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Blackbird – Pierre Maurel (l’Employé du Moi, 2011)

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« Les députés ont adopté la loi qui supprime le prix unique du livre, à laquelle se rattache l’interdiction de l’auto-édition. En effet, toutes les publications devront désormais passer entre les mains d’un éditeur certifié et agréé, afin de mieux contrôler les contenus à caractère litigieux et offrir aux auteurs des conditions optimales de distribution de leurs ouvrages. » (4ème de couv’)

Ce postulat digne d’un scénario d’anticipation (évoquant le Fahrenheit 451 de Ray Bradbury) – malheureusement pas si fantaisiste que cela – transforme en un clin d’œil un groupe de créateurs de fanzine en de dangereux terroristes. Une pratique marginale mais plutôt confidentielle devient un acte déviant, dangereux pour la bonne moralité de la société. C’est l’un des effets pervers d’une telle loi répressive : attirer l’attention sur un phénomène qui, dans le fond, n’est pas si transgressif que ça. Car ce n’est plus le contenu qui peut être de nature subversive, mais l’objet fanzine en lui-même.

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Interdire l’auto-production, sous prétexte d’apporter aux auteurs de meilleures conditions d’édition, est un moyen efficace pour contrôler les esprits subversifs et censurer tout message non politiquement correct. En un mot : museler la liberté d’expression !

Heureusement, un groupe d’ami ne l’entend pas de cette manière et prend le risque de continuer à produire leur fanzine. Leur création s’associe maintenant à un discours et des actes revendicateurs. Se procurer une photocopieuse au marché noir, distribuer gratuitement leurs productions dans les espaces publiques (abribus ou bancs publics) et inventer les attentats encriers, inspirés des attentats pâtissiers de Noël Godin, en remplaçant la tarte par de l’encre de chine. Tout un symbole !

La grande originalité de cet album est cette constante mise en écho entre le fanzine créé par les personnages et le livre que nous tenons dans les mains. Outre le titre en commun, rien ne nous empêche de penser que le contenu du fanzine puisse être le même que celui de l’album que nous lisons, dans la mesure où, à l’exception de quelques cases encadrées en noir, nous n’avons pas connaissance de son contenu. La couverture en carton brut de l’album renforce cette impression de « livre-fanzine » et contribue à brouiller la frontière entre fiction et réalité.

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Côté mise en page, Maurel alterne entre des planches classiques (type gaufrier) et des compositions plus libres, dans lesquelles il use d’effet chrono-photographique, décomposant le mouvement d’un skateur dans un même espace.

Son graphisme semi-réaliste m’évoque celui de Mathias Cousin (dessinateur du Chant de la machine), avec ses volumes hachurés pour les décors et ce trait plus en à-plat pour les personnages. Un style graphique plutôt « underground » qui convient parfaitement aux propos de l’histoire.

Véritable manifeste pour la libre édition, Blackbird soulève des questions fondamentales quant à la liberté d’expression et d’entreprise dans notre société moderne qui, sous ses dehors progressistes, n’en demeurent pas moins très conservatrice. Il suffirait de peu pour que nos libertés individuelles ne se réduisent à peau de chagrin. Soyons vigilants !

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Le blog de Pierre Maurel

Blackbird sur Du9

L’Employé du Moi

Le Chant de la Machine – Mathias Cousin & David Blot (Delcourt, 2000/2002)

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Vouloir dresser un inventaire de la musique électronique annonce un travail plus que pharaonique. En effet, même si cette musique est jeune (on va dire depuis les années 50) elle est d’une richesse telle qu’on est loin de pouvoir faire le tour de la question en deux albums de bande dessinée. Mais en fait, sous ce titre Le chant de la machine, les auteurs s’attachent plutôt à nous parler des musiques électroniques festives, faites pour danser. Ce que l’ont nomme de façon générique : la musique techno.

Comme ils nous l’expliquent, il faut remonter au moins jusqu’aux origines de la musique disco pour comprendre la musique techno, à la fois dans sa conception (l’apport des nouvelles machines en studio, créations des maxi et des remix) que dans sa consommation (en club, pour danser !) Et surtout l’apparition des DJs, qui changent la donne : ceux qui diffuse la musique et créent des enchainements deviennent également des artistes !

Il n’a pas été facile de faire éditer cette bd, tant le sujet et la forme (entre planches séquencées, dessins prenant toute la page et textes illustrés) étaient assez particuliers. Tracer l’historique de la musique techno, dans un format bd, mais sans héros récurent (si ce n’est la musique en elle-même) n’emballait pas les éditeurs, sauf Delcourt…

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Une bande dessinée journalistique (David Blot était à l’époque chroniqueur pour Nova ou les Inrocks), didactique et richement illustrée, malgré quelques inévitables oublis et raccourcis. Une enquête qui se joue du temps, qui nous propose des interviews de DJs maintenant disparus, des visites de lieux mythiques qui n’existent plus (le Loft, le Studio 54, le Palace…). Une somme d’information en 150 pages…

Le premier volume commence au début des années 70, avec la création des premiers clubs new-yorkais, pour finir fin des années 80 avec New Order à Ibiza. Le graphisme de Mathias Cousin (qui nous a quitté avant la sortie du deuxième volume) est très influencé par Robert Crumb avec ses rondeurs hachurées, un trait à la fois humoristique et réaliste. Le deuxième volume – qui commence au début des 90’s - est plus épuré au niveau du style, plus lâché. Avec quelques touches de couleur fluo, normal !

Nous ne sommes jamais allé à l’Hacienda, nous étions à peine nés quand le Loft ouvrait ses portes, et toujours pas majeurs quand le Garage fermait les siennes. Nous n’avons pratiquement rien connu, vécu, expériementé, de tout ce que nous allons vous conter parce que nous étions trop jeunes… « Le Chant de la Machine », récit en deux volumes, est d’abord un reportage, une enquête sur les débuts d’une musique qui allait dominer cette fin de siècle, la musique des computers froids et des corps chauds… La House Music… Mais c’est surtout une bande dessinée et une aventure, bref, autant d’invitations obligées à prendre des libertés par rapport à la réalité. (les auteurs)

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A ranger entre La Legende du Rock’n'Roll de Serge Clerc et les Lock Groove de JC Menu…


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