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Oldies from eighties…

Oldies from eighties... dans Presse et Revues revue_viper-209x300

Avec Viper, l’underground s’immice dans la presse officielle. c’est en 1981 que le premier numéro voit le jour et apparait dans les kiosques.
Certes, les revues Actuel, L’Echo des Savannes, Metal Hurlant ou Fluide Glacial avaient ouvert la brèche dès le début des années 70, mais Viper se démarque par un positionnement clairement affiché. D’un aspect fanzine (format A5, couverture souple et noir et blanc sale) Viper fait l’apologie du « sex, drug and rock n’ roll way of life » d’une génération adepte des drogues douces (d’où le nom « Sinsemilla éditions ») et de la sexualité débridée. En bref, tout ce que la société produit comme comportements marginaux, voire déviants, est ici mis en avant. Des références aux hors-la-loi célèbres (Poncho Villa, Jesse James…), des citations (de Spinoza, Burroughs, Ginsberg ou Crowley) concernants les Lois et les drogues, des fiches sur l’usage médicinale de la coca ou de l’amanite tue-mouche, un extrait de l’article « les socialistes et la drogue » du député PS Antoine Gau, des chroniques littéraires. Le tout entrecoupé de bande dessinées oscillant entre humour satirique et science fiction paranoîaque, avec une pointe de pornographie. Qu’ils soient réalistes ou humoristiques, les graphismes sont atypiques, référencés (entre Crumb, Vaughn Bodé et Druillet), excessifs, outranciers. Aucuns des dessinateurs de ce premier numéro n’ont connu le succès, mais ce n’était certainement pas leur volonté ! Informer (en désinformant) et divertir, tels étaient les intentions premières de Viper. Témoignage de son temps, relire cette revue en 2013 nous permet de mieux comprendre ce que les années 70 ont pu apporter au niveau de la libération des moeurs.

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Revue éphémère, qui ne comprend que 6 numéros sortis entre juillet 1988 et janvier 1989, Gag Mag porte bien son nom. C’est un condensé de ce qui se fait de mieux en matière de bandes dessinées comiques et satiriques. Le sommaire est alléchant : Claude Serre, Tronchet, Goossens, Van den Boogaard (Léon la terreur), Don Martin (pilier de Mad), Margerin, Shelton, Dodo & Ben Radis, Juillard, Jano… On y trouve aussi des parodies de séries connues de Edgar P. Jacob ou Liberatore (La marque rose et Wanxerox), des sketchs du grand Raymond Devos. Sans oublier un superbe article de Paul Herman qui, dans sa rubrique « les archives (maudites) du rire », nous conte la formidable histoire du Charivari, une des revues françaises les plus anciennes, qui eu une importance à la fois artistique et politique dans le milieu du XIXème siècle. Distraire, tout en informant un peu sur les origines de la presse satirique, l’idée n’est pas nouvelle mais louable, et fait encore des émules (Fluide Glacial reste à jamais le maître étalon en la matière).

Pur produit des année 80 (maquette au couleurs flashy) où l’édition presse bd vivait encore de beaux jours (même si ça commençait à sentir le sapin), l’originalité de ce Gag Mag réside dans son format poche, qui était à l’époque en pleine essor avec les réédition de J’ai lu bd, livre de poche bd ou pocket bd. Bien que le procédé soit on-ne-peut plus discutable et le résultat trop souvent catastrophique (reformatage des planches, recadrage des vignettes, couleurs souvent fades), j’avoue avoir un faible pour les « bds de poche », qui, de par leur petit prix, m’ont permis de découvrir bon nombre d’auteurs et séries (Gil Jourdan de Tillieux, l’Incal de Jodo et Moebius, Ici même de Tardi et Forest…) que j’ai bien évidemment relus et récupérés depuis dans leurs formats originaux.
Gag Mag ne restera pas dans le panthéon des incontournables revues de bande dessinée. Cependant, son honnête facture et la qualité de ses collaborateurs m’incitent à ne pas la laissé sombrer dans les méandres de l’oubli.

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Bien qu’étant un avatar de l’Echo des Savanes jusqu’en 1983, Spécial USA (qui, entre 1976 et 1993 a connu trois formules différentes) a vite trouvé son indépendance dans les années 80, pour devenir USA Magazine au début des années 90 (première revue française à avoir diffusé le Sin City de Miller).

Revue de bonne qualité formelle, alternant bandes en noir et blanc et couleurs, Special USA est plus maintream que son glorieux ainé. En attestent des chroniques sur les blockbusters de l’époque (dans ce numéro 11 de 1984, on retrouve des articles sur Ghostbusters et Gremlins), des reportages plutôt racoleurs sur la violence aux Etats Unis ou le look Reagan et surtout, des pages publicitaires pour les albums Dargaud ou Albin Michel.
Au regard des dessinateurs et séries présentes (Corben, Gimenez ou les planches sous forte influence moebiusienne de Moreno), on a l’impression que Special USA avait pour ambition de devenir le nouveau Metal Hurlant. Cependant, il n’y a pas que de la Science fiction. On trouve aussi la superbe série Big City regroupée sous la thématique « fenêtres » du géant Will Eisner, ou le génial Torpedo de Bernet et Abuli. Sans oublier le Rocketeer de Dave Stevens .
Découvert à l’époque, USA magazine m’aura fait aimé la bd made in US, qui n’est heureusement pas uniquement faite de superhéros. Une revue qui aura duré presque 17ans, mais pas survécue (comme beaucoup) aux terribles années 90.

La mare aux pirates – Francis Masse (Casterman, 1987)

La mare aux pirates - Francis Masse (Casterman, 1987) dans Chroniques BD mareauxpiratescouv

Francis Masse est un franc-tireur de la bande dessinée rare et singulier, dont l’univers pictural et l’humour absurde ne sont pas simples d’accès.

Après avoir enseigné le graphisme, Francis Masse, déjà peintre et sculpteur, débute au début des années 70 par des courts-métrages en animation. Ses premières planches de bande dessinée paraissent dans la presse underground de l’époque puis, fin des années 70, dans la presse de bande dessinée : Pilote, Fluide Glacial, Charlie Mensuel, Hara-Kiri, L’Echo des Savanes, etc. C’est à cette époque qu’il affuble ces personnages de cet imper et ce chapeau melon si caractéristiques.

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Histoires à carreaux, in « L’écho des savanes présente F. Masse », éditions du fromage, 1976

« Masse est dès l’origine un cas, le seul dessinateur peut-être auquel il serait vain de chercher des influences. Son graphisme tout en hachure fait de lui un virtuose du noir et blanc, mais il prouve qu’il est tout aussi à l’aise avec la couleur. Masse propose un univers évident, entendons par là, un univers qui se suffit, qui véhicule sa propre logique, qui repose sur sa propre physique et s’impose à partir du simple enchaînement ainsi réglé des images et des dialogues. Il n’est même pas besoin d’évoquer le fameux nonsense. Certes masse n’y est pas insensible, mais rien n’est pourtant plus sensé que l’univers qu’il nous présente. Car le plus surprenant est là, l’univers de Masse est un univers familier. Il en est d’autant plus inquiétant.  » (L’encyclopédie des bandes dessinées. Albin Michel, 1986)

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Les deux du balcon

Sorti après Les deux du balcon, archétype de l’univers loufdingue de Masse, la mare aux pirates joue de ce même décalage entre ce que vivent les personnages, souvent dans des espaces insolites (un balcon ou ici un bateau pirate) et la teneur de leurs propos. A l’image des deux du balcon qui, dans Quanticos contre Classicos, vendent des tomates pourries depuis leur balcon, tout en dissertant sur le concept de non-séparabilité de la physique quantique. Ou quand les pirates de la mare prennent un cours d’économie, dispensé par le perroquet du navire…

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La mare aux pirates

Cette succession de situations surréalistes l’inscrivent dans une filiation avec Fred. En particulier cet amour partagé pour bousculer le langage BD, questionner en permanence les dimensions spatiales et temporelles de la planche et du dessin et ainsi mettre la 2D dans ses retranchements. Son humour repose très souvent sur ces incessants décalages entre un espace très théâtral (unité de lieu et de temps, impressions de décors en cartons pâtes, personnages déguisés…), les situations vécues par les protagonistes et les dialogues dingues.

Car Masse n’a pas peur du verbe, bien au contraire. Certaines de ses cases sont envahies par des phylactères bourrés de textes. Cependant, ces bavardages lui permettent d’installer des moments de silence, qui cassent le rythme de la narration.

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La mare aux pirates

Son graphisme minéral et brut génère des formes sculpturales. « J’étais le roi du modelé : hachures d’ombres qui faisaient tournoyer les volumes dans la lumière… ». Comme il nous l’explique dans l’interview réalisée pour l’exposition Quintet, il était arrivé aux limites de la représentation en deux dimensions et ne supportait plus cette vision du monde coincée dans un rectangle. De cette planche de bd qui n’est qu’une succession de rectangles dans un grand rectangle. Pas étonnant alors qu’il se soit investi dans la sculpture. Il lui fallait de la matière, de la sensualité, de la masse…

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Intrigues de basse cour, Nicole et Francis Masse, 1996

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Sur le pont avec Jusseaume – Olivier Cassiau (Petit à Petit, 1999)

Sur le pont avec Jusseaume - Olivier Cassiau (Petit à Petit, 1999) jusseaume

Jusseaume est un bon artisan de la bd. Un « faiseur », au sens noble du terme, un dessinateur et illustrateur consciencieux (s’appuyant sur une documentation précise), d’un classicisme appliqué. Il méritait bien d’apparaître au tableau de chasse de la collection Aficionado des éditions Petit à Petit, aux cotés de Blanc-Dumont ou Hermann.

Il se considère avant tout comme un raconteur d’histoire, pour qui le dessin doit être au service de la narration : « Aujourd’hui, je n’hésite plus à supprimer un beau dessin s’il n’apporte rien à la narration. L’ambiance globale reste la priorité, c’est pour cela que l’expression des personnages et les cadrages comptent plus que la beauté du trait. Hergé le faisait très bien. Il n’hésitait pas à consacrer une case avec une petite tête toute simple, avec une bulle de texte qui occupait les trois-quarts de la case. C’est le type même de l’image purement fonctionnelle, simple et efficace. »

Patrick Jusseaume est un dessinateur rouennais qui, après avoir été prof de dessin, se lance pleinement dans la bande dessinée, en répondant à une annonce dans le journal : « scénariste cherche dessinateur ». Il s’agissait de Barbet, avec qui Jusseaume fera ses armes sur Chronique de la maison le Quéant.

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Mais c’est surtout sa série phare, Tramp, qui est ici mise en avant. Un univers portuaire et maritime des années cinquante, fleurant bon les ambiances polar de l’époque. Sur un scénario de Jean-Charles Kraehn, Tramp nous raconte l’histoire de Yann Calec, jeune capitaine du « Belle Hélène », qui se retrouve malgré lui au cœur d’une escroquerie à l’assurance montée par son armateur. Pris au piège par ce dernier et ses hommes de main, il n’aura de cesse de sauver sa peau et son bateau, heureusement pour lui avec l’aide de la belle Ester, la secrétaire de l’armateur devenue sa complice…

« Pour dessiner Chronique de la maison le Quéant, je traduisais des images et devais respecter la réalité historique, j’étais un peu prisonnier de l’Histoire avec un grand H. C’est sur cette série que j’ai appris, j’étais débutant. Pour Tramp, c’est complètement différent. La période des années 50 est bien plus proche de moi. Je me trouve plus libre et mon dessin s’en ressent. Il est moins rigide, moins maniéré, moins froid. »

Une maquette aux petits oignons, foisonnante et pourtant très claire, riche en illustrations et documents en tout genre (photos, esquisses, dessins, découpages de scénarios, etc.), des textes précis, bourrés de judicieuses citations, cette collection Aficionado est une réussite en tout point.

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Petit à Petit

What’s the news in Fouloude ?

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Une couverture d’Edika est toujours un plaisir (et la garantie de bonne vente du numéro !). Un dessin d’une grande sentimentalité (Edika est un sensible), dans lequel pointe malgré tout les détails absurdes et cons qui font la marque de fabrique du dessinateur ET du journal. Une couverture d’Edika (en moyenne une à deux par an) est indispensable pour conserver le fil avec « l’Umour Fluidien » originel.

« Fouloude Glôzial » évolue plutôt bien depuis ses débuts en 1975. Cette ‘continuité dans le changement’, tout en conservant l’esprit des fondateurs est la marque de fabrique du journal, et explique son incroyable longévité. Cependant, depuis l’arrivée du nouveau rédac’ chef Goffette (qui me semblait au départ une très bonne chose), on ne peut qu’observer une baisse de la qualité générale, des modifications dans la ligne éditoriale qui empêchent les lecteurs de s’y retrouver. L’apparition de nouvelles rubriques qui n’ont plus trop de liens avec l’esprit du journal (je ne suis pas contre les chroniques rock ou ciné, mais encore faut-il qu’elles s’inscrivent dans la logique  ‘Umour et Bandessinée’), de nouvelles séries plutôt médiocres, que ce soit Duc Béton de Conrad et Frissen ou la quête de Fluide de Frizou et Dubuisson. Sans parler de l’étonnant licenciement d’Eric Deup, pour un article (jamais publié) soi-disant diffamant envers la nouvelle direction du journal (tous les détails ici). Peut-être faut-il être indulgent, et prendre le temps de s’habituer à ces changements ?

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Heureusement, on trouve encore les incontournables Lindingre, Julien et Mo Cdm, Thiriet, James, Margerin, Gaudelette, Lefred-Thouron et bien sur Edika. Sans oublier les inaltérables rubriques de Frémion, Léandri, Casoar ou Fioretto. Espérons que cette baisse de régime ne soit que temporaire, et que le journal puisse renouer avec ses qualités intrinsèques. Je pensais que l’esprit sans concessions de Goffette s’adapterait bien à l’esprit fluidien, sans le dénaturer… Pourtant, Goffette a de bonnes idées, comme l’invité du mois. Dommage de n’y consacrer qu’une page en début de journal et ne pas, par exemple, les impliquer dans la conception des marges de la gazette, qu’ils aient la possibilité de commenter le contenu du journal… Dans son édito, Goffette annonce deux numéros spéciaux à venir sur/avec les Monty Python, puis Groland. Souhaitons que ces deux monstres étalons du genre puissent redonner du peps au journal…

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Mais revenons au génialement fou Edika. Il triture comme personne le langage BD et crée des mises en abyme de dingue, des histoires à tiroirs qui nous plongent littéralement « dans » le système structurel de la narration séquentielle (ça en jette comme formule !). Il nous balade entre les dimensions (la deuxième, la troisième, la quatrième…), incrustant ses personnages dans des décors photos ou les laissant se casser la gueule sur la rigidité du cadre ou de la planche. Un auteur qui joue et se joue des spécificités du médium, se mettant en scène en train de réaliser l’histoire qu’il est en train de nous raconter, toujours perturbé par ses personnages qui l’interpellent pour décider d’eux-mêmes, ou refuser, ce qui doit leur arriver. Un créateur qui se fait constamment débordé par ses créatures. C’est la dure vie d’un auteur. Une virtuosité graphique au service de délires narratifs, Edika arrive à décliner son savoir-faire sans donner l’impression de se répéter. A l’image du journal de Gotlib !

 « Dans les périodes de doute, c’est toujours à la référence Gotlib que l’équipe revient. Quand cette référence ne sera plus compréhensible par ceux qui font le journal, il n’y aura plus de journal. » (Yves Fremion, tirée du numéro spécial 30 ans de Fluide)

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Edika

Ciboire de criss ! – Julie Doucet (L’Association, 1996)

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Julie Doucet se met en scène pour nous raconter des histoires perturbées, et pour le moins perturbantes. Des anecdotes vécues, des souvenirs, des rêves débiles, expressions de ses angoisses, de ses phantasmes. Sans honte ni tabous, Doucet se met à nu et dévoile des éléments très personnels, ce qui peut parfois nous mettre mal à l’aise. Cette forme d’autobiographie intime, proche de la ‘confidence psy’ est assez rare dans le monde de la BD. Et à ce titre, ses alter-égos seraient Mattt Konture et Joe Matt.

Trash et sans concessions, Ciboire de Criss (que l’on peut traduire par « put… de bor… de mer… ») ne nous épargne pas et nous balance en pleine face toute la virtuosité graphique de Doucet. Son trait d’une efficacité redoutable n’appartient à aucun genre précis. Un graphisme possédant ses propres codes, qu’aucun autre auteur ne peut utiliser. C’est ce que j’aime chez les dessinateurs dit alternatifs : ils n’appartiennent à aucune école et développent leur propre vocabulaire pictural. Doucet est une référence incontournable en la matière.

Une esthétique punk ‘humoristico-expressionniste’ qui relève d’une grande maitrise (du noir et blanc hachuré en particulier). Des miniatures dans lesquels foisonnent une multitude de détails. Il nous faut scruter chaque case dans les moindres recoins pour en saisir toute la richesse graphique, mais aussi narrative, tant chaque dessin raconte à lui seul beaucoup de chose.

« Les thématiques liées à certaines de ses histoires autobiographiques sont bien loin du socialement correct. Elles nous changent de l’éternel garçon obsédé sexuel type Robert Crumb, par ailleurs sa principale influence graphique. Julie Doucet rêve régulièrement de voir pousser un pénis entre ses jambes, ou bien que ses règles deviennent si abondantes qu’elles engloutissent la ville toute entière sous un gigantesque flot de sang noir. Les rêves sont annotés, datés, et représentés le plus fidèlement possible, comme une sorte d’auto-analyse. Même en littérature, on avait rarement vu ça. » (Vincent barrière in Qu’est-ce que la BD aujourd’hui ? Hors-série Beaux Art Magazine, 2003)

Véritable cour des miracles, Doucet représente comme personne la monstruosité de ses contemporains, dressant des portraits tous plus hideux les uns les autres. Ce qui en dit long sur sa considération envers ses semblables, et elle-même… Heureusement, même si elle nous raconte crûment des choses vraies, elle y incère une fine couche d’humour noir salutaire, qui permet de nous distancier. Ciboire de Criss n’est pas qu’une « bonne bédé », c’est une expérience de lecture unique en son genre…

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