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Blues By Night – Filips (éditions Art Moderne, 1987)

Blues By Night - Filips (éditions Art Moderne, 1987) dans Chroniques BD bbny

Ce Blues By Night nous emmène à la découverte de la vie nocturne new-yorkaise des années 80. Un New-York fantasmé (remplie de belles Cadillac et autres Pontiac), dans lequel la musique tiens le premier rôle. Logique, venant d’un passionné de musique Jazz, Funk ou Hip Hop. Filips fut dessinateur à rock & folk dans les années 80, illustrateur pour MC Solar (le 45 tours bouge de là), et a récemment participé à un album sur le Funkadelic de Clinton, aux éditions Nocturne. Lou Reed, Michel Jonasz, Tom Waits, Talking Heads, Level 42, sans oublier le be-bop ou le hip hop, la bande son de cet album fleure bon les folles eighties et le revival fifties.

Entre blocs d’immeubles et murs de briques tagués, Filips nous ballade dans les rues de la grande pomme, sur les traces de personnes interlopes, des musiciens de jazz insomniaques, des artistes branchés, des détectives privés « débranchés », des losers qui cherchent à en finir… Une faune sous influence, entre musique, alcool et déprime, qui nous entraine en errance dans le milieu de la nuit, des quartiers sombres, des métros tagués, des tripots enfumées et des bars aux ambiances rétro.

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Sept histoires courtes entrecoupées d’illustrations de grande classe composent ce petit album de belle facture. Foutus dimanches à la con nous apprend qu’après une nuit blanche de biture noire, il n’y a rien de bon à rester gamberger entre quatre murs. I need some money est ce que se répète le personnage, bien décidé à aller jusqu’au bout. Blues By Night nous narre les dérives nocturnes d’un homme qui vient de se faire larguer, sur un air des Talking Heads… Dans Beat-Streets, deux rappeurs se languissent d’être trop jeunes pour goûter aux nuits chaudes des boites privées. Mais que fait le privé ? Où Jo le détective décide de rester chez lui aujourd’hui. Les hors-la-loi de tout poil peuvent courir le monde… Coup mou chez les durs nous fera côtoyer la vie mouvementée d’Hugues-Hubert, peintre branché et  jet-seteur de première. La boite de Jazz est l’adaptation de la chanson de Jonasz.

Filips s’attache à retranscrire l’atmosphère générale d’une ville, d’une époque, plutôt que dresser des portraits « psychologisant » de ses personnages. Son style rond et coloré contraste fortement avec les thèmes de ses histoires. Les ambiances nocturnes sont remarquables (le bleu nuit domine, normal). Ce graphisme aux formes stylisées, cubistes, aux couleurs vives en aplats, est fortement inspiré par la ligne claire d’un Joost Swarte. A ce titre, le nom des éditions : Art Moderne, peut être vu comme un clin d’œil à l’album éponyme de Swarte. Une esthétique très référencée, mais qui vieillie plutôt bien, grâce notamment aux superbes couleurs réalisées par le dessinateur lui-même.

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La boîte de Jazz…

Le manchot de la butte rouge (la vie de Victor Levallois) – Stanislas & Rullier (Les Humanoïdes Associés, 2003)

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Je connais Stanislas de référence depuis longtemps, en tant que membre fondateur de l’Association. J’ai déjà croisé son trait dans certaines revues de bandes dessinées ou d’illustrations. Mais j’avoue n’avoir jamais lu un de ses albums avant celui-ci. Il est des noms comme ça qu’on entend depuis longtemps mais qu’on ne connais pas vraiment. Même si ce Victor Levallois n’est pas forcement représentatif de sa production au sein de l’Association, il n’en demeure pas moins son héros phare, créé au début des années 90.

Stanislas nous raconte : « L’idée toute simple de Laurent, est de raconter la vie d’un petit bonhomme de cette fin de 20° siècle : de la dernière guerre à aujourd’hui. Il y a des multitudes d’histoires à raconter. Victor serait tantôt acteur, tantôt témoin d’événements plus ou moins historiques ou même quotidiens.
Avec ces deux premiers albums, il a donc connu la Guerre d’Indochine avec le troisième : la reconstruction industrielle de l’après-guerre. Puis, par exemple, la guerre d’Algérie, le mur de Berlin, un tournage de péplum à Cinecitta, le Swinging London, etc, etc. Mais le plus important dans cette bande dessinée, c’est sa modernité malgré une apparence classique. Victor, est un personnage fondamentalement humain. Il vit des histoires d’amour, il a des problèmes de fric, il peut rencontrer des méchants sympathiques et des gentils antipathiques. »
(PLG n°34, 1998)

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C’est avec un grand plaisir que je me suis plongé dans cet album de facture classique, aussi bien par son format que son style et sa narration. Le manchot de la butte rouge est un album qui s’inscrit dans la tradition des aventures de Tintin, Gil Jourdain, Spirou ou autre Ginger (de Jidéhem) : un héros intègre et hors de tous soupçons (quoique), une ambiance année 50, une enquête policière dans un contexte politique… Stanislas rend son tribu à ce genre de « BD à papa ». Une certaine esthétique de la ligne claire (ce n’est pas anodin s’il a produit Les aventures d’Hergé !), qu’il partage avec bon nombre de ses contemporains, Floch’, Dupuy et Berberian , Joost Swarte, Serge Clerc et autres Yves Chaland… Une lisibilité presqu’infantile, au service d’une histoire aux préoccupations adultes (pas de manichéisme, les personnages sont anbigus).

Février 1951. Retour à la case départ pour Victor Levallois. A 24 ans, le voilà seul, fauché, insomniaque, et obligé d’accepter un boulot de gardien de nuit dans une société d’aéronautique. Sans doute ignore-t-il qu’en ces temps de Guerre Froide, les soldats de l’ombre ont fait de ces bureaux d’études de nouveaux champs de bataille. (4ème de couv’)
Bien que n’ayant pas lu les premiers épisodes de la série (Trafic en Indochine et La route de Cao Bang), je suis rentré pleinement dans cette aventure, qui me donne bien envie de découvrir ces deux premiers, ainsi que le dernier (La ballade des clampins), sorti en 2004.

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Interview de Stanislas sur PLG

Stanislas sur Bedetheque

VRAOUM ! Trésors de la bande dessinée et art contemporain (la maison rouge)

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On peut se demander quel est intérêt de contempler des planches sorties de leur contexte. Une planche est-elle une œuvre d’art à part entière ? Quand on se trouve devant un original de McCay, Forest, Breccia, Druillet, Giraud ou Gerner, la question ne se pose plus. On ressent exactement la même impression que lorsqu’on est devant une toile de grand maitre : on est à proximité de l’artiste, on sent son geste, sa trace, sa présence. C’est un sentiment magique, unique.

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La Maison Rouge (que je découvre à l’occasion) est le lieu idéal pour ce type d’exposition, vaste, mais à échelle humaine. Disposée de façon labyrinthique, le parcours est composé de plusieurs petites pièces abordant un thème particulier : Les pionniers de la BD, avec des planches d’Alain St Ogan, Richard Outcault, Winsor McCay ou Georges Herriman. Far West, comprenant essentiellement des planches de Giraud, ainsi que de son maitre Jijé et aussi Morris. Bestioles et créatures, avec Macherot, Crumb (et son Fritz the cat), Otto Messmer (et son Felix the cat), Schultz (et son Snoopy), Franquin et son Marsupilami, Peyo et ses Schtroumpfs, Mandryka et son concombre masqué ou Geluck et son chat. Sans oublier la Walt Disney Productions avec le génial Carl Barks (« l’homme au canards » qui aurait dessiné plus de 6000 planches de BD).

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S’en suit Hergé et la ligne claire où j’ai enfin pu observer des planches originales du Maître, ainsi que de ses amis Jacob, Martin et De Moor, sans oublier la relève avec Ted Benoit ou Joost Swarte. Mangas avec la présence du père d’Astro Boy, Osamu Tesuka, sans oublier Miyazaki (avec Princesse Mononoké). Puis, retour en Occident avec les Maitres de la S.F : les américains Clarence Gay ou Ales Raymond et les français Poïvet, Gillon, Forest, Druillet, Moebius ou Bilal. Epoustouflant ! Gags à Gogo et Gredins et chenapans nous présente des planches humoristiques de Chic Young, Segar (Popeye), Dirks (the Kratzenjammers kids), mais aussi St Ogan ou Franquin. Pictural nous propose des auteurs privilégiant les pinceaux (noir & blanc ou en couleur) tels Caniff, Breccia, Tardi, Hugo Pratt, Comès… A fond la caisse avec Hubinon, Jean Graton ou Boucq. La rencontre des héros et Super-héros se situent dans deux grandes salles dans lesquels bon nombres d’artistes contemporains revisitent les mythes de la BD, essentiellement issus des mangas et des comics (ah, le Batman obèse qui surplombe la salle, effrayant !) Puis pour finir, l’Enfer, situé dans une salle en sous-sol, dresse un petit panorama de la BD érotique avec Crumb, Pichard & Wolinski (avec leur Paulette), Forest (et son Barbarella), Guido Crepax, Manara ou Vuillemin…

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Cette expo nous permet de découvrir les coulisses de la création d’une planche de bande dessinée. On observe des différences de méthodes entre les auteurs. Différence de format d’abord, car si la plupart dessine sur de grandes feuilles qui seront réduite pour l’impression, d’autres dessinent au même format que la future édition en album. Au niveau de la mise en page, on voit bien que certains dessinent les cases individuellement, puis les assemblent pour composer leurs planches, tels que McCay, Gotlib ou Bilal… D’autres par contres, préparent leur structure à l’avance et dessinent minutieusement dans les cases (Hergé, Moebius …). Les américains eux, dessinent sur des planches pré-formatés pour l’imprimerie (Alex Raymond ou Joe Schuster). Différence de techniques entre une majorité de noir et blanc (dont de nombreux maitres, Forest, Eisner, Milton Caniff…) et les adeptes de la couleur directe (Mattoti, Breccia, de Crecy ou Liberatore…)

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Gilles Barbier, L’hospice, 2002

L’originalité de cette exposition est de confronter ses planches originales de grands dessinateurs aux regards que peuvent y porter des artistes contemporains. Car les frontières entre ces deux univers sont de moins en moins hermétiques, de plus en plus « poreuses ». Des peintres tels qu’Authouart ou Di Rosa ont toujours cité la Bande Dessinée comme une influence majeure. On découvre également des strips de Picasso (années 30) qui était un inconditionnel du Krazy Kat d’Herriman. Picasso lui-même aurait dit qu’un de ses seuls regrets est de ne pas avoir fait de bande dessinée… Art Lichtenstein, Keith Haring et Jean-michel Basquiat rendent également leur tribu à la BD.

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TNT en Amérique, Jochen Gerner

Le parcours commence avec l’intégrale des planches du TNT en Amérique de Jochen Gerner. Un auteur qui créé la parfaite jonction entre Art Contemporain et « petits mickeys ». Ses planches sont remarquables. Il a développé ce qu’ont pourrait appeler la « narration séquentielle non-figurative ».

Ponctuant le parcours de l’exposition, des couples se forment entre les personnages de BD et leur réinterprétation dans des œuvres contemporaines : la lime cachée dans le pain des Dalton par Olivier Babin, little Nemo dans son lit par Peter Land, le tempérament bagarreur de Popeye par Jean-Michel Basquiat, la famille Flintstones par Paul McCarthy, la silhouette de Tintin par Henrik Samuelsson. Ce dernier apparaît également dans la peinture murale de Fabien Verschaere… (Guide de l’expo)

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Wang Du, Vous avez du feu, 2002 

Pour rester dans le jeu du name-dropping, n’oublions pas de citer encore Pierre la Police, Lewis Trondheim, Toriyama (l’inventeur des Dragon Balls), Willy Vandersteen, Loustal, Charles Burns… Une expo remarquable qui fait la part belle aux pièces de collection sans pour autant sentir le vieux papier. Et ceci grâce à la présence de ces œuvres contemporaines qui apportent une résonnance particulière aux vielles planches de bd, et corroborent l’idée principale de cette exposition : les frontières entre Art et BD n’existent pas !  

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L’ART MODERNE – Joost Swarte (Les Humanoïdes Associés, 1980)

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Joost Swarte, le hollandais sous influences, est un artiste complet. Auteur et dessinateur, il possède une exigence éditoriale sans pareil. Il conçoit lui-même toutes les phases de la création d’un album : dessins et scénarii bien sur, mais aussi la typographie, les mises en page, les couleurs (ses tons pastels sont magnifiques).

Un théoricien, créateur des concepts de la Ligne claire, qui applique les principes de l’école de Bruxelles (Hergé et Jacob) et du Style atome, se référant à l’école de Marcinelle (Jijé et Franquin).

Un esthète, comme le qualifie très bien Florence Cestac. Il serait aussi exigeant qu’ Etienne Robial. Pas étonnant alors que Swarte ait essentiellement édité chez Futuropolis ou Les Humanoïdes Associés (pas ceux de maintenant bien sur).

Ce retour à la Ligne Claire au début des années 80 – dans les pages de Métal Hurlant avec entres autres les « modernes » Yves Chaland, Ted Benoit ou Serge Clerc – paraissait devoir vieillir trop vite (comparé à Druillet ou Moebius), mais a su se bonifier. Le temps l’a rendu intemporel et il parait maintenant beaucoup moins daté que la Ligne crasse, l’autre courant graphique du journal (cela dit, un dessinateur comme Charlie Schlingo revient en force).

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L’Art Moderne est un ouvrage dont le titre parait un peu prétentieux, mais qui dans le fond ne pouvait s’appeler autrement. L’influence des Avant-gardes artistiques (entre le Cubisme, le Bauhaus ou le Pop Art) se fait bien ressentir. Joost Swarte a su renouveler un style un peu vieillot, qui évoque surtout l’age d’or des périodiques pour la jeunesse. Il utilise tous les préceptes de la Ligne claire : un trait noir régulier soulignant les formes, des couleurs pastels en aplat (sans effet de matière), pas d’ombres…

Un style plus symbolique que réaliste. Archétypal. Un style enfantin qui contraste avec des histoires d’adultes, nous racontant les déboires de zonards urbains (des camés, des malades mentaux, des suicidaires, des artistes fous…

D’une manière générale (et chacun à leur manière), les hollandais, ces flamands irrévérencieux, font dans l’humour absurde et trash, toujours provoquant, parfois dérangeant : Willem en tête (qui a scénarisé et traduit certaines histoires de cet album), Kamagurka et Herr Seele avec leur Cowboy Jean (qu’on retrouve parfois dans les pages du Psiko) ou le scatologique Léon la Terreur de Van Den Boogaard…

Joost Swarte n’échappe pas à la règle. Voir ces scènes gores sous les traits d’un Hergé ou d’un St Ogan crée un décalage plutôt hallucinant et franchement génial !

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(4 de couv’ de l’édition Futuropolis)

Joost Swarte revient au premier plan avec l’ouverture du Musée Hergé (dont il est le concepteur graphique) ainsi que  l’exposition  « A la recherche du Style Atome », à Bruxelles. Denoel Graphic prévoit de rééditer ses albums (dont cet Art Moderne) pour 2010.


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