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Chronique K.BD – Léon la came

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En ce mois d’avril, k.bd prend un coup de vieux. Et question coups, on est servi avec Léon la Came. Rebelle, vicelard, indépendant, irrespectueux, Léonce est un centenaire qui restera dans nos mémoires, grâce à un dernier baroud d’honneur pour le moins admirable. Tout à la fois critique sociale contre le capitalisme et ode à la vieillesse, qui n’est pas automatiquement synonyme de décrépitude et d’inadaptation…

Une synthèse du camarade Champi !

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Léon la came – De Crecy & Chomet (Casterman, 1995)

 

Léon la came - De Crecy & Chomet (Casterman, 1995) dans Chroniques BD leonlacame01-222x300

Après une absence de trente ans, Léonce, un pépé bientôt centenaire, revient auprès des siens. Et ce ne sera pas sans conséquences, car Léon le rouge (communiste de la première heure) bouscule le train-train bien rodé de la famille Houx-Wardiougue (pour le plus grand plaisir de son petit-fils Géraldo-Georges) et risque d’en compromettre l’avenir. Au grand dam de son fils Aymard, le nouveau patriarche de l’entreprise familiale de cosmétique, qui fera tout pour le mettre au placard, après avoir essayé de l’utiliser pour amadouer de potentiels actionnaires nippons. Mais en vain, il ne pourra rien contre cet électron libre (plutôt vicelard), qui tirera sa révérence par un dernier pieds de nez des plus remarquable, sonnant ainsi le glas des affaires familiales.

Entre satire politique et chronique familiale, Léon la came est une farce burlesque qui traite des thèmes de la filiation (ses mythes, ses secrets, ses membres), une critique acide de la haute bourgeoisie industrielle, du monde des affaires, de la lutte des classes. C’est surtout une ode à la vieillesse, qui n’est pas automatiquement synonyme de décrépitude et d’inadaptation. Qui ne souhaiterait pas vieillir comme Léon, conserver cet esprit indépendant, rebelle, fantaisiste ?..

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La narration parcellaire de Chomet met en exergue la dimension satirique du récit, et bouscule les habitudes. Dans sa dernière partie, les personnages interpellent directement le lecteur, afin de commenter les événements de leurs points de vue, bien différents les uns des autres. L’histoire nous est contée par Gégé, le petit fils de Léon (leur relation permettra au premier de s’émanciper du joug paternaliste), jusqu’à ce que son frère ne lui coupe la parole pour raconter à sa façon la suite des événements… Une manière non-conventionnelle de raconter une histoire. A l’image du personnage principal.

Entre caricature et réalisme excessif, De Crecy est un physionomiste hors pair. En quelques traits vifs, fauves, percutants, il dit beaucoup sur la personnalité complexe de ses protagonistes. Regards perçants, faciès improbables, attitudes flirtant avec le Slapstick et la pantomime… De la bonhomie de Gégé au visage sillonné de Léon, chaque portrait raconte le personnage. On lit en eux comme dans un livre ouvert.

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Rien n’est lisse, rien n’est droit. Un dessin à la limite de l’approximatif, une succession de trait qui laisse libre court à chacun de cerner les formes comme il l’entend (les voit, plutôt). Ce qui fait de De Crecy l’un des rares à se situer dans cet entre-deux de l’exagération et du quasi hyperréalisme (n’oublions pas Blutch).

Le traitement de la couleur est pour le moins expressionniste, en ce sens où celle-ci accompagne ou accentue l’état d’esprit des personnages, l’humeur des situations. Dans Léon la came, le rouge orangé peut être glauque et le vert pâle chaleureux. Une esthétique proche d’un Ensor, en particulier lors de la séquence de délire de Léon…

Bien qu’étant d’un esprit de contradiction, ayant toujours un doute lorsqu’une œuvre ou un artiste ne fasse l’unanimité, je ne peux qu’être totalement d’accord en ce qui concerne De Crecy. Je le considère comme le meilleur dessinateur de bande dessinée contemporaine.

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500 DESSINS

Jack Palmer – Pétillon

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Premier album des aventures de Jack Palmer…

Comme Lauzier, Pétillon est un auteur que j’ai apprécié sur le tard. Il pratique un humour absurde, nonsensique et très second degré. Il fait aussi appel à de nombreuses références politiques et sociales. Cependant, ses histoires ne sont pas trop datées et supportent sans problèmes le passage du temps.

La plupart des auteurs de BD évoluent au niveau de leur style graphique. Ils le peaufinent, l’affinent, l’épurent… Mais rares sont ceux qui semblent se réinventer à chaque album, cassant tout automatisme (voire l’idée même de « style »), tout en restant cohérent. Pétillon est de ceux-là, un dessinateur caméléon, œuvrant aussi bien pour la bande dessinée que le dessin de presse (on le retrouve dans les pages du Canard Enchainé).

Comme nous l’explique très justement Thierry Groensteen dans son article Pétillon le mutant, paru dans la revue Neuvième Art n°13 : « Mettez côte à côte un dessin de Pétillon exécuté au milieu des années 70, un autre de 1980, un de 1985, un de 1990 et un de 2000, vous penserez avoir affaire à cinq dessinateurs différents. On ne connaît guère d’autre exemple d’un artiste qui, tout en restant par ailleurs d’une fidélité obstinée au même personnage, soit passé par autant de périodes graphiques fortement différenciées. »

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Métamorphose depuis 1974…

Palmer semble le bon prétexte à Pétillon pour s’essayer à différentes approches picturales (entre minimalisme et « esthétique de la surcharge et de la saturation », caricature et réalisme, traits incisifs ou ligne claire…), différentes techniques (encres ou pinceaux, hachures ou aplats…). Le tout, s’appuyant sur de multiples références : les américain Johnny Hart, Edler et Kurtzman (de Mad) ou encore Mordillo, Masse, Rochette (autre mutant notoire).

 

Si le style de Pétillon est en constante évolution, Jack Palmer lui, n’évolue pas. Depuis sa première enquête, il est toujours aussi crétin et à coté de la plaque. Ce qui ne l’empêche pas de résoudre ses affaires. Un détective privé qui subit les événements, ne comprend jamais rien à rien, mais qui malgré tout arrive à chaque fois à tirer son épingle du jeu. Chapeau Palmer !

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Je suis loin d’avoir tout lu, mais les quelques Jack Palmer que je possède sont tous excellents. Les disparus d’Apostrophes, Le chanteur de Mexico et Le pékinois pour la période « années 80 ». L’enquête Corse et L’affaire du voile pour les années 2000. Même si j’aime beaucoup la ligne claire des trois premiers (sous influence hollandaise, en particulier Leon la terreur de Van Den Boogaards & Schippers), je rejoins Groensteen à propos de la qualité des derniers, surtout L’affaire de Voile : « Sur le plan graphique, L’affaire de Voile (2006) est à ce jour, et pour mon goût, le plus achevé de tous les albums de Pétillon. Il est réjouissant de voir un auteur sexagénaire, après un parcours tout en sinuosités, parvenir à une sorte de synthèse de son art. Son trait de pinceau a retrouvé de la souplesse. Les expressions physionomiques sont plus travaillées, et on ne peut qu’admirer le talent de Pétillon pour caractériser un personnage dès sa première apparition. Les décors (le Selim Bazar, l’appartement de l’imam Hâdi) sont d’une grande puissance d’évocation. Les couleurs (de Sophie Dumas et Christine Couturier) sont feutrées, sans ostentation. Si Pétillon se rapproche ici de quelqu’un, c’est, il me semble, de Rochette, avec lequel il a par ailleurs entamé une collaboration fructueuse comme scénariste des aventures loufoques de Louis le Vétilleux et Clémolin, dit « Dico » (Cf. Panique à Londres et Scandale à New York). Qui s’assemble finit donc par se ressembler… provisoirement. »

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édition en arabe…

 

Jack Palmer sur Bedetheque

Vampyr ou L’Etrange Aventure de David Gray (Carl-Theodor Dreyer, 1932)

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Vampyr est un chef d’œuvre du septième art qui, avec Nosferatu de Murneau et Dracula de Tod Browning, forme le triptyque parfait du film de vampire. Il fut longtemps resté invisible dans sa forme définitive car de nombreuses bandes furent coupées et perdues. Le montage de cette nouvelle version, qui tient compte des indications posthumes laissées par le réalisateur, fut effectué par la cinémathèque française.

Chacun des plans, des cadrages, sont d’une rare beauté. Le travail du son associé aux contrastes forts des images, aux effets spéciaux (surimpressions, ralentis) renforce la dimension onirique de l’histoire, dans laquelle on ne sait jamais quel est la part de réel des événements vécus par le personnage principal. Une pure merveille d’esthétisme, emplie d’images et de séquences fortes (le mouvement inversé d’un homme creusant une tombe, le passeur avec sa faux, David qui se voit dans son propre cercueil, etc.) depuis longtemps ancrées dans (ou tirées de ?) notre inconscient collectif.

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Vampyr semble hanté par l’immatérialité des images cinématographiques. Dreyer fait ainsi montre d’une virtuosité technique et d’un goût du trucage qu’on ne retrouvera dans aucun de ses autres films : images d’extérieur surexposées et voilées, intérieurs très contrastés, ombres mouvantes, surimpressions, images défilant à l’envers, ce luxe d’effets contribue à créer l’atmosphère angoissante propre au récit fantastique en même temps qu’il invite à une réflexion sur la nature des images et leur complicité avec la mort. Le film restera ainsi célèbre pour cette séquence d’une rare audace où la caméra filme un enterrement en adoptant le point de vue du mort. (Wikipedia)

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Librement adapté d’une nouvelle de Sheridan Le Fanu, Vampyr ou l’étrange aventure de David Gray nous raconte l’histoire d’un jeune homme qui s’installe un soir dans l’auberge du village de Courtempierre. Pendant la nuit, un vieillard lui rend visite pour lui demander de l’aide car sa fille est malade, et lui confie une enveloppe à n’ouvrir qu’après sa mort. David répond à son appel et se rend au château du vieil homme et de ses deux filles (Gisèle et Léone, cette dernière étant malade) guidé par d’étranges ombres. Il arrive trop tard pour sauver le vieil homme qui meurt sous ses yeux. Il réconforte de son mieux Gisèle puis ouvre le paquet, qui contient un livre expliquant les méfaits des vampires et le moyen d’y remédier. Dans l’entrefaite, Léone à quitté son lit de malade…

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Après La passion de Jeanne D’Arc, succès critique mais demi-échec commercial, Carl Dreyer entreprend son premier film parlant. Il devient son propre producteur, aidé par les capitaux d’un jeune mécène hollandais, le baron de Gunzburg qui sera l’interprète du personnage principal, David Gray (Allan Gray dans la version allemande). Vampyr fut tourné en France, principalement à Courtempierre, près de Montargis, sans son synchrone, puis synchronisé ultérieurement à Berlin en trois langues (allemand, français et anglais). Dreyer tira un parti extrêmement intéressant des effets sonores étroitement mélangés aux dialogues et à l’excellente partition musicale de Wolfgang Zeller. Peu de films donnent un tel sentiment d’étrangeté et d’inquiétude. Même s’il n’est pas toujours retenu par les tenants du genre en raison même de sa marginalité, Vampyr est un grand classique du cinéma fantastique. (80 Grands Succès du Cinéma Fantastique)

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Je connaissais Vampyr de référence depuis longtemps, mais je n’ai eu l’occasion de voir (et revoir) ce chef d’œuvre que depuis peu, sur Ciné FX, LA chaine des amateurs de cinéma fantastique !

L’ART MODERNE – Joost Swarte (Les Humanoïdes Associés, 1980)

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Joost Swarte, le hollandais sous influences, est un artiste complet. Auteur et dessinateur, il possède une exigence éditoriale sans pareil. Il conçoit lui-même toutes les phases de la création d’un album : dessins et scénarii bien sur, mais aussi la typographie, les mises en page, les couleurs (ses tons pastels sont magnifiques).

Un théoricien, créateur des concepts de la Ligne claire, qui applique les principes de l’école de Bruxelles (Hergé et Jacob) et du Style atome, se référant à l’école de Marcinelle (Jijé et Franquin).

Un esthète, comme le qualifie très bien Florence Cestac. Il serait aussi exigeant qu’ Etienne Robial. Pas étonnant alors que Swarte ait essentiellement édité chez Futuropolis ou Les Humanoïdes Associés (pas ceux de maintenant bien sur).

Ce retour à la Ligne Claire au début des années 80 – dans les pages de Métal Hurlant avec entres autres les « modernes » Yves Chaland, Ted Benoit ou Serge Clerc – paraissait devoir vieillir trop vite (comparé à Druillet ou Moebius), mais a su se bonifier. Le temps l’a rendu intemporel et il parait maintenant beaucoup moins daté que la Ligne crasse, l’autre courant graphique du journal (cela dit, un dessinateur comme Charlie Schlingo revient en force).

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L’Art Moderne est un ouvrage dont le titre parait un peu prétentieux, mais qui dans le fond ne pouvait s’appeler autrement. L’influence des Avant-gardes artistiques (entre le Cubisme, le Bauhaus ou le Pop Art) se fait bien ressentir. Joost Swarte a su renouveler un style un peu vieillot, qui évoque surtout l’age d’or des périodiques pour la jeunesse. Il utilise tous les préceptes de la Ligne claire : un trait noir régulier soulignant les formes, des couleurs pastels en aplat (sans effet de matière), pas d’ombres…

Un style plus symbolique que réaliste. Archétypal. Un style enfantin qui contraste avec des histoires d’adultes, nous racontant les déboires de zonards urbains (des camés, des malades mentaux, des suicidaires, des artistes fous…

D’une manière générale (et chacun à leur manière), les hollandais, ces flamands irrévérencieux, font dans l’humour absurde et trash, toujours provoquant, parfois dérangeant : Willem en tête (qui a scénarisé et traduit certaines histoires de cet album), Kamagurka et Herr Seele avec leur Cowboy Jean (qu’on retrouve parfois dans les pages du Psiko) ou le scatologique Léon la Terreur de Van Den Boogaard…

Joost Swarte n’échappe pas à la règle. Voir ces scènes gores sous les traits d’un Hergé ou d’un St Ogan crée un décalage plutôt hallucinant et franchement génial !

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(4 de couv’ de l’édition Futuropolis)

Joost Swarte revient au premier plan avec l’ouverture du Musée Hergé (dont il est le concepteur graphique) ainsi que  l’exposition  « A la recherche du Style Atome », à Bruxelles. Denoel Graphic prévoit de rééditer ses albums (dont cet Art Moderne) pour 2010.

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