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Chronique K.BD – Jade

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Impossible d’établir un focus sur 6 Pieds sous Terre sans aborder la revue Jade. A l’instar de Lapin ou de Ferraille illustréJade fut créé par nécessité et non dans un but lucratif. A une époque (début des années 90) où la presse BD se réduisait à peau de chagrin, une nouvelle génération d’auteurs indépendants n’ont eu d’autre choix que de lancer leur propre revue pour diffuser leurs bandes et celles de leurs camarades. En 15 ans d’existance, Jade est devenu LA référence en matière de revue de bande dessinées indépendantes, entre analyses sérieuses du médium et bandes à l’humour décalé. Son influence est encore bien présente…

Une synthèse par ma pomme.

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Chronique K.BD – Plageman

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Les éditions 6 Pieds sous Terre sont mis à l’honneur en ce mois de mars sur K.BD. Une très chouette maison qui nous propose depuis plus de vingt ans de chouettes albums (et une chouette revue!). Ce qui rend la sélection plutôt difficile et retenir cinq albums phares n’est pas une mince affaire. Cependant, certains choix s’avèrent inévitables. Outre la revue Jade, il est en effet impossible de faire l’impasse sur le héros le plus emblématique (et le plus crétin) de leur catalogue : Plageman ! L’une des premières séries de Mister Bouzard dans laquelle il nous en balance plein la gueule, tant au niveau de l’humour absurdement con que du graphisme outrancièrement déjanté. Culte !

Une synthèse de Champiman !

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Dix questions pour une bibliothèque #3 : Terreur Graphique

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Difficile de croire que Terreur Graphique n’ait sorti son premier album qu’en 2010. Il semble faire partie du « paysage bédé d’humour » depuis bien plus longtemps : Psikopat, Fluide Glacial, Jade, mais aussi Aaarg ou Alimentation Générale, dont il est à l’initiative. Et il n’en manque pas, d’initiative. Prolifique, il multiplie les projets et les collaborations et, l’air de rien (avec beaucoup de travail tout de même), peaufine son art au fil de ses publications.

Bien installé dans le registre de l’humour (souvent trash et sûrement absurde), il ne s’y réduit pas pour autant. J’ai déjà eu l’occasion de dire le bien que je pensais de son Rorschach (pas encore en détail, mais ça ne saurai tarder). En attendant, Terreur a accepté de répondre à mon petit questionnaire (on se rend compte sur sa page fb que c’est un sujet qu’il affectionne). Des réponses franches, sans fioritures. Tout à son image (son site s’intitule Minimun Syndical !).

1) Quelle place prend ta bibliothèque chez toi ?

Grande ! Un grand mur entier de haut en bas et de droite à gauche (ou inversement).

2) Quelle est sa configuration (en un seul bloc, en plusieurs parties, dans différentes pièces…) ?

Un gros bloc dans le salon qui est grand ( 30m²)et qui est aussi mon bureau + 3 étagères dispersées dans la maison + un tas dans les toilettes évidemment.

3) Possèdes-tu un classement particulier (si oui lequel) ? En changes-tu souvent ?

Oui, en ce moment on classe les livres par couleur (oui la déco j’avoue) mais c’est plus complexe que ça : couleur/collection/ taille/ auteur/éditeur tout ça rentre en ligne de compte. qui a dit psychopathe ? Oui on change tous les 6 mois.

4) Que contient-elle essentiellement ? Littérature, Art, Histoire, science, fiction, science-fiction, fantastique, auto, biographique, bande dessinée, essai, roman..?

Essentiellement des bandes dessinées et des romans.

5) Quelle est la proportion entre livres avec images et sans images ?

70/30.

6) Tes ouvrages sont-ils plutôt rangés à l’horizontale ou la verticale ?

Verticale sauf dans les toilettes, et sauf la collec’ de vieilles revues BD…

7) Et tes nouvelles acquisitions ? Les ranges-tu à part ou trouvent-elles de suite leur place définitive ? Avant ou après leur lecture ?

Oui, table de chevet à côté du lit puis rangement ou lorsque que j’ai trop de retard j’ai une petite caisse de vin à part pour les mettre en transit.

8) Es-tu globalement satisfait de ta bibliothèque ?

Je trouve toujours que j’ai pas tel ou tel livre indispensable, mais ça va.

9) Qu’y manquerait-il ?

Un peu plus de beaux livres sur autre chose que la bd…

10) Comment la vois-tu évoluer ?

Je la vois devenir obèse.

[Entretien réalisé par courrier électronique le 27 avril 2014]

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Ta Mère La Pute – Gilles Rochier (6 Pieds sous terre, 2012)

Ta Mère La Pute - Gilles Rochier (6 Pieds sous terre, 2012) dans Chroniques BD TMLP

Gille Rochier nous raconte ses souvenirs d’adolescence vécue dans les grands ensembles, au début des années 70. Récit autobiographique, ce TMLP est aussi une chronique sociale, tant Rochier décrit avec finesse et subtilité les conditions de vie des habitants de ces cités, ainsi que la dure réalité de cette misère (matérielle, sociale, affective…) qui s’installe insidieusement dans ces quartiers.

C’est également un essai ethnologique, nous apprenant l’origine même de cette expression on ne peut plus emblématique de la jeunesse des banlieues : « Ta mère la pute ! » (qui donnera une autre expression non moins célèbre : Nique Ta Mère !). Une insulte qui est rapidement passée de « tabou » à « langage courant »…

Rochier dépeint admirablement cette période difficile de l’adolescence, faite de rituels de passage, de dépassement des limites, d’appartenance aux groupes de potes, d’appropriation du territoire, d’insouciance et de craintes aussi. TMLP, c’est une histoire d’amitié qui tourne au drame, à cause d’une cassette audio que tous se prêtaient et qu’il ne fallait absolument pas perdre…

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Le graphisme et le récit sont à l’avenant : sensibles, précis, épurés. Ces nuances de marrons confèrent aux planches un aspect « vielles photos sépia » qui convient parfaitement à ce récit en forme de carnet de souvenirs. La narration s’appuie sur la confrontation des regards des deux ages de l’auteur : le Rochier adulte commente en voix off les événements vécus par le jeune Rochier. Cette succession de scènes se déroulent sous nos yeux de manière fluide, passant des plus marrantes au plus dramatiques, tout en intensité retenue. Excepté pour cette scène finale très émotionnellement chargée, qui malgré ce qu’il en dit, hante encore l’auteur. Assez pour en parler dans cet album…

Un album qui fait l’unanimité sur ses qualités. Ce qui est plus que mérité et rend justice aux éditions 6 pieds sous terre, qui auront attendu bien longtemps (19ans depuis l’ Alph’Art du meilleur fanzine en1993 pour la revue Jade) avant d’obtenir une nouvelle consécration par le landerneau de la bédé (Prix révélation Angoulême 2012) et de fait, un joli succès public.

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Le blog de Gilles Rochier

Une lecture K.BD

Le Phaco (fanzine) – Editions Groinge

Le Phaco (fanzine) - Editions Groinge dans Presse et Revues phacochere29

Quand on s’intéresse à un domaine aussi riche et diversifié que les revues de bande dessinée, on en découvre toujours plus au fil de nos recherches, de notre curiosité. C’est chez l’un de mes bons libraires d’occasion que je découvre ces deux numéros (29 et 30) de ce fanzine qui m’était totalement inconnu, mais comprenant des signatures familières et appréciés, inscrites dans des réseaux d’auteurs, de revues et de maisons d’édition que j’affectionne particulièrement (Ibn al rabin et Baladi d’Atrabile, Imius ou Bourguignon croisés dans le Psiko…). Animé par Big Ben et Fafé – qui furent inspirés par les fanzines du débuts des années 90 (Le goinfre, Jade etc…), la création de l’Association et les « Approximate Continuum Comix » de Lewis Trondheim – le Phacochère fut la première publication de l’association niçoise Groinge. Le collectif a publié un nombre conséquent d’auteurs aujourd’hui reconnus, notamment lors des derniers numéros du Phaco, tels que Bsk, Parrondo, Kochalka

Lancé sous le nom de Phacochère en mars 1992, la première mouture est plus ou moins trimestrielle. A partir de 1997, il devient plutôt semestriel, pour finir annuel en 1999. C’est à partir du numéro 28 (2001) qu’il perd le « chère » de son nom (alors qu’en toute logique, son prix augmente tout comme son nombre de page) pour devenir le Phaco ! Ses slogans sont plus cons les uns que les autres : « Journal cochon et exotique, comme son nom l’indique », « Le journal des jeunes de 77 à 97 ans », « Le journal des lesbiennes basques », « Le journal des paranoïaques obéissants »,  » Le journal fidèle aux passages cloutés »,  » Le journal des meubles en kit » ou encore « Le journal inqualifiable »

Un fanzine pro, de belle facture, à la couverture épaisse et solide, comprenant pas moins de 170 pages (de la BD bien sur, mais aussi des chroniques BD, musique et des critiques en strips !). Un mag-zine qui n’a pas à rougir face aux revues « officielles » et corrobore l’idée que le fanzine ne veut pas automatiquement dire « amateurisme » ou « mal fait », mais qu’il peut, comme c’est le cas pour le Phaco, garantir de grandes qualités formelles, et de contenu ! Le Phaco, revue collective de bande dessinée, n’existe plus depuis 2003. L’association Groinge a cependant sorti la revue critique ComixClub en 2002, devenue depuis une référence, mais malheureusement cette dernière n’existe plus non plus (le dernier numéro est sorti en janvier de cette année). On peut encore se procurer ces deux revues, il leur en reste en stock…

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Dernier numéro…

Les éditions Groinge

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