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Brèves de chroniques #8

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Pour ses 25 ans, les éditions Cornelius nous proposent une pochette surprise (qui fleure bon les souvenirs d’enfance) comprenant 6 albums plus des goodies (affiches, livres hors-commerce…) pour la modique somme de 25 euros. Bonne pioche pour moi, avec du Willem (les aventures de l’art), du Bofa (synthèses littéraires), du Trondheim (approximate continuum comix), du Kaz (terrain vague), du Petit-Roulet (bottin mondain) et du Rochette (Edmond le cochon 1). Plus une affiche de Blutch et un ouvrage collectif avec la crème des auteurs maisons. Bref, que du bon pour trois fois rien. Merci Cornelius ! Reste à souhaiter que cette opération n’annonce pas une cessation d’activité comme Ego comme X.

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Wombat vient de lancer une nouvelle collection Poche comique, qui porte parfaitement son nom. Un format poche pour un contenu comique, mais attention, du pointu, du affûté. Pour le premier volume, rien de moins que le Professeur Choron avec son « je bois, je fume et je vous emmerde ». Parfaite profession de foi pour cet iconoclaste, qui jongle avec maestria entre l’humour grivois le plus primaire et l’humour noir le plus trash. Sûr que ceux qui ne l’aimait pas ne l’aimerons pas plus. Pour nous autres, on est bien content de pouvoir lire et relire les propos philosophiques et autres absurdes aphorismes du prof. Un exemple à méditer : « qui sème le vent court après son chapeau ! ».

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Pour le deuxième numéro de la collection, Wombat nous propose du royal : La cuisine cannibale de Maître Roland. Hommage à Jonathan Swift (qui est cité en préface), Topor décline la modeste proposition de l’auteur de Gulliver et nous offre des recettes généreuses et variées (des plus simples aux plus élaborées) pour accommoder nos contemporains et les rendre plus savoureux. Exemple : « Le con se sert avec un peu d’huile et un filet de vinaigre ». A vos fourneaux !

Topor encore…

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On ne les arrêtent plus ! Les excellents Cahiers Dessinés creusent un peu plus encore dans les méandres de l’œuvre de Roland et mettent en lumière l’un de ses aspects peu connu et jamais compilé jusqu’alors. Après le dessinateur de presse, place au Topor illustrateur. Voyageur du livre. Le titre est parfait. Car s’il est un aventurier du dessin, défrichant des territoires inconnus et impensables, Topor peut se faire simple voyageur, se laissant guider par les balises d’autrui. Que ce soit de commande ou de son propre chef (esclave de ses passions, il n’illustre que ce qu’il aime), des auteurs mythiques ou des contemporains inconnus, Topor s’immisce sans dénaturer, respecte ou transgresse, interprète les obsessions de l’autre en y insufflant les siennes. « Lorsqu’il dessine dans la presse, Topor fait prévaloir son imaginaire sur l’actualité immédiate. En tant qu’illustrateur, il accepte une position plus complexe, plus à l’écoute de l’autre et à la recherche d’une résonance commune. » (Philippe Garnier en préface).

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Belle complémentarité avec les éditions Wombat, qui rééditent Le Chinois du XIVème de Melvin Van Peebles, illustré par Topor en 1964 dans les pages d’Hara-Kiri. Alors que le premier volume [1960-1980] du Topor Voyageur de Livre compile ses illustrations « hors textes », ce Chinois du XIVème  nous permet de les resituer dans leur contexte. On se rend compte qu’en quelques traits (ses dessins pour l’occasion sont vifs et contrastés), il cerne parfaitement les tensions dramatiques de ce conte philosophique de comptoir, le climax de chaque nouvelle. Il sait aussi s’arrêter sur des détails qui en disent long. L’anecdote et l’universel, une fois encore…

Wombat continue son remarquable travail de réédition des écrits de Roland et annonce la sortie de Joko fête son anniversaire pour le 19 février… Miam !

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Trois fois rien – Petra Mrzyk & Jean-François Moriceau (Les Requins Marteaux, 2006)

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Trois fois rien de Petra Mrzyk et Jean-François Moriceau, ouvrage composé uniquement de dessins sans aucuns textes, corrobore une idée que beaucoup ne partagent pas : lire du dessin n’est pas si simple qu’il n’y parait et demande un certain apprentissage. Un ensemble d’images ne fonctionne pas comme un ensemble de mots. Si dans un texte chaque mot n’a d’utilité que si on le relit aux autres – il en est de même pour une planche de bande dessinée, chaque case n’ayant de sens qu’en la resituant dans la temporalité de celles qui les entourent – le recueil de dessins lui, nécessite une autre approche. Le travail de Mrzyk et Moriceau nous confronte à cela.

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Nous devons lire chacun de leurs dessins indépendamment des autres, tout en les reliant, non pas aux seuls précédents et suivants, mais à un ensemble plus vaste. Un réseau de signifiants se dévoile au fil de la lecture et des thématiques apparaissent, des effets de matières se répondent, des figures se font échos… Flammes, poils, végétaux… solides, liquides… visages, morceaux d’anatomie, transformations corporelles… notre rapport à la sexualité, la nourriture, le temps, la mort… sans oublier les figures mythiques modernes (le Bibendum Michelin, Mickael Myers, Ernest & Bart, Yoda…). L’air de rien, les auteurs dressent un sacré panorama de nos vices et obsessions. Un univers que n’aurait renié un Roland Topor.

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L’espace de la feuille, ouvrant sur deux dimensions, s’en trouve ici illimité, avec cette profondeur de champ que créé ce noir et blanc strict. Les auteurs se jouent du cadre, décalant un dessin dans un coin de page, au point de laisser les trois quart de la feuille blanche. A l’inverse, ils n’hésitent pas à surcharger l’espace de compositions qui flirtent avec le cadavre exquis. Contraste entre ses formes simples, aux traits vifs et un travail méticuleux sur les textures (dentelles, textiles, plumages…). Contraste aussi entre dessins à l’humour absurde (voir ces formes rondes changées en carrés) ou salace (avec ces mains qui courent après des nichons ou des doigts après des nez…) et concepts philosophiques (ne sommes nous pas tous des cadres sans images ?)

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Poussant leur collaboration plus loin encore que Dupuy et Berberian ou Ruppert et Mulot, il est quasiment impossible de savoir qui fait quoi. Bien malins ceux qui les distingueraient. Entre cadavres exquis et écriture automatique, les auteurs jonglent avec les styles, les genres et les focales sans jamais perdre en cohérence, tant ils vont au bout de leur démarche à chaque fois. Trois fois rien est une expérience de lecture unique et brillante. 

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Trois fois rien

Top, Or…

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C’est vrai qu’il est régulièrement réédité le bougre. Et à chaque fois, j’ai l’impression d’une nouvelle rencontre. Normal me direz vous, puisse qu’il est multiple et a œuvré dans d’innombrables champs. On en découvre encore. Un dingue indomptable, qui ne supporte aucunes barrières. Qui grave les mots et les formes avec la même désinvolture. Qui laisse dans le marbre les traces de son incompréhension du monde. Qui sublime l’horreur pour mieux la dénoncer…

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Les éditions Wombat continuent leur superbe travail de réédition des œuvres de Roland. Après La plus belle paire de seins du monde en début d’année, ils s’attellent cette fois ci à un aspect peu connu de l’artiste : auteur de bande dessinée. Strips panique regroupe toutes ses histoires par la bande (dont l’intégrale de La vérité sur Max Lampin), qu’il a semé tout au long de sa prolifique carrière (de 1962 à 1996). Étonnant pour quelqu’un qui, de son propre aveux, n’a jamais vraiment été attiré par la neuvième chose. Ses histoires ont plutôt la forme des illustrés d’antan (texte en cartouche sous le dessin ou format strip des quotidiens presse) que des planches BD modernes. A l’exception notable de P’tite Mort, diffusée dans le premier numéro du Psikopat. Comme s’il associait le neuvième art à ses lectures d’enfances, et ne le considérait pas comme un mode d’expression important. Dommage pour les fans comme moué, ils nous restent à imaginer ce qu’aurait pu donner un roman graphique de Topor…

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Autre aspect plus connu, mais qui méritait bien une anthologie d’au moins 360 pages, c’est le Topor dessinateur de presse. Depuis son premier dessin publié en couverture de la revue Bizarre en 1958, puis dès 1961 dans Hara-Kiri, on sait le Roland fidèle à cette discipline, dans laquelle il est rapidement devenu un maître de l’humour noir et surréaliste. Un espace très codifié (lien avec l’actualité, parfaite lisibilité…) qu’il pervertit de l’intérieur en y injectant une forte dose d’obsessions et fantasmes. De grands « coups de poings dans la gueule » comme le dit Jacques Vallet en préface. Un magnifique ouvrage des Cahiers Dessinés.

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Le romancier et critique littéraire Salim Jay dit Merci Roland Topor. Merci à l’ami, à l’homme, à l’artiste. Un récit de prime abord décousu, reposant sur une succession de souvenirs et de thèmes sans rapport apparent (Topor face à Dieu, la Belgique, la philosophie, Godard et Duras, le Mexique…) mais qui dans le fond, dresse un panorama plutôt complet de l’artiste. Souvenirs de lecture des œuvres de Roland, souvenirs de personnes l’ayant rencontré ou écrit sur lui, Salin Jay convoque un casting aussi improbable que celui des Mémoires d’un vieux con, dressant ainsi ce qu’on pourrait nommer un « réseau Topor ». Salim ne cache pas son admiration (partagée) et rétabli quelques contre-vérités, le tout dans un style tendre et franc. Une écriture confidente qui rend la lecture passionnante.

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Le voyage à Nantes (juillet 2013)

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Petit périple (de par sa durée) mais intense (de par son contenu), orchestré par l’ami Nantua (excusez du peu !), ce voyage nantais m’aura permis d’en prendre plein les mirettes et de reconnaître (définitivement) que la capitale du Duché de Bretagne (oui, je fais de la provoc’!) est une terre de bon goût, où il fait assurément bon vivre. La culture ici n’a pas cette prétention intellectuelle élitiste qui entretient les clivages. Elle est perçu comme vecteur d’émotions fortes, universelles et transmissibles à chacun, sans forcement en posséder les codes pour la comprendre… Car l’Art chamboule nos sens, avant notre intellect. C’est ce que m’a rappelé cette belle ballade…

Pour nous guider, non pas un plan, mais le numéro 7 de la revue éphémère Le voyage à Nantes. Un recueil de superbes clichés nocturnes d’Ambroise Tézenas, qui nous offre ses points de vue magiques et cinématographiques sur la belle ville.

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On commence par le Lieu Unique, incontournable, où se tient l’exposition Sans tambour ni trompette, dont le maître étalon n’est autre que Roland Topor. «Dans le sillage d ’encre de Roland Topor, singulier et trop onirique pour opérer réalistement, sept artistes continuent d’explorer les espaces entre les lignes, pour en faire émerger comme de rien, décidément sans tambour ni trompette, des univers intimes observés par réfraction». (Patrick Gyger, en préface du programme de l’exposition)

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Quelle jubilation d’admirer ces originaux (qui sont plus grands que les versions imprimées), saisir toute les subtilités de son geste, sentir sa présence. Topor est un maître incontesté du modelé hachuré, qui n’a pas peur des ombres. Parfait passe muraille, il se balade sans retenues entre les deux cotés du miroir… déformant, il va de soi. Pour autant, ce dernier ne fait pas d’ombre aux autres…

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Loin de l’idée d’école ou de courant, chaque artiste présent possède sa propre folie, un univers personnel et indépendant. Toutefois, ce rapport au corps humain initié par Topor (disloqué, morcelé, surréaliste, excitant et choquant, panique…) est le dénominateur commun de toutes ces œuvres. Les figures déformés de son ami Erik Dietman rappellent l’esthétique d’un Ensor, en plus épuré. Benjamin Monti effectue un formidable travail de découpage, récupérant des formes issues de vielles gravures ou de catalogues type Manufrance, pour les recomposer sur du papier millimétré. Daniel Nadaud nous propose des images mentales (proches du cadavre exquis) pour le moins dérangeantes… Le Beau n’est pas toujours là où on le crois. Il était bien là !

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Isaac Cordal, artiste espagnol en résidence à Nantes, nous propose une série d’installations disséminées dans la ville (Château des Ducs de Bretagne, la place Bouffay ou le quartier de la Madeleine) et nous donne à voir une certaine vision de l’humanité ‘post-cataclysme’. Si les personnages à taille réelle flottant dans les douves du Château sont des survivants d’un naufrage, l’installation de la place Bouffay nous décrit l’instant d’après une catastrophe nucléaire. Un arrêt sur image plutôt négatif de ce qu’il resterait de notre civilisation : des homme d’affaires bedonnants en costard cravate et attaché case (certains cagoulés façon SM !?), encadrés par quelques militaires masqués.

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Dans ce panorama en miniature, ces survivants hagards errent tels des zombis dans une cité ensevelit, où ne restent que quelques building détruits, souches d’arbres et vieux lampadaires. Certains tentent d’instaurer un semblant d’ordre ou de spiritualité, d’autres se laissent aller à leurs instincts les plus primaires (cannibalisme, mutilations…). Aucunes femmes à l’horizon, c’est dire si l’on est perdu !

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Sa troisième installation nous présente ces mêmes personnages en train de travailler dans des cages à lapins (clin d’œil à Brazil !). A côté, des tapettes à souris posées à même le sol tentent de prendre au piège ces petits bons hommes, en les appâtant avec des attaché case. Dans une autre salle, une maquette de forteresse constituée de valises…

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Isaac Cordal aime à incérer ses personnages dans l’espace urbain. Il joue avec les focales (vues d’ensembles et gros plans), les échelles (tailles normales ou miniatures), les niveaux (corps debout, assis, couchés, à moitié ou entièrement ensevelis…). Les symboles forts de l’attaché case et de l’homme d’affaire bedonnant et « calvitié » donnent corps et sens à un discours « écolo anti-capitaliste » clairement affiché. L’air de rien, sous un premier abord divertissant (son univers n’est pas dénué d’humour), Cordal dénonce et dérange, nous renvoyant à nos travers d’homo sapiens conditionnés.

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Plus ludique, mais non moins pertinente, « Suites d’éclats » de Felice Vaniri se tenait Quai des Antilles, dans un bel espace éphémère, au bord de la Loire, le long des anneaux de Buren. S’approprier l’espace pour percevoir les formes géométrique simples (aux couleurs primaires vives), trouver la bonne focale qui permet de saisir ces dimensions parallèles, en prendre plein les mirettes avec ces nouveaux espaces qui donnent le vertige… c’est une part de ce que nous offre cette exposition qui parait simple, tellement s’en est évident…

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Merci mon ami pour ce magnifique séjour. Je n’oublierai pas l’hallucinant panorama du haut de la tour Bretagne, ces parties de baby foot endiablées (faudra t’entraîner mon choux !), cette soirée musicale bien arrosée, des dialogues riches et intenses… Bref, cette belle tranche de vie qui forge les bons souvenirs et scelle l’amitié.

Toutes les photos, excepté la première et la quatrième, sont de l’ami Nantua.

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