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Jack Palmer – Pétillon

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Premier album des aventures de Jack Palmer…

Comme Lauzier, Pétillon est un auteur que j’ai apprécié sur le tard. Il pratique un humour absurde, nonsensique et très second degré. Il fait aussi appel à de nombreuses références politiques et sociales. Cependant, ses histoires ne sont pas trop datées et supportent sans problèmes le passage du temps.

La plupart des auteurs de BD évoluent au niveau de leur style graphique. Ils le peaufinent, l’affinent, l’épurent… Mais rares sont ceux qui semblent se réinventer à chaque album, cassant tout automatisme (voire l’idée même de « style »), tout en restant cohérent. Pétillon est de ceux-là, un dessinateur caméléon, œuvrant aussi bien pour la bande dessinée que le dessin de presse (on le retrouve dans les pages du Canard Enchainé).

Comme nous l’explique très justement Thierry Groensteen dans son article Pétillon le mutant, paru dans la revue Neuvième Art n°13 : « Mettez côte à côte un dessin de Pétillon exécuté au milieu des années 70, un autre de 1980, un de 1985, un de 1990 et un de 2000, vous penserez avoir affaire à cinq dessinateurs différents. On ne connaît guère d’autre exemple d’un artiste qui, tout en restant par ailleurs d’une fidélité obstinée au même personnage, soit passé par autant de périodes graphiques fortement différenciées. »

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Métamorphose depuis 1974…

Palmer semble le bon prétexte à Pétillon pour s’essayer à différentes approches picturales (entre minimalisme et « esthétique de la surcharge et de la saturation », caricature et réalisme, traits incisifs ou ligne claire…), différentes techniques (encres ou pinceaux, hachures ou aplats…). Le tout, s’appuyant sur de multiples références : les américain Johnny Hart, Edler et Kurtzman (de Mad) ou encore Mordillo, Masse, Rochette (autre mutant notoire).

 

Si le style de Pétillon est en constante évolution, Jack Palmer lui, n’évolue pas. Depuis sa première enquête, il est toujours aussi crétin et à coté de la plaque. Ce qui ne l’empêche pas de résoudre ses affaires. Un détective privé qui subit les événements, ne comprend jamais rien à rien, mais qui malgré tout arrive à chaque fois à tirer son épingle du jeu. Chapeau Palmer !

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Je suis loin d’avoir tout lu, mais les quelques Jack Palmer que je possède sont tous excellents. Les disparus d’Apostrophes, Le chanteur de Mexico et Le pékinois pour la période « années 80 ». L’enquête Corse et L’affaire du voile pour les années 2000. Même si j’aime beaucoup la ligne claire des trois premiers (sous influence hollandaise, en particulier Leon la terreur de Van Den Boogaards & Schippers), je rejoins Groensteen à propos de la qualité des derniers, surtout L’affaire de Voile : « Sur le plan graphique, L’affaire de Voile (2006) est à ce jour, et pour mon goût, le plus achevé de tous les albums de Pétillon. Il est réjouissant de voir un auteur sexagénaire, après un parcours tout en sinuosités, parvenir à une sorte de synthèse de son art. Son trait de pinceau a retrouvé de la souplesse. Les expressions physionomiques sont plus travaillées, et on ne peut qu’admirer le talent de Pétillon pour caractériser un personnage dès sa première apparition. Les décors (le Selim Bazar, l’appartement de l’imam Hâdi) sont d’une grande puissance d’évocation. Les couleurs (de Sophie Dumas et Christine Couturier) sont feutrées, sans ostentation. Si Pétillon se rapproche ici de quelqu’un, c’est, il me semble, de Rochette, avec lequel il a par ailleurs entamé une collaboration fructueuse comme scénariste des aventures loufoques de Louis le Vétilleux et Clémolin, dit « Dico » (Cf. Panique à Londres et Scandale à New York). Qui s’assemble finit donc par se ressembler… provisoirement. »

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édition en arabe…

 

Jack Palmer sur Bedetheque

NEUVIEME ART n°15 – CIBDI (2009)

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Comme de coutume, c’est le gagnant du grand prix de la dernière édition du festival d’Angoulême (donc le président du jury de la nouvelle) qui signe la couverture du dernier numéro de 9ème Art (nouvelle formule). Après Wolinski, Trondheim et Blutch, ce sont Dupuy et Berberian qui ont dessiné la couv’ de ce quinzième numéro. La rédaction nous propose un dossier de plus de cinquante pages, incluant deux interviews séparées de ces deux auteurs inséparables… On y apprend d’ailleurs qu’ils ne sont pas si inséparables que ça. Ils savent aussi travailler seuls ou en collaboration avec d’autres auteurs…

Cette revue regorge de dossiers complets, d’interviews, d’analyses et de commentaires pertinents. Une quarantaine de page sur le génial Fred, dont un superbe article de Julien Bastide qui examine l’apport de Fred à la bande dessinée sur le plan formel, par le biais d’un abécédaire qui reprend les quinze lettres de l’Océan Atlantique.

On trouve également au sommaire : un article sur l’actualité du dessin animé (entre Persepolis et Peurs du Noir), un sur les nouvelles formes de la bande dessinée populaire, un autre intitulé « loin de la planche à dessin » (comprenant entre autre un entretien avec Jochen Gerner), ainsi que les rubriques habituelles sur l’actualité, les comptes rendus d’albums, les « planches remarquables de la collection du musée de la bande dessinée »…

Neuvième Art fait état, à chacun de ces numéros, de toute la diversité et la richesse de la bande dessinée. Loin des querelles de chapelle, sa ligne éditoriale est moins polémique que ne l’était celle de l’Eprouvette par exemple. Cette revue est indispensable aux amateurs (aux professionnels également).

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Sommaire détaillé

NEUVIEME ART (revue) – CIBDI

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Couverture de Blutch (n°14/2008)

Comme son nom l’indique, Neuvième Art nous propose une information critique et des réflexions de fond sur la Bande Dessinée. 9e Art (les cahiers du musée de la bande dessinée) est la revue du Centre National de la Bande Dessinée et de l’Image (CNBDI) d’Angoulême.
Publiée depuis plus de 10 ans, cette revue annuelle est pilotée par un comité de rédaction resté stable depuis le début, qui compte dix spécialistes, critiques et historiens de la bande dessinée. Sauf dans le dernier numéro où on peut déplorer l’absence de Thierry Groensteen ou Thierry smolderen.

On trouve dans le 13ème numéro (282 pages dont 64 en couleur) des dossiers complets sur Pétillon (Interview et études relatives à l’auteur de L’Enquête corse et de L’Affaire du voile, créateur de Jack Palmer, dessinateur au Canard enchaîné, scénariste de Got (Le Baron noir), Rochette et Cestac). Trondheim (Un dossier complet sur le Président du Festival d’Angoulême 2007, membre de l’Oubapo, créateur de Lapinot et de Donjon). Druillet (Le créateur de Lone Sloane prépare son retour avec la parution en 2007 du très attendu Delirius 2 (scénario Benjamin Legrand). Propos d’atelier avec un grand de la BD). L’école du New Yorker (Retour sur une revue prestigieuse, qui a récemment publié l’intégrale des dessins parus dans ses pages). BD & philo (Un tour d’horizon des liens qu’un certain nombre de créateurs entretiennent avec les textes ou le questionnement philosophiques). Questions de mise en page (Description et évaluation des grandes écoles de mise en page qu’a connues la bande dessinée des années 1900 à nos jours).

Extrait de l’éditorial par Jean Pierre Mercier, le rédac’ chef du n°14 : » le présent numero fait la part belle à des auteurs ou des aventures éditoriales qui ont marqué les années 70 / 80 ( Francis masse, Futuropolis raconté par Florence Cestac, José Munoz, lauréat 2007 du Grand prix de la ville d’Angoulême qui fit ses premiers pas dans Charlie Mensuel ), se penche également sur l’un des artistes les plus passionnants et intransigeants de la période actuelle : Blutch. Il inaugure également une nouvelle rubrique ( l’éphéméride ) et s’ouvre au cinéma d’animation (avec un point sur le desin animé japonais) annonçant d’autres changements dans les numeros à venir  ».

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Trondheim (n°13/2007)

La Véritable Histoire de Futuropolis & Le Journal – Cestac & Clerc (2007/Dargaud – 2008/Denoël Graphic)

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Florence Cestac et Serge Clerc sortent en même temps (à six mois d’intervalle) un album autobiographique. Ils nous racontent leurs souvenirs de ce qui demeure les deux plus grandes aventures éditoriales de la Bande Dessinée française des années 70 et 80 : Futuropolis (1972-1994) et Métal Hurlant (1975-1987).
Hasard des projets et des calendriers ? Il est amusant d’observer de nombreux points communs entre ces ouvrages…
Cestac et Clerc sont les acteurs principaux de leur récit. Ils ont contribué à la création de l’aventure qu’il nous raconte… Ce qui rend leur démarche originale et légitime…
Laissons la parole à Philippe Druillet : « La Véritable Histoire de Futuropolis est un livre chaleureux, lumineux, tendre, magnifique. Florence y parle d’une histoire dont elle a été partie prenante à 50/50 avec Etienne Robial. C’est comme si Hergé avait écrit sa propre histoire, ou que Moebius, Jean-Pierre Dionnet et moi-même avions rédigé notre histoire de Métal. C’est la grande nouveauté par rapport à tous ces ouvrages sur l’histoire de la bande dessinée qui sont paru jusqu’à présent. Quel que soit le talent des journalistes qui écrivent ces livres – et dans le cas des auteurs du livre sur l’histoire de Métal Hurlant, ce talent est grand – ils n’ont pas été les acteurs de l’histoire qu’ils racontent » (in Neuvième Art n°14).

Druillet ne le mentionne pas, mais Dionnet explique dans sa préface (pour Le Journal) que Serge Clerc est « légitimement le seul qui pouvait raconter le journal […] Serge Clerc en sait plus sur la naissance de Metal Hurlant que moi ». Clerc voulait faire cet ouvrage depuis longtemps mais Dionnet à certainement raison quand il émet l’idée que Le Journal est aussi sa réponse au livre Metal Hurlant –la machine à rêver… Dionnet toujours, à propos du Journal : « Ce livre aurait du s’appeller « La Véritable Histoire de Métal Hurlant » , si le titre n’avait pas été pris par l’Autre Éditeur Important des années 70 ».
Cestac, quant à elle, a sorti La Véritable Histoire pour également remettre quelques pendules à l’heure par rapport au nouveau Futuropolis, qui n’a aucun rapport avec SON Futuropolis. « Le Futuropolis d’aujourd’hui est autre chose, qui n’a rien à voir. Il faudrait que ça s’appelle autrement » (Cestac in Neuvième Art n°14).
D’une certaine manière, ils rétablissent la vérité, du moins leur vérité, à propos de l’histoire qu’ils ont vécu.

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Cestac et Clerc partagent la même volonté, ne pas oublier…
Florence et Serge ne se bloquent pas à décrire la stricte réalité des faits, ils ne cachent pas les tours que leur joue leur mémoire, ils ne recherchent pas l’exactitude des faits… Ils retranscrivent avant tout leurs émotions du moment et leurs ressentis « à posteriori ». Tous deux privilégient leur mémoire affective… Ils font preuve d’une grande sincérité et d’une grande humilité. A aucun moment ils ne tirent la couverture pour eux. On ressent une grande sympathie pour leurs amis. Et des amis, il y en a eu ! Ozanne, Dugenou, Roquemartine, Druillet, Tardi, etc. pour Cestac ; Dionnet, Manœuvre, Chaland, Moebius, etc. pour Clerc… Un bon nombre, surtout Dionnet, Druillet et bien sur Robial, ont participé activement à ces deux aventures…
Aucunes critiques, aucuns règlements de comptes. Je suppose qu’ils ne parlent pas des gens qu’ils n’aiment pas… Pas de nostalgie non plus, un peu de tristesse uniquement, car ces aventures sont maintenant terminées… Mais elles ont été, et tous les livres magnifiques qu’elles ont publiés existent encore et toujours…

Outre ces nombreux points communs, Le Journal et La Véritable Histoire ont, bien entendu, leurs qualités propres. Chacun avec sa « patte » (les fameux « gros nez » de Cestac, la fameuse ligne claire de Clerc), son style (humoristique pour elle, limite cubiste pour lui), son vocabulaire picturale… Elle utilise du gris alors qu’il est dans le noir et blanc stricte…
Cestac est plus sentimentale (l’histoire de Futuropolis est aussi l’histoire du couple Robial-Cestac), décrivant les émulations de groupe, nous racontant des anecdotes à propos des amis…
Clerc lui, est plus introspectif, moins impliqué dans la vie de groupe. Il est dans la retranscription de ses impressions, ses stimulations, ses découvertes, ses rencontres décisives (avec Manœuvre ou Chaland)…
Au niveau de la maquette, ils ont chacun conservé l’esthétique propre à leur maison d’édition. C’est Robial qui a fait la conception graphique pour Cestac et celle de Clerc a été faite par les Associés réunis (inclus Jean-Luc Fromental, ancien rédacteur de Métal).

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Ces deux aventures éditoriales, Futuropolis et Metal Hurlant, n’étaient que le fruit de gens passionnés, sans grande expérience, formés sur le terrain mais solidaires, animés par le même désir : réaliser leurs rêves… De véritables héros des temps modernes…
Passionnés, voilà le maître mot, le moteur qui a permis à Florence Cestac et Serge Clerc de réaliser ce qu’ils ont fait, et de nous proposer en 2008, avec cette passion toujours intacte, le récit de leur formidable aventure. Superbes !

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