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Roland Topor ou le rire étranglé (Buchet Chastel, 2007) / Topor traits (Scali, 2007)

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Topor toujours et encore… Je ne me lasserai jamais de découvrir son œuvre aux multiples facettes… Et même s’il est très difficile de se procurer ses livres, on a eu la chance de voir sortir récemment pas moins de 4 ouvrages sur le très talentueux Topor (à l’occasion des 10 ans de sa disparition en 2007). Ainsi qu’une réédition (chez Attila), sous le titre Défouloir, de deux recueils historiques de ses dessins cruels : Les Masochistes (1960) et La Vérité sur Max Lampin.

Comme le dit très bien l’entarteur littéraire Noel Godin (dans Siné Hebdo n°41) : Topor a du bol. Les quatre moelleux ouvrages axés sur ses frasques, parus ces dernières années, assortis d’une tripotée d’illustrations pimentées, sont tout à fait au poil et ne font pas quadruple emploi. Les fanas de TTT (soit le turbulent touche-à-tout Topor) ne se sentiront pas pigeonnés par Topor, l’homme élégant, orchestré par Christophe Hubert (Les cahiers de l’humoir, Hermaphrodite) ; (Presque) tout Topor, de Laurent Gervereau (Alternatives) ; Topor traits, de Daniel Colagrossi (Scali) et Roland Topor ou le rire étranglé, de Frantz Vaillant (Buchet-Chastel), une ébésillante bio.

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Je me suis pour ma part procuré ces deux derniers ouvrages. Roland Topor ou le rire étranglé est une excellente biographie qui nous en apprend beaucoup sur sa vie d’artiste et sa vie d’homme. Sur la relation privilégiée qu’il entretenait avec son père Abram, artiste peintre, qui l’a soutenu (sans le forcer) afin de devenir un artiste accompli, libre et heureux de faire ce qu’il désir. Le désir justement, la passion, sont les véritables moteurs de l’œuvre toporienne.
Topor était un personnage unique, entier. Qu’il soit en famille, en train de créer ou au zinc, Topor restait Topor, dont le rire légendaire était le ciment de cette personnalité complexe.

L’ouvrage de Daniel Colagrossi, Topor traits, est admirable. L’auteur a pris des centaines de clichés de son ami (entre 1985 et 1997, lors de rencontres amicales, d’expositions…), qu’il n’a développé que 3 ans après la mort de Roland
La magie de la photographie opère : Topor ressurgit à travers la nostalgie et l’amitié qui se dégagent de ces images en noir et blanc. Un album de famille se dessine. Pour confronter ce travail sur l’image, Daniel Colagrossi propose à des proches de l’artiste de lui rendre hommage en livrant leur témoignage. Lettres, poèmes, dessins, documents s’accumulent. Pour couronner le tout, Nicolas Topor, le fils de l’artiste, dévoile une centaine d’œuvres inédites de son père, publiées pour la première fois dans cet ouvrage…
Ces témoignages d’affections et ces documents inédits nous permettent d’en savoir un peu plus sur la personnalité de cet artiste hors-normes et inclassable !

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Film réalisé et monté par Frantz Vaillant

DESSINS POLITIQUES – Siné (J.J.Pauvert éditeur, 1965)

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Siné est depuis toujours –et pour toujours- non pas un « anti-tout » comme certains aiment à le réduire, mais un anti-cons (au pluriel). Il s’attaque surtout à la connerie institutionnalisée : l’armée, la religion, les politiques colonialistes, le capitalisme, la bourgeoisie…

Pour lutter, il a su créer une forme d’humour particulier. Dans le fond, Siné a toujours conservé sa ligne de pensée : insoumis et sans concessions. Son champ d’action n’a pas changé non plus. C’est un activiste du dessin d’humour, domaine qu’il n’a cessé d’explorer avec jubilation (du moins pour ses lecteurs), pour dénoncer les abus de pouvoirs et les répressions de tout ordre, le plus efficacement possible.

Ce beau livre (petit format original et couverture en papier kraft) regroupe ses dessins politiques réalisés entre 1958 et 1965 (publiés à l’époque dans une dizaine de journaux, dont Siné-Massacre). Les thèmes abordés ne sont plus d’actualité (quoique), mais cinquante ans après, ces dessins restent pertinents et percutants. Comme quoi, l’époque change mais certaines choses demeurent… C’est pourquoi Siné l’enragé est toujours là, avec son style impérissable…

Siné utilise le procédé classique du dessin humoristique : un dessin unique avec le texte en dessous. Sauf qu’il est aux antipodes de l’humour potache de l’époque (calembours et amants dans l’armoire). Ses dessins sont engagés. Ils dénoncent. Son humour est noir, grinçant (il a remporté le Grand Prix de l’Humour Noir en 1955). Cette manière particulière (et depuis longtemps imitée) qu’il a de commenter l’actualité en intégrant des extraits d’articles de journaux dans ses dessins ou en diffusant ses lettres adressées à ses détracteurs (par exemple, au juge d’instruction suite à une inculpation pour « insultes publiques envers l’armée », en 1960).

S’il était moderne à l’époque, on ne peut pas dire qu’il soit dépassé aujourd’hui, au contraire. Resté fidèle à sa ligne de conduite, son style est toujours aussi percutant et dérangeant (les exemples récents ne manquent pas). La création de Siné Hebdo nous démontre qu’il est toujours aussi « vert » à 80 balais ! Un modèle. Santé Siné !

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L’ennemi intime…

Citations

Une citation par jour (plus ou moins)… En fonction de mon humeur, de mes lectures, de l’actualité… Une citation, parce que je suis feignant… Une par jour, si j’ai le temps… Toutes tirées d’ouvrages lus ou à lire…

Les débutants ont souvent tord, je crois, d’attacher une importance exagérée à la technique. Ils oublient généralement que, bien avant la technique, il y a le dessin, tout simplement. André Franquin in Lire Hors-série n°19. Le 20/02/2015

Un paradis, dans le monde actuel, c’est, à la rigueur, un pays où il est possible de publier des journaux comme « Hara-Kiri » et « Charlie Hebdo ». Croyez moi, ils sont rares. Georges Wolinski in « Je montre tout ! » (Charlie Hebdo hors-série n°14, 2001). Le 22/01/2015

Sans la faculté d’oubli nous ne serions qu’archives mémorielles [...] à tel point saturés par l’omniscience du passé qu’il ne resterait dans nos zones de stockage neuronal plus aucun espace libre pour penser à vivre la suite. Yves Pagès in « Souviens-moi » (tiré du mensuel Lire n° 424). Le 08/04/2014

Additionnons les discriminations : Les étrangers ont l’accent aigu, ce sont les étrangères qui ont aussi l’accent grave. Philippe Annocque sur son blog (Hublots). Le 23/01/2014

On ne peut pas dire d’une oeuvre d’art qu’elle soit inutile ; certes elle n’apporte rien qui réponde aux besoins matériels de l’organisme ; mais elle est un moyen de communication entre celui qui la crée et celui qui l’admire ; elle répond donc au besoin humain le plus spécifique : mettre en commun. Albert Jacquard (source). Le 02/10/2013

Elle me dit, un soir, qu’il y avait en moi une zone d’ombre, une part de mystère qui intriguaient et captivaient. Il me sembla, effectivement, trouver confirmation de ses propos dans le regard des autres. Sans en faire un système, sans en abuser, je me dis qu’il fallait en tenir compte et qu’ainsi, bien des choses allaient changer. Sempé in « Ames Soeurs » (Folio, 1995). Le 15/05/2013

Il me semble d’ailleurs qu’on ne devrait lire que les livres qui vous mordent et vous piquent. Si le livre que nous lisons ne nous réveille pas d’un bon coup de poing sur le crâne, à quoi bon le lire  (…) Un livre doit être la hache qui brise la mer gelée en nous. Voilà ce que je crois. Kafka à son ami Oskar Pollak, en 1904. Le 16/03/2012

La vie met longtemps à devenir courte. André Franquin, cité par Lewis Trondheim in Désoeuvré (l’Association, 2005). Le 05/06/2011

Il ne suffit pas d’être con, il faut être fier de l’être. Cavanna in « Cavanna : Cavanna » (Juillard, 1971). Le 02/10/2010

Quelques fois, c’est toi qui cognes le bar. Mais d’autres fois, c’est le bar qui te cogne. L’étranger in « The Big Lebowski ». Le 18/08/2010

Je trouve abominablement injuste d’être obligé de travailler pour ne pas crever. Il me semble que je ne détesterais pas le travail s’il ne m’était pas imposé. De temps en temps, quoi. Et attention ! Il faut avoir l’air d’aimer ça, d’en être gourmand, d’y trouver son extase suprême ! Surtout ne pas être le feignant qui se force ! C’est qu’ils te guettent, les autres, ces fumiers. Cavanna in « Coups de sang » (Belfond, 1991). Le 04/07/2010

Quand vient le mois de Join, l’été n’est plus très Luin. Edito de la revue « Bazart – Agenda Normandie » (Juin 2010). Le 04/06/2010

Un texte est comme un appareil dont chacun peut se servir à sa guise et selon ses moyens.Paul Valery cité par Margerite Rochette in « La science fiction » (Larousse, 1975). Le 01/06/2010

Ce n’est pas seulement parce que le méchant est puni à la fin de l’histoire que les contes ont une portée morale ; dans les contes de fées, comme dans la vie, le châtiment, ou la peur qu’il inspire, n’a qu’un faible effet préventif contre le crime ; la conviction que le crime ne paie pas est beaucoup plus efficace, et c’est pourquoi les méchants des contes finissent toujours par perdre. Bruno Bettelheim in « Psychanalyse des contes de fées » (Robert Laffont, 1976). Le 30/05/2010

Heureusement pour l’humanité, l’armée a généralement été le refuge des esprits de troisième ordre. Boris Vian in « Les chansons de Boris Vian en bandes dessinées » (éditions Petit à Petit, 1997). Le 29/05/2010

Se surprendre… J’en ai souvent parlé. Mais est ce possible ? Se surprend on plus avec une nouvelle casserole qu’en allant gratter les fonds de la vieille ? Il y a des endroits de soi où on est jamais allé mais, peut on aller au delà de soi? Moebius in « On a marché sur la bulle » (Fanzine n°16, avril 2008), interview par J.M. Lemaire. Le 27/05/2010

On appelle un homme intelligent, un homme intelligent. Tandis qu’on appelle un homme con, un con. Conclusion, un con n’est pas un homme. San-Antonio in « Les Con » (éditions Fleuve Noir, 1973). Le 25/05/2010

L’air con me fait la vie facile… Michel Colucci, le 28/07/09

Je n’ai jamais été Gaulois, ni cow-boy, j’ai été enfant. René Goscinny in « Goscinny, la liberté d’en rire » (de Pascal Ory, éditions Perrin, 2007). Le 07/07/09

Je ne peux pas renoncer à mes idées sous prétexte qu’elles sont contraires à mes états d’âme. Georges Wolinski, in  »La Morale » (Le cherche midi éditeur, 1992). Le 05/07/09

C’est toujours au nom de l’intérêt général qu’on embête les particuliers. Henri Roorda in  »Almanach Balthazar », 1925 (cité par Fremion, FG n°397). Le 25/06/09

Plus encore que le patriotisme qui est une hystérie comme une autre, mais plus creuse et plus mortelle qu’une autre, ce qui nous répugne, c’est l’idée de patrie qui est vraiment le concept le plus bestial, le moins philosophique, dans lequel on essaie de faire entrer notre esprit. Aragon (le 15 octobre 1925) in « L’enragé n°4″ (Juin 1968, éditions Pauvert). Le 15/06/09

Celui qui poursuit un rêve n’en désire pas, au fond, la réalisation : il veut seulement pouvoir continuer à rêver. Hugo Pratt in « En Verve » (Editions Horay, 2004). Le 10/06/09

Arrêter de vouloir mettre à jour des responsabilités, ça rend les problèmes passionnants. Manu Larcenet in « Le combat ordinaire, Tome I » (Dargaud 2004). Le 05/06/09

Lire ce n’est pas seulement s’informer, c’est aussi – et peut-être surtout – oublier, et c’est donc se heurter à ce qui en nous est oubli de nous. Pierre Bayard in « Comment parler des livres que l’on a pas lus ? » (les éditions de Minuit, 2007). Le 03/06/09

Si les bébés de l’homme doivent finalement évoluer jusqu’à devenir des individus adultes, sains, indépendants et socialisés, il est absolument nécessaire qu’ils aient un bon départ. Dans la nature, ce bon départ est assuré grâce à l’existence d’un lien entre la mère et le bébé, grâce à ce qu’on appelle l’amour. Si donc vous aimez votre bébé, il aura un bon départ. Donald W. Winnicott in « L’enfant et sa Famille » (éditions Payot, 2002). Le 30/05/09

Une grande diversité d’opinions au sujet d’une oeuvre d’art témoigne de sa nouveauté, de sa complexité et de sa vitalité. Oscar Wilde in « Aphorismes » (Editions Mille et une nuits, 1995). Le 25/05/09

Le rire est à l’homme ce que la bière est à la pression. Pierre Dac in « L’Os à Moelle » (éditions Julliard, 1963). Le 21/05/09

La philosophie, c’est l’art de se compliquer la vie en cherchant à se convaincre de sa simplicité. Frédéric Dard in « Les pensées de San-Antonio » (Le cherche midi éditeur, 1996). Le 20/05/09

Notre père qui êtes aux cieux, restez-y. Et nous nous resterons sur la terre, qui est quelquefois si jolie… Jacques Prévert in « Paroles » (Pater Noster). Le 18/05/09

Si notre vie est un beau long voyage avant le grand terminus, tâchons de faire silencieusement et gaiement notre voyage, de profiter des paysages heureux – et de ne pas trop gêner les autres voyageurs ! Hergé in « Hergé par lui même » (Librio, 2007). Le 16/05/09

Ce que nous croyons nos pensées fondamentales sur le monde sont souvent des confidences sur la jeunesse de notre esprit. Gaston Bachelard in « La psychanalyse du feu » (Gallimard, 1949). Le 14/05/09

Mon athéisme s’active quand la croyance privée devient une affaire publique et qu’au nom d’une pathologie mentale personnelle on organise aussi pour autrui le monde en conséquence. Car de l’angoisse existentielle personnelle à la gestion du corps et de l’âme d’autrui, il existe un monde dans lequel s’activent, embusqués, les profiteurs de cette misère spirituelle et mentale. Michel Onfray in « Traité d’athéologie » (Grasset, 2005). Le 13/05/09

Notre but dans la vie n’est pas de réussir, mais de continuer à tout rater avec conviction. Robert Louis Stevenson en préface, in  »Le livre des bides » de Stephen Pile (éditions du Cygne, 1982). Le 11/05/09

Je supporte parfaitement la douleur, à condition qu’elle ne fasse pas mal. Marcel Gotlib in « Jactences » tome II (éditions Fluide Glacial, 1999). Le 10/05/09

Quand on ne travaillera plus le lendemain des jours de repos, la fatigue sera vaincue. Pierre Dac in « L’Os à Moelle » (éditions Julliard, 1963). Le 08/05/09

L’objectif de tous ceux qui contribuent à réaliser des hommes à partir de cette larve inachevée qu’est le nouveau né devrait être avant tout de l’amener à un seuil de richesse telle qu’il puisse (…) prendre en charge lui-même son devenir. Il faut refouler le désir de créer des hommes conformes à une norme. Ce n’est pas sans risques pour l’ordre. Mais ce risque ne vaut-il pas d’être couru, si la liberté est à ce prix ? Albert Jacquard in « Moi et les autres » (éditions du Seuil, 1983). Le 06/05/09

Il est des conjonctures où faire le Don Quichotte est un devoir. L.Tarsot en préface, in « Don Quichotte de la Manche » (éditions H.Laurens). Le 04/05/09

Un monde où on jette tout, c’est un monde où il n’y a rien à garder. Wolinski in « Ils vont tout casser! » (Le Square – Albin Michel, 1981). Le 03/05/09

Exigeons en France le respect de notre religion fondamentale : la liberté, la liberté d’opinion et d’expression inscrite dans les droits internationaux de l’homme, la liberté de pratiquer la religion de son choix autant que celle de ne pas croire, la liberté de donner à penser par la dérision, de dessiner au deuxième degré, pour dédramatiser parfois, pour dénoncer souvent, mais toujours pour le rire ! Jean-Michel Renault in « Censure et Caricatures » (éditions Pat à Pan, 2006). Le 01/05/09

Les gaz hilarants sont sans effets sur les individus qui n’ont pas le sens de l’humour. Cavanna in « Le saviez-vous » (éditions du Square, 1974). Le 29/04/09

La psychanalyse est un remède contre l’ignorance, elle ne peut rien contre la connerie. Jacques Lacan (in Siné Hebdo n°33). Le 28/04/09

Depuis la nuit des temps, les enfants naissent en pleurant, comme s’ils pressentaient ce qui les attend. Didier Daeninckx. Le 26/04/09

Pour nous tous, désormais, l’idée de bonheur est liée aux « choses » que l’on acquiert. Georges Perec in « Les Choses ». Le 25/04/09

Il existe à la base de la vie humaine un principe d’insuffisance. Georges Bataille (en préface de « Délivrance » de James Dickey). Le 24/04/09

Nous savons donc qu’il existe dans notre société une quantité constante d’infractions, que la répression des crimes est une des fonctions centrales de notre société ; que, par delà toutes les péripéties des aventures singulières, la délinquence existe comme phénomène d’ensemble ; que le criminel n’est pas seulement un joueur ou un jouet mais qu’il est porteur d’un certain nombre de caractères, de symptômes, de traits physiques ; que c’est un cas – un cas normalement anormal. Michel Foucault in « De la Prison à la Révolte » (L’esprit frappeur, 1999). Le 23/04/09

S’il est vrai que la plupart des mécanismes économiques et sociaux qui sont au principe des souffrances les plus cruelles, notamment ceux qui règlent le marché du travail et le marché scolaire, ne sont pas faciles à enrayer ou à modifier, il reste que toute politique qui ne tire pas pleinement parti des possibilités, si réduites soient-elles, qui sont offertes à l’action, et que la science peut aider à découvrir, peut être considérée comme coupable de non-assistance à personne en danger. Pierre Bourdieu in « La Misère du Monde » (le Seuil, 1993). Le 22/04/09

Heureux soient les fêlés, car ils laissent passer la lumière. Michel Audiard (by Frémion in « Fluide Glacial » n°395). Le 21/04/09

Quand la société serre les fesses, les espaces de liberté individuelle rétrécissent. Roland Topor (in « Topor ou le rire étranglé » de Frantz Vaillant). Le 20/04/09

Alfred Jarry n’a pas inventé le père Ubu. Il n’a fait que le découvrir. Le père Ubu est de toutes les époques. Alexandre Vialatte in « Dernières nouvelles de l’Homme » (Juillard 1978). Le 19/04/09

Ce qu’on appelle communément la réalité est, pour le dire exactement, un rien monté en épingle. Hugo Ball in « Dadaïsme » (éditions Taschen). Le 18/04/09

La corde à lier les pensées n’est pas encore tressée. Proverbe suédois (in « Catalogue d’Objets Introuvables »). Le 16/04/09

L’image inventée n’est jamais traumatisante. C’est toujours un conte de fées. Il n’y a que la réalité qui puisse choquer : des corps blessés par un accident au bord de l’autoroute, des gosses sans famille, un métier qu’on aime pas. Mais le dessin est neutre. C’est une chose mentale, une représentation. Ce ne sont que les aventures extraordinaires de l’imagination : du bovarysme au masculin. Roland Topor (in « Topor ou le rire étranglé » de Frantz Vaillant). Le 15/04/09

Si ça continue faudra qu’ca cesse… Hubert Felix Thiéfaine (in « l’ascenseur de 22h43″, 1978). Le 14/04/09

La nouveauté, la nouveauté, mais c’est vieux comme le monde ça, la nouveauté. Jacques Prévert (in « Wauxhall » de Christopher). Le 13/04/09

Physiquement on ne peut pas vraiment distinguer les familles les unes des autres. Elles ne portent pas d’insignes. A près tout ce sont des unités tribales dont les membres ne leur appartiennent que grâce à un événement biologique. Et elles sont liées par un noyau magnétique qui parfois n’est fait ni d’amour ni de loyauté. Anonyme (in « Une affaire de famille » de Will Eisner (éditions USA, 1998). Le 12/04/09

L’homme de tous les temps s’est intéressé à l’art. S’il n’est pas d’exeption à cette règle, il est juste d’ajouter qu’aucune époque ne lui a porté une passion comparable à la notre; la peinture, en particulier, celle du passé comme celle du présent, est devenue pour nos contemporains une sorte d’obsession. René Huyghe in « Les puissances de l’image » (Flammarion, 1965). Le 11/04/09

Il ne faut pas confondre « gourde de policier » et « quart de poulet ». André Franquin in « En direct de la gaffe » (éditions Dupuis). Le 10/04/09

Avec le sang du monde, on fait du boudin d’information… Jules-Edouard Moustic (of Groland). Le 09/04/09

Faites en sorte d’obtenir ce que vous aimez, sinon vous serez forcé d’aimer ce que vous obtenez. George Bernard Shaw (in Siné Hebdo N°9). Le 08/04/09

Il n’y a pas de sots métiers, il n’y a que des métiers à la con. Le Professeur Choron in « La Mouise » (Le best of n°1). Le 07/04/09

Un politicien ne peut faire carrière sans mémoire, car il doit se souvenir de toute les promesses qu’il lui faut oublier. Frédéric Dard in « Les pensées de San-Antonio » (Le cherche midi éditeur, 1996). Le 06/04/09

L’indiscipline aveugle et de tous les instants fait la force principale des hommes libres. Alfred Jarry (in Siné Hebdo N°1). Le 05/04/09

Il est parfaitement monstrueux de s’apercevoir que les gens disent dans notre dos des choses qui sont absolument et entièrement vraies. Oscar Wilde in « Aphorismes » (Editions Mille et une nuits, 1995). Le 04/04/09

Quand le dernier arbre aura été abattu, quand la dernière rivière aura été empoisonnée, quand le dernier poisson aura été pêché, alors on saura que l’argent ne se mange pas. Geronimo (in Télérama n°3090). Le 03/04/09

Je ne suis pas assez sérieux pour donner des conseils et je le suis trop pour en recevoir. Hugo Pratt in « En Verve » (Editions Horay, 2004). Le 02/04/09

Il me plait d’imaginer un Etat qui puisse se permettre d’être juste envers tous les hommes et qui traite l’individu avec respect comme un voisin ; qui ne jugerait pas sa propre quiétude menacée si quelques uns s’installent à l’écart, ne s’y mêlant pas, en refusant l’étreinte, sans pour autant s’abstenir de remplir tous les devoirs de bons voisins et de compatriotes. Henry David Thoreau, in « La désobéissance Civile » de 1849 (Editions Mille et une nuits, 1996). Le 01/04/09

Mentir, c’est un métier, mais démentir c’est tout un art… Georges Wolinski, in  »La Morale » (Le cherche midi éditeur, 1992). Le 31/03/09

BASTON LABAFFE (1984 Goupil éditeur)

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Si les parodies de Tintin ont toujours été mal perçues et dénoncées par Hergé et ses ayants droits, Franquin lui, n’a jamais chercher à interdire les pastiches de son héros. Au contraire, comme nous le démontre la préface qu’il a écrit (avec ironie et humilité) pour l’album La ballade des baffes – réalisé en collaboration avec Yvan Delporte, l’ami de toujours – il les cautionne !

« Bref, et pour que la chose soit bien claire, je te répète une dernière fois que je ne tiens pas à écrire de préface pour quoi que ce soit, et certainement pas pour un album de bandes dessinées, avec un indéniable talent, par quelques uns des meilleurs auteurs contemporains. Mes gribouillis informes n’ont rien à faire auprès d’une telle brochette de grands professionnels. Je suis simplement un peu étonné qu’ils aient tous choisi de s’inspirer de l’un de mes personnages. Il y avait certainement mieux à faire ».

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Baston Labaffe comprend en effet la présence de nombreux grands auteurs. On retrouve entre autres Baudoin, Carali, Cosey, Denis, Edika, Goossens, Hermann, Macherot, Margerin, Reiser, Schlingo, Solé… Une kyrielle d’auteurs qui rendent un hommage sincère au chef d’œuvre de Franquin.

Cet album contient son lot de parodies salaces, mais celui qui a été le plus loin dans le pastiche pornographique, c’est Franquin lui-même !

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Le dessinateur Loup nous a offert un superbe cadeau dans le Siné Hebdo n°17 (du 31 décembre 2008) : des croquis très coquins de Gaston et M’oiselle Jeanne. « Il y a une trentaine d’année, Franquin m’avait hébergé chez lui, à Bruxelles. Sur sa table à dessin, traînaient ces croquis étonnants. J’en tombais amoureux. Je le lui dis. Quelques jours plus tard, à Paris, il me les apporta, l’œil plein de malice, avec ce commentaire : « Je te les ai signés, ça m’étonnerait qu’on les publie un jour ». Ce jour est arrivé. Et ce cadeau exceptionnel, je le partage avec vous… »

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http://www.bdcentral.com/Gaston/baston.html

CHORON DERNIERE – Pierre Carles et Eric Martin (2009)

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Pour voir Choron dernière, il ne fallait pas perdre de temps. Il n’est resté qu’une semaine à l’affiche du cinéma d’art et d’essai de ma ville…

Ce film est à la fois un documentaire, avec sa part d’images d’archives, et un reportage, dans lequel les réalisateurs ont suivi Bernier à la fin de sa vie, nous présentant son village natal. Ces deux aspects du film illustrent en fait les deux aspects du personnage. Mister Bernier et Professeur Choron ! Les extraits d’émissions de télé nous montrent un provocateur extrême, abusant du mauvais goût car ne supportant pas le politiquement correct (le fameux droit de réponse où il traite de « merde » des jeunes présents qui considèrent Charlie Hebdo comme un journal de vieux, ou alors sur le plateau de Mireille Dumas quand il parle des malades du sida en disant : « qu’ils crèvent ! », etc.) Puis, on voit un Bernier plus intime (il ne nous épargne rien de son anatomie, ni de ses souvenirs croustillants), d’une extrême gentillesse, nous présentant une amie d’enfance, la maison où il est né, son premier boulot à la fromagerie…

Derrière ce personnage public immoral et sans cœur se cache un être sensible et profondément humain. Et bien que ses grandes heures de gloire soient passées (hara-kiri n’étant plus, Charlie Hebdo qui repart sans lui), on ne ressent pas d’amertume chez lui. Je pense qu’il continuait à avancer (en créant Grodada ou La Mouise) même s’il devait savoir que le succès ne sera plus le même. Le recherchait–il d’ailleurs ? Non, bien sur ! Il me semble que l’essentiel pour lui était d’être entouré de ses amis (Charlie Schlingo, Vuillemin, Berroyer, Marc Edouard Nabe…) et de faire un bon journal avec eux. Peu importe le tirage et la couverture médiatique.

Un des défauts de ce film est que les réalisateurs laisse un peu trop la parole à l’équipe actuelle de Charlie Hebdo. Cette position « à charge » est plutôt gratuite car, bien entendu (on le sait depuis le procès pour le nom de Charlie Hebdo), ils n’estiment ne rien devoir à Choron. Je reconnais l’honnêteté de Cabu ou même Wolinski qui l’ont bien connu, disant qu’ils n’ont pas vécus que des bonnes choses à ses cotés. Mais que Val le descende en disant qu’il n’est rien et n’a rien fait, que c’était Cavanna qui faisait tout dans Hara-kiri relève d’une grande malhonnêteté ! Comme le dit très bien Jackie Berroyer dans son billet (in Siné Hebdo n°20) : « Des gens ont de lui une image qui n’est pas la meilleure. Je ne parle pas de son coté ravageur. Je trouve le film un peu bâclé puisqu’on ne m’a pas consulté. On y a mis des gens qui regrettent d’y être, il faut dire que ça ne les montre pas non plus sous leur meilleur jour ». 

D’ailleurs, l’interview de Cavanna est touchante à plus d’un titre, quand il repense à son ami la larme à l’œil. Lui n’oubli pas de rappeler que sans Choron, il n’y aurai jamais eu de Hara-kiri, ni de Charlie. Berroyer toujours : « Choron est un de ces personnages uniques, un de ceux dont on dit qu’il n’y en a plus parce que en fait, il n’y en a jamais eu beaucoup. Et parce qu’on les regroupe, qu’on fait des listes, qu’on a l’impression qu’il y en avait plus dans le passé ».

Au delà de ces polémiques, Choron dernière nous rappelle que Bernier était surtout un humoriste, noir et trash certes, mais qui savait nous faire rire ! « Il n’y a qu’une seule forme d’humour, celle qui fait rire » disait-il. Et les éclats fusaient de partout durant la projection. Mais ce film m’a surtout permis de découvrir un homme touchant et attachant. Vive Choron !

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