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HAUTE COUTURE – Besseron (les Requins Marteaux, 2001)

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Tout de même, Ferraille Illustré était un sacré vivier de bons auteurs : Bouzard, Guerse & Pichelin, Winshluss, Blex Bolex, Mathsap, etc. Besseron est un de ceux qui m’a de suite tapé dans l’œil, avec son style « monolithique ». Ses personnages, ainsi que les décors et les objets, ont tous un aspect minéral, donnant l’impression d’être fait en pierre, inexpressifs (leurs yeux ronds sont sans pupilles) et se ressemblant tous…

Sa nouvelle « Haute Couture », (collection Carrément des Requins Marteaux) nous raconte le périple d’un sérial-killer artiste, qui cout des morceaux de poulet sur ses victimes (!?). Cette histoire plutôt conne nous permet de constater que Besseron maitrise parfaitement les techniques de découpage, de séquençage qui confèrent à ses planches un rythme particulier (alors que ses dessins sont très statiques) le tout dans un format original. Il possède un sens précis des situations, du cadrage, du détail… Remarquable.

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Couverture du numéro 20…

Dans les premiers numéros de Ferraille (jusqu’au n°22), Besseron nous présentait, sur un scénario de Bouzard, les aventures de Claude et Jeremy, les frères siamois (deux têtes pour un même corps). Leur aspect bête de foire (clin d’œil à Freaks) ne les empêche pas de vivre comme tout le monde et d’être confrontés à un quotidien banal. Ce qui crée un constant décalage absurde. Claude et Jérémy se font virer de leur boulot de caissier dans un supermarché. Ils décident (du moins Claude) de ne pas se laisser abattre et d’en profiter pour redémarrer une nouvelle vie à la campagne…  Une série qui est par la suite sortie en album chez les Requins Marteaux sous le titre Le chalet de l’horreur.

A mon grand plaisir, on retrouve régulièrement Olivier Besseron dans les pages du Psikopat, où il excelle également dans l’exercice du gag, du dessin humoristique. Humour noir of course…

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Planche parue dans Psikopat magazine

A voir, son court métrage « Cirrhose Party » et ses divers projets sur :

http://besseronolivier.free.fr/ ou http://www.myspace.com/besseron

THE COTTAGE – Paul Andrew Williams (Angleterre, 2008)

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Le cinéma fantastique anglais se porte très bien depuis quelques années. Danny Boyle a brillamment renouvelé le genre avec son 28 jours plus tard, suivi du remarquable 28 semaines plus tard qu’il produit. Neil Marshall a transformé son premier essai avec le sympathique Dog Soldiers avant d’enfoncer le clou avec son flippant the Descent. Dans un registre plus humoristique, Edgar Wright et Simon Pegg nous ont servi ce qui demeure le film d’horreur le plus original et éclatant de ces 10 dernières années : Shaun of the Dead. Qui selon les auteurs, n’est pas un film d’horreur comique, mais une comédie, avec des zombis… The Cottage de Paul Andrew Williams s’inscrit pleinement dans cette mouvance des films « horrifico-comique ».

Cette histoire commence comme un polar, avec kidnapping et demande de rançon, pour basculer dans un délire grand guignolesque. Un minable malfrat, une petite frappe de seconde zone, décide de kidnapper la fille du caïd de la pègre locale, qui est aussi son patron. Pour ce faire, il fait appel à la complicité de son frère, et décide de se planquer dans le cottage familial. Bien évidemment, rien ne va se dérouler comme ils l’avaient prévu et tout dégénère lorsqu’ils croisent le chemin d’un fermier psychopathe… L’histoire, bourrée de rebondissement, est servie au poil par une brochette d’excellents acteurs, dont Andy Serkis et Reece Shearsmith qui jouent les frères, ainsi qu’une poignée de seconds rôles aux gueules improbables, plus irrésistibles les uns que les autres (chose que les anglais savent faire, cf Snatch).

Le réalisateur revisite le genre survival et, au lieu de se retrouver dans de grands espaces sauvages et désertiques (comme dans Délivrance, Massacre à la tronçonneuse ou la Colline a des yeux), les personnages sont ici pris en chasse dans la campagne anglaise, qui pour le coup, n’est pas si accueillante et calme que cela…Un très bon divertissement horrifique !

Tout le long du film, l’humour y est décoiffant. (…) On se régale vraiment (…) s’il ne réinvente rien, le film de Paul Andrew Williams est une pleine réussite et se boit comme du petit-lait. Eric Coubard – Brazil.

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L’ACTEUR – Sirou (Jusqu’à l’os, 2008)

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Sirou est un dessinateur indépendant dont j’aime de plus en plus le style et l’humour (qui évoluent de mieux en mieux). Découvert il y a quelques années dans les pages du Psikopat, ses récits autobio pourraient être sans grand intérêt (il nous raconte ses déboires de dessinateur de bd qui galère pour survivre, avec quelques penchants pour l’alcool entre potes) s’ils n’étaient servis par un coup de crayon humoristique, vif et rond. Un humour absurde et légèrement surréaliste qui l’amène chaque fois à exagérer, et donc dédramatiser ce qu’il vit (il a créé le concept de « chômologie »! Tout un programme).

C’est dans la revue Bazart (mag’ et agenda culturel normand) que j’ai été surpris d’apprendre que Sirou est un gars de chez moué, un seino-marin du Havre, qui vient de sortir un album autoproduit : L’Acteur aux éditions jusqu’à l’os, dans la collection Fracture.

Toujours dans l’optique de soutenir la création auto-produite, j’ai acheté cet L’acteur car en plus d’apprécier l’auteur, ce petit livre (format 21x15cm, 54 pages) est de très bonne facture, à un prix abordable de 7 euros. Le personnage (Sirou lui-même ?) est en plein dialogue philosophique (un monologue en fait) avec le rocher contre lequel il est appuyé. L’acteur nous parle des affres de l’existence. Par un effet de mise en abime (le narrateur est aussi spectateur de ce qu’il nous raconte), Sirou aborde le thème du processus de création, le questionnement d’un auteur en particulier, d’un artiste en général. Ainsi que toutes les angoisses qui peuvent en découler… Intéressant et divertissant, et plus que ça encore… Du grand 9ème art… 

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http://www.siroublog.com/

MAUVAIS REVES – Imagex (Artefact, 1983)

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La bande dessinée peut avoir des vertus thérapeutiques pour ceux qui la pratique. Comme tout Art, la bande dessinée est un moyen d’expression privilégié qui peut servir de défouloir, d’exutoire et apporter du mieux être (mais je suppose aussi beaucoup de souffrance lors de la réalisation) à celui ou celle qui produit une oeuvre. De là à dire que tous les artistes (donc les auteurs de BD) sont de gros névrosés, ou carrément de vrais malades mentaux, il n’y a qu’un pas que je ne franchirai pas. Ils ne le sont pas plus que ceux qui admirent leurs oeuvres.

Par contre, quand je lis ce Mauvais Rêves d’Imagex, je ne peux m’empêcher de penser qu’il a été écrit et réalisé par quelqu’un de plutôt perturbé. Cet album a dû être une véritable catharsis, tant l’auteur y exprime des angoisses profondes, infantiles (plus encore que Burns et son Black Hole)Mauvais Rêves où la bande dessinée à visées thérapeutiques… 

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Edité chez Artefact (ancienne maison de bonne facture au catalogue underground : Shelton, Crumb, Volny, Schlingo…), Mauvais Rêves nous présente sept récits (dont certains furent publiés dans la revue Viper), racontés chacun du point de vue d’un enfant victime, qui subit les événements.

La première histoire se passe dans un hôpital psychiatrique. Julien (dans La vie débile) entend la voix de sa grande sœur, qui l’incite à faire ce qu’elle veut. Et cela se termine mal, mais pour un des deux seulement… La deuxième (Le vélo) nous raconte une histoire de vol de vélo qui ne dérange pas tant que ça la victime. La troisième (Dans les tours) où des enfants apprennent à leur dépend que la gourmandise est un vilain défaut. La quatrième (Grand père est mort) nous parle d’enfants battus, d’inceste… La cinquième (Papa Goldorak), où un enfant croit être sauvé par Goldorak, qui est en fait un braqueur déguisé. La sixième (Le cri) nous parle d’un enfant séquestré dans un placard par ses parents qui se promet que la prochaine fois, il criera ! Et la dernière (Mauvais rêves), l’histoire d’un gamin persuadé que ses parents sont des extra-terrestres… Entre cas cliniques et situations fantastiques, ce recueil peut paraître sordide ou glauque. Heureusement, il contient d’une bonne dose humour noir. 

En quoi cet album est bon ? Par le fait que tout les éléments qui le composent (histoires, dialogues, graphisme, couleurs, mises en pages, etc.) se complètent parfaitement autour de la thématique centrale. Imagex possède un trait « amateur » très dynamique et pas vraiment académique. Il utilise la bichromie, dont le contraste chaud-froid (rouge-bleu) est dominant. Ces ambiances bleu-nuit sont remarquables. Il joue beaucoup avec les effets de trame.

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Il n’y a quasiment aucune info de dispo sur Imagex, si ce n’est ce texte de Philippe Annocque : Et à propos de rêves, ou plutôt de cauchemars, le mot de la fin ce sera pour Imagex. Imagex, je n’ai jamais su si c’était un homme ou une femme qui signait comme ça ; j’ai souvent pensé que c’était une femme. Dans quelques numéros d’ (A suivre) (qui pour le coup ne se suivaient pas), il y a une histoire étrange (achevée ? je ne m’en souviens pas), Colonie de vacances racontée par une petite fille, dans son journal intime plein de fautes. La colonie est au bord de la mer. Il y a deux garçons de son âge avec elle. Les autres enfants, les monos, tout le monde a disparu. Disparu il y a tellement longtemps que les enfants depuis le temps auraient dû grandir. Au lieu de grandir, une queue leur pousse, et ils apprennent à voler. Sauf un des garçons, mais lui il peut faire tomber les avions de guerre qui passent dans le ciel.Je sais qu’Imagex a publié sous ce nom un autre album, Mauvais rêves, chez Artefact (je le sais parce que je l’ai). Mais je ne sais rien de plus.  

Imagex n’aurait à priori sorti que ces deux albums (Mauvais Rêves et Colonie de Vacanse)…

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Le retour de Dieu – Collectif (Histoires graphiques, éditions Autrement, 1994)

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Mathieu.

Une bande dessinée qui aborde le thème du retour de Dieu peut paraître, au premier abord, un coup marketing de la part de certains cultes religieux. Pour un athée comme moi, voir son médium préféré utilisé à des fins prosélytes a de quoi agacer au plus haut point. Mais quand je lis le nom des auteurs qui ont planché sur le sujet, me voilà rassuré. Je saute dessus les yeux fermés (pas trop quand même car pour lire, c’est un peu embêtant).

Superman est mort. Et si Dieu revenait ? Du God’s club de Gotlib à Sacré Jesus de Tronchet, la bande dessinée n’a pas toujours montré beaucoup de révérence pour le divin. D’aucuns n’auraient sans doute pas hésité à intituler ce livre de manière plus hollywoodienne : Dieu, le retour. (Thierry Groenstreen en préface)

David B nous raconte l’histoire du Messie discret. Le messie juif plus précisément qui, rencontré dans une bijouterie, lui répare sa montre. S’en suit une discussion dans laquelle on en apprend un peu sur la religion juive, ses mythes fondateurs… Athée, David B nous raconte aussi quelques anecdotes qu’il a pu vivre avec des personnes de confession juive.

François Ayroles, dont c’est une de ses premières publications, aborde avec un humour absurde le thème des sectes et de la télé-évangélisation. Une bande que n’aurai pas renier un Goossens, ni dans sa forme, ni dans son contenu. On y reconnaît déjà le style particulier (mais pas encore abouti) de l’auteur d’Incertain Silence.

JC Menu nous entraîne lui dans le monastère perdu du Mont-Vérité et pose la question fondamentale (qui est le fil rouge de cet album) : si Dieu revenait parmi nous, le reconnaîtrions-nous ? Si jeune Mabuse, c’est la première excursion de Menu au Mont-Vérité. Il y retournera souvent (encore l’année dernière pour une Patte de Mouche).

Mattotti nous propose une histoire intitulée Stigmates, qui nous raconte les déboires d’un clochard alcoolique qui se retrouve un beau jour avec deux des cinq stigmates christiques sur les mains. Cette nouvelle peut être vue comme une ébauche de l’album éponyme qu’il sortira en 1998 avec la complicité de l’écrivain Claudio Piersanti.

Marc-Antoine Mathieu (le seul que je ne connaissais pas) nous présente L’ascension, une histoire inspirée d’une nouvelle de Jorge Luis Borges L’Approche d’Almothasim. Un homme (qui n’a pas de nom) travaillant à l’enfer – le lieu où sont brûlés les livres apocryphes, erronés ou blasphématoires - cherche à atteindre le niveau le plus élevé de la cathédrale, afin de se rapprocher de Dieu. Une allégorie sur la quête spirituelle.

Toutes ces histoires sont en noir et blanc, du plus épuré (Ayroles) au plus contrasté (Mathieu, Menu, David B) en passant par le trait expressif de Mattotti. Un beau recueil. 

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David B.

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Du beau, du bon, des bds…

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