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DIARY OF THE DEAD – Georges A. Romero (2008)

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Fan depuis longtemps (enfin, depuis que j’en ai plus peur) des Zombies de Romero, j’ai été un peu déçu par ce Diary… Rien à redire de la réalisation, de la bonne idée (très actuelle !) de filmer selon le point de vue subjectif des protagonistes. Nous voyons les événement du coté de personne lambda et plus du coté des autorités, des scientifiques ou des journalistes.
Rien à redire sur la critique des médias, de la course à l’information. C’est un des thème de prédilection de Romero (voir le début de « Dawn of the dead »).
Rien à redire non plus de ses Zombies, égaux à eux-mêmes…
Non, c’est au niveau des personnages que ça cloche. Je les trouve trop caricaturaux (sans parler du jeu catastrophique des acteurs)… En fait, on se croira dans un teen-movies (du niveau de « souviens-toi l’été dernier » par exemple) les réactions des personnage sont trop prévisibles et souvent incohérentes.
Mais surtout, ça manque de pessimisme. Je ne retrouve plus le coté nihiliste, « perdu d’avance » des autres volets (dont pour moi le summum est le « Day of the dead »).
D’ailleurs, Romero ne considère pas ce Diary of the Dead comme le cinquième volet, mais comme le premier d’une nouvelle série (la suite est en cour de réalisation), puisqu’au niveau de l’histoire, il reviens au début de la contamination, mais cette fois ci, nous ne sommes plus dans les années 60. Les 4 premiers se tenais plus ou moins bien au niveau chronologie des faits, celui-ci est plutôt anachronique (avec ses portables, ses caméras DV…) Romero a toujours été un fin observateur de son époque, il nous le prouve encore ici en critiquant Internet et ces nouvelles technologies qui transforme tout à chacun en journaliste d’investigation.
Romero aborde son histoire de zombie d’un nouveau point de vue, plus actuel, avec plus d’humour (beaucoup de clins d’oeil, de mise en abime avec cette idée de film dans le film…)
Attendons le prochain pour savoir quelle direction va prendre cette nouvelle série.

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Collection Patte de Mouche – l’Association

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Une des meilleures maison d’édition BD – L’ Association – nous propose, depuis sa création (1990), plusieurs collections aux noms plutôt sympathiques : Eprouvette, Ciboulette, Eperluette, Archives, Côtelette, Mimolette et Patte de mouche… Cette multitude de formats et de prix traduit l’intention première de sa ligne éditoriale, à savoir vouloir diversifier la Bande Dessinée. Publier des auteurs de qualité et produire de beaux livres, accessibles à tous.

La collection Patte de mouche correspond tout à fait à cette volonté.

D’un format « nouvelle » souple de 10,5 -15 cm, 24 pages, pour un prix de 3 €, cette collection est la plus économique du catalogue. Mais la qualité n’en est pas moindre. Ces BD ne sont pas des grandes réduites, mais de véritables oeuvrettes créées pour l’occasion. Les auteurs utilisent toutes les possibilités offertes par ce format : histoires courtes, noir et blanc, visuels épurés…

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Le premier volume de la collection (Imbroglio) est l’exemple type des BD proposées par cette « Patte de Mouche » : peu de personnages, unité de lieu, de temps, monochromie …
Dans cet absurde huis-clos entre 3 personnages, l’histoire possède tant de rebondissement qu’on ne peut en deviner la fin avant de l’avoir lu. Ce qui est appréciable dans la mesure où ça se lit vite. Le graphisme lui, est au service de l’histoire, simple et efficace (du Trondheim, quoi !)

La Nouvelle Pornographie est un véritable exercice de « stylisation » comme seul sait les faire Trondheim. Dans cette bd au titre évocateur, ce dernier simplifie, schématise les formes jusqu’à l’abstraction. Mais en y regardant de plus prêt, il s’agit bien de dessins figuratifs, plutôt explicites…

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Autre particularité des histoires proposés par les auteurs de l’Association : l’autobiographie. Baladi nous raconte ici une anecdote vécu durant sa jeunesse, souvenir qu’il pourrait nous raconter au coin d’une table, autour d’un verre. « Un récit urbain et déglingué à base de paumés et d’embrouilles, transcendé par la syntaxe si particulière d’Alex Baladi » (Catalogue 2006 de l’Association.)

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Mahler est un dessinateur Autrichien (Vienne) possédant un style unique. Minimaliste, il se sert de volumes géométrique simples pour symboliser plutôt que représenter des formes. C’est un figuratif à la limite de l’abstraction. J’adore.
Longueurs & Retranchements est un pur exercice de style digne de l’OuBaPo (créé et diffusé par l’Association). Cette histoire d’auteur face à son éditeur est en fait construite à partir d’un seul et même dessin (celui de la couverture). Pourtant, il y a une vraie histoire séquentielle, un vrai rythme dans cette BD. D’ailleurs, je ne me suis pas rendu compte tout de suite que c’était quasiment la même case à chaque fois, tant il se dégage une impression de mouvement. Bluffant.
Mystery Music lui, regroupe plusieurs historiettes sans texte, d’une page, ayant pour thème un instrument de musique. La musique elle-même – qui est impalpable – est représenté ici par une masse noire informe. De ce décalage absurde se dégage une forme d’humour, de poésie.

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Poésie également avec l’Espignole, véritable carnet intime dans lequel Baudoin nous raconte ses souvenirs d’adolescent. Cet album est emprunt d’une certaine nostalgie et se veut essentiellement contemplatif. Structuré sur la forme d’un dessin par page incluant un texte en « voix off », l’Espignole est un bel ouvrage. Le style de Baudoin, expressionniste dans ses formes, ses contrastes et naturaliste dans ses thèmes, colle parfaitement à cette histoire de souvenirs, d’adolescence et d’amour perdus.

FLUIDE GLACIAL (magazine) – Audie Editions

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Fleuron de l’Umour (et Bandessinées) hexagonal, Fluide Glacial est le temple de l’humour intelligent, absurde, débile, nonsensique, satirique (la présence régulière de Charb, Tignous ou Luz en témoigne) ou « cul » (Le journal a été taxé de pornographique par les « biens-pensant »). Et quand Hara-Kiri se définit comme un journal « bête et méchant », l’équipe de Fluide revendique un humour « glacé et sophistiqué ».
Crée par Jacques Diament et Marcel Gotlib, après son départ de Pilote pour « conflit de génération » avec René Goscinny (et après avoir fondé l’Echo des Savanes avec Brétécher et Mandryka), Fouloude glôzial (dixit Edika) est un peu le MAD français (influence première de Maître Gotlib).
Le numéro 1 sort en 1975, le premier avril. Tout est dit ! ( il fut réédité en 2000 pour les 25 ans du journal).

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Numero 1

Extrait de l’incontournable rubrique T’ar ta lacrèm’ à la récrèm’ de Yves Fremion, tirée du numéro spécial 30 ans de Fluide, consacrée à Gotlib :
Alors, Gotlib crée son journal. Le nôtre, 30 ans de rigolades et de succès. Il appelle ses copains, Alexis, Solé, Loup et autres, puis lance des jeunes qu’il a repérés : Binet, Goossens, Edika, Cabanes, embauche des écrivains inconnus : Frémion, Léandri, Igual, Phil Casoar. En 30 ans, pas un grand de l’ humour français (voire étranger avec Foester, Gimenez, Franquin, Hausman, etc.) qui n’y soit passé. Cabanes, Boucq, Dupuy & Berberian n’y sont pas restés mais y ont trouvé un public. Aujourd’hui, des plus évidents de ses héritiers : Edika, Goossens, Maëster, Coyote, Gaudelette, Tronchet, Hugot, Ferri, Larcenet, Relom, Julien & Mo CDM, aux moins évidents : Raynal & Bouilhac, Blutch, Pourquié, tous doivent à Gotlib une forme d’humour qui n’existait pas et qui les a inspirés, à des degrés divers. Dans les périodes de doute, c’est toujours à la référence Gotlib que l’équipe revient. Quand cette référence ne sera plus compréhensible par ceux qui font le journal, il n’y aura plus de journal.

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Les têtes de Turc :
Certaines personnalités ont eu l’infortune, de par leur vie ou leur œuvre, d’ailleurs souvent très respectables, de provoquer l’hilarité automatique de la rédaction sans qu’on puisse toujours en expliquer les raisons. Mais se retrouver tête de Turc à Fluide Glacial est un honneur que bien des stars des arts et des lettres envient secrètement. Voici sur vingt ans le liste des malheureux élus :
Jacques Diament / Paul-Loup Sulitzer / Marguerite Duras / Lagaf / Françoise Verny / Folon (au début) / B.-H. L. / Guillaume Durand / Yves Frémion (député au parlement européen) / Jean-Edern Hallier / Isabelle Adjani.

Les idoles intouchables :
Oui, à Fluide, la dérision règne en maîtresse, on peut rire de tout, sauf des personnes dont la liste suit. Aucune critique, même la plus anodine, ne saurait être prononcée contre ces gens-là, nul n’a le droit d’émettre à leur égard la moindre remarque désobligeante. Pour avoir ignoré cette règle d’or de jeunes crétins se sont retrouvés roués de coups dans le caniveau, et grillés à tout jamais dans la profession. Donc à Fluide, il ne faut jamais dire du mal de :
Harvey Kurtzman (créateur de MAD) / Les Monthy Python / Tex Avery / Georges Brassens / Woody Allen / Françoise Verny / Frank Zappa / Charles-Henri Flammarion / Bob Dylan / Goscinny / Les Beatles / Cavanna
(Par Léandri et Gotlib, tiré du numéro spécial 20 ans.)

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site officiel
la mémoire de Fluide

 

FERRAILLE ILLUSTRE (magazine) – les Requins Marteaux

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Couverture (n°26) de Marc Boutavant

Créée à Albi, l’ancienne revue Ferraille devient Ferraille Illustré à partir du numéro 21 et sort périodiquement (d’abord tous les trimestres, puis ensuite de façon plus aléatoire) dans les kiosques en janvier 2003. Depuis, 7 numéros sont parus, aux éditions « les requins marteaux », label indépendant dans la lignée de « l’Association », « Cornelius » ou « Ego comme X »…
Ces productions indépendantes correspondent à ce qu’on peut appeler la « BD d’auteur », c’est à dire souvent très autobiographique, libre par rapport au codes « classiques » de la BD et très créative dans sa narration. Avec, en plus, beaucoup de fantaisie et d’humour dedans (noir, absurde, débile…
Parmi les collaborateurs de Ferraille, on retrouve des dessinateurs de l’équipe de Fluide Glacial : Blutch, Bouzard, Lindingre, mais aussi des auteurs de l’Oubapo (Ouvroir de Bande-dessinée Potentielle) : Killofer, Trondheim…

Ferraille Illustré se situe donc entre l’humour absurde à la Fluide et les expérimentations artistiques de l’Oubapo (en détournant le style des vieilles pub par exemple). « Beau et con à la fois » comme chantait l’autre.

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Couverture (n°23) de Blutch

Extrait du dernier édito de leur site :
« Mes chers clients, Le nouveau Ferraille Illustré est enfin arrivé ! Cette longue attente qui se voit justifiée par le calibre de ce numéro 27. Une fois encore nous avons réuni des signatures aussi prestigieuses qu’inconnues. Voyez plutôt : Dalle Rive, Varon, Capron, Ravi, Ruppert & Mulot, Druilhe, Winshluss, Lindingre, Aki, Trondheim, Vandermeulen, Durbiano, Nix, Bertoyas, Jossic, Guerse & Pichelin, Shaul, de Poortere, El Don Guillermo, Bolex, Bouzard, Cizo, Khattou, Chaumaz, Blutch, Morvandiau, Pirus, Killofer, Lumineau, Debeurme, Faucompré, Danny Steve, Micol, Delisle, Felder, Kündig, Anouk Ricard, Konradski, Sapin, Bernadou, Méroll Jr et le très regretté Charlie Schlingo.
Quelle liste effarante, n’est-ce pas ? Le nouveau Ferraille Illustré est faramineux, monstrueux, éléphantesque, presque difforme. Pour ne pas dire anormal.
Mais les lecteurs de Ferraille Illustré le savent : il ne faut pas juger sur les apparences ! »
 

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Intégrale n°4

Le dernier Ferraille date de 2006. Une sortie prochaine n’est malheureusement pas prévue. Dommage. Ces numéros, ainsi que l’intégrale (de 870 pages !) peuvent être commandés sur leur superbe site, qui illustre très bien l’esprit et l’humour de Ferraille Illustré : http://supermarcheferraille.free.fr/

 

SCENES DE LA VIE DE BANLIEUES – Caza (1991 aux Humanoïdes Associés)

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Caza fait parti du club assez fermé des grands dessinateurs français de science-fiction, au côté des Druillet, Mézières, Gillon, Moebius et autres Bilal… Peut être un peu moins connu du grand public, son œuvre remarquable n’en demeure pas moins une référence incontournable de la BD SF : « Le monde d’Arkadi », « l’Oiseau Poussière », « Scènes de la vie de banlieue »… Caza est aussi un immense illustrateur (quasiment toutes les couvertures de J’ai lu SF, c’est lui!)
Dans sa série des « Scènes de la vie de banlieue » (créées vers 1975 dans Pilote), Caza réussi le croisement improbable entre Philip K. Dick et les Bidochons. Alliant ambiance d’anticipation parano et humour satirique, le tout sur fond de discours « baba-écolo-soixante-huitard ». Un excellent témoignage de cette époque utopique et contestataire…

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Autobiographique et fantastique, Caza y joue son propre rôle de dessinateur-rêveur qui se retrouve prisonnier de la société de consommation et de l’urbanisme galopant… Devant cohabiter avec ces monstres que sont les français moyens (Marcel Miquelon et sa famille). « Enfermé » au dernier étage d’une tour, ses planches (souvent de grandes compositions, comme on en trouvait à l’époque) sont autant de messages envoyés à la mer par un naufragé… Un naufragé à l’imagination débridé et à l’humour ravageur. Un Chef d’œuvre qui reste malheureusement d’actualité !

L’intégrale est sorti il y a peu (2003) aux Humanoïdes Associés…

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