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Les dépoteurs de chrysanthèmes – Jean Marc Rochette (Futuropolis, 1980)

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Dessinateur autodidacte passionné de peinture (Goya en particulier), Rochette publia ses premières planches dans la mythique revue Actuel. Il n’a pas encore 18 ans. S’en suit la création d’Edmond le Cochon pour l’Echo des Savanes, d’abord seul, puis en collaboration avec Martin Veyron. Son graphisme humoristique et semi-réaliste est à l’époque plutôt underground et trash, très inspiré par Crumb, Corben ou Masse (un grenoblois comme lui !) et proche d’un Margerin des débuts.
Son style évoluera dans le temps, entre le réalisme froid de Transperceneige et les rondeurs colorées de Napoleon et Bonaparte (en collaboration avec Petillon). Il a sorti fin 2009 un nouvel album Himalaya Vaudou.

Ce « dépoteurs de chrysanthèmes » est son premier album, publié en 1980 chez Futuropolis. Il regroupe ses premières planches parues à l’époque dans Actuel. On y trouve aussi les premières histoires de son anti-héros plutôt perturbé, Claudius Vigne. Un recueil un peu fourre-tout (comme souvent avec les albums compilant les premières histoires d’un auteur) passant du fantastique à l’absurde, de l’érotisme au morbide, souvent dans la même histoire. Rochette revisite par l’absurde-trash certains grands mythes et genres populaires : Pim Pam Poum, l’homme invisible, le Polar… Son style s’adapte en fonction. Oscillant entre un réalisme travaillé, flirtant parfois avec l’Hyperréalisme (maitrisant les contrastes clair-obscures ainsi que la matière, par des jeux d’ombres et de hachures) et un style humoristique plus léger. Certaines planches teintées d’humour noir laissent transparaitre l’influence d’un Topor (dans leur style et leur thème).

On trouve quelques illustrations entre deux histoires, usant d’un principe apprécié par Etienne Robial. A savoir prendre un détail d’une planche et l’agrandir. Ce qui fait apparaitre les effets de trame. Procédé qu’il a souvent utilisé pour les couvertures d’ouvrages. Mais la grande originalité de cet album tient à sa conception. Robial et Rochette se sont amusés à supprimer les pages de gardes. La première histoire commence dès la couverture, la dernière se termine sur la 4 de couv’. Il n’y a aucunes pages blanches, tout espace libre est utilisé. Les indications (copyright, dépôt légal, etc.) sont inscrites sur le dos. Il y est même noté un petit poème de Martin Veyron à la gloire de son camarade :  » Rochette , immortelle silhouette, s’élevant telle la mouette au-delà des pâquerettes qu’hantent toutes les oeuvrettes. Dessins à la machette, récit à la baguette nous ouvre la targette d’un nouveau Papeete. Demain sur les manchettes des journaux, c’est Rochette « .

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Festival BD Normandiebulle (Darnetal, 2009)

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14ème édition pour ce rendez-vous annuel des amateurs de bd en Normandie. Organisé sur 3 jours, le festival de Darnetal a toujours été un « petit festival », ayant pour vocation de servir de vitrine à la production locale. Petit par sa taille et le nombre d’invité, rien de comparable avec St Malo ou Angoulême. Mais ce n’est pas pour autant un festival au rabais, et le fait qu’il fête sa quatorzième édition nous le prouve. L’affluence des visiteurs également. Pourtant, il me semble qu’au fil du temps l’organisation ronronne un peu, avec ses habituelles remises de prix, son concours de jeunes auteurs et ses stands de vendeurs de BD neuves ou d’occasions (l’intérêt de ce genre de festival est aussi de pouvoir chiner la bd rare ou l’album qui nous manque). Et toujours un invité principal, mis en valeur par une exposition de ses œuvres…

Cette année, l’invité est Cromwell, dessinateur de nombreuses séries dont Anita Bomba, chez Casterman ou Sergueï Vladi, chez EDS… Créateur d’El Coyote, il a également participé au design de la série de dessins animés Malo Korrigan. Bien que comprenant peu d’œuvre originale (une trentaine de planches et de dessins en tout), son expo nous permet d’apprécier pleinement ses qualités de dessinateur et de coloriste. Il a une approche très picturale de la matière et excelle dans l’exercice de la couleur directe. D’autres expos sont programmées dans l’agglo : Florence Cestac à l’hotel de Région à Rouen (jusqu’au 23 octobre), Etienne Lecroart à l’IUFM de Mont-St-Aignan (jusqu’au 30 septembre) ou Emile Bravo à l’Espace Culturel de Canteleu (jusqu’au 3 octobre)…

Les amateurs de mon genre sont d’éternels insatisfaits. Lorsqu’il y a trop de « têtes d’affiches », ça devient une foire à la dédicace. Mais quand il n’y en a pas assez, on se dit qu’ils pourraient faire un effort… Jusqu’à présent, le festival de Darnetal était un bon compromis entre ces deux points de vue, invitant d’une année sur l’autre des auteurs à forte notoriété, tels que Pétillon, Martin Veyron, Willem, Frémion ou Florence Cestac, qui attire du public, et donc des lecteurs potentiels pour des auteurs moins connus  … Bien sur, ce n’est pas parce qu’on invite des pointures que l’on aura un festival de qualité. Mais sans dénigrer qui que se soit, et surtout pas Cromwell qui est un grand dessinateur, j’aurai aimé voir plus d’auteurs que j’affectionne (mais ça, c’est une question de goût).

Ce festival a su conserver cet équilibre entre auteurs amateurs (avec son espace fanzine) et professionnels, entre dimension locale (avec entre autres la présence de l’Association Normande de Bande Dessinée) et nationale (voire internationale). Normandibulles reste Le rendez-vous normand des amateurs de bande dessinées. A l’année prochaine !

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Dessin de Cromwell

PILOTE (magazine) – Editions Dargaud

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Couverture de Giraud (2008)

Pilote fut créé en 1959, par le chef du service de presse de Radio-Luxembourg. Ce dernier, voulant lancer sur le marché un « Paris-Match » pour jeunes, fait appel à de jeunes auteurs : Charlier, Uderzo et Goscinny, qui revient des USA où il a collaboré avec l’équipe du journal MAD !..  » Nous voulions faire un journal s’adressant à des adolescents et pas à de jeunes enfants. Pour cela nous avons fait appel à des journalistes de la « grande presse », dont beaucoup émanaient, bien sur, de Radio-Luxembourg (Jean Carlier, Lucien Barnier…), et non pas à des spécialistes de la presse des « petits ». Et il fallait créer des nouvelles séries : Charlier et Uderzo ont fait « Michel Tanguy », Uderzo et moi devions faire quelque chose… Nous avons cherché et nous avons trouvé « Astérix »… » (Goscinny in Pilote spécial 30 ans)

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Couverture de Gotlib

En 1961, Georges Dargaud rachète le journal et nomme Goscinny et Charlier comme co-rédacteur en chef en 1963. Cette année là et dans les années qui suivent, Blueberry, Achille Talon, le Grand Duduche, Fred, Gotlib, Reiser, Gébé, Mandryka, Christin, Mézières, Lob, Gigi, Pichard, Forest, Goetzinger, accompagnés de beaucoup d’autres, rejoignent l’équipe. En 1966, en deux semaines, on vend 600 000 exemplaires de l’album Asterix chez les bretons (le premier de la série avait été tiré à 6000 exemplaires). On n’ avait jamais vu un tel engouement pour la Bande Dessinée (Asterix fait même la couverture de l’Express, une première pour un héros de BD). Pilote est plus que jamais « le journal d’Asterix et Obelix » !

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L’équipe de Pilote croquée par Alexis

En mai 1968, alors que le succès est là, Pilote est secoué lui aussi par la révolte qui agite le pays. Quelques dessinateurs impétueux (menés pas Giraud) décident de traduire Goscinny et Charlier devant un pseudo-tribunal de la plume et du pinceau. Leur seul tord en fait, est d’être de l’ancienne génération. Car avec le recul, il parrait un peu stupide de reprocher à Goscinny d’être un réac, quand on voit les risques qu’il à oser prendre en éditant tous ces auteurs anti-conformistes. Ça s’arrangera, mais Goscinny en fut durablement blessé. Cette épreuve passé, le journal (« qui s’amuse à réfléchir ») devient de plus en plus riche. A la rédaction, tout le monde est amoureux de Clair Bretécher. Les albums se succèdent. Morris arrive. William Vance illustre Bob Morane. Druillet fait exploser les pages. Tardi passe. F’Murrr entre. Clavé, Solé, Alexis, Petillon, Patrice Leconte sont là. Godard et Ribera aussi. Bilal, 19 ans, gagne un concours organisé par Pilote et commence à collaborer aux pages d’actualités.

En 1974, Pilote devient mensuel. René Goscinny disparaît en 1977… Charlier s’est éloigné. Suivront cependant des années qui verront s’ajouter sur le livre d’or des éditions Dargaud les signatures de Loisel, Cothias, Blanc-Dumont, Lauzier, Régis Franc, Caza, Rodolphe, Baru, Cabanes, Boucq, Martin Veyron, Jean-Claude Denis, Hugot Pratt, Rivière, Floc’h, d’Autheman et de bien d’autres, y compris celle de Pierre Desproges.

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En septembre 1978, le numéro 53 de Pilote défraie la chronique par une couverture épurée, presque vidée, au titre provocateur : « Pilote n’est plus un journal ». La commission paritaire des publications et des agences de presse a en effet radié Pilote, sans aucun avertissement préalable, au motif d’un manque de respect permanent à l’égard des gouvernants. Une censure, donc, ou, comme l’explique Guy Vidal dans son éditorial, « un assassinat par le fric ». Devant la levée de bouclier de la presse, la commission paritaire fait finalement machine arrière. En février 1979, la commission paritaire admet la bande dessinée comme un moyen d’expression à part entière. Aux milieu des années 80, Charlie Mensuel rejoint Pilote. En 1986, les deux titres fusionnent. En novembre 1989, Pilote cesse de paraître. En juillet 1990, Georges Dargaud meurt. Une époque se termine… (historique tiré en parti du Catalogue Dargaud 2007)

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Mezieres

Formidable auteur, scenariste, dialoguiste et créateur d’univers, Goscinny fut surtout un rédacteur en chef génial. Il a donné sa chance à de nombreux jeunes dessinateurs qui deviendront des géants de la Bande Dessinée française : Jean Giraud-Moebius, Cabu, Gotlib, Druillet, Bretecher, Mandryka, Fred, Alexis, et tant d’autres… Même s’il n’aimait pas le style d’un dessinateur, Goscinny le diffusait, car il sentait que les lecteurs pouvaient accrocher. Il laissait le temps à une série pour trouver son public. Il savait prendre des risques afin de proposer des choses nouvelles à ses lecteurs…Par exemple, quand il lance Philemon de Fred en 1966, la série fait un bide total. La rédaction croule littéralement sous les lettres de lecteurs mécontents et indignés de voir une série « mal déssinée » et « sans queue ni tête » dans leur journal préféré (chaque année Pilote organisait un référendum auprès de ses lecteurs pour établir le palmarès des meilleures séries, Philémon à du finir bon dernier…). Quand on constate maintenant le succès justifié de cette série et le génie reconnu de Fred, on ne peut qu’applaudir Goscinny pour son talent de découvreur et sa tenacité ! Les exemples de ce type (avec Gotlib, Druillet, Reiser…) ne manquent pas.
Ce qui fait de Goscinny l’homme le plus important de la bande dessinée française. Et Pilote, LA revue de Bande Dessinée !

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Sempé, Goscinny, Uderzo et Charlier

Tout Pilote sur http://www.bdoubliees.com/journalpilote/annees/index.html


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