• Accueil
  • > Recherche : otomo autorout

Résultats de la recherche pour ' otomo autorout '

Chronique K.BD – Akira

Chronique K.BD - Akira dans Chroniques K.BD entete-akira

Continuons notre périple vers la fin du monde avec une œuvre fondamentale, archétype du genre post-nuke (ou post-apocalyptique), un sous-genre de la science-fiction, racontant la vie de survivants à une catastrophe ayant détruit la civilisation. Premier manga à avoir connu le succès en France (en 1990), Akira a collé une claque à nous autres, amateurs de bande dessinée de SF. Pour ma part, j’y ai découvert la puissance d’évocation du médium.

Une synthèse by myself (et les camarades de K.BD).

miniakira dans Chroniques K.BD

Lire l’article

Akira (L’Autoroute) – Katsuhiro Otomo (Glénat, 1990)

Akira (L'Autoroute) - Katsuhiro Otomo (Glénat, 1990) dans Chroniques BD akira-1

Premier manga à avoir connu le succès en France, Akira a collé une claque à nous autres, amateurs de bande dessinée de science fiction. Pour ma part, j’y ai découvert toute la puissance d’évocation du médium.

Otomo a su transcender le traumatisme de la bombe nucléaire en une histoire totalement délirante mais ô combien cohérente, à forte teneur émotionnelle. Y apparait en toile de fond le contexte politique et social du Japon des années 80, ses angoisses héritées d’Hiroshima et Nagasaki, la fuite en avant dans le développement des nouvelles technologies. La thématique principale du récit est proche des concepts de Biomécanique ou de « Nouvelle Chaire » chères à Giger et Cronenberg. Sans oublier l’esthétique steampunk du film Tetsuo de  Shinya Tsukamoto. Katsuhiro Otomo dénonce les dérives du transhumanisme, qui tend à désincarner l’humain, le transformant en une mécanique incontrôlable… C’est la morale de cette histoire : se prendre pour Dieu et vouloir maitriser ce qui nous échappe n’est jamais sans conséquences. L’Histoire nous l’a démontré à maintes reprises…

akiracouleurs01p-201x300 dans Chroniques BD

Arrêtons-nous sur la scène d’ouverture, qui annonce les grands axes du récit à venir : Les rapports entre Kaneda et Tetsuo. Le premier, chef incontesté de la bande, est le modèle du second, le frêle petit du groupe, qui subit l’infantilisation de ses camarades, de Kaneda en particulier ; Le choc, l’explosion de la collision, sur le site même de la première déflagration nucléaire, qui sera le point de départ des transformations et mutations de Tetsuo ; L’apparition énigmatique et la disparition spectrale du numéro 26, première rencontre avec un membre de la famille des mutants, et premier élément surnaturel d’une histoire qui en regorgera ; L’intervention pour le moins obscure des militaires, qui arrivent avec un temps d’avance sur les autorités « officielles ». Ce qui corrobore cette idée de complot…

akira-1-extrait-1-197x300

Dans ce premier volume, apparaissent tous les tenants (Kaneda et Tetsuo, le colonel et ses sbires, Kay et son frère Ryu, Takashi, Masaru et Kiyoko, même Akira est évoqué…) et aboutissants (la quête d’une surhumanité, le despotisme des militaires, l’impuissance des scientifiques à contrôler leurs créations…) de cette histoire de dingue, qui annoncent de purs moments de délires narratifs et esthétiques. Influencé par les dessinateurs occidentaux (Moebius surtout), Otomo fait preuve d’une virtuosité graphique remarquable de dynamisme et de précision. Un sens du rythme dans ses séquences et mises en pages plutôt éloigné du manga traditionnel. Ce qui explique surement son succès auprès des lecteurs occidentaux de l’époque, pas encore habitués au vocabulaire du manga (peu d’ellipses, surabondance de tirets de mouvements…) et à sa lecture inversée.

Un chef d’œuvre qui n’a rien perdu de son intensité.

akira2-193x300

La Lunette – Visions concaves & convexes du réel (revue, 2003)

lunette

Il est des revues de grandes qualités qui vivent et meurent dans l’indifférence quasi générale. C’est le cas de La Lunette. C’est au hasard de mes recherches (sur un site de vente aux enchères connus de tous) que je découvre cette revue bordelaise totalement inconnue, mais regroupant de grands dessinateurs.La Lunette n’est pas une revue de bande dessinée de reportage, mais une revue de reportages, parfois réalisés en bandes dessinées. On trouve également des reportages photos plus traditionnels, des articles illustrés, des poèmes visuels, des roman-photos, des carnets de voyage… De sensibilité humaniste et écologique, la rédaction a la volonté de proposer de nouvelles formes de reportages illustrés. Car l’image, quelle que soit sa nature, est essentielle. « Visions concaves et convexes du réel ». Un sous-titre en forme de déclaration d’intentions : la revue privilégie l’originalité des regards subjectifs sur des faits objectifs… Regardons le sommaire en détail :

La Lunette - Visions concaves & convexes du réel (revue, 2003) dans Presse et Revues lalun1

Denis Vierge

Christophe Dabitch nous raconte son voyage au pays des serbes, le long du Danube. Un reportage à la première personne, illustré par David Prudhomme, qui nous en apprend sur la situation de cette région, où les populations serbes, croates ou albanaises réapprennent à vivre ensemble, dix ans après les massacres.

Dans Made in China, Sylvain Gérard nous raconte en bd, avec son style faussement enfantin, sa vision de l’expansion économique chinoise.

Christophe Dabitch et le photographe Rodolphe Escher nous emmènent cette fois-ci à la rencontre d’un jeune clandestin marocain fraichement débarqué à Bordeaux. Son périple, son arrivée, sa nouvelle identité, Dabitch nous raconte en détail la dure réalité de la condition d’un immigré clandestin qui n’aspire qu’à vivre simplement. Déraciné d’un coté et inexistant de l’autre, ce jeune s’est vu condamné à 3 mois de prison et un an d’interdiction de territoire pour avoir volé dans un magasin. Lui qui cherchait seulement à s’intégrer, trouver un boulot, payer un loyer…

lalun2 dans Presse et Revues

Tombés des mains du soleil

Les 10 pages de bande dessinée de Denis Vierge nous expliquent en détail la création et l’organisation de la ZOB : la Zebu Overseas Bank. Une manière utile et originale pour les riches occidentaux de venir en aide aux paysans pauvres de Madagascar, en leur confiant « l’usufruit d’un animal tout à la fois symbolique et outil de travail qu’ils n’ont pas les moyens financier d’acquérir ».

Charges et un poème de Yohan Radomski illustré (entre photomontages et dessins) par Julien Tardieu. Une ode à la faveur des chauffeurs routiers, véritables héros méconnus de nos temps modernes.

Bernard Brisé nous propose des portraits photographiques d’albinos africains. Les textes et photos sont issus de son ouvrage intitulé tombés des mains du soleil. « Occultant légendes et croyances ancestrales, l’humble objectif de son travail consiste à montrer l’albinos tel qu’il est : un être humain à part entière pouvant être associé, pour une fois, à une image voire un concept en rapport avec la notion de Beau ».

lalun4

Nos trois carnets crétois

Jean François Hautot, David Prudhomme et Troub’s pratiquent un exercice pour le moins original. Nos trois carnet crétois est une synthèse dessinée de leur voyage commun en Crète. Un enchevêtrement des pages de leurs carnets respectifs. Les planches de ce récit sont composées de différentes manières. Certaines sont des suites de leurs dessins structurées de manière séquentielle. D’autres sont des superpositions de leurs croquis représentant les mêmes motifs, une manière de confronter leurs points de vue tout en créant des effets de mise en abime très intéressant. Sur d’autres planches, les auteurs ont pratiqué une sorte de cadavres exquis dans lequel chacun prolonge le dessin de l’autre. Il se dégage une incroyable cohérence dans ces assemblages de croquis pris sur le vif. On ne distingue pas clairement les dessinateurs, tant leurs styles respectifs et les techniques sont très proches. C’est là la grande force de ce récit dessiné. Une manière vraiment originale et réussie de pratiquer le carnet de voyage à plusieurs mains.

lalun3

Etienne Davodeau

Laurent Bonnaterre et Manuel Lo Cascio, respectivement chargé des relations publiques et rédacteur en chef de la revue, ont interviewé Etienne Davodeau (en 2001 et 2002) à l’occasion de la sortie de son ouvrage Rural (en 2001), rare spécimen de reportage en bande dessinée. Davodeau explique : « L’idée initiale était d’utiliser la bande dessinée pour raconter une histoire vraie qui soit une vraie histoire, quitter le domaine de la fiction dans lequel la bande dessinée est traditionnellement exploitée. J’ai donc cherché un sujet de reportage, ou de documentaire – je ne sais pas ce que c’est exactement, un peu des deux à mon avis. Je suis finalement tombé sur ce sujet sans avoir l’envie à priori de parler ni de l’agriculture bio et ni des autoroutes. Il se trouve que ces mésaventures arrivent à un ami agriculteur qui m’a dit « On est passé en bio et on apprend que notre exploitation est coupée en deux par une autoroute… ». Moi ce que je cherchais, c’était un sujet qui, d’une part, soit racontable en bande dessinée et, d’autre part, dépasse ses propres péripéties et anecdotes. Dans la confrontation des deux événements je me suis dit qu’il y avait peut-être un sujet à creuser. » C’est donc volontairement que Davodeau use des potentialités originales du médium vers la voie du reportage,  et non parce que l’histoire l’y aurait amené. Un positionnement qui correspond parfaitement aux intentions de La Lunette. « Faire un reportage c’est essayer d’explorer un petit champ supplémentaire, ce n’est pas une idée révolutionnaire. Je pense que la bande dessinée a des capacités pour ça. D’abord, sa légèreté technique, et puis le fait qu’elle impose une distance d’emblée par rapport au sujet ».

baudoin2

Baudoin

Baudoin se souvient de sa première visite de Paris. Après avoir essuyé deux refus auprès d’éditeurs, il erre dans le quartier Oberkampf en attendant son train pour Nice. Cette courte histoire autobiographique nous démontre une nouvelle fois que Baudoin est un dessinateur libre, qui mélange les motifs avec une maestria inégalée, son visage se confondant souvent avec les monuments qu’il découvre. Son graphisme lâché et cependant très maitrisé, ce noir et blanc charbonneux (exécuté au pinceau et fusain) conviennent à merveille pour décrire ce spleen urbain.

Sauvage est l’attente est une bande dessinée à la forme originale. Les auteurs, Church et Nicolas Global, détournent des images de diverses natures. Des photos ou des cases de bd standard (genre Elvifrance) sont ré-agencée de manière séquentielle (avec présence de phylactères) afin de dénoncer par l’absurde la pseudo-liberté apportée par la voiture.

sauvage0

Church & Nicolas Global

François Ayroles nous parle lui de La végétation dans la ville, pour le moins méprisée par les urbanistes et trop souvent ignorée les citadins. Il en distingue 3 types : La végétation préhistorique, présente avant le bitume, qui si elle n’est pas encore malade, voit son espérance de vie de plus en plus réduite…  La végétation orthodoxe, conçue avec la ville. Ce sont ces allées tristes de platanes ou ces carrés de gazon en kit. Donnant l’impression que les urbanistes cherchent à se donner bonne conscience. Et enfin la végétation pirate, non désirée. Symbole d’une nature qui tente de reprendre ses droits, à l’image de ces touffes d’herbes qui poussent entre les pavés. Une analyse illustrée sensible et intelligente.

lalun5

François Ayroles

On peut constater sur le site officiel que La Lunette s’est arrêté en 2005, au numéro 6. Dommage, car ses qualités formelles sont indéniables. Cependant, même si elle n’existe plus, les thèmes abordés sont toujours d’actualité et ne sentent malheureusement pas la poussière. Le choix des sujets et leurs traitements rendent la lecture de cette revue encore pertinente, presque dix ans après sa sortie. J’ai bien l’intention de me procurer d’autres numéros…

lunette2

sommaireno1r1c2

La Lunette


Visiteurs

Il y a 1 visiteur en ligne

Du beau, du bon, des bds…

Du beau, du bon, des bds…

Mag’ & revues disponibles…

Mag’ & revues disponibles…


DuffDes!gn |
Le peuple des couleurs |
ateliers enfants |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | axecreations
| ART'S DATING - DJO CAFÉ-ARTS -
| Electivo Fotografía