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SINE – 60 ans de dessins (Hoëbeke, 2009)

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Ouvrage de qualité, aussi bien dans sa forme que son contenu. Les éditions Hoebeke nous propose, comme à chaque fois, un livre de très belle facture, au papier de qualité supérieure, avec des couleurs qui rendent hommage aux œuvres imprimées. Toujours avec une couverture souple, mais solide. Ce genre d’ouvrage qui résistera au temps et aux modes éditoriales. Pour un auteur comme Siné, on ne peut rêver mieux. Et pour nous présenter le contenu, je laisse la parole à François Cavanna :

« Siné, 60 ans et toutes ses griffes

Il a toujours été pour les chats, le jazz, l’humour, et contre l’armée, les flics, les religions. Un album rassemble «60 ans de dessins» de Siné, et le fête. Increvable Siné ! Comme ses chats bien-aimés, il retombe toujours sur ses pattes. Le coup en vache qui devait le jeter à bas, il en fait un triomphe. Ce gros bouquin est le trophée de sa victoire. Comment ce gars, qui prenait le départ d’une brillante carrière d’humoriste genre intello d’avant-garde apprécié par un lectorat plutôt snob, est-il devenu cet enragé, ce semeur de merde qui allait foutre le feu aux quatre coins de la presse française ? C’est que les gens qu’il fallait -Leonor Fini, Jean-Jacques Pauvert… – ont su déceler le tempérament de Siné et son principal, pour ne pas dire son unique centre d’intérêt. Tempérament de bagarreur, intérêt puissant pour la chose politique.

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Siné n’aime pas l’armée, les flics, les religions, l’embrigadement, comme toutes les formes de contrainte, d’oppression, de refus de penser par soi-même. Un anar, alors ? De coeur, certainement. Les petits malins qui ont toujours tout compris s’écrient : «Anar de droite !», ce n’est même plus à la mode…

Siné dessine comme on écrit. Et il écrit autant qu’il dessine, avec la même vacherie tranquille. Il exprime des idées simples par un dessin volontairement simpliste. Foin de la ressemblance ! Ses bonshommes  ? Des stéréotypes. Un ovale, c’est le visage. Le même pour tout le monde. Une petite moustache si le modèle en porte une, des cheveux plus longs si c’est une madame, un cigare au bec si c’est un rupin, une gâpette de travers si c’est un homme-du-peuple, ça fait la rue Michel. Le plus fort, c’est qu’elle y est, en fin de compte, la ressemblance !

Le message est aussi direct que le trait est dépouillé. Tu le reçois en pleine gueule. Siné veut être compris au premier regard. Quitte à faire gros. Quand il faut faire gros, il fait gros. Les chiortes ne lui font pas peur. Quoi de plus efficace que la merde pour exprimer le dégoût ? Mais l’idée n’est jamais médiocre, là moins encore qu’ailleurs. C’est donc l’humour vache. Mais pas gratuit. Sine a choisi son camp. Les sourires en demi-circonférence fleurissent plutôt sur les tronches à casquette. Il lui est arrivé de militer, en des temps où militer n’était pas de tout repos.

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Chat aigne

Comme tout le monde, c’est par les chats que j’eus tout d’abord connaissance de Siné. Vers les années 1950, on vit soudain des chats partout, surgis va savoir d’où. Des chats-cals-(en-bourre) – Siné, tu permets ? – qui vous fixaient de leur bonne bouille ronde, calembourdesques à faire pâlir le calembour, étirant d’une oreille à l’autre un sourire fait d’une demi-circonférence qu’il suffisait de retourner pour obtenir une grimace tout aussi éloquente, mais en sens inverse. Si le dessin est délibérément sommaire, il est, qu’on ne s’y trompe pas, minutieusement travaillé. Une application de bon élève. Il exprime les choses de façon posée, en gars qui a quelque chose à dire et qui tient à le dire bien. Je ne sais pas si cela se remarque, mais en tout cas on en subit l’effet, chacun de ses dessins est un petit tableau qui, tel quel, pourrait faire une «une». Ses «unes», d’ailleurs valent des affiches. Une «une» de Siné à la devanture du kiosque, ça appelle ! On la voit du trottoir d’en face. Quant à ses affiches… Voyez vous-même !
Si, chez Siné, le cul – ailleurs on dit «l’amour» – tient une aussi grande place, c’est qu’il est la seule chose au monde qui puisse consoler de la vacherie de la vie. C’est aussi pourquoi, chez Siné, le cul est toujours joyeux.

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Voici donc réuni l’essentiel d’un œuvre énorme, soixante ans de bagarre contre une société étouffante, pas du tout ouverte à cette critique violente qui appelle un chat un chat et un homme politique un étron, et qui fait de Siné ce paradoxe : un réprouvé perpétuel porté par une popularité qui ne se dément pas. Il vient encore d’en faire la brillante démonstration. » (Cavanna, « le Nouvel Observateur » du 8 octobre 2009).

Sans revenir sur la polémique, il est important de noter que, de l’actuelle équipe de Charlie,seul Cavanna (et Willem aussi) a encore (de) l’estime et (de) la reconnaissance de (pour) Siné. « Sache que tu seras le bienvenu dans « Siné Hebdo », lui disait-il dans sa zone de novembre 2008 (n°12). Chose à laquelle Cavanna n’est pas indifférent, sinon pourquoi aurait-il chroniqué cet ouvrage, et de cette manière…Ca me réconforte, car je n’aurai pu accepter que mon Siné critique mon Cavanna, ou que mon Cavanna critique mon Siné ! Oui je sais, c’est très possessif tout ça, mais que voulez-vous, je les kiffe grave tous les deux !

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nouvelobs.com

Ma Vie-en-Vrac – Marcel Gotlib & Gilles Verlant (Flammarion, 2006)

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Je me rends compte que je n’ai pas encore fait de chronique sur Maître Gotlib. Merdre ! Entre Gai-luron, La Rubrique-à-Brac, Hamster Jovial, Pervers Pépère, Rha-Lovely ou Rha-Gnagna,  il est pourtant celui qui m’a initié à l’humour absurde, au comique de situation, aux dingues potentialités de la mise en page, au sens aigu du détail, au graphisme comme langage… Inventeur du mime dessiné, j’ai compris grâce à lui que le simple trait d’un dessin peut nous faire rire. Il est aussi celui qui a éveillé ma libido aux joies de l’humour salace, ce qu’on appelle sobrement : l’humour adulte.

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Cet ouvrage se présente sous la forme d’un recueil d’entretiens (dans le même esprit que le livre sur Metal Hurlant), dans lequel tous les collaborateurs et amis de Gotlib prennent la parole. D’Albert Algoud à Zep, on retrouve les témoignages de Brétécher, Yves Frémion, Bruno Léandri,  Fred, Mandryka, Yvan Delporte, Richard Gotainer, Goossens, Cabu, Cavanna, Morchoisne, Druillet et plein d’autres encore… Le tout regroupé en 20 thématiques, qui retracent son riche parcours.

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Gotlib est généreux, très généreux. Son œuvre prolifique nous le démontre et lorsqu’il décide d’arrêter de dessiner (snif !), c’est pour mieux se consacrer à son chouette journal Fluide Glacial (Youpi !). S’il pensait se la couler douce dans son rôle de rédac’chef, il s’est mis le doigt dans les lunettes ! Il a du en passer des nuits blanches à driver cette équipe de dingue… Juste au passage, les deux magazines que Gotlib a créés (en collaboration), sont les deux seuls qui existent encore parmi tous ceux lancés durant années 70. Signe que l’umour gotlibien, (inspiré par Harvey Kurtzman et Mad, les Monty Python, le National Lampoon, Actuel, et bien évidement René Goscinny) est impérissable !

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Marcel s’est essayé, avec succès, à énormément d’activité : Dessinateur et scénariste de BD bien sur, mais aussi lettreur, créateur de journaux (l’Echo des Savanes et Fluide Glacial), rédacteur en chef, éditorialiste, autobiographe, scénariste pour le théâtre ou le cinéma, illustrateur de pochette de disque, acteur de roman photo, héros de bd, une icône… Surtout, ne lui dites pas que c’est un Artiste de Génie, son humilité légendaire risque d’en prendre un coup !

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Laissons la parole à l’ami Schmoll : « C’est sur, Léonard dessinait mieux que Marcel mais de Vinci, même dans ses œuvres les plus folles, n’a jamais atteint le degré de déconnade de Gotlib, d’ailleurs, il ne s’en est jamais inspiré. Ce fait étant historiquement exact, je viens rendre hommage au père de Gai-Luron, au chroniqueur des Rubriques-à-Brac qui firent des heureux et les beaux jours de l’hebdomadaire Pilote (mâtin, quel journal !). Louons celui sans qui Fluide Glacial ne serait pas, ce grand dessinateur animalier à qui l’on doit des analyses poussées sur le comportement da la coccinelle, approuvant la thèse comme quoi ce n’est pas forcément qu’une bête à bon Dieu. A travers les pages de cette biographie, nous allons apprendre et tout savoir sur l’être surdoué qu’est notre Marcel national. Il va sans dire que le succès de cet ouvrage est garanti, à tel point que le cinéma va certainement s’emparer de l’œuvre pour la porter à l’écran. Mais qui incarnera notre héros ? Depardieu ?… Jugnot ?… Harry Belafonte ?… Patientons… Et en attendant, lisons les aventures extraordinaires de Marcel Gotlib ! »

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Belle surprise, c’est Gotlib qui signe la couv’ du dernier Fluide…

http://www.marcelgotlib.com/

SINE HEBDO – Un an et toutes ses dents…

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Siné Hebdo fête ses un an d’existence avec ce 53ème numéro. Ce qui aurait pu n’être qu’une blague s’est transformé en une aventure éditoriale qui rappelle les grandes heures de la presse contestataire des années 60-70 (Siné Massacre, l’Enragé ou Hara-kiri hebdo…) Comme nous l’explique Siné dans son mail de remerciement : « L’aventure Siné Hebdo était improbable. Lancer un nouvel hebdo, en trois semaines, pendant l’été 2008, et en pleine crise de la presse : il fallait être fou ou très en colère ! Nous étions les deux. Le succès fut au-delà de toute attente : 140 000 exemplaires vendus dès le premier numéro, le 10 septembre 2008. Depuis, c’est 2 millions 700 000 exemplaires vendus, 50 000 mails et courrier des lecteurs, 12 000 dessins reçus dont plus de 2 650 publiés, grâce à une équipe de chroniqueurs, journalistes et dessinateurs enragés ».

En effet, si Siné Hebdo n’était qu’une tribune pour régler ses comptes avec Charlie hebdo et Philippe Val, cet hebdo n’aurait pas tenu un an et aurait vite saoulé ses lecteurs (moi le premier). Mais Siné sait diversifier ses combats et nous a constitué une rédaction aux petits oignons afin de « lutter contre le consensus mou, la terreur intellectuelle et la pensée unique…  ». Et s’il est un journal satirique « de rigolade », Siné Hebdo sait aussi nous proposer des enquêtes d’investigations, des reportages de correspondants à l’étranger, des rencontres riches et intéressantes…

Pour l’occasion, on trouve en kiosque leur deuxième hors-série : Un an, et toutes ses dents. Sur 96 pages, on y retrouve les meilleurs articles et dessins publiés pendant cette première année. Benoit Delépine, Delfeil de Ton et Bruno Gaccio racontent les premiers pas du journal et règles au passage quelques comptes.

Siné Hebdo est un journal indépendant et sans concessions. Un journal pour « chier dans la colle et les bégoniats ».

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BYE-BYE BUSH – Collectif (Dargaud,2009)

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J’aime bien les ouvrages collectifs. Avoir plusieurs auteurs de qualité dans un même album est toujours sympathique. De plus, j’affectionne les histoires courtes, le format « nouvelle ». Ce type d’ouvrage permet parfois de découvrir de nouveaux talents ou une autre facette de l’univers d’un auteur. Mais encore faut-il que le sujet soit à la hauteur. Que ce collectif ait du sens et de par son sujet, et dans le choix des auteurs.

Traiter du départ de Georges W. Bush, après ses huit années de règne, n’est certes pas une idée très originale, mais non moins intéressante. Un album auquel ne participent que des grands dessinateurs de presse et de bandes dessinées. D’ailleurs, tous les grands mensuels et hebdomadaires humoristiques y sont représentés : Charlie Hebdo avec Charb, Luz et Jul, l’Echo des savanes avec Vuillemin, Ivan Brun et Nix (qu’on retrouve aussi dans Le Strip), Fluide Glacial avec Clarke, Thiriet et Bercovici, Siné Hebdo avec Aranega et Malingrey et même des anciens de Ferraille Illustré tels que Mathieu Sapin, Bouzard (qui collabore également au Psikopat) ou Emile Bravo. Bref, tous les courants de l’humour dessiné sont présents, ce qui nous démontre qu’au-delà de certaines querelles, il n’y a pas de clivage. Ces auteurs collaborent ensemble autour d’un sujet fédérateur.

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Charb…

Charb, avec son humour toujours aussi acide, met en scène deux anciens baba-cool qui dissertent sur les dernières élections américaines : Obama, pas Obama, qu’est-ce que ça change ?

Clarke nous montre le grand nettoyage de la maison blanche après le départ de « Debeuliou ». Et il y a du boulot pour tout ranger et faire disparaître certains dossiers gênants !

Ivan Brun nous démontre qu’il n’est pas bon être un vétéran blessé de la deuxième guerre du golfe sous le mandat de Bush. Brun est égal à lui-même, trash et sans concessions.

Diego Aranega nous donne un cours de politique très intéressant, par l’intermédiaire d’un dialogue entre un maitre zen et son disciple. A base de métaphore et de beaucoup d’absurde.

Jul lui, imagine un nouveau type d’élection où le président des états unis serait élu en fonction du poids des électeurs. A priori, à l’avantage des conservateurs…

Emile bravo retranscrit le monde politique des USA à l’échelle d’un village du Far West. « Debeuliou » est le chérif sur le départ, qui veut mettre à sa place le vieil Old Timer Mc Cain. Mais c’est sans compter sur l’institutrice Hillary Clinton et son esclave de service, Obama. Les peaux-rouges sont bien évidemment, les islamistes.  

Vuillemin, avec son style et son humour impérissables, nous parle du dernier checkpoint avant élection, où deux soldats se demandent quelle serait la meilleure chose pour eux, entre Mc Cain et Obama…

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Jul…

Nix nous propose deux petits jeux : retrouver quel animal ne disparaîtra pas après le réchauffement climatique ? Et où est Ben Laden ? Deux planches remarquables.

Thiriet (au scénario) et Bercovici nous démontre par l’absurde le crétinisme du créationnisme.

Remarquables également sont les deux planches de Bouzard, qui avec son style expressionniste inimitable, nous montre un Bush confronté à ses fantômes.

Expressionniste aussi le dessin de Luz, plus qu’à l’accoutumé. Il nous raconte (en VO sous-titré) le retour de « Debeuliou » au ranch familial, où l’attendent de pied ferme ses parents.

Mathsap, avec son humour décalé, nous parle de Bush qui fait appel à Nourredine, un conseillé en communication, afin de redorer son image et d’en faire quelqu’un de sympa. Mission quasi impossible, sans un bretzel…

Le surréaliste Malingrëy se réjouit, à sa manière, du départ de Bush Junior…

Bye Bye Bush est un album bien sympathique, un recueil riche et varié dans lequel tous ces auteurs de qualité nous proposent un humour de qualité. Tout en nous faisant réfléchir un peu aussi…

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Nix…

Papier à lettres – Gébé (Buchet Chastel, 2009)

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Pour présenter cet admirable ouvrage, je vous propose ce texte de 4 de couv’ (Oui bon, c’est les vacances, je fais du copier… Mais du bon, fait main !)

Je rajouterai quand même que ces compositions dessinés sont superbes ! Gébé est un maitre du carnet d’impressions, et je comprends maintenant pourquoi JC Menu en est fan et réédite ses œuvres… Dans un format original, celui-ci est édité dans la collection Les Cahiers Dessinés de Buchet Chastel, une trèèès bonne maison d’édition !

Rassemblées pour la première fois, et dans leur totalité, les pages de ce Papier à lettres parues dans Charlie Hebdo entre 1993 et 2003 composent un livre à ne pas mettre entre toutes les mains. C’est un ouvrage rare, une curiosité qui exige précisément une grande curiosité et une certaine délicatesse.

Enfant, Gébé rêvait de devenir écrivain. Après avoir travaillé treize ans à la SNCF, il devint dessinateur – de dessins souvent « sans paroles ». Et puis, le temps passant, le démon de l’enfance lui caressa la tête, l’écriture pris de plus en plus de place : bandes dessinées, articles, nouvelles, romans, chansons, romans-photos, scénarios de films et une pièce de théâtre.

Dans ce recueil, les textes d’insurgé recouvrent sans vacarme des dessins poétiques dans lesquels il est passé maître. Comme chez ses amis Fournier, Siné ou Willem, cette prépondérance du texte sur l’image est devenue une forme nouvelle, ni dessin de presse, ni bande dessinée. S’y ajoute sa remarquable calligraphie qui vient s’enlacer entre les murs et les arbres observés depuis sa lucarne ou son jardin. Lorsque Gébé rêve les yeux ouverts, on sent qu’il ne faut pas le déranger : mais qui peut déranger un homme qui rêve si fort ?

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Gébé – l’An 01

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