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Dérapages – Jean Solé (Dargaud, 1979)

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Indispensable second couteau de la presse bédé, Solé a laissé sa marque dans toutes les grandes revues de l’époque : Pilote, l’Echo des savanes, Fluide Glacial (dès sa création), Métal Hurlant, (A Suivre) ou Pif Gadget. Bon nombre de ses couvertures sont devenues cultes. Fan absolu de Pop Music (les Beatles surtout), il  fut illustrateur à Rock and Folk et a pondu de nombreuses pochettes de disque, pour Marcel Dadi, Richard Gotainer, Guy Béart, Brassens ou Marcel et son Orchestre… mais aussi Hendrix ou Zappa. Des affiches de film aussi (le Père Noêl est une ordure, Et vive la Liberté des Charlots). Il apporte toujours sa contribution à Fluide, avec le retour de Superdupont.

Solé est à l’aise dans tous les genres, se trouvant dans son élément aussi bien du coté des « science-fictionneux » Moebius, Nicollet ou Caza, que des humoristes Gotlib, Mandryka ou Loup. Malgré une forte diversité de techniques et de styles, les dessins de Solé se reconnaissent immédiatement. Par ce trait souple et épais, servant des formes rondes, charnelles. Un graphisme riche et maitrisé dont les principales influences revendiquées sont Crumb, Franquin et Norman Rockwell.

Sorti en 1979, cet album de Solé compile des histoires et illustrations fantastico-loufoques parues à l’époque dans les pages de Pilote. A l’exception d’un gag scénarisé par son ami Gotlib, ce Dérapages ne comprend que ses propres histoires. Tel un Alexis, qui a essentiellement œuvré avec des scénaristes, Solé a collaboré avec du beau monde (Dionnet, Dister, Gotlib, Lob, Vidal…). Cependant, l’un et l’autre (Alexis avec son Avatars et Coquecigrues ou Solé avec ce Dérapages) nous démontrent leur capacité à créer leurs propres univers, partageant cet amour pour un humour absurde et surréaliste.

Un album qui reflète parfaitement l’esprit de son époque : entre réalisme sombre (les pâtes) et psychédélisme hérité des folles sixties (Deux pages (sans sens), comme ça, en passant), humour crétin (la cigarette), chronique sociale (Une vie comme ça…) ou récit autobiographique (L’angoisse de la feuille blanche). Certaines histoires son teintées d’un humour noir digne de Serre ou Franquin (Vol à la tire d’ailes, Drames de la route), quand d’autres allient délires autobiographiques et surnaturels, proches des Scènes de la vie de banlieue de Caza (La tache). Sans oublier son obsession pour les robinets qui goutent, véritable leitmotiv de cet album, à voir comme le symbole de ses nuits blanches… Ses références vont de la culture populaire made in US (Maidine youaissait) à Toulouse Lautrec (A la manière de Lautrec), en passant par Lewis Carroll (Une facétie au poil de Jano Kapluduntour).

« A la question : « Comment te définirais-tu ? », Jean Solé répond simplement : « Comme un fantaisiste ! ». Presque sans hésitation. « Je me rends compte que, depuis le temps, ajoute-t-il, le mot Fantaisiste est ce qui me caractérise le mieux, par son aspect ludique, parce que ça part dans tous les sens. Et que je n’ai jamais eu de plan de carrière vachement sérieux. » (Christian Marmonnier in 33tours/minute avec Jean Solé, My Way n°3, Janvier 2002)

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Solé sur bedetheque

La mare aux pirates – Francis Masse (Casterman, 1987)

La mare aux pirates - Francis Masse (Casterman, 1987) dans Chroniques BD mareauxpiratescouv

Francis Masse est un franc-tireur de la bande dessinée rare et singulier, dont l’univers pictural et l’humour absurde ne sont pas simples d’accès.

Après avoir enseigné le graphisme, Francis Masse, déjà peintre et sculpteur, débute au début des années 70 par des courts-métrages en animation. Ses premières planches de bande dessinée paraissent dans la presse underground de l’époque puis, fin des années 70, dans la presse de bande dessinée : Pilote, Fluide Glacial, Charlie Mensuel, Hara-Kiri, L’Echo des Savanes, etc. C’est à cette époque qu’il affuble ces personnages de cet imper et ce chapeau melon si caractéristiques.

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Histoires à carreaux, in « L’écho des savanes présente F. Masse », éditions du fromage, 1976

« Masse est dès l’origine un cas, le seul dessinateur peut-être auquel il serait vain de chercher des influences. Son graphisme tout en hachure fait de lui un virtuose du noir et blanc, mais il prouve qu’il est tout aussi à l’aise avec la couleur. Masse propose un univers évident, entendons par là, un univers qui se suffit, qui véhicule sa propre logique, qui repose sur sa propre physique et s’impose à partir du simple enchaînement ainsi réglé des images et des dialogues. Il n’est même pas besoin d’évoquer le fameux nonsense. Certes masse n’y est pas insensible, mais rien n’est pourtant plus sensé que l’univers qu’il nous présente. Car le plus surprenant est là, l’univers de Masse est un univers familier. Il en est d’autant plus inquiétant.  » (L’encyclopédie des bandes dessinées. Albin Michel, 1986)

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Les deux du balcon

Sorti après Les deux du balcon, archétype de l’univers loufdingue de Masse, la mare aux pirates joue de ce même décalage entre ce que vivent les personnages, souvent dans des espaces insolites (un balcon ou ici un bateau pirate) et la teneur de leurs propos. A l’image des deux du balcon qui, dans Quanticos contre Classicos, vendent des tomates pourries depuis leur balcon, tout en dissertant sur le concept de non-séparabilité de la physique quantique. Ou quand les pirates de la mare prennent un cours d’économie, dispensé par le perroquet du navire…

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La mare aux pirates

Cette succession de situations surréalistes l’inscrivent dans une filiation avec Fred. En particulier cet amour partagé pour bousculer le langage BD, questionner en permanence les dimensions spatiales et temporelles de la planche et du dessin et ainsi mettre la 2D dans ses retranchements. Son humour repose très souvent sur ces incessants décalages entre un espace très théâtral (unité de lieu et de temps, impressions de décors en cartons pâtes, personnages déguisés…), les situations vécues par les protagonistes et les dialogues dingues.

Car Masse n’a pas peur du verbe, bien au contraire. Certaines de ses cases sont envahies par des phylactères bourrés de textes. Cependant, ces bavardages lui permettent d’installer des moments de silence, qui cassent le rythme de la narration.

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La mare aux pirates

Son graphisme minéral et brut génère des formes sculpturales. « J’étais le roi du modelé : hachures d’ombres qui faisaient tournoyer les volumes dans la lumière… ». Comme il nous l’explique dans l’interview réalisée pour l’exposition Quintet, il était arrivé aux limites de la représentation en deux dimensions et ne supportait plus cette vision du monde coincée dans un rectangle. De cette planche de bd qui n’est qu’une succession de rectangles dans un grand rectangle. Pas étonnant alors qu’il se soit investi dans la sculpture. Il lui fallait de la matière, de la sensualité, de la masse…

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Intrigues de basse cour, Nicole et Francis Masse, 1996

Masse sur neuvième art

Mézières et Christin… (Dargaud, 1983)

Mézières et Christin... (Dargaud, 1983) valerianhs00

Cet album, édité en 1983, rend un hommage plus que mérité à ce formidable créateur d’univers qu’est JC Mézières. Bien que Christin soit crédité au générique, la plupart des histoires présentent dans ce recueil ne sont dues qu’à Mézières lui-même. Préfacé par son complice de toujours, ainsi que par Gérard Klein, cet album comprend un épisode inédit de Valérian, Les Mauvais Rêves, dans lequel il rencontre pour la première fois Laureline.

Des récits complets de SF ou de Western parus dans Pilote, Tintin, Metal Hurlant, Fluide Glacial ou (A Suivre), en particulier Mon Amérique à moi, une bd de dix pages dans laquelle Mézières nous raconte sa passion pour le Grand Ouest, son départ seul pour les USA et son expérience de garçon vacher (les « vrais » cowboys).

On découvre également que Mézières et Christin avaient travaillé dès le début des années 80 à une adaptation vidéo de Valérian, qu’ils définissent comme « …une recherche susceptible de déboucher sur une nouvelle forme de narration à la fois graphique et audio-visuelle. L’avenir dira si c’est possible ». Et l’avenir leur donnera raison, même si l’actuelle série d’animation est assez éloignée de ce projet initial…

On trouve également diverses illustrations pour des couvertures de revue, de fanzine, que Christin présente en préface : « …c’est sans doute au fil de courts récits solitaires, au détour de quelque dessin pleine page isolé qu’on comprendra mieux ce qui irrigue l’ensemble de l’œuvre, qu’elle soit menée avec un scénario ou pas. En effet, Jean-Claude, avec autant d’humilité que d’opiniâtreté, revient toujours sur ce à quoi il croit profondément, et il importe peu que ce soit de façon explicite ou implicite. Le mythe fondateur de son système de représentation, c’est celui de l’Ouest américain, bien évidemment, comme on pourra en juger à la lecture de nombreuses pages qui suivent. »

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Illustration pour le fanzine PLGPPUR…

Mézières est un immense graphiste. Il jongle avec une facilité déconcertante entre réalisme et style humoristique. Il a rapidement trouvé sa voie, unique et indémodable, entre un classicisme à la Gillon et un burlesque à la Moebius. Il est capable de traiter de manière très réaliste les formes pour le moins humoristiques de ses personnages. Ses décors sont remarquables. Que ce soit pour représenter des extra terrestres, des planètes, des vaisseaux, des architectures, des faunes ou des flores, Mézières fait preuve d’une constante inventivité qui apporte toute sa richesse à sa série phare, dans laquelle on ne ressent aucune impression de répétition – ce qui est une gageure pour une « saga SF » de plus de vingt albums…

« Le dessinateur Jean-Claude Mézières occupe un rôle central dans la bande dessinée française. Je dis bien central. Ni plus, ni moins. Car on peut soutenir par exemple que son style se situe plutôt à l’arrière-garde de cette avant-garde qui a révolutionné le genre dans les années 1960-1970 : des innovations nombreuses chez Jean-Claude, certes, mais dans le strict respect de la tradition. Et, de ce point de vue, on peut dire aussi qu’il est franco-belge ou plus exactement frontalier, comme ces ouvriers qui chaque jour du côté de Tournai ou de Rocroi passent d’un pays à l’autre en fonction de la nature du travail proposé. Attention : rien  à voir avec ce qu’on appellera plus tard la « ligne claire », qui sera mise en œuvre par de faux Belges investissant en clandestins un système narratif qu’ils noyauteront rapidement à leur avantage. En 1966, lorsqu’il débute à Pilote, Jean-Claude est avant tout un Français à la recherche d’un discours graphique original mais qui paye son écot aux grands maîtres de l’époque précédente, tout comme les peintres français du quotidien au XIXème siècle ont reconnu leur dette à l’égard d’une école flamande bien antérieure. » (Pierre Christin)

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Première rencontre entre Valérian et Laureline…

La Fanfare – Avoine, Bridenne & JY (LA Boutique Editions, 2003)

La Fanfare - Avoine, Bridenne & JY (LA Boutique Editions, 2003) 1304703299

Ce recueil de dessins est le fruit de la collaboration entre trois dessinateurs aux styles bien différents, réunis autour d’une thématique commune : la fanfare. Car ces dessinateurs sont aussi musiciens, chacun jouant d’un cuivre, le baryton pour JY et le trombone pour Bridenne et Avoine. De fait, ils maitrisent leur sujet, ça sent le vécu…

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Bridenne possède un trait lâché et vif, propre au dessin de presse. Il a d’ailleurs travaillé pour l’Echo des Savanes, Pilote, Télérama ou même l’émission « Droit de Réponse » de la grande époque. Hédoniste, la musique est pour lui associée au(x) plaisir(s) de la chair, à l’ivresse de la bonne chair.

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JY

JY (que je découvre ici) développe lui un style et un humour plus anglo-saxon, à base de non-sens et d’absurdités graphiques. Il joue avec la perspective et la représentation de la 3 D et fait évoluer ses personnages dans un système espace-temps particulier, où la pesanteur ne semble pas exister. Ses personnages flottent dans l’air, comme portés par la musique.

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(ce dessin d’Avoine n’est pas issu de La Fanfare)

Avoine (découvert avec ces superbes 4èmes de couv’ de Siné Hebdo) nous proposent des dessins plus structurés. Ce gars semble dessiner avec une règle et un compas. Ses formes sont d’une droiture géométrique irréprochable. Ses dessins pourraient paraître froids s’ils n’étaient servis par ce trait épais et charbonneux qui dégage beaucoup d’émotions. Son humour fleure bon le surréalisme à la belge.

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Humour absurde et poésie graphique sont au rendez-vous dans cet ouvrage. Et si cette Fanfare ne fait pas de bruit, ces dessins là ne passent pas inaperçus ! La musique adoucie les mœurs, mais pas la matière grise.

 

 

Le cimetiere des fous – Al Coutelis / Rodolphe (Dargaud, 1984)

Le cimetiere des fous - Al Coutelis / Rodolphe (Dargaud, 1984) dans Chroniques BD dampierremorrison101120

Suite à un naufrage, deux hommes se retrouvent abandonnés sur l’épave d’un yacht qui ne semble pas vouloir sombrer, portés par les flots, au gré des vents et des courants d’une mer recouvert d’algues. Ils croisent un vieux bateau abandonné, dans lequel ils découvrent des cadavres mutilés. Ils y récupèrent un vieil homme qui ne peut leur dire quoi que ce soit, tant il est pétrifié. Nos héros se rendent vite compte qu’il se cache des choses affreuses sous la surface de l’eau. Mais quoi ?… Ils vont bientôt le découvrir et au moment où ils se sentent perdus, ils accostent sur une île, qui n’en est pas vraiment une, plutôt un amas d’épaves de bateaux collés les uns aux autres. Tous les naufragés de cette mer semblent s’être tous échoués sur cette véritable cité flottante, « la communauté des Sargasses » sur laquelle règne « Queen », fille de Theops IV… Sont-ils sauvés pour autant ? Rien n’est moins sur…

Al coutelis est un excellent dessinateur réaliste (ce n’est pas anodin s’il a réalisé un album de Tanguy et Laverdure !), mais je le trouve bien meilleur dans le style semi-réaliste teinté d’humoristique, qu’il nous propose dans Fluide Glacial avec Bienvenue à Welcome Land et surtout Di Cazzo. Il a également participé à un album collectif d’un héros incontournable de la bande dessinée française : Superdupont ! (oui nide iou). Dans ce « cimetière des fous », qui date de 1984, Coutelis maitrise son graphisme, mais il n’a pas encore trouvé ce trait vif et fluide si caractéristique. On le sent encore « coincé » par l’influence d’un Pratt, d’un Giraud, d’un Bernet… Le personnage de Dampierre est un croisement entre les physiques de Corto et Torpedo. Morisson m’évoque plus le Barbe Rouge de Hubinon et.Charlier (avec lequel il collabora à plusieurs reprises). Rodolphe est un scénariste plutôt prolifique (initié à la bd par Jacques Lob), qui a débuté comme chroniqueur dans les pages de Metal Hurlant, Pilote ou Charlie… Il a collaboré avec de nombreux auteurs de talents, tels que Floch’, Goetzinger, Léo, Le Tendre, Juillard…

Une histoire plutôt originale qui, partant d’un postulat dramatique, s’insinue petit à petit dans le fantastique, sans oublier quelques passages purement horrifiques. Une aventure fantastique rythmée, bien menée, sans temps morts, mais traité un peu trop au premier degré à mon gout. Ca manque d’humour, de décalage, d’absurde… Mais c’est le parti pris des auteurs. Par contre, les couleurs ont mal vieillies. Le traitement n’est pas réaliste. La coloriste Claire Lesueur use d’un procédé qui n’est plus trop utilisé, consistant à changer les couleurs des décors quasiment à chaque case, en fonction des situations et des plans, afin de renforcer les émotions des personnages (Par exemple le ciel peut-être à la suite bleu, jaune, rose ou vert…). Les contrastes sont trop sombres et la palette n’apporte pas assez de clarté. Certaines planches sont trop chargées, manquant de lisibilité. Mais fort heureusement le graphisme et l’histoire nous font oublier ces quelques défauts et rendent cet album plutôt intéressant. D’ailleurs, les auteurs avaient prévu de publier deux autres aventures, comme on peut le lire en quatrième de couverture. Des albums qui ne sont jamais parus… Encore un mystère pour Dampierre et Morrisson…

 dans Chroniques BD

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Al Coutelis & Rodolphe sur Bedetheque

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Du beau, du bon, des bds…

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