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15 jours avant la fin du monde – LL de Mars (6 pieds sous terre, 2005)

15 jours avant la fin du monde - LL de Mars   (6 pieds sous terre, 2005) dans Chroniques BD 15joursavantlafindumond

15 jours avant la fin du monde est une bande dessinée plutôt originale, venant d’un artiste polymorphe qui ne l’est pas moins : photographe, écrivain, musicien, dessinateur, poète, éditeur, chroniqueur… (voir sa bio)

On assiste durant toute cette histoire à la séance de musculation des deux personnages principaux. Deux quadra habillés de la même manière (t-shirt « marcel » noir, short et baskets blanches) que l’on distingue uniquement par la calvitie un peu plus avancé de l’un sur l’autre. A part ce léger signe distinctif, ces futurs vieux-beaux sont identiques et interchangeables, passant d’un exercice à l’autre (rameur, altères…) et d’un sujet de conversation à l’autre (la famille, le racisme, la télévision…) avec la même dextérité.

Deux clones qui enchainent des propos réactionnaires (voire fascisant), qu’on a plutôt l’habitude d’entendre au bar « chez francisque » de Lindingre et Larcenet que dans une salle de fitness (en même temps je ne sais pas, je n’y ai jamais mis les pieds). Car pour résumer, selon eux : « tous des cons sauf nous ». Leur femme, leurs enfants, leurs collègues de boulot ou les étrangers (mais ils ne sont pas racistes, bien entendu), tous sont des incapables qui dans le fond ne se rendent pas compte de la chance qu’ils ont de les côtoyer…

Les repères spatio-temporels sont totalement brouiller. Comme nous l’indique le titre, cette histoire se déroule sur 15 jours (chaque double-page est titrée par un J-x (de J-15 à J-1), alors qu’aucun signe du temps qui passe n’apparaît sur les personnages (qui gardent la même tenue). Toute cette discussion pourrait se dérouler dans la même journée. Aucun repère spatial non plus, pas de décors, ni même de cases (donc pas d’espaces inter-iconiques), les personnages semblent flotter dans l’espace de la page. Il y a cependant du séquentiel dans la narration, imposé par le rythme des dialogues.

Le graphisme de LL de Mars est à la fois brut par le trait et les contrastes, mais très précis dans les mouvements et attitudes des deux cons. Son humour froid comme l’acide convient parfaitement pour dénoncer sans faire du rentre dedans. C’est bien plus subtil que ça.

Ne pas pouvoir distinguer ces personnages illustre parfaitement cette notion de pensée unique dont souffre bon nombre de nos concitoyens. Les idées de ces personnages sont à l’image de leurs exercices de musculation : ce sont les mêmes pour tous, imposant le canon-type de ce à quoi chacun doit ressembler, et penser. Un esprit sain dans un corps sain… Ca fait peur. Heureusement que LL de Mars est là pour dénoncer cette absurdité.

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LL de Mars sur 6 pieds sous terre

LL de Mars sur Sitaudis.fr

SERRE …vice compris

Restons avec un dessinateur de génie en la personne de Claude Serre. Un génie sur tous les tableaux : du graphisme, du dessin humoristique, de l’art de raconter des histoires en un seul dessin, de l’humour noir, de la couleur… Ces dessins sont hors du temps, d’une maitrise technique irréprochable (gravures à l’encre noire ou couleurs aquarelles chaudes). Un dessinateur indispensable.

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Engagés sans en avoir l’air, les tableaux de Serre abordent des thèmes existentiels de société (la vie, la mort, l’amour, les vacances, la bouffe…) avec un humour absurde, souvent cruel, qui fait mouche à chaque fois ! Les festivités ont débuté en 1972 avec Humour noir et hommes en blanc, qui remporta fort justement le Prix de l’Humour Noir, pour finir avec le Dico des maux en 1997, puisqu’il nous a bêtement quittés en 1998…

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Site officiel

Aaarg… Je meurs – Collectif (Même Pas Mal éditions, 2009)

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Aaarg… Je meurs est un ouvrage collectif lancé par des éditions Même pas Mal (basées à Marseille), et dont le titre annonce la couleur. Un recueil composé de « gentillesses et méchancetés illustrées » par une bande de dessinateurs venant globalement du milieu alternatif. On y retrouve des réguliers du Psikopat, de MyWay ou Speedball (les fanzines de Chester) tels que Besseron, Olivier Texier, Mo Cdm, Cha, Loïs… Des auteurs adeptes d’histoires courtes (signées pour beaucoup par le scénariste Starsky), de gags en strips (les très perturbés Paf et Hencule) ou en dessins uniques (les MéFaits d’Olivier Texier), qui trouvent logiquement leur place dans ce genre de recueil à thème.

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Par Goupil Acnéique & Abraham Kadabra

Sales Bêtes ! Sales Gosses ! Un thème qui inspire des histoires plutôt trash et parfois dérangeantes, mais toujours sur le mode de l’humour (absurde et noir, of course). On pourrait reprocher à certains de ces dessinateurs de « mal dessiner ». Il est vrai que leur graphisme n’est pas vraiment ce qu’on pourrait appeler « académique ». Point de jolis dessins dans ce recueil, mais des graphismes expressifs et contrastés. On sent derrière chaque trait une forte personnalité, entre les strips crades de Goupil Acnéique (fondateur du blogdamned), le noir et blanc minimaliste de Alph, ou celui très contrasté de Yann HxC (qui signe la couverture). Ainsi qu’une grande maitrise de toutes les composantes d’une histoire en bande dessinée : dialogues, narrations, découpages, mises en pages, graphismes… Des bandes parfaitement cohérentes entre leurs sujets et leurs formes.

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Feed-back par Alph

Ses qualités formelles (format livre, quadrichromie, papier de bonne tenue, couverture épaisse et souple…) se rapprochent plus d’une revue comme Lapin que du fanzine. La dimension underground est pleinement assumée par la présence de deux dossiers (bien foutus) consacrés à deux artistes-illustrateurs majeurs de la contre-culture US. Le new yorkais Eric Drooker (connu pour ses pochettes des disques The ghost of tom joad de Rage Against the Machine ou encore King for a day de Faith No More) dont les œuvres expressionnistes en noir et blanc sont d’une efficacité remarquable. Le californien Emory Douglas, activiste engagé et illustrateur officiel des Black Panthers. Deux artistes pour qui le dessin est une arme bien plus efficace pour revendiquer leurs droits (et changer les mentalités) que des Aka47…

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Eric Drooker

http://aaarg-je-meurs.blogspot.com/

Harv & Bob – Harvey Pekar / Robert Crumb (Cornelius, 2010)

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Forte actualité pour les éditions Cornelius en cette fin d’année. Leur rentrée américaine se termine avec la publication de l’unanimement génial ToXic de Burns (un auteur dont on ne lit plus beaucoup de critiques négatives). Les festivités avaient débuté par la sortie de ce Harv & Bob de Crumb et Pekar. Harvey Pekar est un auteur underground qui nous était encore totalement inconnu il y a peu. La réédition par les éditions ça et là de son œuvre phare American Splendor compte pour beaucoup dans cette reconnaissance. Ainsi que cet album, qui complète le travail anthologique de l’oeuvre de Crumb, magistralement orchestré par Cornelius.

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Pekar est un artiste loser comme seuls les Etats-Unis savent en produire (et s’en seraient certainement bien passé, tout comme Bukowski ou Fante). Issu de la classe populaire, habitant dans une ville fantôme, vivant dans un quartier pauvre, Pekar n’a trouvé comme seule alternative à la tristesse de sa vie que de la raconter. Et, ô magie de la littérature (et de la Bd), ce qui n’est qu’une suite d’événements du quotidien, tristes et banals devient (quand le talent est là bien sûr) des récits passionnants, remplis d’un humour tendre, jamais cinique. L’anecdotique devient universel. Pekar est un simple employé de bureau, collectionneur compulsif de vieux disques de Jazz (passion commune avec Crumb, faisant surement d’eux les premiers spécimens connus de geeks) qui décide de se lancer dans l’autoédition. Grand amateur de bande dessinée, il a surtout l’idée géniale de demander à de nombreux dessinateurs de mettre en image ses récits (le plus célèbre étant Crumb bien sûr). D’ailleurs, Pekar nous raconte leur rencontre dans « The Young Crumb Story », à l’époque ou ce dernier n’était pas encore devenu la figure de proue du mouvement underground. Cette histoire est une petite perle, nous permettant de constater que Crumb sait mettre son art au service des autres. Car il reste fidèle au point de vue de Pekar, sans tirer la couverture pour lui. A aucun moment ce récit ne devient autobiographique (alors que Crumb dessine Crumb). Il soutient pleinement la subjectivité de Pekar sur lui-même. Crumb n’est ici qu’un personnage secondaire…

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Crumb est excellent, comme toujours. Ca devient même fatiguant de chercher à décrire le style particulier d’un monstre du dessin, d’un artiste de cette trempe qui transforme tout ce qu’il dessine en œuvre d’art. Ces planches ont été réalisées entre 1976 et 1983. On distingue à peine une évolution dans son style tant Crumb a rapidement abouti à son vocabulaire pictural, composé de ces volumes hachurés, charnels, de ce noir et blanc contrasté, proche de la gravure, de ce style semi-réaliste (enfin, des personnages caricaturaux dans des décors très réalistes)… Pekar le dit lui-même : Crumb « dessine mieux que n’importe qui sur cette planète ».

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Harvey Pekar, 1939 – 2010

http://www.crumbproducts.com/

Vive le foot ! – Collectif (Albin Michel, 1998)

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Une fois n’est pas coutume, c’est l’occasion de coller à l’actualité, coupe du monde oblige… Un album collectif ayant pour thème le football, ça s’annonce pas folichon. Je dirai même plus : sans intérêts ! Passons notre chemin… Sauf qu’ à bien y regarder, il est composé d’une « Dream Team » de la bande dessinée absolulent incroyable. Que des grandes pointures (pour jouer au foot, ça aide…) ! Un thème certes pas très original, mais assez fédérateur pour que s’y implique des auteurs tels que Druillet, Wolinski, Margerin, Rochette, Denis, Baru… Sorti à l’occasion de la coupe du monde de 1998 organisée cheu nous, cet album est édité par Albin Michel. Ce qui explique la présence de nombreux auteurs gravitant autour de l’Echo des Savanes (Vuillemin, Arnon, Stan & Vince…) . L’humour fluidien est également au rendez-vous (Edika, Maester, Tronchet, Kafka…).

Edika est égal à lui-même. Ses dix planches sont parfaitement irracontables ! Margerin cherche un moyen pour assister à la finale sans payer, mais gare à ne pas se faire plumer… Boucq nous démontre par un match la théorie du chaos et ses conséquences facheuses. Ferrandez et Tronchet évoque une pratique courrante chez les sportifs : aller voir un voyant avant un match important. Mais encore faut-il savoir interprêter ses dires… Jean-Claude Denis nous raconte que le foot peut être aussi l’occasion de rencontres amicales, avec sa voisine ! Maester nous dit clairement qu’il n’en a « rien à foot » de tout ça, et évoque la violence de ce sport. Luz aussi en a « ras le foot » et n’oubli pas de nous rappeler les dérives politiques et sociales de ce sport. Baru nous raconte des souvenirs de club de foot, à une époque où les crampons étaient en cuir, le foot en noir et blanc et les grands jouaient à l’arrière… Druillet nous propose une double planche avec laquelle il convoque l’Esprit de Foot » ! Bercovici nous donne des « leçons de pros », mais ce n’est pas simple d’être entraineur de club (toute ressemblance avec un certain Guy.R…). Rochette nous narre les destins croisés de deux jeunes footballeurs. La réussite de l’un annonce la tragédie de l’autre… Arnon part dans un délire « préhistoric » afin de remonter à l’origine du foot. Stan & Vince font ce calcul simple : Mundial = Arnaque ! Tronchet (seul cette fois) se dit que c’est beau le foot quand ça rapproche les classes sociales… Kafka (Monsieur Francis Kuntz !) nous entraine dans les mésaventures de Mic et Hoc qui, entre les huissiers, Spielberg et l’ANPE, n’arriverons pas à voir la finale de la coupe du monde. Tramber nous explique qu’entre le foot et les meufs, il faut choisir… Wolinski lui, tente de réconsillier les femmes avec le foot, à sa manière bien sur… Et pour finir, Vuillemin nous exprime toute la considération qu’il peut avoir pour les joueurs et les entraineurs…

Bon, cet album ne restera pas dans les annales de la bande dessinée, même s’il est de loin un des meilleurs du genre « bd à thème ». Il se lit avec plaisir et grand intérêt, pour les auteurs plus que pour le thème ! Certains n’hésitent pas d’ailleurs à critiquer ce sport international. Tant mieux !

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