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Meurtres et Chatiments – Carlos Nine (L’echo des savanes/Albin Michel, 1991)

  Meurtres et Chatiments - Carlos Nine (L'echo des savanes/Albin Michel, 1991) dans Chroniques BD meutresetchatiments2004

Les dessins de Carlos Nine nous donne une petite idée de ce que produirait un croisement contre nature entre les délires visuels d’un Tex Avery et l’univers Dantesque d’un Jérôme Bosch. Le tout situé dans une ambiance Polar année 50… Une vraie cour des miracles, qui nous rappelle le Freaks de Tod Browning. Une succession de personnages monstrueux, exécutés avec une finesse et une sensibilité plastique qui contraste fortement avec les sujets et les thèmes abordés. Ses difformités en arrivent à dégager assez de sensualité (par un subtil travail des couleurs réalisé par l’auteur lui même) pour devenir supportables, attirantes, fascinantes…

Je cite le texte de FredGri, tiré du très bon site sceneario.com, qui a su trouver les mots justes pour commenter cette œuvre hors-normes : « Parker, Pirker et Babously sont trois détectives habitués aux affaires de famille. Retrouver une fille fugueuse, une femme infidèle c’est leur quotidien. Mais dans ce monde très bizarre le moindre suspect prend des figures de héros de dessins animés et les fantasmes prennent de droles de visages. Nos trois détectives vont alors devoir plonger en plein délire toonesque. »

ninemeurtres33 dans Chroniques BD

« Le monde de Carlos Nine est tout de suite très particulier.
Tout d’abord son sens de la narration est complètement décalé, il oblige le lecteur à se laisser mener par le bout du nez dans ces pages complètement hallucinantes, il n’y a pas de cases à proprement dit, parfois meme il illustre littéralement telle ou telle expression. C’est un voyage dans un monde qui se balance entre le non-sens, les polars et les références aux dessins animés de notre enfance, le tout avec une pointe de cruauté.
Mais ce qui est le plus poignant, le plus envoutant c’est la richesse et la beauté du graphisme de Nine. Ici tout, ou presque, est expérimentation au service d’un nouveau langage plus ludique, plus fou. Les personnages et les objets se déforment, on flotte dans l’aquarelle la plus pur puis on passe de temps à autre à du crayon. Là, plus de références figuratives, plus de repère, dans ce chef d’œuvre passé complètement inaperçu (Nine explique qu’en fait les libraire ne savaient pas ou le ranger, du coup il s’est vite retrouvé dans les bacs des soldeurs) nous rencontrons un artiste explorateur anti conventionnel !
Bien évidemment cet album demande aux lecteurs de jouer le jeu, mais là aucune démarche intellectuelle, aucune prétention de cracher sur le passé, non juste un auteur qui s’amuse, c’est un plaisir à chaque page, une vraie explosion graphique. C’est en tout cas avec cet album que j’ai découvert une école plus personnelle d’artiste, ce Sud-Américain n’a pas fini de faire parler de lui, soyez en sur !
Alors surveillez bien vos bouquinistes, ca en vaut le coup.
 » (FredGri, avril 2003)

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Entre rééditions et créations, Nine est toujours prolifique. Voir sur son site carlosnine.com/

Carlos Nine sur bedetheque et sur Stuart Ng Books

HERGE (2ème partie) – Pierre Assouline (Folio Gallimard, 1998)

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Je referme cette riche biographie avec le sentiment d’avoir enfin découvert Hergé. Un homme avec ses qualités (patient, candide, affable, modeste, fidèle en amitié…) et ses défauts (orgueilleux, égocentrique, puritain, colérique, fuyant les conflits, maniaque…). Un personnage ambigu dans ses relations aux autres mais pourtant très clair vis à vis de lui même. Un angoissé, qui dans le fond n’aura qu’une obsession, atteindre la sagesse et la pleinitude. Il deviendra au fil du temps un érudit en matière de philosophie orientale (le Taoisme en particulier), d’ésotérisme et de parapsychologie (grâce à sa rencontre avec Jacques Bergier, co-auteur du livre Le Matin des Magiciens, et de la revue Planète). Un artiste qui tentera d’autres expériences (la peinture, le cinéma en cherchant à adapter Tintin…) mais qui reviendra toujours à la bande dessinée, car en bon perfectionniste qui se respecte, il se rend compte que c’est véritablement dans ce domaine qu’il excèle.

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 Hergé par Jacobs

J’ai appris également qu’Hergé n’était pas un dessinateur isolé dans une tour d’ivoire, mais un amateur éclairé qui; à la fin de sa vie, s’intéresse grandement à ce qui se fait dans la bande dessinée moderne. Il est très ouvert d’esprit et apprécie à leur juste valeur les productions de la nouvelle génération, des auteurs qui se situent pourtant aux antipodes de son oeuvre. Pierre Assouline nous raconte : « Il tiens Sempé pour le La Bruyère du XXème siècle, et sous la plume de cet honnête homme, il n’est pas de plus beau compliment. Les planches des Frustrés de Claire Bretécher sont d’une férocité et d’un pathétique qui l’enchantent et lui procurent un vrai bonheur de lecture, qu’il s’agissent des dessins ou des dialogues. En dehors d’hommes comme Jacobs, Cuvelier, Schulz ou Johnny Hart, qu’il considère déjà comme des classiques ,Hergé loue volontierles qualités d’artistes tels que Jean Giraud dit Gir dit Moebius, Hermann, Gébé (« qui n’a que du talent »), Franquin (« prodigieux dessinateur »), Gotlib ou Raymond Macherot, le créateur d’Anthracite et de Chlorophylle, qu’il juge l’égal de Walt Disney dans sa manière de camper le caractère des animaux. Il lit d’une traite Les Six Voyages de Lone Sloane, un héros auprès duquel Tintin lui paraît excessivement bourgeois et raisonnable. Son auteur Philippe Druillet est un des rares, selon lui, à donner une dimension nouvelle à la BD, plus proche de l’onirisme que du fantastique. Il se délecte de ses grandes images « à la fois précises, minutieuses et fulgurantes où tout fuse et explose dans une sorte de délire graphique ». Quant à Jean-Claude Mézières, qu’il peut se flatter d’avoir repéré dès l’âge de 15 ans, Hergé se dit impressionné par se capacité d’invention et sa puissance de composition. Après avoir lu L’Ambassadeur des ombres, les Oiseaux du maitre, Le pays sans étoiles ou l’Empire des mille plamètes, il va même jusqu’à évoquer Jérôme Bosch et Gustave Doré, c’est dire !

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Tintin par Moebius

Mais à ses yeux, Fred, pilier de Pilote où il dessine Philémon et scénarise Timoléon, demeure largement au-dessus du lot. Pour sa faculté à se dégager de l’influence américaine. Pour la dimension poétique et la lisibilité de son dessin. Pour son irrespect à l’endroit des institutions. Pour sa faculté de faire croire à l’incroyable. Et pour ce mélange de surréalisme, de loufoque, d’inquiétude, d’absurde, de logique qui n’appartiennent qu’à lui.
Pour être ouvert à la culture d’une autre génération de dessinateurs, Hergé n’est pas pour autant prêt à accepter n’importe quoi. Ni jeuniste, ni démagogue, il met un frein à ses enthousiasmes. Peu lui chaut de passer pour conservateur. Il distinguera toujours les créateurs des fabriquants. Et les artistes du reste des fournisseurs. En fait, seuls la vulgarité, la confusion et le travail bâclé le choquent vraiment. Ainsi, en découvrant un paquet de bandes dessinées underground expédié d’Amsterdam, il ne le récuse pas globalement. Il apprécie les dessins de Robert Crumb et parvient même à trouver « intéressantes » les bandes les plus pornographiques tant leur agressivité, leur bonne humeur et leur exagérations les rendent finalement comiques ».
Ces attraits pour les auteurs modernes nous en apprend bien plus sur lui, sa personnalité, son ouverture d’esprit… Bien plus qu’une enième analyse.

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Hommage de Tibet


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