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DADA – La Bande Dessinée : un 9ème Art (éditions Arola et le CIBDI, 2011)

DADA - La Bande Dessinée : un 9ème Art (éditions Arola et le CIBDI, 2011) dans Presse et Revues 9782358800211175

J’avais déjà croisé cette revue à plusieurs reprise, et c’est ce numéro spécial bande dessinée qui m’a fait l’acheter. En m’informant un peu, je constate qu’elle est depuis longtemps devenue une revue incontournable pour ceux qui voudraient aborder l’art de façon simple et didactique, les jeunes en particulier, les curieux de la chose artistique en général. Dada est une référence dans le milieu éducatif, ayant reçu en 2010 le label de l’ANCP (Association Nationale des Conseillers Pédagogiques).

Ce spécial 9ème Art (couverture et illustrations de Serge Clerc) n’apportera rien de nouveau aux passionnés, si ce n’est une piqure de rappel (richement illustrée) sur les origines et l’évolution du médium, ainsi que certains focus sur des auteurs incontournables (Franquin, Kirby, Spiegelman, Sfar…). Par contre, les dossiers sur la fabrique d’une bande dessinée ou les ateliers en bandes nous proposent des exercices faciles à reproduire sur l’art du raccourci ou les expérimentations oubapiennes. Une manière concrète et ludique de comprendre les mécanismes de la narration séquentielle. Co-édité avec la Cité Internationale de la Bande Dessinée et de l’Image, ce numéro sort à l’occasion du prochain festival d’Angoulême.

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Le manchot de la butte rouge (la vie de Victor Levallois) – Stanislas & Rullier (Les Humanoïdes Associés, 2003)

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Je connais Stanislas de référence depuis longtemps, en tant que membre fondateur de l’Association. J’ai déjà croisé son trait dans certaines revues de bandes dessinées ou d’illustrations. Mais j’avoue n’avoir jamais lu un de ses albums avant celui-ci. Il est des noms comme ça qu’on entend depuis longtemps mais qu’on ne connais pas vraiment. Même si ce Victor Levallois n’est pas forcement représentatif de sa production au sein de l’Association, il n’en demeure pas moins son héros phare, créé au début des années 90.

Stanislas nous raconte : « L’idée toute simple de Laurent, est de raconter la vie d’un petit bonhomme de cette fin de 20° siècle : de la dernière guerre à aujourd’hui. Il y a des multitudes d’histoires à raconter. Victor serait tantôt acteur, tantôt témoin d’événements plus ou moins historiques ou même quotidiens.
Avec ces deux premiers albums, il a donc connu la Guerre d’Indochine avec le troisième : la reconstruction industrielle de l’après-guerre. Puis, par exemple, la guerre d’Algérie, le mur de Berlin, un tournage de péplum à Cinecitta, le Swinging London, etc, etc. Mais le plus important dans cette bande dessinée, c’est sa modernité malgré une apparence classique. Victor, est un personnage fondamentalement humain. Il vit des histoires d’amour, il a des problèmes de fric, il peut rencontrer des méchants sympathiques et des gentils antipathiques. »
(PLG n°34, 1998)

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C’est avec un grand plaisir que je me suis plongé dans cet album de facture classique, aussi bien par son format que son style et sa narration. Le manchot de la butte rouge est un album qui s’inscrit dans la tradition des aventures de Tintin, Gil Jourdain, Spirou ou autre Ginger (de Jidéhem) : un héros intègre et hors de tous soupçons (quoique), une ambiance année 50, une enquête policière dans un contexte politique… Stanislas rend son tribu à ce genre de « BD à papa ». Une certaine esthétique de la ligne claire (ce n’est pas anodin s’il a produit Les aventures d’Hergé !), qu’il partage avec bon nombre de ses contemporains, Floch’, Dupuy et Berberian , Joost Swarte, Serge Clerc et autres Yves Chaland… Une lisibilité presqu’infantile, au service d’une histoire aux préoccupations adultes (pas de manichéisme, les personnages sont anbigus).

Février 1951. Retour à la case départ pour Victor Levallois. A 24 ans, le voilà seul, fauché, insomniaque, et obligé d’accepter un boulot de gardien de nuit dans une société d’aéronautique. Sans doute ignore-t-il qu’en ces temps de Guerre Froide, les soldats de l’ombre ont fait de ces bureaux d’études de nouveaux champs de bataille. (4ème de couv’)
Bien que n’ayant pas lu les premiers épisodes de la série (Trafic en Indochine et La route de Cao Bang), je suis rentré pleinement dans cette aventure, qui me donne bien envie de découvrir ces deux premiers, ainsi que le dernier (La ballade des clampins), sorti en 2004.

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Interview de Stanislas sur PLG

Stanislas sur Bedetheque

Le Chant de la Machine – Mathias Cousin & David Blot (Delcourt, 2000/2002)

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Vouloir dresser un inventaire de la musique électronique annonce un travail plus que pharaonique. En effet, même si cette musique est jeune (on va dire depuis les années 50) elle est d’une richesse telle qu’on est loin de pouvoir faire le tour de la question en deux albums de bande dessinée. Mais en fait, sous ce titre Le chant de la machine, les auteurs s’attachent plutôt à nous parler des musiques électroniques festives, faites pour danser. Ce que l’ont nomme de façon générique : la musique techno.

Comme ils nous l’expliquent, il faut remonter au moins jusqu’aux origines de la musique disco pour comprendre la musique techno, à la fois dans sa conception (l’apport des nouvelles machines en studio, créations des maxi et des remix) que dans sa consommation (en club, pour danser !) Et surtout l’apparition des DJs, qui changent la donne : ceux qui diffuse la musique et créent des enchainements deviennent également des artistes !

Il n’a pas été facile de faire éditer cette bd, tant le sujet et la forme (entre planches séquencées, dessins prenant toute la page et textes illustrés) étaient assez particuliers. Tracer l’historique de la musique techno, dans un format bd, mais sans héros récurent (si ce n’est la musique en elle-même) n’emballait pas les éditeurs, sauf Delcourt…

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Une bande dessinée journalistique (David Blot était à l’époque chroniqueur pour Nova ou les Inrocks), didactique et richement illustrée, malgré quelques inévitables oublis et raccourcis. Une enquête qui se joue du temps, qui nous propose des interviews de DJs maintenant disparus, des visites de lieux mythiques qui n’existent plus (le Loft, le Studio 54, le Palace…). Une somme d’information en 150 pages…

Le premier volume commence au début des années 70, avec la création des premiers clubs new-yorkais, pour finir fin des années 80 avec New Order à Ibiza. Le graphisme de Mathias Cousin (qui nous a quitté avant la sortie du deuxième volume) est très influencé par Robert Crumb avec ses rondeurs hachurées, un trait à la fois humoristique et réaliste. Le deuxième volume – qui commence au début des 90’s - est plus épuré au niveau du style, plus lâché. Avec quelques touches de couleur fluo, normal !

Nous ne sommes jamais allé à l’Hacienda, nous étions à peine nés quand le Loft ouvrait ses portes, et toujours pas majeurs quand le Garage fermait les siennes. Nous n’avons pratiquement rien connu, vécu, expériementé, de tout ce que nous allons vous conter parce que nous étions trop jeunes… « Le Chant de la Machine », récit en deux volumes, est d’abord un reportage, une enquête sur les débuts d’une musique qui allait dominer cette fin de siècle, la musique des computers froids et des corps chauds… La House Music… Mais c’est surtout une bande dessinée et une aventure, bref, autant d’invitations obligées à prendre des libertés par rapport à la réalité. (les auteurs)

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A ranger entre La Legende du Rock’n'Roll de Serge Clerc et les Lock Groove de JC Menu…

L’ART MODERNE – Joost Swarte (Les Humanoïdes Associés, 1980)

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Joost Swarte, le hollandais sous influences, est un artiste complet. Auteur et dessinateur, il possède une exigence éditoriale sans pareil. Il conçoit lui-même toutes les phases de la création d’un album : dessins et scénarii bien sur, mais aussi la typographie, les mises en page, les couleurs (ses tons pastels sont magnifiques).

Un théoricien, créateur des concepts de la Ligne claire, qui applique les principes de l’école de Bruxelles (Hergé et Jacob) et du Style atome, se référant à l’école de Marcinelle (Jijé et Franquin).

Un esthète, comme le qualifie très bien Florence Cestac. Il serait aussi exigeant qu’ Etienne Robial. Pas étonnant alors que Swarte ait essentiellement édité chez Futuropolis ou Les Humanoïdes Associés (pas ceux de maintenant bien sur).

Ce retour à la Ligne Claire au début des années 80 – dans les pages de Métal Hurlant avec entres autres les « modernes » Yves Chaland, Ted Benoit ou Serge Clerc – paraissait devoir vieillir trop vite (comparé à Druillet ou Moebius), mais a su se bonifier. Le temps l’a rendu intemporel et il parait maintenant beaucoup moins daté que la Ligne crasse, l’autre courant graphique du journal (cela dit, un dessinateur comme Charlie Schlingo revient en force).

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L’Art Moderne est un ouvrage dont le titre parait un peu prétentieux, mais qui dans le fond ne pouvait s’appeler autrement. L’influence des Avant-gardes artistiques (entre le Cubisme, le Bauhaus ou le Pop Art) se fait bien ressentir. Joost Swarte a su renouveler un style un peu vieillot, qui évoque surtout l’age d’or des périodiques pour la jeunesse. Il utilise tous les préceptes de la Ligne claire : un trait noir régulier soulignant les formes, des couleurs pastels en aplat (sans effet de matière), pas d’ombres…

Un style plus symbolique que réaliste. Archétypal. Un style enfantin qui contraste avec des histoires d’adultes, nous racontant les déboires de zonards urbains (des camés, des malades mentaux, des suicidaires, des artistes fous…

D’une manière générale (et chacun à leur manière), les hollandais, ces flamands irrévérencieux, font dans l’humour absurde et trash, toujours provoquant, parfois dérangeant : Willem en tête (qui a scénarisé et traduit certaines histoires de cet album), Kamagurka et Herr Seele avec leur Cowboy Jean (qu’on retrouve parfois dans les pages du Psiko) ou le scatologique Léon la Terreur de Van Den Boogaard…

Joost Swarte n’échappe pas à la règle. Voir ces scènes gores sous les traits d’un Hergé ou d’un St Ogan crée un décalage plutôt hallucinant et franchement génial !

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(4 de couv’ de l’édition Futuropolis)

Joost Swarte revient au premier plan avec l’ouverture du Musée Hergé (dont il est le concepteur graphique) ainsi que  l’exposition  « A la recherche du Style Atome », à Bruxelles. Denoel Graphic prévoit de rééditer ses albums (dont cet Art Moderne) pour 2010.

LOCK GROOVE COMIX – JC Menu (2008/09 l’Association Mimolette)

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Les passerelles entre le Rock et la Bande Dessinée existent depuis quelques décennies maintenant, grâce surtout à Metal Hurlant. Ses hors séries « Spécial Rock » concoctés par Manoeuvre, la collection Speed 17 des Humanos, avec des ouvrages sur le Punk, les Sex Pistols… Dans son Rock-City, Serge Clerc utilise les membres de groupes connus (Les Cramps, Dr Feelgood…) comme des héros de BD. Franck Margerin lui, intègre ses personnages dans un univers rock et invente le groupe Ricky Banlieue et ses Riverains… 

Cette alliance Rock-BD peut prendre différentes formes. Des dessinateurs qui font de la musique (Denis Twist, Thiriet, Winshluss, Carali et Pixel vengeur…), des musiciens qui se lancent dans la BD, tel Kent. Des dessinateurs qui nous parlent musique (Thierry Guitard, Menu, Luz…), des musiciens qui collaborent avec des dessinateurs (Arthur H et Blain, Dutronc père et fils, l’un avec Fred, l’autre avec une kyrielle de dessinateurs), etc.

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Dans la rubrique Mes Disques à Moi du Rock & Folk de juin 2008, JC Menu répond à la question : pourquoi Rock et BD sont-ils fait pour s’entendre ? « Les deux s’appellent contre-culture tout simplement, il faut les découvrir par soi-même. Ces deux sphères m’intéressent. Parfois, elles se rejoignent comme chez Tramber et Jano à l’époque de Métal Hurlant. Si on écoute « In The Flat Field » de Bauhaus et qu’on découvre Elles Sont De Sortie [fanzine Art & BD des années fin 70], il n’y a pas vraiment d’interaction, mais les influences, les images, les atmosphères qui circulent sont les mêmes. A chaque étape de la musique, il y a un renouveau graphique qui fait sens avec tout ça ».

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Lock Groove s’inscrit donc dans cette continuité. JC Menu doit pas mal à ces auteurs, ils font parti de la même famille. C’est aussi en celà que l’Association est l’héritière directe des Humanoides Associés !

Menu explique aussi dans Rock & Folk qu’il est copain avec Les Satellites. Il a été chanteur dans une première mouture du groupe, mais n’était pas assez mure pour assumer le rock’n’roll way of life. Il dessinera leurs pochettes ainsi que leur logo. Autre exemple de complémentarité entre Rock et BD.

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Ces deux numéros de Lock Groove nous racontent ses souvenirs liés à la musique, ses premiers émois rock (avec les Beatles). Comme son ami Luz et son Claudiquant sur le Dance-Floor, Menu nous propose des chroniques d’albums cultes, des comptes rendus de concert ou de festivals. Mais surtout, il nous fait découvrir ce qu’est le locked groove, le dernier sillon (sans fin) d’un vinyl, qui empêche la tête de lecture de se crasher sur le rond central du disque. Beaucoup de disques en possède, mais peu d’artistes y ont enregistré quelque chose. Les premiers à avoir incéré un locked groove sonore sont les Beatles sur Sergent Pepper. On en trouve aussi sur des disques de Lee Ranaldo (des Sonic Youth) ou des labels Sub Pop et RRRecords. A notre époque du numérique et des mp3, collectionner des vinyls de locked grooves peut paraître un peu snob. C’est aussi une forme de rébellion, venant d’un punk notoire…

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Je retrouve avec plaisir la patte si particulière de Menu : son style expressionniste inimitable, un noir et blanc contrasté, son sens aigu des détails, ses reproductions d’après nature (ici, bien évidemment, des pochettes de disques et des chanteurs). Surtout cette sensibilité, authentiquement naïve, du vrai collectionneur passionné ! Menu excelle dans ce genre « carnet d’impressions et de souvenirs »…

Première contribution de Menu à la collection Mimolette, Lock Groove Comix devrait sortir tout les 6 mois (le numéro 3 en mai prochain ?).

 

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