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Histoires Ordinaires – Binet (Fluide Glacial, 1979)

Histoires Ordinaires - Binet (Fluide Glacial, 1979) dans Chroniques BD bidochon0047830

Il est des œuvres qui marquent à vie. Se faire offrir cet album de Binet quand on est à un âge où son univers bédéphilique se limite à Tintin, Gaston et Pif gadget, ça laisse des traces… L’ami qui m’a fait ce présent m’annonçait à cette occasion que j’allais découvrir autre chose que ce que j’avais pu lire jusqu’alors… La découverte du monde adulte se fait par plusieurs étapes successives. Il est clair que je venais d’en franchir une…

Comment ne pas être interpellé, intrigué par ces histoires d’inceste, de sexualité, de libération de la femme, de problème de couple, d’homosexualité, de conflit de voisinage… Bref des préoccupations d’adultes, aux antipodes de celles qui étaient les miennes alors (j’avais douze ans à peine)… Histoires Ordinaires est paru à une époque où les institutions sociales étaient bousculés : le travail, la famille, la justice, les bonnes mœurs… Tous ce que cette jeunesse de Mai à voulu (et contribué parfois) à changer : les droits des femmes et des enfants, la parité homme-femme, le droit de vivre autrement…

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Dans ce troisième album (après Kador et Poupon la Peste), recueil d’histoires pré-publiées dans Fluide Glacial, Binet possède déjà toute sa maitrise graphique, s’appuyant sur ces formes arrondies mais très expressives, qui rendent parfaitement la laideur, voire la monstruosité, de ses personnages. Une laideur physique et intérieure qui n’en demeure pas moins humaine. Car Binet est un observateur imparable des comportements de ses contemporains, dans ce qu’ils ont de moins flatteurs.

Cette absence de décors (dont il s’amuse dans le premier album des Bidochons) permet à notre œil de ne pas se distraire et d’aller à l’essentiel : les personnages et les dialogues. Une sorte de théâtre en bd où le lieu est à chaque fois unique et les plans souvent fixes (tout se joue au niveau du dynamisme des attitudes et des mouvements). La séquence est temporelle plutôt que spatiale.

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L’histoire de « Bertrand (ou les absents ont toujours tort) » nous rappelle que l’égalité de la justice est une belle utopie. « Adèle ou : on m’a pas bien expliqué » démontre que la libération de la femme n’est pas encore gagnée.  « Marthe et Richard ou : jamais seuls avec HLM » est en fait la première mouture des Bidochons. La « beaufitude » et les problèmes relationnels sont déjà bien présents. Un coté salace en plus… L’histoire de Carole apporte une réponse à la question : « qu’est-ce qu’on peut faire quand on est une petite fille et qu’on s’emmerde le mercredi » ? « GetM », jolie jeu de lettres pour signifier les initiales des deux personnages (Georges ? et Michel) et ce qu’ils ressentent l’un pour l’autre… « Vieux fou vieux con » est un petit bijou. Les protagonistes de cette histoire de voisinage ne sont pas les personnes, mais leur maison, qui dialoguent entre elles.  Le jeu des ombres est remarquable. « Jojo » raconte une rencontre organisée par petite annonce, où les rapports hommes-femmes sont inversés.  La dernière histoire : « Guignol et Kirsch » nous rappelle qu’il n’est pas simple d’éduquer nos chères têtes blondes, sans parfois pêter un plomb… Ces histoires furent écrites dans les années 70 mais, (mal)heureusement pour nous, elles demeurent d’une modernité folle.

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Lire les albums de Binet n’est pas sans conséquence pour notre amour-propre car on en prend à chaque fois pour notre grade. Il bouscule les parties basses de nos instincts. Surtout avec ces « Histoires Ordinaires », qu’il aurait aussi bien pu intituler « Contes Cruels ». Mais avec le temps (du Kador à Poupon la peste, en passant par M le Ministre, sans oublier les Bidochons), Binet semble faire preuve de plus de compassion avec l’espèce humaine, de moins de cruauté. Alors qu’on ne le mérite pas !

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Binet sur bedetheque

Collection – Une revue autour du dessin contemporain (éditions En Marge, 2010)

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Je crois bien que c’est Phil Casoar qui en a parlé dans sa rubrique mensuelle de Fluide, ou peut-être Willem dans Charlie, je ne sais plus… Toujours est-il que dès avoir appris l’existence de cette revue spécialisé dans le dessin sous toutes ses formes, je l’ai rapidement commandé chez mon libraire (mais récupéré tardivement). Celle-ci possède les mêmes exigences éditoriales qu’une revue d’art, en particulier au niveau de la qualité de reproduction des oeuvres. Son petit format n’entrave en rien le plaisir de contempler les oeuvres présentés, de les observer, de les scruter dans leurs moindres détails…

Collection dresse un panorama assez complet du dessin contemporain. Toutes les techniques y trouvent leur place, du traditionnel crayon (noir et blanc ou couleurs) au photomontage (classique ou numérique) ainsi qu’une présentation d’oeuvres bousculant les frontières entre texte et dessin… Point de critiques ou d’analyses d’oeuvre. Collection est une revue bilingue (français-anglais), collectif de dessinateurs nous présentant d’autres dessinateurs par le biais d’entretiens passionnants et passionnés, ainsi que par la diffusion de certaines de leurs oeuvres. Ils organisent également des expositions… « Envisager le dessin par de multiples entrées, explorer les possibilités du médium, de l’art contemporain au graphisme en passant par la bande dessinée, telle est la volonté de la revue Collection. Tous dessinateurs, nous recherchons le dialogue avec des artistes pour comprendre les enjeux de leurs travaux. [...] Sous d’apparents grands écarts, des liens se tissent entre les articles. [...] Nos affinités artistiques, nos goûts en commun et notre curiosité ont guidé nos choix pour ce premier numéro qui privilégie l’idée d’une promenade. » (morceaux choisis de l’éditorial).

Au sommaire de ce premier numéro, on trouve des dessinateurs connus tels que Charles Burns, Ruppert & Mulot ou Fanny Michaëlis (déjà croisé sur le site Grand Papier) et d’autres moins. J’y ai d’ailleurs découvert des artistes absoluments géniaux, pour la plupart adeptes de l’auto-édition, que dorénavant je ne manquerai pas de suivre. En particulier les dessinateurs Ludovic Boulard Le Fur, Ricardo Lanzarini ou Christian Aubrun.

Collection est une revue annuelle. Dommage, on en voudrait bien plus. D’un autre coté, sa rareté la rend d’autant plus précieuse… Vivement le numéro 2 en janvier prochain !

Collectionrevue.com

XX / MMX – Collectif (L’Association, 2010)

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L’Association marque le coup pour ses 20 ans en publiant cet ouvrage, qui fait également office de catalogue de l’exposition organisée à Sierre ce mois de juin. L’Asso ne fera décidément jamais comme les autres, car plutôt que de nous proposer un album commémoratif, compilant les moments forts de ces 20 années passées, J.C. Menu a préféré proposer aux auteurs maisons (les anciens, les nouveaux, les réguliers ou les occasionnels) de choisir une de leurs planches éditées par la structure et d’en réaliser une nouvelle en lien avec celle-ci. Un exercice oubapien (l’autoréinterprétation), qui laisse la liberté aux auteurs d’y répondre, de la prolonger ou de l’actualiser. Chacun choisissant la page qu’il veut et y répondant comme il le veut. 85 dessinateurs ont contribué à l’exercice. Il manque tout de même 3 fondateurs de l’Hydre… On trouvera également des textes de 3 auteurs-collaborateurs : Pacôme Thiellement, Anne Baraou et Christian Rosset. Sans oublier J.C. Menu, qui répond ici à l’édito qu’il avait écrit pour LABO en janvier 1990. « L’ensemble de ces contributions forme une Histoire Imaginaire de l’Association, basée sur son principal enjeu de départ : l’exploration du langage de la Bande Dessinée. Une histoire improbable et aléatoire qui dure depuis maintenant vingt ans, mais qui aura tout traversé, suivant sa devise : « Intransigeance et opiniâtreté »… et qui semble loin d’avoir achevé son potentiel de devenir.«  (J.C. Menu).

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Berberian en 1994…

Cet exercice nous permet d’observer l’évolution (graphique, narrative, thématique…) des auteurs. Si certains prolongent l’histoire (Stanislas, Berberian, Reumann…), d’autres réinterprête leur planche aux regards de leur nouveau style (Doucet, Andersson, Guibert, Gerner, Ruppert & Mulot…). D’autres encore exploitent leur planche pour en recréer une nouvelle (Lécroart, Blexbolex, Placid, Baladi, JM Bertoyas…) ou y répondent (Benoit Jacques, Parrondo, Peeters, Valoni, Remi…). Un ouvrage de belle facture classique (au format Ciboulette, LA collection historique de l’Asso) dont on peut choisir la couleur (entre vert, bleu, jaune, rouge…). Une manière originale et subtile de revenir sur son parcours, de faire le point sur son évolution. Et de se rendre compte que l’histoire, et par conséquent, le catalogue de l’Association est d’une richesse incroyable, d’une inventivité constante et d’une rare cohérence. Sans parler de la qualité des auteurs édités…Un catalogue original, pour une expo originale (que je n’ai malheureusement pas vu !), difficilement descriptible tant il ne ressemble à rien de connu jusqu’alors. Je ne peux que vous conseiller de vous le procurer rapidement !

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… et en 2010.

Autre évènement pour fêter ses vingt ans : l’Asso, avec la complicité du Comptoir des indépendants, a demandé à vingt libraires de choisir leurs vingt albums préférés du catalogue de l’Hydre. Le résultat est le suivant : Un incertain silence de François Ayroles, Le Petit Christian de Blutch, The red monkey dans John Wesley Harding de Joe Daly, L’Ascension du Haut Mal de David B., Shenzen de Guy Delisle, Ciboire de Criss ! de Julie Doucet, Daddy’s Girl de Debbie Drechsler, Journal d’un album de Dupuy & Berberian, L’An 01 de Gébé, Faire semblant c’est mentir de Dominique Goblet, 676 apparitions de Killoffer de Killoffer, L’art selon Mme Goldgruber de Mahler, M le Magicien de Massimo Mattioli, Livret de phamille de JC Menu, 73304-23-4153-6-96-8 de Thomas Ott, Persepolis de Marjane Satrapi, Pascin de Joann Sfar, Lapinot et les carottes de Patagonie de Lewis Trondheim, Pat Boon « Happy End » de Winshluss. (plus d’infos)

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Promenade(s) – Pierre Wazem (Atrabile, 2001)

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Restons dans les personnages aux nez pointus avec ce Promenade(s) de Pierre Wazem. Acteur actif de la bande dessinée indépendante suisse (ça en jette comme formule ça !), Wazem nous propose ici un récit très personnel, un ensemble de scénettes (pré-publiées dans la revue Bile Noire) dans lesquelles il aborde ses difficultés existentiels (sa grande tendance à l’alcoolisme, comme pour combler un vide affectif) qui relèvent de problèmes familiaux profonds.

Pierre se réveille un matin dans sa baignoire avec une bonne gueule de bois. Il ne sait s’il rêve encore ou pas, la présence d’un pingouin à grandes oreilles le fait fortement douter. En fait, il ne rêve pas mais divague dans ce qu’il appelle sa « maison-mentale », encore embué par les effluves d’alcool. Le pingouin est son « Jiminy cricket », qui n’hésite pas à lui dire des vérités qui fachent. Pierre est au stade de la mise au point. Il nous dresse un bilan de son univers (ses amis, ses amours, son quartier, sa cuisine, le café du coin, sa chambre…). Il repense également à sa grand mère et décide d’aller voir sa mère (qui étrangement, ressemble à une souris !? Encore les effets secondaires…). Comme il le dit : « Je ne sais pas trop pourquoi mais après une grosse cuite j’ai toujours envie d’aller voir ma mère. Comme si j’avais failli mourir et que je voulais revoir la source de ma première étincelle de vie. Ou quelque chose comme ça ». On découvrira ensuite son histoire et ses relations particulières avec sa mère, puis son père. Pierre est en quète et part en promenade vers ses origines. Il semble à point pour accepter et supporter ce qui en découlera…

Raconter ses traumatismes d’enfance peut s’avérer glauque, mais Wazem à su trouver la distance et le ton juste pour aborder ce délicat sujet. Son trait vif et ses dessins d’apparences maladroits (avec ses hachures « ratés ») relèvent en fait d’une grande maitrise, tant au niveau des vues d’ensembles que des attitudes des personnages. De plus, ce style « léger » en noir et blanc favorise la distanciation avec ces émotions fortes qui nous sont contées… Le titre est bien trouvé, Wazem nous emmène en promenade vers son passé, ses difficultés existentielles, familiales…  Cette promenade est aussi celle de sa mère, de son père, d’où le S entre parenthèses.

La collection Bile Blanche d’Atrabile est la soeur quasi jumelle de l’Eperluette de l’Association : même format, du moins pour cet album (22x29cm), couverture souple avec rabats et papier épais de qualité… Les filiations entre ces deux maisons indépendantes sont évidentes – en plus du fait qu’on y retrouve certains mêmes auteurs (Baladi, Peeters…) – tant elles partagent le même goût des ouvrages de bande dessinée bien faits ! Wazem cite d’ailleurs deux albums de l’Association comme étant ses « livres-totems » : Livret de Phamille et Le petit Christian. Ce Promenade(s) trouvera parfaitement sa place entre les deux…

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Premier Salon du Livre de Rouen

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Quelques libraires indépendants (l’Armitière, le Lotus, la Procure, Au Grand Nulle Part et La Renaissance) organisent la première édition du Salon du livre de Rouen, les samedi 27 et dimanche 28 juin 2009 à la Halle aux Toiles. C’est un super projet, qui se complète avec le festival BD de Darnetal et le salon du livre de la jeunesse de Rouen. Il n’y a pas trop de trois manifestations de ce genre sur l’agglo… Bonne initiative !

Avec, côté BD, la présence de Cabu pour la sortie de son dernier ouvrage : Démobilisation Générale. Jean Claude Mézières, avec une exposition organisée au premier étage. Une rencontre avec le scénariste de SF Fred Duval et ses dessinateurs : Christophe Quet (Travis) et Emen (Carmen Mc Callum). Ainsi que Luc Jacamon, dessinateur de la série Le Tueur, Christian Gaudin pour ses Histoires de chats zen et Jean-françois Kieffer pour sa série BD Loupio…

Côté littérature, on retiendra entre autres la présence de Alain Mabanckou et son Black Bazar, Eric Fottorino avec L’homme qui m’aimait tout bas, Vladimir Fédorovski et Les amours de La Grande Catherine, Jean Jacques Vanier avec Vive les vacances! ou Richard Bohringer avec ses deux pièces de théâtre : Zorglub suivi de Les Girafes…

Outre ses auteurs reconnus, un espace sera consacré aux auteurs régionaux et à leurs éditeurs.

Rencontres et séances de dédicaces seront au programme. L’occasion rêvée de parler avec eux, d’échanger conseils de lecture avec d’autres voyageurs immobiles, de prendre du bon temps… Petit compte rendu après visite.

http://www.salondulivrederouen.com/

Edit du 28/06/2009 :

Au rez-de-chaussée de la superbe Halles aux Toiles, se tenait  l’exposition JC Mezières comprenant une bonne quarantaine de lithographies en couleurs. Des planches, des esquisses, des couvertures d’albums, ses projets pour le cinéma (sa participation au 5ème élément)… Un dessinateur génial !

L’expo se prolonge au premier étage, là ou se trouve le salon en lui-même. Une autre expo super sympa de « tête de pochette ». Le principe consiste à photographier des gens cachant leurs visages avec des pochettes de vinyls (voir ici) . S’en suivent les libraires (proposant les ouvrages, normal) entourés des stands de dédicaces. Les auteurs de BD ont eu un franc succès mais les écrivains n’étaient pas en reste…

Faute de temps, je n’ai pas eu l’occasion d’assister aux rencontres et autres tables rondes, dommage. Un premier salon (les organisateurs essuyaient les platres mais c’était super pro !) à taille humaine et à l’ambiance plutôt chaleureuse. A suivre…

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L’entrée du salon…


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Du beau, du bon, des bds…

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