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Les Cinq Saisons / Automne – Kordey & Django (Dargaud, 1990)

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Il est parfois des titres trompeurs. Intituler un album les cinq saisons – Automne, laisse supposer qu’il s’agit d’une série en cinq volumes, dont le premier se nomme Automne. S’ensuivraient donc logiquement les autres saisons (peut-être pas dans l’ordre, vu que ça ne commence pas par Printemps !) jusqu’à cette fameuse cinquième… Mais en fait, pas du tout ! Cet album est un « one shot » comme on dit dans les milieux branchés. Une simple histoire, la seule d’ailleurs que le scénariste Nenad Django semble avoir écrite. Le dessinateur Kordey lui, est bien plus prolifique. D’origine croate, il a commencé aux Humanoïdes Associées dans les années 80, en adaptant la saga de Vam de l’auteur de SF roumain, Vladimir Colin. Il fait depuis carrière aux USA, oeuvrant sur des licences plutôt célèbres : Batman – Tarzan, Alien, Star Wars, X-Men…

Cette histoire semble à part dans sa bibliographie. Dès la lecture de ce titre énigmatique, on est attiré dans un univers onirique, étrange. Tout comme dans un rêve, la meilleure façon d’apprécier cette histoire, c’est de se laisser transporter par les événements, les images, les symboles… sans chercher à rationnaliser. On essaiera de comprendre après avoir refermé l’album. Restons dans les impressions, la raison viendra plus tard… Il n’y a, à priori, rien de logique dans cette histoire. C’est ce qui rend cet album si particulier.

Car l’histoire commence par un combat entre un samouraï et des brigands, puis on passe brutalement dans l’univers bruyant et chaleureux d’un cabaret fin 19ème, dans lequel traine Toulouse-Lautrec… Mais quels liens peut-il y avoir entre un guerrier samouraï et Toulouse-Lautrec ? On apprendra au fil de l’histoire que le samouraï est un nain, acteur dans un spectacle de  cirque, auquel assiste Toulouse-Lautrec… Deux artistes de petites tailles, vivant dans leurs rêves comme pour se protéger de l’hostilité du monde…

Les images sont remarquables ! Kordey est un excellent graphiste, et surtout un formidable coloriste. Il maitrise parfaitement l’exercice de la couleur directe. Cette manière particulière de créer le volume par la couleur. Le trait n’est là que pour souligner les formes. La matière est modulée par les effets de couleurs (jeux d’ombres, contrastes…), qui donnent du corps aux dessins. Chaque univers possède sa propre dominante. Celui du Samouraï passe par des tons froids, entre bleus ciel et gris(qui correspondent aux changements du ciel). L’univers du cabaret est dans les tons ocres-rouges (plus ou moins inspirée par les teintes de Lautrec lui-même) qui illustrent à merveille le monde chaleureux et enivrant des nuits parisiennes. Kordey use d’effets très cinématographiques, possédant un sens aigu du cadrage, du découpage, de la mise en page… Entre histoire fantastique, conte philosophique et biographie dramatique, Automne est un album original, qui ne ressemble à rien de connu.

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Kordey sur Bedetheque

Papier à lettres – Gébé (Buchet Chastel, 2009)

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Pour présenter cet admirable ouvrage, je vous propose ce texte de 4 de couv’ (Oui bon, c’est les vacances, je fais du copier… Mais du bon, fait main !)

Je rajouterai quand même que ces compositions dessinés sont superbes ! Gébé est un maitre du carnet d’impressions, et je comprends maintenant pourquoi JC Menu en est fan et réédite ses œuvres… Dans un format original, celui-ci est édité dans la collection Les Cahiers Dessinés de Buchet Chastel, une trèèès bonne maison d’édition !

Rassemblées pour la première fois, et dans leur totalité, les pages de ce Papier à lettres parues dans Charlie Hebdo entre 1993 et 2003 composent un livre à ne pas mettre entre toutes les mains. C’est un ouvrage rare, une curiosité qui exige précisément une grande curiosité et une certaine délicatesse.

Enfant, Gébé rêvait de devenir écrivain. Après avoir travaillé treize ans à la SNCF, il devint dessinateur – de dessins souvent « sans paroles ». Et puis, le temps passant, le démon de l’enfance lui caressa la tête, l’écriture pris de plus en plus de place : bandes dessinées, articles, nouvelles, romans, chansons, romans-photos, scénarios de films et une pièce de théâtre.

Dans ce recueil, les textes d’insurgé recouvrent sans vacarme des dessins poétiques dans lesquels il est passé maître. Comme chez ses amis Fournier, Siné ou Willem, cette prépondérance du texte sur l’image est devenue une forme nouvelle, ni dessin de presse, ni bande dessinée. S’y ajoute sa remarquable calligraphie qui vient s’enlacer entre les murs et les arbres observés depuis sa lucarne ou son jardin. Lorsque Gébé rêve les yeux ouverts, on sent qu’il ne faut pas le déranger : mais qui peut déranger un homme qui rêve si fort ?

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Gébé – l’An 01

DEDICACES…

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JC Menu et Thiriet dans L’Eprouvette n°1

Je ne suis pas un « dédicalcoolique ». Je ne me rends pas à un salon ou un festival uniquement pour obtenir LA dédicace de mon auteur fétiche ou pire encore, faire gonfler la côte de mon édition originale. Je ne fais pas 3 heures de queue pour avoir un échange informel de 5 minutes maxi avec un dessinateur. Je me balade, découvre, profite des expositions, fait quelques achats quand je chine une rareté ou un ouvrage difficilement trouvable et éventuellement, je repars avec une dédicace…

Il faut être honnête et reconnaître que même si le principe de la dédicace est discutable (je vous incite fortement à lire le dossier complet « critique de la dédicace » dans l’Eprouvette n°1) ça me fait toujours plaisir de rencontrer un auteur que j’apprécie, et repartir avec un dessin ou une bafouille de ce dernier. Mais seulement quand l’opportunité se présente. Je ne vais pas forcer les choses…

Là en l’occurrence, je savais que Cabu était invité au Salon du Livre. J’avais au cas où ramené un vieil album du grand Duduche (série bête et méchant de 1973). Et c’est parce qu’il n’y avait que trois personnes devant moi que j’ai patienté pour avoir une dédicace. J’ai attendu 15 minutes maxi avant cette brève rencontre.

D’abord, Cabu est aussi gentil qu’on le dit. Il n’est pas blasé du tout et prend le temps d’échanger quelques mots. Il ne fait pas de dédicace préfabriqué (genre toujours le même dessin où seul le nom change) mais une caricature de la personne qu’il a en face de lui. Quand je lui présente le Duduche, il est étonné de voir qu’on peut encore le trouver. Il me demande de qu’elle année il est, je lui répond 1973. Je n’étais même pas né ! Il me regarde en souriant et je m’excuse de le renvoyer à son grand âge. Echange de rires… C’est donc en 4-5 coups d’œil et quelques traits qu’il me croque devant une pile de livre. Je lui dis que ça ressemble à ma bibliothèque, au grand dam de ma femme. Il me dit que chez lui c’est pareil et que sa femme s’en plaint également. Je lui demande s’il peut me mettre aux cotés du Grand Duduche, ce qu’il fait en quelques secondes et voilà ! Un bon moment, merci m’sieur Cabu !

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Au festival BD de Darnetal d’octobre 2005, étaient entre autres présents Willem et Frémion. Cette dédicace de Willem est la seule que j’ai vraiment cherché à obtenir. Une bonne demi-heure d’attente et quand arrive mon tour, Willem commence à ranger ses stylos pour faire une pause. J’était accompagné de l’ami N’alex qui espérait également avoir une gribouille du grand Willem. On le prie donc de bien vouloir nous faire un dessin. Je vois dans son regard qu’il aimerait bien faire un break, mais accepte tout de même. Quand je vois le résultat, je ne peux  m’empêcher d’y voir une allégorie de cette situation, et nous reconnaître dans ces deux personnages…

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Frémion lui était seul à son stand. Hallucinant, personne ne semble connaître cet immense auteur (écrivain, chroniqueur, éditeur, biographe (de Reiser entre autres…) Je vais le voir et lui achète deux petit recueils édités à compte d’auteur (il m’explique que ces sont des commandes pour des conférences): L’absurde dans la BD et Le fois Gras dans la BD. Je lui avoue dévorer Fluide depuis longtemps mais qu’étant plus jeune, je ne le lisais jamais. Je préférais les bds de ses camarades, alors que maintenant, je suis un inconditionnel de ses rubriques. Il me remercie de lui rappeler qu’il n’est plus tout jeune (décidemment, j’ai le chic !) et m’écrit ce petit mot sympa…

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Il y avait d’autres dessinateurs de l’équipe Fluide, Relom (qui partait au moment que j’allais lui demander un dessin) ou Pourquié. J’ai eu le temps d’avoir une autre dédicace, celle de Jampur Fraize (qui édite chez Les Requins Marteaux et dessine dans le Psiko…) un dessinateur dont j’aime bien le style. Pareil, il était tout seul et a pris le temps de me faire un dessin bien sympathique…

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Je ne suis pas dédicalcoolique, mais j’ai plaisir à vous montrer ces quelques dédicaces, et d’avoir pu croiser ces auteurs…

La Vallée des Hommes Perdus – Irène Frain & André Juillard (éditions DS, 1994)

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La romancière Irène Frain et de dessinateur André Juillard nous racontent leur périple effectué au fin fond du Madhya Pradesh, sur les traces de Phoolan Devi, la célèbre femme-bandit indienne qui terrorisa l’Inde au début des années 80.

C’est un carnet de voyage à quatre mains, dont chacun tire profit des qualités artistiques de l’autre. Sur les pages de droite, les aquarelles de Juillard, sorte de polaroïds, d’instantanés (tous de même format) apportent une sérénité qui contraste admirablement avec les écrits de Frain (pages de gauche) qui puise dans le passé, l’histoire de la région, de Devi et évoquent souvent la souffrance, la mort…

Célèbre auteur de bande dessinée, Juillard nous démontre ici qu’il est aussi un remarquable illustrateur. Ses dessins aux traits légers, vifs, sont d’une grande rigueur académique, associés à des couleurs aquarelles subtiles et intenses…  Un beau livre.

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La terre ici n’est qu’écorchure, plaie vive, offerte à toutes les douleurs. A se demander comment survivent les villages enserrés dans les profondes crevasses. Hormis le fleuve où roulent les germes du Mal, le paysan n’a d’autre horizon que ce maquis de fissures et d’ornières, grumeleuse pellicule entaillée de lézardes, labyrinthe au sol gercé par les mois de fournaise, gouffre de boue dès l’heure où la flagellent les premières pluies de mousson. Néant blafard où vont se perdre, depuis que le monde est monde, les chimères des vivants et les cendres des morts. (Irène Frain)

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Le matin, en descendant vers les puits, vers les quelques sources encore vierges de l’Esprit de Révolte, les paysannes entonnent les chansons qui racontent l’histoire du fleuve, l’inexorable enchaînement de vengeances et de haines qui voue le pays aux forces des ténèbres. (Irène Frain)

Chasseur Déprime / Le Garage Hermétique – Moebius (2008 éditions Stardom)

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Moebius nous propose, en 2008, une nouvelle aventure du Garage Hermétique (une de ses nombreuses séries cultes des années 70). Ce n’est pas un coup marketing (il n’a pas besoin de ça !) car, bien qu’elle connaisse un succès critique dès sa diffusion, cette série est loin d’être grand public. Cela relève plutôt d’une authentique démarche artistique. La pulsion de créer. Encore et toujours… Etre aussi actif et créatif après plus 50 ans de carrière force l’admiration. Il ne perd rien de sa virtuosité ni de son inspiration… Un mauvais album de Moebius (il a du en faire… Non !?) sera toujours meilleur que le meilleur album de nombreux tacherons (des noms ? Oh, vous en connaissez plein…) !

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« L’important, c’est qu’à cheval entre deux époques, né trop tôt dans un monde trop tard, Jean Giraud et ses alias sont plutôt bien tombés. Enfanté artistiquement au XXème siecle, avec, comme on disait dans les années 70, trente ans d’avance sur la plupart des autres, il a maintenant été rattrapé par le temps qui lui a donné raison. Il est bien le premier artiste signifiant du troisième millénaire dont il prophétisait les ordres et le chaos.[…] J’ai l’impression qu’en gros, depuis le « Désert B », en passant par « Inside Moebius » et la renaissance du Major. A l’exception de « Blueberry » qui ne peut plus être désormais un adieu au second millénaire, Moebius est à nouveau en train de nous prendre de vitesse. » (J.P. Dionnet en préface de l’ouvrage)

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Moebius n’a plus rien a prouver à personne, sauf à lui-même, sûrement. S’il nous propose cette séquelle, c’est qu’il a encore des choses à dire. Ou plus exactement, son inconscient a des choses à nous exprimer. On ne compte plus les symboles (reptiles, totems, lapins, têtes de mort… Le scénario en roue libre est une succession aléatoire de séquences, de scènes. Tel un cadavre exquis… « Voyons ce que signifie cette histoire de rêves emboîtés » nous précise le résumé de la page 3. Le major Gruber, en pleine déprime, subit les délires d’une histoire qui semble s’inventer au fil des cases.

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Petit rappel à propos du Garage : « Le Garage Hermétique se situe dans un astéroïde contenant plusieurs mondes superposés, créé par le Major Grubert, qui continue à en surveiller l’évolution à bord de son vaisseau spatial le Ciguri. L’astéroïde se trouve dans la constellation du Lion. Les planches du Garage hermétique sont parues initialement sous la forme d’un feuilleton dans Métal hurlant en 1979 ; elles étaient écrites au fur et à mesure de leur publication dans la revue, chaque planche étant improvisée. Il en résulta une histoire décousue et manquant souvent de cohérence, mais par contre un formidable laboratoire d’idées, un univers coloré et délirant, truffé de références à la science-fiction et aux super-héros. Dans ce récit, Moebius évoque quantité de détails sans les développer, ce qui rend la description du Garage hermétique difficile… ce qui correspond bien à sa nature : immense, changeant, délirant. » (Wikipédia)

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Bien qu’il dessine depuis quelques années sur palette graphique, Moeb semble ici renouer avec l’encre et le papier. L’inexactitude de la calligraphie nous le prouve, elle conforte cette impression d’écriture automatique… Son trait est impressionnant de vivacité, d’invention, d’exactitude, de légèreté,  de liberté, de poésie, de beauté… Quel plaisir !

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