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Le nouveau petit Alévêque illustré (Chiflet & Cie, 2010) / Les expulsables – Berth (Hoëbeke, 2010)

Le nouveau petit Alévêque illustré (Chiflet & Cie, 2010) / Les expulsables - Berth (Hoëbeke, 2010) aleveque9782351641231

C’est avec grand plaisir que je retrouve des collaborateurs de feu Siné Hebdo. Christophe Alevêque et Berth nous proposent deux ouvrages parfaitement représentatifs de leurs univers décalés, parfois trash mais ô combien nécessaires pour garder le sourire (et le moral) dans ce climat social plutôt morose. Un humour libérateur qui nous confronte à des réalités qu’on aimerait parfois oublier, mais qu’il est essentiel de combattre (le repli identitaire, les inégalités qui s’accentuent, les politiciens véreux, les libéraux voyous, les valeurs de fraternité et de laïcité de plus en plus bafouées, etc.)

Depuis la fin de l’aventure, Siné continu heureusement de semer sa zone sur internet. Il n’a pas rejoint l’équipe de La Mèche qui, pour ma part, n’aura pas réussi à remplacer l’hebdo de Bob. Je n’accroche pas vraiment aux choix éditoriaux du journal et bon nombre des collaborateurs de Siné Hebdo que j’apprécie (dont Siné lui-même) ne font pas partie de la rédaction. Gudule, Noel Godin ou Dédé la science ont trouvé refuge dans le Psikopat de Carali. D’autres sont repartis à leurs occupations (Michel Onfray, Jackie Berroyer ou Delfeil de Ton.) et continuent de publier des livres.

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Le nouveau petit Alévêque illustré est la mise à jour de son ouvrage sorti en 2009 (Lepetit Alévêque illustré). Comme ses illustres prédécesseurs Robert ou Larousse, Alévêque a « rebooter » son dico afin de coller au plus près de l’actualité. Toujours agrémenté d’illustrations de ses bons camarades. Ca fait plaisir de retrouver des dessins d’Aurel, Carali, Faujour, Large, Lindingre, Sergio, Pakman ou Siné, commentant l’actualité de leur regards vifs et acerbes.

Unitaléral, crise, diversité, pénibilité, virus, icône… Difficile de s’y retrouver dans ce langage aussi obscur qu’incompréhensible que les journalistes et les hommes politiques utilisent quotidiennement sans que personne n’y trouve rien à redire, une sorte de ronron médiatique repris au café du commerce. Personne? Non! Car Christophe Alévêque, grand défenseur de la liberté d’expression, résiste encore et a imaginé pour nous (avec la complicité d’Hugues Leroy) cette « traduction » savoureuse de 386 mots, lus et entendus un peu partout. Un décryptage plus que jamais indispensable de ce langage devenu automatique, vidé de son véritable sens, pour survivre à la médiocratie ambiante! Et quoi de mieux pour tenter de cerner la vérité qu’une bande de dessinateurs humoristiques qui en disent beaucoup plus par quelques traits de plume que bien des mots alignés dans un discours. L’alliance des deux fait la force de tous! (4 de couv’)

Berth publie Les expulsables, une série de strips qu’il avait débuté dans Siné Hebdo et a, actualité oblige, nécessairement prolongé dans cet album. Siné en fait la préface, extrait : Vous ne connaitrez de Berth que le bon coté avec ce livre. Il se penche, ici, sur la détresse humaine avec une délicatesse dont on l’aurait cru bien incapable, celle des sans-papiers en butte à la vindicte sarkosyste. Tout à coup, il se montre généreux, compatissant, chaleureux et ses dessins y gagnent en poésie. Son style à la Hieronymus Bosch évoque ici celui de Degas. On a la larme à l’œil. Ca nous repose de la bite au cul. Merci Berth, de ne pas être qu’un gros dégueulasse.

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Deux ouvrages qui font du bien et corroborent une chose : Siné Hebdo is not dead !

Nietzsche, Se créer liberté – Onfray & Le Roy (Le Lombard, 2010)

 

 

Nietzsche, Se créer liberté - Onfray & Le Roy (Le Lombard, 2010) dans Chroniques BD nietzsche01106072

Michel Onfray scénariste de bande dessinée ? Cela peut paraître impromptu. Sauf que le sujet est tout à fait dans ses cordes : Frederik Nietzsche est l’un de ses maitres à penser. Ce script était d’abord conçu pour un projet cinématographique. Mais sa rencontre avec le dessinateur Maximilien Le Roy, qui cherche à concilier bande dessinée et philosophie, a changé la donne. Je n’ai pas lu Onfray dans le texte (son traité d’athéologie attend sur mon étagère des moments plus calme pour être lu). Cependant, je ne manquais aucune de ces chroniques hebdomadaires parues dans Siné Hebdo. J’aime bien Onfray, même s’il me parait parfois abscons. Je n’adhère pas forcement à tout ce qu’il peut dire, mais j’apprécie sa philosophie de l’hédonisme, cette pensée libertaire sans concessions, pratiquant le « pas de coté » salutaire…

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Nietzsche, héros de bande dessinée… Pourquoi pas. On aurait pu s’attendre à un récit froid et mécanique de son parcours, de sa philosophie. Mais pas du tout. Nietzsche, Se créer liberté est un album tout en impressions. Aux vues de la complexité du personnage et de l’hermétisme de sa pensée, on pouvait craindre un ouvrage analytique et bavard. Sauf que le médium est ici subtilement utilisé pour privilégier les émotions. Les auteurs savent prendre le temps de poser une ambiance. Certaines planches sont totalement muettes, en particulier celles, remarquables, représentant les crises d’angoisse du philosophe. Beaucoup de silences, de descriptions impressionnistes, reposant sur la force et la finesse des images, ces cadrages et mises en page d’une précision chirurgicale.

Les grandes étapes du parcours de Nietzsche sont présentes : la découverte de la pensée de Schopenhauer, son amitié fâchée avec Wagner, l’importance de la musique (il composait aussi), « Dieu est mort », sa rencontre symbolique avec Zarathushtra, le surhomme… Rien n’est expliqué, tout est suggéré.

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Le graphisme de Le Roy contribue pour beaucoup à cette approche sensible plutôt qu’intellectuelle. Un dessin léger, subtil soulignant des formes brutes, torturées. Un trait qui évoque Schiele. Mais Le Roy n’abuse pas du décorum de l’époque. Pas de références marquées aux mouvements picturaux d’alors (Symbolisme, Art Nouveau, ni même la Sécession viennoise de Klimt… L’utilisation des couleurs est remarquable. Parfois vives, fauves, contrastées, parfois sombres, tout en nuances. Certains de ses dessins sont d’un trait brut, expressionniste, comme pour mieux illustrer la rage (la folie ?) qui anime parfois le philosophe…

Cette forme narrative privilégiant l’émotion, l’intuition, entre en résonance avec le fond de la pensée de Nietzsche. Car comme nous le rappelle le philosophe Jean Granier : « Il faut, affirme Nietzsche, cesser d’accorder crédit à la conscience et se tourner vers le corps. Car c’est le corps qui est seul en mesure de nous instruire sur la valeur de notre personnalité profonde. » (Nietzsche – Que sais-je ? PUF)

Cette bande dessinée n’a pas prétention à devenir une biographie officielle ou une anthologie de l’œuvre de Nietzsche. Elle nous donne l’occasion d’entrevoir ce que pouvait-être l’existence d’un philosophe majeur et fondateur de notre époque. Sa vie nous en apprend sur sa philosophie. Cependant, j’ai l’impression d’avoir rencontré l’homme plutôt que le philosophe, de l’avoir côtoyé le temps d’une belle lecture...

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maxleroy.fr & maxleroy.blogspot.com

Michel Onfray

XXI (revue)

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XXI ne veut pas dire extra-extra large (quoi que le journal revendique de proposer de l’information grand format, d’où sa couverture en « cinémascope »), mais bien 21 en chiffres romains, comme notre nouveau siècle. Sauf qu’ici, point de science fiction, que du contemporain. La rédaction tente de renouer avec la grande tradition du Grand-Journalisme, se référant à Albert Londres dans l’édito du premier numéro : « Aux idées préconçues, Albert Londres préférait la vérité des choses vues et des êtres rencontrés. [...] Ce journalisme est éternel, seules ses formes changent. Il est toujours aussi nécessaire. L’information s’est multipliée, et notre regard s’est rétréci. Prendre le temps, se décaler, redonner des couleurs au monde, de l’épaisseur aux choses, de la présence aux gens, aller voir, rendre compte : telle est la volonté de XXI. »

XXI s’appuie sur cet évident constat : la bande dessinée peut être un médium d’investigation tout à fait crédible et légitime. On le sait depuis Hara-Kiri et Charlie Hebdo (grâce à des dessinateurs tels que Cabu, Gébé ou Wolinski), et plus récemment par des auteurs comme Joe Sacco ou Emmanuel Guibert, la bande dessinée journalistique n’est pas qu’un moyen original de retranscrire des informations, mais bel et bien un outil d’investigation pertinent (et précieux, car dans certain endroit du monde, il est difficile de se promener avec un appareil photo…). Le dessin n’a pas ici vocation à illustrer les propos des journalistes, mais devient un élément essentiel de l’enquête, une trace tangible de leur périple, de leurs rencontres… Dans le premier numéro, le dessinateur Jean-Philippe Stassen nous raconte en bande dessinée son enquête réalisée à Gibraltar, sur les traces des migrants risquant leur vie pour entrer en Espagne. La bande dessinée n’est plus un divertissement, elle devient une source d’information et d’investigation originale tout à fait crédible, bien plus pertinente à mon sens qu’un traditionnel reportage photo, car le dessin étant plus subjectif, plus proche de la sensibilité de l’auteur, il dégage bien plus d’émotion (qui n’est pas incompatible avec l’authenticité des faits rapportés) en évitant tout sensationnalisme outrancier. De plus, une photographie personnalise quand le dessin lui « universalise » (comme nous l’explique très bien Scott McCloud dans son « Art invisible » !).

La rédaction a fait le choix d’un traditionnel journal papier distribué non pas en kiosque (ce qui les aurait obligé à se financer par la publicité) mais en librairies spécialisées. Ce qui est une bonne chose. Depuis sa création en janvier 2008, 11 numéros (trimestriels) sont sortis, soit plus de 150 auteurs et 50 dessinateurs (illustrations et BD) qui ont collaboré à la revue, totalisant plus de 1800 pages ! On retrouve les traits de bons tels que Muzo, Trapier, Hyman ou Placid à la mise en page… Une revue copieuse (presque 200 pages) mais pas gavante, qui ne cède pas aux sirènes de l’actualité immédiate et jetable, mais prend le temps d’un traitement de fond de l’information (leur « Dossier Russie » du premier numéro fait pas moins de 70 pages, soit un tiers de la revue !)

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leblogde21.com

Mammuth – Gustave Kervern & Benoit Delépine (2010)

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Mammuth est un road-movie inversé, où le héros ne fuit pas en avant, mais est obligé de s’aventurer vers son passé pour pouvoir envisager l’avenir sereinement. C’est parce qu’il lui manque des points pour sa retraite qu’un jeune sexagénaire doit retourner vers ses anciens employeurs pour obtenir des attestations lui permettant de comptabiliser un nombre suffisant de trimestres. Il recroise alors d’anciens collègues (il a été videur de boite, agriculteur…) ou des membres de sa famille perdus de vue depuis longtemps (une nièce, un oncle…). Cette quête vers ses points retraite lui permet, bien malgré lui, de revenir sur son passé, ses espoirs, ses échecs. Et surtout son grand amour, perdu à jamais tout comme l’innocence de sa jeunesse…

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Dès qu’il enfouche sa Mammuth (une moto allemande comme on en fait plus), ses fantômes ressurgissent… Adjani est remarquable. Ils forment avec Depardieu un couple mytique du cinema français. Kervern et Delepine exploitent admirablement cette référence inscrite dans la mémoire des spectateurs. Depardieu est incroyable. Son meilleur rôle depuis (toujours?) longtemps, tant il arrive dès les première seconde (il a un côté Mickey Rourke dans The Wrestler), et ce jusqu’à la fin, à nous faire oublier qu’il est Depardieu. Un film avec Depardieu sans Depardieu en somme. Seul un acteur de ce qualibre peut réussir cette performance. Yolande Moreau est exceptionnelle, jouant avec cette sensibilité incroyable, boulversante. Son personnage est l’antithèse de celui (dés)incarné par Adjani : présente par son absence. Elle est le carburant du Mammuth, qui ne s’y trompe pas d’ailleurs puisqu’il y revient (la scène de retrouvailles est magnifique).

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K et D on réalisé un film qui pourrait ressembler à une succession de sketchs un peu décousue (voir la scène avec Siné), une sorte d’exercice de style grolandais.  Mais au contraire, l’histoire justifie ce « morcellement », illustrant le fait que Serge Pilardosse, alias Mammuth, a toujours cloisonné – comme pour s’en protéger – tout ces éléments de sa vie, qu’il semble avoir toujours subit, sans pouvoir les maitriser. Les dialogues sont savoureux, les situations sulfureuses, et si les gags cons et répliques fulgurantes sont calibrés « humour Groland » (« y aura toujours un bidon d’huile pour toi mon Mammuth » !), K et D ne s’égarent jamais et restent jusqu’au bout au service de leur histoire. La dimension politique est présente, comme toujours avec Kervern et Delépine, sauf que cette fois-ci, le discours est en filigrane, plus diffus…

Comme ils nous l’expliquent dans l’interview pour Siné Hebdo, le film est réalisé en 16 millimètres (ils ont récupéré des bandes servant pour les reportages télévisés des années 70) avec cette particularité de ne pas avoir de négatif. Le travail de montage s’en trouve bien différent. Ils utilisent aussi du 8 millimètres pour représenter la vision du fantôme Adjani. D’ailleurs, cette dernière a elle-même filmé ces plan en super 8. Le grain particulier des images, la lumière naturelle et les couleurs un peu « passées », développent une esthétique originale – et plutôt inédite pour un long métrage – qui créée une proximité, une intimité avec les protagonistes. Kervern et Délépine nous confirment ici qu’ils sont de grand sentimentaux, au sens noble du terme. Ils aiment leurs personnages. De par sa réalisation et son jeu d’acteurs, Mammuth est un film directe, authentique, bouleversant, qui ne mérite que des superlatifs !

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Interview par Siné Hebdo

Bientôt, La Mèche !

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Après la disparition de Siné Hebdo et plus récemment de Kamikaze, je me sentais un peu seul devant le rayon presse satirique de mon libraire. Mais bonne nouvelle (j’ai lu ça hier dans Libé), l’équipe de Siné Hebdo a décidé de remettre le couvert, pour la rentrée de Septembre, sous l’appellation La Mèche. Ca s’annonce prometteur ! Présentation par Olivier Marbot, ex-rédac chef adjoint de Siné Hebdo et membre de l’équipe fondatrice de La Mèche :

Bonjour à toutes et à tous, Vous avez écrit à Siné Hebdo après l’annonce de l’arrêt de la parution pour protester, pleurer, gueuler, manifester votre intérêt… C’est pourquoi vous recevez aujourd’hui ce message. Comme vous, les salariés et collaborateurs de Siné ont accusé le coup, et puis ils ont décidé de réagir. Bob et Catherine Sinet ont décidé de stopper l’aventure, c’est leur droit le plus absolu et nous comprenons leurs raisons. Mais nous, bordel, on avait encore plein de choses à dessiner et à raconter ! C’est comme ça qu’est né le projet de relancer un hebdo satirique. De gauche, pour ceux qui se poseraient la question… On espérait prendre la relève dès le mois de mai, ça n’a pas été possible, trop compliqué, trop cher, trop court.
Mais on vous donne rendez-vous à la rentrée de septembre, dans les kiosques, à la Fête de l’Huma et partout où nous pourrons venir à votre rencontre.

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Le nouveau journal s’appellera La Mèche (on vous laisse imaginer les jeux de mots et les déclinaisons graphiques que les dessinateurs ont commencé à nous proposer). Vous y retrouverez une bonne partie des chroniqueurs et dessinateurs que vous aimiez dans Siné Hebdo.
Déjà, Jiho, Guy Bedos, Marc Large, Berth, Laure Noualhat, Noël Godin, Aranega, Flav’, Jean-Pierre Bouyxou, Laurence Romance, Miguel Benasayag, Vuillemin, Martin, Caza, André Langaney, Lindingre, Anne Steiger, Etienne Liebig, Avoine, Carali, Faujour, Pierre Concialdi, Georges Yoram Federmann, Decressac, Jeanne Folly, Charles Fontaine, Carlo Santulli, Goubelle, Nathalie Gathié, Gudule, Thierry Pelletier, Miss. Tic, Mix & Remix, Rémi ont répondu favorablement à notre appel !
Christophe Alévêque, Frédéric Bonnaud, Loup, Patrick Raynal et bien d’autres devraient nous rejoindre rapidement.
Sans compter de nouvelles signatures que vous découvrirez très bientôt et… et… et… SINE en personne, qui semble bien décidé à poursuivre sa Zone (actuellement sur internet) dans La Mèche !! Si !

Vous pouvez nous joindre à cette adresse mail, mais aussi, pour ceux qui sont sur Facebook, devenir ami avec La Mèche, dont la page est en ligne depuis la nuit dernière. Un site www.lameche.org viendra bientôt s’ajouter à tout ça et le journal, c’est pour la semaine du 6 septembre (le jour de parution n’est pas encore définitivement choisi). On est tous enthousiastes à l’idée de relancer un journal, on espère que vous le serez aussi. A bientôt – et pourquoi pas, pour commencer, à la manif parisienne de jeudi prochain contre la réforme des retraites. Amicalement, Olivier Marbot. (source)

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