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Dame un beso – El Don Guillermo (Misma, 2014)

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Comme quoi, la 3ème version de Lapin voyait juste en misant sur cette nouvelle génération d’auteurs plus que prometteurs, les Benjamin Adam, Simon Hureau, Geneviève Castrée, Benjamin Zafra et beaucoup d’autres. Sans oublier El Don Guillermo, qui avec son jumeau Estocafish ont crée la structure Misma et sa chouette revue Dopututto Max.

Ce Dame un beso (pas besoin de traduire) regroupe les huit chapitres parus dès 2009 dans Lapin (du n° 37 au 44). [Une première histoire intitulée Dame un Beso (avec les mêmes protagonistes) fut éditée en 2006 dans le Ferraille 27. Quatre planches avec de chouettes couleurs qui feraient presque regretter cette belle édition en brun-sépia et blanc.] Toutefois, El Don Guillermo ne fait pas que compiler les épisodes. Il prolonge son histoire sur plus d’une centaine de pages, aboutissant ainsi à un récit complet, bien plus dense que ne le laissaient penser les premières lectures. Il remercie d’ailleurs JC Menu : «…dont l’engouement pour ce projet m’a réellement motivé à avancer ».

Deux jeunes hommes retournent sur leur lieu de vacances d’enfance en Catalogne. L’odeur catalane, le bord de mer ensoleillé et le goût de la San Miguel leur évoquent de vieux souvenirs, certains liés à leur premier flirt commun avec Cristina, une jeune autochtone. Après une première nuit sur la plage, ils sont surpris de trouver la belle espagnole blottie dans leur bras. S’en suit alors la vie de bohème du trio (qui vit au jour le jour, squattant dans une maison de vacance abandonnée), accompagné d’un personnage qui a toute son importance : le chien.

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On suit tout ce petit monde dans un périple en temps réel, découvrant au fil du récit les liens qui les unissent. C’est parfois long, flottant, mais on se laisse prendre par le rythme contemplatif de la narration, la sensualité des dessins et cette histoire d’amour qui s’avère plus allégorique que réaliste. Cristina existe-t-elle vraiment ou n’est -t-elle qu’un fantasme partagé, un souvenir qui s’émissent dans leur présent ? Au fond, ça ne change pas grand chose dans ce qui se joue entre les deux garçons. Ce qui devait être un temps d’insouciance (des vacances entre amis) devient une sorte de rite de passage, une étape marquante faite de petits deuils et de grands espoirs.

Il faut du temps pour apprécier son graphisme stylisé, qui s’avère bien plus subtil qu’il n’y parait avec ces lignes absentes, ces nez en accent circonflexe et cette richesse de motifs qui flirtent parfois vers l’abstraction. Ses traits évoquent les formes plus qu’ils ne les expliquent. En parfaite adéquation avec la teneur symbolique du récit.

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eldonguillermo.com

Misma

Chronique K.BD – Jade

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Impossible d’établir un focus sur 6 Pieds sous Terre sans aborder la revue Jade. A l’instar de Lapin ou de Ferraille illustréJade fut créé par nécessité et non dans un but lucratif. A une époque (début des années 90) où la presse BD se réduisait à peau de chagrin, une nouvelle génération d’auteurs indépendants n’ont eu d’autre choix que de lancer leur propre revue pour diffuser leurs bandes et celles de leurs camarades. En 15 ans d’existance, Jade est devenu LA référence en matière de revue de bande dessinées indépendantes, entre analyses sérieuses du médium et bandes à l’humour décalé. Son influence est encore bien présente…

Une synthèse par ma pomme.

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Plageman – Bouzard (6 pieds sous terre, 1997)

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Supermurgeman de Mathsap dans le Psikopat, Super chien de Blexbolex dans Ferraille Illustré, et bien sur, notre Plageman national de notre Bouzard national dans Jade… bon nombres d’auteurs de bédé indé d’humour des années 90, qui ont sûrement biberonné aux comics, ont produit des séries de super héros a la sauce poilade et déconnade. Non pas des sauveurs surpuissants, plutôt des super-losers, dans la lignée des « losers sont des perdants » de Guerse et Pichelin.

Digne fiston de Superdupont, Plageman a lui des ambitions plus réduites. Non pas protéger notre pays des méchants de l’Anti-France, mais plutôt sauvegarder sa plage des beaufs. Ce qui dans le fond, n’est pas moins difficile. Entre les clients du camping, les vacanciers envahissants, les moutards chiards ou les entraînements des rugbymen, Plageman a du boulot pour débarrasser sa plage des intrus.

S’il n’a pas de super pouvoirs, l’homme-plage est tout de même sujet à une terrible malédiction : son masque (qui n’est qu’un bête ballon de beach volley) ne peut plus s’enlever, au risque de le défigurer. Il ne peut reprendre son apparence normal et se retrouve prisonnier de sa nouvelle identité. La plage devient alors son seul territoire, obligé d’y passer le reste de son temps. Et la plage en hiver est un lieu hostile. Heureusement pour lui, il n’est pas seul. Comme tout vrais super-héros, il a trouvé un fidèle compagnon, le super Pennak, un clochard céleste croisé au bar de la plage. Entre combats perdus et tentatives de survie, les deux compères ont fort à faire pour conserver ce qu’il leur reste de dignité et d’amour propre.

Bouzard lâche les chevaux et nous en balance plein la gueule. Il prend des libertés avec les règles anatomiques et la perspective (les mouvements de ses personnages sont excessivement désarticulés), et c’est tant mieux. Cela apporte un dynamisme et une puissance incroyables à son graphisme. Son trait vif et épais souligne parfaitement ces formes outrancières. Ça percute la rétine !

Une parodie de super-héros qui ne fait pas dans la finesse. Et c’est pour ça qu’on l’aime ! Pilier de la revue Jade, Plageman est logiquement devenu le héros culte des éditions 6 Pieds sous terre.

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Brèves de chroniques #4

The End of the Fucking World (L’employé du Moi, 2014)

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Avec cet album, Charles Forsman prolonge sa thématique de l’adolescence paumée, déjà abordée dans son Celebrated Summer. Sauf qu’ici, James est bien plus antipathique et sociopathe que ne l’est Wolf. Agressivité, mutilation, apathie, clochardisation, James est un jeune homme borderline, à deux doigts (!) de sombrer dans la psychopathie. Seul l’attachement pour Alyssa semble l’en empêcher, jusqu’à ce qu’elle prenne une part active dans ses passages à l’acte… Un road-movie fait de rencontres interlopes et d’actes criminels, qui ne pouvait que finir tragiquement… Récit sans concession, mise en scène minimaliste, dialogues laconiques, Forsman excelle dans l’art de raconter (sans jugements ni pathos) l’errance existentielle et la folie ordinaire d’une génération plus que perdue.

Punk Rock Jesus (Vertigo, 2013)

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« Dans un futur proche, la maison de production OPHIS tient le sujet de son prochain programme de télé-réalité : filmer la vie de Jesus Christ. Recréé génétiquement à partir des traces d’ADN du suaire de Turin, le clone du Messie grandit sous le regard avide des caméras et d’une Amérique subjuguée par ce qu’elle pense être la troisième Venue du Christ. Quelques années plus tard, l’expérience tourne court lorsque l’adolescent entre en révolte totale contre le système et devient le prophète d’une autre Amérique. » (quat’ de couv’). Dérives de la trashTV, fanatisme religieux, intégrisme politique, toute puissance scientifique, avec ce scénario improbable mais parfaitement maîtrisé, Sean Murphy dresse un portrait peu flatteur mais bien réel de l’actuel USA. Ça part dans tous les sens, avec une kyrielle de personnages et de rebondissements et pourtant, tout est cohérent. Ça tient la route et tous les éléments exposés (même suggérés) sont développés. Avec cette histoire improbable, Murphy nous propose une critique acerbe et jubilatoire de notre société, maladivement de consommation et du spectacle.

Franky et Nicole (Les Requins Marteaux, 2014)

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Franky Baloney, l’ancien rédacteur en chef de Ferraille Illustré reprend du service et s’associe avec Nicole de chez Cornelius pour nous proposer une nouvelle revue, logiquement appelée Franky et Nicole. Prônant la théorie du genre, chaque numéro changera de sexe et sortira en alternance chez l’un et l’autre. Ce premier opus venant des Requins, Cornelius devrait assurer la sortie du deuxième cet hiver. Cette revue n’est à priori pas destinée à la prépublication, mais compile des récits inédits, prévus pour l’occasion. On y retrouve de nombreux auteurs connus et reconnus (la liste est longue!) et d’autres beaucoup moins (la liste est assez longue aussi!). Bien sur, tous gravitent dans le milieu des indépendants. Plus petit et plus épais, Franky n’a rien à voir avec Ferraille. L’ensemble est plus disparate et manque cruellement d’éditorial. Mais dans le fond, le principal est de pouvoir lire de la bonne bédé, et Franky n’en manque pas !

Ent’revues

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L’aurions nous enfin ce magazine de critique de bande dessinée tant attendu, qui rend pleinement compte de la richesse et la créativité du neuvième art, de sa production et de ceux qui la font ? Il semblerait en effet. Ka Boom est une revue trimestrielle qui prend le temps d’analyser, de rencontrer, de comprendre, sans céder aux sirènes de l’actualité immédiate (voire l’interview de Joe Matt qui n’a rien produit depuis plus de dix ans). Et sans pour autant se déconnecter du milieu, comme en attestent les dossiers concernant le festival d’Angoulême ou les dernières nouveautés éditoriales (en avant-première pour certaines). Du « mainstream » (Schtroumpfs, Asterix, Spirou), aux « indépendants » (Daniel Clowes, Blutch, Sfar & Trondheim, Ruppert & Mulot…), des anciens (Gus Bofa, Herriman, Don Rosa, René Follet) aux incontournables (Tardi, Corben, Jaime Hernandez, Willem, Floc’h, Gipi…), sans oublier les petits nouveaux (Nadja, Joff Winterhart), la rédaction évite tout clivage et guéguerres de chapelles.

Le choix des artistes et des œuvres présentées me convient tout à fait. Proposer des dossiers qui ont l’intelligence d’éviter les traditionnels écueils de l’hagiographie (bio-biblio), en abordant l’Œuvre d’un auteur sous un angle original (l’influence de Moebius sur les auteurs japonais, l’influence de Gus Bofa sur les dessinateurs contemporains…). Susciter des rencontres entre artistes (interviews de Dan Clowes par Pirus et Mezzo, Peter Belgvad par JC Menu, Joff Winterhart par Nine Antico, Willem par Morvandiau…), établir des liens inattendus (les schtroumpfs et le dadaïsme), créer des ponts entre les continents et les époques, telles sont les ambitions réussies de Ka Boom.

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Troisième numéro pour le bimensuel Aaarg, qui garde le cap et semble avoir trouvé son rythme de croisière (et ses lecteurs). C’est une bonne chose, car cette revue possède de grandes qualités, tant formelles que de contenus. Son format d’abord, très grand, épais et coloré, associé à une qualité d’impression impeccable, m’évoque le regretté Ferraille Illustré. Une revue hors norme qui « ne rentrera jamais dans ma petite bibliothèque toute moite » (comme indiqué au dos du Ferraille n°27). Son contenu est riche et généreux (188 pages plus des posters), à l’image des collaborateurs du rédac’chef Pierrick Starsky. Petit name-dropping qui en dit long : Anthony Pastor,Tanxxx, Fabcaro, Terreur Graphique, Pixel Vengeur, Salch, Pochep, Bouzard, Sourdrille, B-gnet, Rifo, Caritte, Reuzé, Jürg…

La comparaison avec Ferraille ne s’arrête pas là. L’humour varié (potache, satirique, second degré, con, etc.) et la diversité graphique sont au rendez-vous. Son contenu alterne entre courtes planches de gag en strips (avec entre autres le Grotext d’Olivier texier, Paf et Hencule de Goupil Acnéique…) et longs récits d’une vingtaine de pages (Pastor dans le n°1, Caritte, Rifo et Starsky dans le n°3). Le tout entrecoupé de dossiers complets et bien ficelés qui parfois, en particulier « les chroniques de la bouche bée », flirtent avec l’esprit « Echo des Savanes », photos racoleuses en moins. Sans oublier des zooms sur des artistes-illustrateurs : Laurent Durieux, Il Gatto, Riff Reb’s ou Julien Loïs. Bien qu’étant une revue de dessins et d’illustrations, Aaarg n’a pas peur des mots. On peut trouver des pages entières de nouvelles inédites sans une seule illustration. Ce qui contribue à la diversité de l’ensemble. Une revue à suivre…

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Alimentation générale, de la jeune maison d’édition indépendante nantaise Vide Cocagne, est née de l’initiative de l’excellent Terreur Graphique (ce qui s’annonce bon !). Une sorte de fanzine de luxe sorti de manière plutôt confidentielle en juin 2011, qui en est actuellement à cinq numéros. Une revue placée sous le joug de l’ « umour et bandessinée ». Pas étonnant dans ce cas de retrouver cette constellation d’auteurs qui gravitent autour des planètes Fluide, Psikopat, Jade, Aaarg ou feu-Ferraille, coutumiers de ce genre de production (Guerse, James & Boris Mirror, Fabrice Erre, Gilles Rochier, Pixel Vengeur ou Pochep). Merci à l’ami Nantua de m’avoir offert ce premier numéro, exclusivement composé d’histoires courtes dessinées, certaines reliées autour du thème de la bouffe (d’où le titre), sans aucun rédactionnel. Ça se lit vite mais c’est bien foutu. J’ai hâte de me procurer les autres numéros…

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