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90 films cultes à l’usage des personnes pressées – Henrik Lange et Thomas Wengelewski (Çà & Là, 2010)

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Pas simple de raconter un film en trois cases. C’est pourtant le pari réussi d’Henrik Lange qui, après s’être attaqué au 90 livres cultes à l’usage des personnes pressées, s’attelle cette fois ci (avec l’aide de Thomas Wengelewski) aux films cultes. Le choix de ces 90 films est bien sûr subjectif. On y trouve de grands classiques de l’age d’or Hollywoodien (King Kong, Lawrence d’Arabie, Autant en emporte le vent…), du cinéma d’auteurs (Cinema Paradiso, Citizen Kane,Le Septième Sceau,…), des films de genre (Evil Dead, New York 1997, Brazil, Blade Runner, Psychose, Delivrance…). Bien qu’inévitablement incomplète, la liste est dans l’ensemble correcte. Niveau films français, on trouve Barbarella, Delicatessen, Les vacances de Monsieur Hulot et Le grand Bleu… Plutôt représentatif de la diversité du 7ème Art made in France.

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Les auteurs mettent l’exercice de la synthèse dans ses retranchement. Ils prennent d’inévitables raccourcis qui ne sont pas dénués d’humour. Par exemple, ils leur est impossible de parler de Fight Club, puisse que la première règle du Fight Club est de ne pas parler du Fight Club ! L’art du raccourci, quand il est parfaitement maîtrisé, peut être une des formes de l’Absurde les plus efficaces. Et c’est le cas ici. Les auteurs sont suédois, ça explique cette approche nonsensique et distanciée. Il est bien entendu conseillé d’avoir vu le film avant d’en lire le résumé (attention aux spoilers !)…

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Top, Or…

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C’est vrai qu’il est régulièrement réédité le bougre. Et à chaque fois, j’ai l’impression d’une nouvelle rencontre. Normal me direz vous, puisse qu’il est multiple et a œuvré dans d’innombrables champs. On en découvre encore. Un dingue indomptable, qui ne supporte aucunes barrières. Qui grave les mots et les formes avec la même désinvolture. Qui laisse dans le marbre les traces de son incompréhension du monde. Qui sublime l’horreur pour mieux la dénoncer…

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Les éditions Wombat continuent leur superbe travail de réédition des œuvres de Roland. Après La plus belle paire de seins du monde en début d’année, ils s’attellent cette fois ci à un aspect peu connu de l’artiste : auteur de bande dessinée. Strips panique regroupe toutes ses histoires par la bande (dont l’intégrale de La vérité sur Max Lampin), qu’il a semé tout au long de sa prolifique carrière (de 1962 à 1996). Étonnant pour quelqu’un qui, de son propre aveux, n’a jamais vraiment été attiré par la neuvième chose. Ses histoires ont plutôt la forme des illustrés d’antan (texte en cartouche sous le dessin ou format strip des quotidiens presse) que des planches BD modernes. A l’exception notable de P’tite Mort, diffusée dans le premier numéro du Psikopat. Comme s’il associait le neuvième art à ses lectures d’enfances, et ne le considérait pas comme un mode d’expression important. Dommage pour les fans comme moué, ils nous restent à imaginer ce qu’aurait pu donner un roman graphique de Topor…

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Autre aspect plus connu, mais qui méritait bien une anthologie d’au moins 360 pages, c’est le Topor dessinateur de presse. Depuis son premier dessin publié en couverture de la revue Bizarre en 1958, puis dès 1961 dans Hara-Kiri, on sait le Roland fidèle à cette discipline, dans laquelle il est rapidement devenu un maître de l’humour noir et surréaliste. Un espace très codifié (lien avec l’actualité, parfaite lisibilité…) qu’il pervertit de l’intérieur en y injectant une forte dose d’obsessions et fantasmes. De grands « coups de poings dans la gueule » comme le dit Jacques Vallet en préface. Un magnifique ouvrage des Cahiers Dessinés.

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Le romancier et critique littéraire Salim Jay dit Merci Roland Topor. Merci à l’ami, à l’homme, à l’artiste. Un récit de prime abord décousu, reposant sur une succession de souvenirs et de thèmes sans rapport apparent (Topor face à Dieu, la Belgique, la philosophie, Godard et Duras, le Mexique…) mais qui dans le fond, dresse un panorama plutôt complet de l’artiste. Souvenirs de lecture des œuvres de Roland, souvenirs de personnes l’ayant rencontré ou écrit sur lui, Salin Jay convoque un casting aussi improbable que celui des Mémoires d’un vieux con, dressant ainsi ce qu’on pourrait nommer un « réseau Topor ». Salim ne cache pas son admiration (partagée) et rétabli quelques contre-vérités, le tout dans un style tendre et franc. Une écriture confidente qui rend la lecture passionnante.

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Megaskull – Kyle Platts (Nobrow, 2012)

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Durant les années 60-70, bon nombre de dessinateurs undergrounds ont expérimenté la bande dessinée sous prise d’acides (relire d’anciens numéros d’Actuel). C’était la grande époque du psychédélisme et des fanzines marginaux (aux Etats Unis et en Europe). Le résultat était la plupart du temps illisible, tant au niveau de la forme (planches totalement déstructurées, des formes et des figures improbables) que de la narration, qui se perd dans une succession incohérente de scènes ne répondant à aucune logique, si ce n’est celle du trip de l’auteur. De fait, la plupart de ces productions n’ont d’intérêt que comme « performances », à resituer dans leur contexte (même celles de Crumb).

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Le Megaskull de Kyle Platts évoque à plus d’un titre cette BD sous stupéfiants. Avec ces couleurs flashy et acidulées qui ne respectent rien, ces compositions hyper saturées (aucun espaces, aucun blancs), ces figures toutes droites sorties d’un cerveau déjanté (avec ces gueules improbables à la dissymétrie dérangeante). Mais là où s’arrête la comparaison, c’est dans la maitrise du médium. Car Kyle Platts sait parfaitement ce qu’il fait. Certes ses histoires et ses personnages sont plutôt perturbés et perturbants, ils n’en demeurent pas moins cohérents. Un univers qui se suffit à lui-même, entre autofiction et science-fiction, abordant par l’absurde les thèmes graves de l’aliénation, du temps qui passe, de la mort…

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« Un amoureux transi aux yeux puants, un Forrest Gump du cyclisme, une tragédie à l’ANPE de l’espace, la véritable histoire de la conquête de l’Ouest américain (en juste 5 pages!), plusieurs opérations chirurgicales de l’extrême, et 22 façons pour un hamster d’en finir avec la vie. » (Site de l’éditeur). Ces courtes histoires « qui tuent » – mettant en scène des losers, déviants, freaks et autres extraterrestres – passent au crible nos comportements de primates conditionnés. Platts use de ce graphisme « maladivement » enfantin (qui m’évoque des dessinateurs du Psiko tels qu’Ivars, Caritte, Texier ou Sirou) et de cet humour noir « so british » (très distancié), pour nous jeter en pleine face toute la laideur de notre monde moderne.

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Dix questions pour une bibliothèque #3 : Terreur Graphique

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Difficile de croire que Terreur Graphique n’ait sorti son premier album qu’en 2010. Il semble faire partie du « paysage bédé d’humour » depuis bien plus longtemps : Psikopat, Fluide Glacial, Jade, mais aussi Aaarg ou Alimentation Générale, dont il est à l’initiative. Et il n’en manque pas, d’initiative. Prolifique, il multiplie les projets et les collaborations et, l’air de rien (avec beaucoup de travail tout de même), peaufine son art au fil de ses publications.

Bien installé dans le registre de l’humour (souvent trash et sûrement absurde), il ne s’y réduit pas pour autant. J’ai déjà eu l’occasion de dire le bien que je pensais de son Rorschach (pas encore en détail, mais ça ne saurai tarder). En attendant, Terreur a accepté de répondre à mon petit questionnaire (on se rend compte sur sa page fb que c’est un sujet qu’il affectionne). Des réponses franches, sans fioritures. Tout à son image (son site s’intitule Minimun Syndical !).

1) Quelle place prend ta bibliothèque chez toi ?

Grande ! Un grand mur entier de haut en bas et de droite à gauche (ou inversement).

2) Quelle est sa configuration (en un seul bloc, en plusieurs parties, dans différentes pièces…) ?

Un gros bloc dans le salon qui est grand ( 30m²)et qui est aussi mon bureau + 3 étagères dispersées dans la maison + un tas dans les toilettes évidemment.

3) Possèdes-tu un classement particulier (si oui lequel) ? En changes-tu souvent ?

Oui, en ce moment on classe les livres par couleur (oui la déco j’avoue) mais c’est plus complexe que ça : couleur/collection/ taille/ auteur/éditeur tout ça rentre en ligne de compte. qui a dit psychopathe ? Oui on change tous les 6 mois.

4) Que contient-elle essentiellement ? Littérature, Art, Histoire, science, fiction, science-fiction, fantastique, auto, biographique, bande dessinée, essai, roman..?

Essentiellement des bandes dessinées et des romans.

5) Quelle est la proportion entre livres avec images et sans images ?

70/30.

6) Tes ouvrages sont-ils plutôt rangés à l’horizontale ou la verticale ?

Verticale sauf dans les toilettes, et sauf la collec’ de vieilles revues BD…

7) Et tes nouvelles acquisitions ? Les ranges-tu à part ou trouvent-elles de suite leur place définitive ? Avant ou après leur lecture ?

Oui, table de chevet à côté du lit puis rangement ou lorsque que j’ai trop de retard j’ai une petite caisse de vin à part pour les mettre en transit.

8) Es-tu globalement satisfait de ta bibliothèque ?

Je trouve toujours que j’ai pas tel ou tel livre indispensable, mais ça va.

9) Qu’y manquerait-il ?

Un peu plus de beaux livres sur autre chose que la bd…

10) Comment la vois-tu évoluer ?

Je la vois devenir obèse.

[Entretien réalisé par courrier électronique le 27 avril 2014]

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Ent’revues

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L’aurions nous enfin ce magazine de critique de bande dessinée tant attendu, qui rend pleinement compte de la richesse et la créativité du neuvième art, de sa production et de ceux qui la font ? Il semblerait en effet. Ka Boom est une revue trimestrielle qui prend le temps d’analyser, de rencontrer, de comprendre, sans céder aux sirènes de l’actualité immédiate (voire l’interview de Joe Matt qui n’a rien produit depuis plus de dix ans). Et sans pour autant se déconnecter du milieu, comme en attestent les dossiers concernant le festival d’Angoulême ou les dernières nouveautés éditoriales (en avant-première pour certaines). Du « mainstream » (Schtroumpfs, Asterix, Spirou), aux « indépendants » (Daniel Clowes, Blutch, Sfar & Trondheim, Ruppert & Mulot…), des anciens (Gus Bofa, Herriman, Don Rosa, René Follet) aux incontournables (Tardi, Corben, Jaime Hernandez, Willem, Floc’h, Gipi…), sans oublier les petits nouveaux (Nadja, Joff Winterhart), la rédaction évite tout clivage et guéguerres de chapelles.

Le choix des artistes et des œuvres présentées me convient tout à fait. Proposer des dossiers qui ont l’intelligence d’éviter les traditionnels écueils de l’hagiographie (bio-biblio), en abordant l’Œuvre d’un auteur sous un angle original (l’influence de Moebius sur les auteurs japonais, l’influence de Gus Bofa sur les dessinateurs contemporains…). Susciter des rencontres entre artistes (interviews de Dan Clowes par Pirus et Mezzo, Peter Belgvad par JC Menu, Joff Winterhart par Nine Antico, Willem par Morvandiau…), établir des liens inattendus (les schtroumpfs et le dadaïsme), créer des ponts entre les continents et les époques, telles sont les ambitions réussies de Ka Boom.

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Troisième numéro pour le bimensuel Aaarg, qui garde le cap et semble avoir trouvé son rythme de croisière (et ses lecteurs). C’est une bonne chose, car cette revue possède de grandes qualités, tant formelles que de contenus. Son format d’abord, très grand, épais et coloré, associé à une qualité d’impression impeccable, m’évoque le regretté Ferraille Illustré. Une revue hors norme qui « ne rentrera jamais dans ma petite bibliothèque toute moite » (comme indiqué au dos du Ferraille n°27). Son contenu est riche et généreux (188 pages plus des posters), à l’image des collaborateurs du rédac’chef Pierrick Starsky. Petit name-dropping qui en dit long : Anthony Pastor,Tanxxx, Fabcaro, Terreur Graphique, Pixel Vengeur, Salch, Pochep, Bouzard, Sourdrille, B-gnet, Rifo, Caritte, Reuzé, Jürg…

La comparaison avec Ferraille ne s’arrête pas là. L’humour varié (potache, satirique, second degré, con, etc.) et la diversité graphique sont au rendez-vous. Son contenu alterne entre courtes planches de gag en strips (avec entre autres le Grotext d’Olivier texier, Paf et Hencule de Goupil Acnéique…) et longs récits d’une vingtaine de pages (Pastor dans le n°1, Caritte, Rifo et Starsky dans le n°3). Le tout entrecoupé de dossiers complets et bien ficelés qui parfois, en particulier « les chroniques de la bouche bée », flirtent avec l’esprit « Echo des Savanes », photos racoleuses en moins. Sans oublier des zooms sur des artistes-illustrateurs : Laurent Durieux, Il Gatto, Riff Reb’s ou Julien Loïs. Bien qu’étant une revue de dessins et d’illustrations, Aaarg n’a pas peur des mots. On peut trouver des pages entières de nouvelles inédites sans une seule illustration. Ce qui contribue à la diversité de l’ensemble. Une revue à suivre…

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Alimentation générale, de la jeune maison d’édition indépendante nantaise Vide Cocagne, est née de l’initiative de l’excellent Terreur Graphique (ce qui s’annonce bon !). Une sorte de fanzine de luxe sorti de manière plutôt confidentielle en juin 2011, qui en est actuellement à cinq numéros. Une revue placée sous le joug de l’ « umour et bandessinée ». Pas étonnant dans ce cas de retrouver cette constellation d’auteurs qui gravitent autour des planètes Fluide, Psikopat, Jade, Aaarg ou feu-Ferraille, coutumiers de ce genre de production (Guerse, James & Boris Mirror, Fabrice Erre, Gilles Rochier, Pixel Vengeur ou Pochep). Merci à l’ami Nantua de m’avoir offert ce premier numéro, exclusivement composé d’histoires courtes dessinées, certaines reliées autour du thème de la bouffe (d’où le titre), sans aucun rédactionnel. Ça se lit vite mais c’est bien foutu. J’ai hâte de me procurer les autres numéros…

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