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Chroniques Wallonnes – Fifi (6 pieds sous terre, 2008)

Chroniques Wallonnes - Fifi (6 pieds sous terre, 2008) dans Chroniques BD chroniques-wallonnes-216x300 

Encore une bande dessinée autobiographique réalisée sur un mode humoristique. Fifi (déjà croisé dans Jade et Ferraille) n’est pas le premier à faire ça, et on voit tout de suite où il veut en venir : nous raconter à quel point la vie de dessinateur de bande dessinée n’a rien de glamour. Que ce travail n’est fait que de répétition et de déprime. Et qu’en rire peut être un bon moyen pour le supporter.

Cependant, l’humour de Fifi n’est pas le même que celui d’un Fabcaro ou d’un Trondheim. Quand ces derniers respectent le principe du gag à chaque fin de planche, Fifi lui, est justement en quête du gag, éperdument. Réaliser une planche par jour est une contrainte difficile à tenir. Surtout si l’on doit trouver une chute à chaque fois. Et bien qu’il n’y arrive que rarement, il n’abandonne pas pour autant (sûrement du à son tempérament d’ancien ouvrier métallurgiste). C’est ce qui fait le charme de cet album.

De fait, il ne se passe pas grand chose. La routine s’installe de manière monotone. On est tenté d’arrêter la lecture, mais au bout d’un moment il se passe quelque chose d’étrange, on est comme pris au piège par cette succession de planches souvent répétitives (manger, dormir, travailler, glander, le quotidien est par nature répétitif). Sur la longueur, il en ressort des thématiques : « la vie secrètes des clés » (où il fait dialoguer les clés d’un trousseau), « les secrets de la bd » (il nous raconte ses « petits trucs »), « la tête dans le cul » (les lendemains de cuites) qui apportent un rythme particulier à l’ensemble. Cette impression de mauvais dessinateur disparaît devant ses dessins d’observations (clés, mobiliers, chaussures, jouets…) ou ces quelques autoportraits réalistes.

Au fil des pages, on constate une évolution de style et d’ humeur. Quand son dessin est très lâché, limite bâclé, on peut en déduire qu’il est dans une période de lassitude, de doutes. Par contre quand son trait reprend de l’assurance, c’est qu’il est sur la bonne voie. Dans le derniers tiers du livre, Fifi semble avoir trouvé le bon rythme, le ton juste, qui donnent tout son sens et son originalité à sa démarche.

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Ta Mère La Pute – Gilles Rochier (6 Pieds sous terre, 2012)

Ta Mère La Pute - Gilles Rochier (6 Pieds sous terre, 2012) dans Chroniques BD TMLP

Gille Rochier nous raconte ses souvenirs d’adolescence vécue dans les grands ensembles, au début des années 70. Récit autobiographique, ce TMLP est aussi une chronique sociale, tant Rochier décrit avec finesse et subtilité les conditions de vie des habitants de ces cités, ainsi que la dure réalité de cette misère (matérielle, sociale, affective…) qui s’installe insidieusement dans ces quartiers.

C’est également un essai ethnologique, nous apprenant l’origine même de cette expression on ne peut plus emblématique de la jeunesse des banlieues : « Ta mère la pute ! » (qui donnera une autre expression non moins célèbre : Nique Ta Mère !). Une insulte qui est rapidement passée de « tabou » à « langage courant »…

Rochier dépeint admirablement cette période difficile de l’adolescence, faite de rituels de passage, de dépassement des limites, d’appartenance aux groupes de potes, d’appropriation du territoire, d’insouciance et de craintes aussi. TMLP, c’est une histoire d’amitié qui tourne au drame, à cause d’une cassette audio que tous se prêtaient et qu’il ne fallait absolument pas perdre…

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Le graphisme et le récit sont à l’avenant : sensibles, précis, épurés. Ces nuances de marrons confèrent aux planches un aspect « vielles photos sépia » qui convient parfaitement à ce récit en forme de carnet de souvenirs. La narration s’appuie sur la confrontation des regards des deux ages de l’auteur : le Rochier adulte commente en voix off les événements vécus par le jeune Rochier. Cette succession de scènes se déroulent sous nos yeux de manière fluide, passant des plus marrantes au plus dramatiques, tout en intensité retenue. Excepté pour cette scène finale très émotionnellement chargée, qui malgré ce qu’il en dit, hante encore l’auteur. Assez pour en parler dans cet album…

Un album qui fait l’unanimité sur ses qualités. Ce qui est plus que mérité et rend justice aux éditions 6 pieds sous terre, qui auront attendu bien longtemps (19ans depuis l’ Alph’Art du meilleur fanzine en1993 pour la revue Jade) avant d’obtenir une nouvelle consécration par le landerneau de la bédé (Prix révélation Angoulême 2012) et de fait, un joli succès public.

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Le blog de Gilles Rochier

Une lecture K.BD

Sale temps pour les indépendants

Sale temps pour les indépendants dans Chroniques BD 1306582735

L’année 2011 est une année sombre pour les éditeurs de bande dessinée indépendante.

La crise de l’édition du livre est un des facteurs à prendre en compte. Car si la bande dessinée était un secteur plutôt épargné jusqu’alors, elle souffre ces dernières années des conséquences de cette crise (coût de productions en hausse, concurrence de la diffusion en ligne, etc.) Les petites et moyennes maisons d’édition sont les premières touchées (« c’est toujours le petit qui dérouille », comme on dit cheu mé) et s’en remettent plus difficilement. De plus, la politique impitoyable des grands groupes qui imposent aux libraires un turn-over infernal, ne laisse plus le temps à des ouvrages différents, confidentiels et exigeants de trouver leur public.

Le début d’année ne présageait rien de bon avec la fermeture du comptoir des indépendants. Ce diffuseur indépendant de maisons d’éditions indépendantes (et pas que de bande dessinée d’ailleurs) a du fermer boutique, n’étant plus en capacité de continuer son activité (pour des raisons économiques je suppose). Si certains indépendants se sont regroupés autour de la création de Belles Lettres Diffusion Distribution, d’autres n’ont pu trouver de diffuseur et de fait, sont devenus invisibles, voire inexistants.

La difficulté financière des Requins Marteaux qui, dans une volonté de transparence explique clairement qu’elle doit renflouer 60.000 euros (une somme pour une « petite boite ») n’est non plus une bonne nouvelle. Les Requins Marteaux, par le biais de Ferraille Illustré, est la maison d’édition qui m’a fait entrer, en tant que lecteur, dans l’univers de la « bédé indé ». C’était en 2002, j’y ai découvert des auteurs incontournables tels que Bouzard, Besseron, Winschluss, Rupert et Mulot, Cizo, Druilhe, Mathsap, Blex Bolex, Morvandieu, Guerse et Pichelin, Blanquet, Debeurme, Chaumaz, Sourdrille, Delisle, Killoffer…

De Ferraille, je me suis logiquement aventuré vers le Psikopat, Jade et les éditions 6 pieds sous terre et bien sur Lapin ou l’Eprouvette de l’Association. Sans oublier ensuite les Cornelius, Rackham, Atrabile, Groinge, Fremok et autres Ego comme X

L’association justement, est en crise depuis ce début d’année. Je ne rentrerai pas dans le débat et ne porterai pas jugement sur des personnes et des situations que je ne connais pas. En ce qui me concerne, en tant que lecteur et amateur de leur production, je n’aimerai pas voir se terminer cette aventure éditoriale, véritable fer de lance de la production indépendante. Ce qu’a apporté l’Asso, et ce qui est pour moi la définition même de la « bédé indé », est le fait que ce soient des auteurs qui conçoivent et produisent les livres (pour eux-mêmes ou pour d’autres) et que chaque artiste intervienne de A à Z dans le processus de conception de ses ouvrages.

La démission de JC Menu n’annonce pour autant pas la fin de l’Association, mais cette dernière entre inévitablement dans une nouvelle ère. J’espère qu’elle conservera les qualités qui ont fait et font encore son succès (cohérence de son catalogue, richesse de ses collections, exploration du langage de la bande dessinée, découverte de nouveaux auteurs, réédition de grandes œuvres du patrimoine…) et que le Lapin continuera de sortir sous sa forme actuelle.

Face à cette situation, la meilleure manière de soutenir ces maisons d’éditions – et de défendre une certaine idée de la bande dessinée – est d’acheter leurs livres. Vite.

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Initialement prévu dans la collection Shampooing et maintes fois repoussé, le livre L’Association paraîtra finalement en janvier 2012 dans une formule considérablement étoffée grâce à la contribution de tout le monde.

(Comix Pouf!)

 

Le Phaco (fanzine) – Editions Groinge

Le Phaco (fanzine) - Editions Groinge dans Presse et Revues phacochere29

Quand on s’intéresse à un domaine aussi riche et diversifié que les revues de bande dessinée, on en découvre toujours plus au fil de nos recherches, de notre curiosité. C’est chez l’un de mes bons libraires d’occasion que je découvre ces deux numéros (29 et 30) de ce fanzine qui m’était totalement inconnu, mais comprenant des signatures familières et appréciés, inscrites dans des réseaux d’auteurs, de revues et de maisons d’édition que j’affectionne particulièrement (Ibn al rabin et Baladi d’Atrabile, Imius ou Bourguignon croisés dans le Psiko…). Animé par Big Ben et Fafé – qui furent inspirés par les fanzines du débuts des années 90 (Le goinfre, Jade etc…), la création de l’Association et les « Approximate Continuum Comix » de Lewis Trondheim – le Phacochère fut la première publication de l’association niçoise Groinge. Le collectif a publié un nombre conséquent d’auteurs aujourd’hui reconnus, notamment lors des derniers numéros du Phaco, tels que Bsk, Parrondo, Kochalka

Lancé sous le nom de Phacochère en mars 1992, la première mouture est plus ou moins trimestrielle. A partir de 1997, il devient plutôt semestriel, pour finir annuel en 1999. C’est à partir du numéro 28 (2001) qu’il perd le « chère » de son nom (alors qu’en toute logique, son prix augmente tout comme son nombre de page) pour devenir le Phaco ! Ses slogans sont plus cons les uns que les autres : « Journal cochon et exotique, comme son nom l’indique », « Le journal des jeunes de 77 à 97 ans », « Le journal des lesbiennes basques », « Le journal des paranoïaques obéissants »,  » Le journal fidèle aux passages cloutés »,  » Le journal des meubles en kit » ou encore « Le journal inqualifiable »

Un fanzine pro, de belle facture, à la couverture épaisse et solide, comprenant pas moins de 170 pages (de la BD bien sur, mais aussi des chroniques BD, musique et des critiques en strips !). Un mag-zine qui n’a pas à rougir face aux revues « officielles » et corrobore l’idée que le fanzine ne veut pas automatiquement dire « amateurisme » ou « mal fait », mais qu’il peut, comme c’est le cas pour le Phaco, garantir de grandes qualités formelles, et de contenu ! Le Phaco, revue collective de bande dessinée, n’existe plus depuis 2003. L’association Groinge a cependant sorti la revue critique ComixClub en 2002, devenue depuis une référence, mais malheureusement cette dernière n’existe plus non plus (le dernier numéro est sorti en janvier de cette année). On peut encore se procurer ces deux revues, il leur en reste en stock…

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Dernier numéro…

Les éditions Groinge

Un week-end entre parenthèses – James (le Potager Moderne, 2008)

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J’ai croisé James dans les pages de l’Eprouvette et de Jade, et ai de suite apprécié son style humoristique et animalier. Un humour légèrement mordant, qui dénonce sans être jamais méchant ou gratuit. Un trait fin et vibrant, un sens précis du détail (aussi bien pour les personnes que pour les décors). Une impression de minimalisme qui n’en est pas. C’est bien plus fouillé et détaillé que ça n’en donne l’air.

Un Weekend entre parenthèses est un petit reportage dessiné, réalisé à la demande d’un libraire organisateur de la manifestation (de la librairie «
la Parenthèse »). James y raconte ses impressions vécues lors de ce salon « Le livre sur la place » à Nancy en septembre 2007, une commande à laquelle il se prête au jeu sans langue de bois, ni langue de vipère. Entre les collègues dessinateurs qui ont plus de succès (en l’occurrence Martin Vidberg et Pixel Vengeur) ; les collectionneurs maniaques qui squattent deux heures à l’avance les rayons du festival, à l’affut des noms célèbres ; les habituels demandes des gens (dessiner sur leur livre d’or ou pour quelqu’un d’autre car eux n’aime pas la BD, etc.) ; les annonces au micro plus absurdes les unes que les autres ; la réception organisée par la mairie ou encore la soirée entre collègues… Bref, on retrouve tous ces moments forts qui rythment la vie d’un salon du livre.

Edité par Le Potager Moderne, Un Weekend entre parenthèses est une petite bd sympa que ne pourront qu’apprécier les amateurs de bonnes BD indé, les amateurs de festivals (qui s’y retrouveront, c’est sur), ainsi que notre portefeuille (5 euros, c’est cadeau !).

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http://pagesperso-orange.fr/patatedouce/index.htm

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