs, à laquelle on devient terriblement addict, et qu’on recherche systématiquement dès qu’on frotte un crayon sur du papier…

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Joël…

M : Aux niveaux littéraire et graphique, y-a-t-il des ouvrages ou des auteurs qui t’on influencés dans la réalisation de ce livre ?

S : Je ne sais pas, je ne pense pas… Avant d’arriver à ce livre, comme je ne suis pas un perdreau de l’année, j’ai eu mille fois l’occasion de faire mes exorcismes…. Il y a des artistes que je porte avec moi où que j’aille et quoi que je fasse. Je ne suis plus en lutte, ni en rivalité fantasmatique avec eux. Ils ont leur place et continuent sans doute de me travailler en profondeur. Je sais à peu près ce que je leur dois (presque tout à vrai dire) mais ils se répercutent dans mon travail de manière assez diffractée pour que je ne sache plus bien démêler comment ils s’expriment à travers moi… Et c’est très bien ainsi…

M : Sur quel(s) projet(s) travailles-tu en ce moment ?

S : Un beau projet d’album en collaboration avec un auteur que j’apprécie beaucoup vient de nous claquer dans les pattes ! La maison d’édition avec qui l’on était en affaire sacrifie son département jeunesse… On espère que ce projet va rebondir ailleurs… Dans un autre registre je suis toujours en lien avec les Rêveurs… On évoque la perspective de refaire un bouquin ensemble…

Sinon je suis en train de finir un recueil de nouvelles (sans images !) pour un éditeur de littérature générale… On se renifle, les manuscrits font des allers retours, ça se précise…  Je prépare aussi une expo pour avril 2012 et je me recentre sur l’atelier où une grosse commande de matériel vient d’arriver… Je piaffe d’impatience…

M : Et la bande dessinée ? Comptes-tu y venir un jour ?

S : La bande dessinée, dans sa forme classique, sans doute pas… Mais le roman graphique me taquine ! Chaque chose en son temps… J’y viens… J’y viens…

[entretien réalisé par courrier électronique entre le 1er et le 3 Avril 2011]

Max

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Max a toujours de la sciure dans sa moustache. Il est menuisier en retraite, parait-il… Au bout du deuxième perniflard il dit qu’il va me filer un coup de main pour poser les placards dans la chambre de ma fille. On prend des rendez-vous, je l’attends, il vient pas… Il a l’air à chaque fois tellement catastrophé que j’ose pas l’engueuler. Mais ma gamine, qui ne sait rien de sa tronche de Gepetto contrarié, elle grognonne ! Déjà qu’elle est pas contente que maintenant je traîne un peu dans les bistrots, le soir, après le gratin… Elle, elle me dit que si j’avais commandé la pose en même temps, chez Casto, ça serait fait! Je peux quand même pas lui avouer que j’ai tiré ces foutus planches et cent vingt-cinq mètres de cuivre sur un chantier avec Lulu. Ça ferait encore des histoires. C’est qu’elle est pas commode ma fille ! Elle a le même caractère que sa mère…

Oh sa mère… Le tableau… Je supportais plus…

J’y ai foutu le chaud Roger dans les pattes, à ma grosse. Il était pas contre. Tu penses… Depuis qu’il est veuf, c’est pas souvent qu’il quimpe… On s’était arrangé tous les deux, mis d’accord sur le prix du service. Hé ! Entre nous, il se la pète le Roger, ses charmes valent pas le montant qu’il exige. Si j’ai banqué cher, c’est pour conclure vite… Je leur suis tombé sur le poil, entre deux dépannages, un midi, prétextant un yaourt pour compléter ma galtouse! Ah, fallait les voir ! Ma pauvre Maryse qui débordait de sa nuisette en satinette et mon Roger qui lui roulait des saucisses, le valseur à mi-cuisse… Ajoutez en bande son le canapé du salon qui grinçait rythmiquement ! Un régal d’amateur de cocasse ! Bon, passons… J’ai fait mon numéro ! « Salope!» que je gueulais, les bras en l’air… Et tandis qu’elle ramassait son string noir (pauvre Maryse…) pour battre en retraite dans la chambre à coucher, je faisais les deux pouces triomphants à mon cabot de Roger qui se marrait comme une baleine… « J’ai cru que t’allais jamais arriver » qu’il m’a dit à l’étouffée en remontant son falzar. On a beau avoir cinquante piges, on est restés gamins…

Trois jours après, penaude, elle avait foutu le camp. On s’emploie pendant des années à dégouter son conjoint sans succès alors qu’il suffit d’une combine amusante pour vous en débarrasser… Ce que c’est, tout de même, d’avoir de l’imagination… Où j’en étais ?…  Oui, ma fille… Je pensais qu’elle prendrait fait et cause pour sa vieille, moi, et qu’elle lui emboiterait la tangente… Ben, pas du tout ! Elle a pas digéré l’incartade de sa mère ! Veut plus la voir ! Elle s’impose une mission : rester avec moi pour pas que je me laisse abattre. Elle interprète mes apéros du soir comme des « tentatives d’automédications antidépressives » (elle ferait bien d’arrêter la fac de psycho, ça lui prend le chou !)…

Et en plus elle m’emmerde pour que je lui monte ses placards !!!  

Va falloir que je monte une bricole pour m’en débarrasser… Je crois qu’il est grand temps que je l’aide à conclure son œdipe…

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Auto-Soluto

Je vous incite fortement à en prendre plein les mirettes sur son site et sur son blog…

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