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Chronique K.BD – Focus Fred

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Après Jean Giraud, Sergio Toppi et Keiji Nakazawa, c’est au tour du génial Fred d’être mis à l’honneur sur K.BD. Un auteur singulier et remarquable, d’une gentillesse telle qu’elle transparait dans son œuvre, même dans ses aspects les plus sombres. Car Fred était aussi un maitre de l’humour noir. Sans oublier son amusement permanent pour triturer le langage même de la bande dessinée.

Un focus réalisé de « manu-manu de maître » par Badelel.

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Chronique K.BD – Focus Jean Giraud/Moebius

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Pour ce dernier mois de l’année, nous vous proposons cinq focus d’auteurs qui ont eu la mauvaise idée de nous quitter depuis la création de K.BD (soit quatre ans en janvier). Une manière de clôturer l’année 2013 et de rendre hommage aux artistes qui nous ont fait rêver.
Notre motivation n’est pas de rédiger des rubriques nécrologiques, mais au contraire, d’établir une sorte de « Hall of Fame » d’auteurs qui, bien que disparus, demeurent pour nous immortels. Raconter son parcours et s’arrêter sur une oeuvre emblématique. Nous commençons par notre maître à tous : Jean Giraud – Moebius.

Un focus mijoté par moué.

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40 days dans le Désert B – Jean Giraud Moebius (Edition Stardom – Moebius Production, 1999)

40 days dans le Désert B - Jean Giraud Moebius (Edition Stardom - Moebius Production, 1999) 40jours1-300x198

Il est des ouvrages difficiles à raconter, d’en faire la présentation pertinente et juste par rapport à nos émotions. 40 days dans le désert B est de cette trempe. L’œuvre majeure d’un artiste qui n’en manque pas. Moebius restera pour toujours un monstre du neuvième art, car durant sa longue et prolifique carrière, il n’a jamais perdu cette puissance graphique, cet esprit d’explorateur de mondes imaginaires et du vocabulaire même de la bande dessinée.

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Moebius transcende le réel, s’appuyant sur des événements personnels pour en tirer quelque chose d’universel, susceptible de toucher la sensibilité de chacun. Selon Thierry Groensteen, Moebius aurait conçu ces dessins durant une période de sevrage de fumage d’herbe : «  …le désormais fameux ‘Désert B’ qui, depuis les 40 Days, est cette étendue vierge où l’imaginaire moebiusien se déploie et vient peupler le vide, où les plus improbables chimères reçoivent par le dessin une manière d’accréditation. [...] Désert B / désherber : le sens de ce jeu de mots est moins univoque qu’il n’y paraît. […] s’il est un sol qu’aucun jardinier n’a besoin de désherber, c’est bien celui, aride, du désert ».

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Les pages de ce recueil sont à voir comme autant de fenêtres ouvertes sur un monde imaginaire et halluciné, d’où foisonnent une multitude de détails, de portraits et de symboles (archers, lignes d’horizon, crânes, monolithes… ). Une succession d’angles et de points de vue (du très gros plan aux vues d’ensemble) qui forment la cartographie d’une dimension nouvelle.

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Un ‘espace/temps’ mental (comme en attestent ces nombreux objets flottants non-identifiés), où les lois de la physique sont bien différentes de celles que l’on connaît (la pesanteur ne semble pas exister).

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 40 days dans le désert B est bien plus qu’un simple recueil d’illustrations diverses de l’auteur. Il doit être lu comme autant de clichés d’un monde irréel mais ô combien cohérent. Chaque case-monde, d’une richesse incroyable, suffirait à poser les jalons d’un univers à part entière.

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Moebius reproduit des formes et des figures (et use parfois d’itérations iconiques), conférant ainsi une dimension séquentielle à la lecture. Son trait minutieux lui permet de charger ses compositions d’une multitudes de détails et de matières (chairs, textiles, minéraux…), sans jamais tomber dans la saturation.

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Si l’ensemble raconte une histoire dont le sens nous échappe constamment, chaque tableau (épuré ou surchargé) est un arrêt sur image invitant à imaginer l’ailleurs, l’avant et l’après. Tout se joue dans le ‘hors-cadre’…

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Je ne connais pas encore toute son Œuvre, mais ce livre (reproduction au format original du carnet de l’auteur) est pour moi ce qu’il a fait de mieux… Magique, astral, magistral…

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Point de vue de l’Ami Nantua

Fanzine Zone…

A la manière de l’excellent site 1 fanzine par jour, je vais vous présenter quelques bons et incontournables fanzines BD sortis il y a quelques années, mais dénichés récemment… Les nouveautés, c’est bien, mais les vieilleries, c’est pas mal non plus !

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Créé et édité par le jeune Jacques Glénat en 1969, Schtroumpf fanzine est la troisième mouture de cet acte fondateur des éditions grenobloises. D’abord production « Do It Yourself », le fanzine devient en 1972 Schtroumpf – Les Cahiers de la bande dessinée, une revue mensuelle consacré à l’actualité de la bande dessinée dirigée par Henri Filippini (puis par Thierry Groensteen et Numa Sadoul) qui s’attache à la découverte d’un auteur classique ou contemporain. De 1976 et 1979, Glénat sort en parallèle Schtroumpf Fanzine, qui reprend l’esprit du fanzine originel.

Ce numéro 28 de mars 1979 est consacré à Max Cabanes, comprenant une interview et présentant de nombreuses planches de l’auteur. On y trouve également un article complet de Filippini sur une revue allemande de l’époque (Super As). De son coté, Antoine Roux nous propose une analyse pertinente d’une planche de Jerry Spring qui nous en apprend beaucoup sur le mode opératoire de Jijé. Le fanzine termine sur des chroniques d’albums du mois, rédigées par Filippini, Roux et Jean Léturgie. Il manque actuellement une revue de ce genre, en particulier la formule « Cahiers de la bande dessinée » qui pouvait se comparer aux cahiers du cinéma et ainsi apporter un vision critique essentielle au neuvième art…

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Fanzine de bande dessinée parisien sorti entre 1990 et 1995 (17 numéros), Le Goinfre se place principalement dans la tradition du Métal hurlant des origines. Soit Fantastique, SF et Humour. D’où la présence de Druillet dans le numéro 8 ou Caza dans le numéro 9. Le Goinfre a reçu l’Alph’Art Fanzine du Festival d’Angoulême en 1994.

Un fanzine qui fait la part belle aux planches d’auteurs maisons (Bajram, Joan, Liberge…) qui, bien que sympathiques, fleurent bon l’amateurisme. Le tout entrecoupé de la gazette de l’asile, du rédactionnel dressant un état des lieux de la production fanzine et bédé du moment. Sans oublier en pages centrales l’interview de l’invité ! Bref, Le Goinfre est un fanzine dont seront sorti de bon dessinateurs maintenant reconnus (Pedrosa, Christopher, Bajram…) et qui aura influencé bon nombres de jeunes maisons d’éditions « indépendantes », telles que les éditions Groinge (qui éditaient le Phaco ou Comix Club) ou La Cafetière.

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Fanzine bd des années 90 créé du côté de Toulouse, Black Out possède les caractéristiques habituelles de ce genre de publication : des planches (d’heroic fantasy, fantastiques ou absurdes) allant du plus amateur au plus pro (on y trouve le Kookarurra de Crisse), des chroniques d’albums et de revues faisant l’actualité, des nouvelles illustrées, des interviews de grands auteurs. Ce huitième numéro de janvier 1997 comprend un long entretien très bien mené avec le Maître Jean Giraud / Moebius et un plus court (mais non moins bien mené) avec Cromwell.

R.I.P. Jean Giraud – Moebius

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(Hors série de 1991)

Triste nouvelle en ce jour, Jean Giraud – Moebius nous a quitté à l’âge de 73 ans. Ce n’est pas dans mon habitude de suivre l’actualité nécrologique, mais là, quand même, merde ! Je n’peux pas ne pas réagir !

Je n’ai jamais rencontré Moebius, jamais échangé avec lui. Pourtant, je le connais assez bien. D’une part, grâce à son œuvre multiple, protéiforme, mais ô combien cohérente, qui n’en finira jamais de nous émerveiller (je serai toujours en extase devant ses formes magnifiques et ce trait unique). Une Œuvre universelle, qui n’en demeure pas moins très intime.

D’autre part, j’ai déjà eu l’occasion de discuter à plusieurs reprises avec lui, dans mes rêves… Je ne me rappelle plus la teneur de nos propos, mais je sais qu’une fois, il m’a engueulé pour m’être mêlé de ce qui ne me regardait pas (c’est du moins l’impression diffuse qu’il m’en reste).

Point de mysticisme dans mes propos, car nous ne maitrisons rien de nos rêves. Cependant, Moebius a toujours été fasciné par le monde de l’onirisme et ses possibilités infinies. Il raconte dans une interview sa fascination pour les ouvrages de Carlos Castaneda (auteur de L’art de rêver), dont le concept central serait d’amener à « rêver de façon consciente et se programmer à s’éveiller à l’intérieur même du rêve, et ainsi retrouver une forme d’autonomie consciente dans le rêve » (dixit Moebius). Alors…

Il me reste encore beaucoup à découvrir de son Œuvre. Et dans le monde du rêve, la mort n’existe pas. C’est pourquoi je ne lui dis pas « Adieu », mais « A bientôt Maestro » !

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(Quatrième de couv’)

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