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HP (1&2) – Lisa Mandel (L’Association, 2009/13)

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Prépublié dans la revue Lapin en 2009, HP nous raconte l’histoire de la psychiatrie moderne. De la transition (somme toute positive pour les patients) entre l’asile de fous et l’hôpital psychiatrique.

Lisa mandel a la bonne idée d’en raconter les grandes lignes par l’anecdote. En l’occurrence, de ses parents et trois de leurs amis, tous infirmiers psy à Marseille, qui ont vécu de l’intérieur l’évolution de la pratique psychiatrique. Favoriser l’écoute et l’expression plutôt que les méthodes barbares (électrochocs, bains glacés, lobotomies…) et l’isolement.

Le burn-out des infirmiers, l’insensibilité des psychiatres, l’arrivé des psychologues, Lisa Mandel n’oublie rien ni personne et dresse avec justesse le tableau d’un secteur plutôt obscur. Il y a de la compassion, de l’empathie, voire de la sympathie entre les soignants et les soignés. Malgré les apparences, c’est un lieu vivant, ou le rire côtoie la violence.

Son approche humoristique (terriblement précise dans ses intentions) et ce découpage rythmé (quasiment une anecdote par page) apportent de la légèreté et de la fraîcheur à un sujet et des sujets ma foi fort glauques.

Le premier volume raconte la période de 1968 à 1973. Les grands dortoirs bruyants sans intimité, l’arrivée des neuroleptiques qui, s’ils calment les patients, les transforment en zombies. Ils apportent toutefois une grande nouveauté, le silence.

Le deuxième aborde les « crazy seventies » et le courant désaliéniste (proche de l’anti-psychiatrie) soutenu par le docteur Bonnafé. Une révolution, qui a profondément et durablement changé les modes de prises en charge : « Le patient n’est plus considéré comme un coupable qu’il faut enfermer, mais comme une personne en souffrance qui, avec l’aide approprié, sera capable de vivre libre ». Séparer le moins possible le malade de son milieu, création des hôpitaux de jours, favoriser le soin « hors les murs »… des pratiques qui sont encore actuellement préconisées.

Sur que ces albums agacerons plus qu’ils n’amuserons les spécialistes. On ne peut toutefois déconsidérer ces témoignages directs, qui dressent un authentique aperçue de ce milieu mal connu, qui génère encore de nombreux fantasmes.

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A lire

Dame un beso – El Don Guillermo (Misma, 2014)

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Comme quoi, la 3ème version de Lapin voyait juste en misant sur cette nouvelle génération d’auteurs plus que prometteurs, les Benjamin Adam, Simon Hureau, Geneviève Castrée, Benjamin Zafra et beaucoup d’autres. Sans oublier El Don Guillermo, qui avec son jumeau Estocafish ont crée la structure Misma et sa chouette revue Dopututto Max.

Ce Dame un beso (pas besoin de traduire) regroupe les huit chapitres parus dès 2009 dans Lapin (du n° 37 au 44). [Une première histoire intitulée Dame un Beso (avec les mêmes protagonistes) fut éditée en 2006 dans le Ferraille 27. Quatre planches avec de chouettes couleurs qui feraient presque regretter cette belle édition en brun-sépia et blanc.] Toutefois, El Don Guillermo ne fait pas que compiler les épisodes. Il prolonge son histoire sur plus d’une centaine de pages, aboutissant ainsi à un récit complet, bien plus dense que ne le laissaient penser les premières lectures. Il remercie d’ailleurs JC Menu : «…dont l’engouement pour ce projet m’a réellement motivé à avancer ».

Deux jeunes hommes retournent sur leur lieu de vacances d’enfance en Catalogne. L’odeur catalane, le bord de mer ensoleillé et le goût de la San Miguel leur évoquent de vieux souvenirs, certains liés à leur premier flirt commun avec Cristina, une jeune autochtone. Après une première nuit sur la plage, ils sont surpris de trouver la belle espagnole blottie dans leur bras. S’en suit alors la vie de bohème du trio (qui vit au jour le jour, squattant dans une maison de vacance abandonnée), accompagné d’un personnage qui a toute son importance : le chien.

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On suit tout ce petit monde dans un périple en temps réel, découvrant au fil du récit les liens qui les unissent. C’est parfois long, flottant, mais on se laisse prendre par le rythme contemplatif de la narration, la sensualité des dessins et cette histoire d’amour qui s’avère plus allégorique que réaliste. Cristina existe-t-elle vraiment ou n’est -t-elle qu’un fantasme partagé, un souvenir qui s’émissent dans leur présent ? Au fond, ça ne change pas grand chose dans ce qui se joue entre les deux garçons. Ce qui devait être un temps d’insouciance (des vacances entre amis) devient une sorte de rite de passage, une étape marquante faite de petits deuils et de grands espoirs.

Il faut du temps pour apprécier son graphisme stylisé, qui s’avère bien plus subtil qu’il n’y parait avec ces lignes absentes, ces nez en accent circonflexe et cette richesse de motifs qui flirtent parfois vers l’abstraction. Ses traits évoquent les formes plus qu’ils ne les expliquent. En parfaite adéquation avec la teneur symbolique du récit.

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eldonguillermo.com

Misma

Chronique K.BD – Jade

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Impossible d’établir un focus sur 6 Pieds sous Terre sans aborder la revue Jade. A l’instar de Lapin ou de Ferraille illustréJade fut créé par nécessité et non dans un but lucratif. A une époque (début des années 90) où la presse BD se réduisait à peau de chagrin, une nouvelle génération d’auteurs indépendants n’ont eu d’autre choix que de lancer leur propre revue pour diffuser leurs bandes et celles de leurs camarades. En 15 ans d’existance, Jade est devenu LA référence en matière de revue de bande dessinées indépendantes, entre analyses sérieuses du médium et bandes à l’humour décalé. Son influence est encore bien présente…

Une synthèse par ma pomme.

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Lire l’article

Mon Lapin n°8 (L’Association, 2014)

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Après une longue trêve estivale, Mon Lapin revient avec Killoffer aux commandes, l’un des dessinateurs les plus déjanté de sa génération. Killoffer invite ses camarades pour mieux s’inviter dans leur univers graphique. Au delà de cette figure imposée (au sens propre), « promenons nous dans les bois » semble être le thème proposé à tous les participants. Burns, Druillet, Debeurme, Mattotti… Killoffer a convié des monstres du 9ème Art, que l’on ne croise que trop rarement dans les revues de bandes dessinées (encore moins tous ensemble).

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Antoine Marchalot

Entre narration séquentielle, expérimentations oubapiennes et dessin contemporain, ce numéro 8 est plutôt réussi, en particulier les superbes pages de Ruppert & Mulot et Lumineau, qui ne sont pas sans rappeler l’exercice du cadavre exquis de La Maison Close. On se perd avec eux dans la forêt, entre chien et loup. Plus personnage de bande dessinée que réel rédacteur en chef, Killoffer est un clown baroque et trash, un élément perturbateur à la grâce ‘pachydermique’, brouilleur de pistes et véritable fil conducteur de ce huitième numéro

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Sébastien Lumineau & Ruppert & Mulot

Brèves de chroniques #3

Sound Of Boston Comics (Vide Cocagne, 2014)

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Boris Mirroir traîne ses guêtres du coté de Jade depuis quelques années maintenant. On le retrouve également, avec ses complices James et Fabcaro, dans les pages de fluide glacial, pour un soap opéra bien loufdingue, dont le titre annonce la couleur : « Amour, passion & CX diesel ». Dans Sound Of Boston, édité dans la sympathique collection épicerie fine, chez Vide Cocagne, Boris nous propose une adaptation d’une chanson de Mike Peck intitulée « Miss Me », tout un programme. Boris use de ce graphisme si caractéristique (stylisation proche du pictogramme) et de cette mise en page en damier si particulière, alternant cases dessinées et cases textes. Prenant la forme (et le format) d’un comics (fascicule souple de 32 pages), on trouve aussi deux planches d’introduction, un court récit (intitulé prologue) et de fausses réclames. De très bonne facture.

Shift (La cinquième couche, 2012)

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Shift est une bande dessinée réalisée par ordinateur (et par Benoit Henken et Marianne Kirch). On pourrai même croire à un vieil ordinateur, tant le trait pixelisé parait approximatif et « mal dégrossi ». Pourtant, cet album date de 2012. Il s’agit de l’adaptation par la bande d’une performance sur la traduction, jouée pour la première fois en 2008. Le thème explique pourquoi chaque personnage, à chaque plan, parle dans une langue différente. Une manière de confirmer que les mots ne sont pas impératifs pour comprendre et se faire comprendre. Les deux seuls bulles en français nous permettent de saisir les enjeux de l’histoire : traduire est-ce trahir ? Une traduction purement mécanique ne sert à rien si elle ne véhicule pas ce supplément d’âme nécessaire pour susciter l’émotion. Si l’histoire commence par un travelling avant, partant de l’extérieur pour arriver à des scènes de dialogues lors d’une soirée diplomatique, les plans se focalisent sur le kimono d’une japonaise, seul élément coloré de cette grisaille ambiante. Mais loin d’être froides et sans âmes, ces images numérisées sont d’une rare beauté.

Dopututto Max n°5 (Misma, 2013)

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Petite jeunette de la famille des revues bédé de maisons d’éditions, Dopututto Max (des éditions Misma) a été récompensée par le Prix de la bande dessinée alternative lors du 40e Festival d’Angoulême. Créée à l’initiative des frangin Estocafish et El Don Guillermo (découvert pour ma part dans Lapin), on retrouve au générique Anouk Ricard, Anne Simon, Simon Hanselmann ou Amandine Meyer. Des histoires courtes au graphismes expressifs et parfaitement maîtrisés, Dopututto Max est un festival de styles et de formes variés : les traits enfantins d’une Esther Pearl Watson ou d’un Roope Eronen, les planches quasi abstraites de Nylso ou les superbes perspectives colorées de Franky Bartol. Une revue à suivre…

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Du beau, du bon, des bds…

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