Résultats de la recherche pour ' humour con '

R.I.P. Marcel Gotlib

Marcel-Gotlib-Annees-1970-Photo-Christine-Poutout

Bon, ça commence à bien faire ! Après Siné, c’est au tour de Gotlib de nous faire faux bond. 2016 est une sale année pour les maitres de l’humour dessiné. Nous voilà à nouveau orphelin. Alors oui, Gotlib est immortel et son oeuvre rayonnera pendant très longtemps. Et même si je ne l’ai jamais rencontré, et qu’il avait pris sa retraite depuis fort longtemps, ça fait drôle de savoir qu’on entendra plus sa gouaille légendaire et qu’on ne verra plus sa trogne d’éternel bambin dans les roman-photos des hors-série de Fluide. Merci pour tout m’sieur !

« Je pense à la mort, c’est toujours là, toujours présent, avec cette révolte de ne pas savoir ce qu’on est venu foutre là, pourquoi on doit se barrer sans rien savoir… C’est ce que dit tout le temps Woody Allen : le grand drame de l’homme, c’est qu’il a conscience de cette absurdité« . (Gotlib in Ma vie-en-vrac)

Brèves de chroniques #8

cornelius 2

Pour ses 25 ans, les éditions Cornelius nous proposent une pochette surprise (qui fleure bon les souvenirs d’enfance) comprenant 6 albums plus des goodies (affiches, livres hors-commerce…) pour la modique somme de 25 euros. Bonne pioche pour moi, avec du Willem (les aventures de l’art), du Bofa (synthèses littéraires), du Trondheim (approximate continuum comix), du Kaz (terrain vague), du Petit-Roulet (bottin mondain) et du Rochette (Edmond le cochon 1). Plus une affiche de Blutch et un ouvrage collectif avec la crème des auteurs maisons. Bref, que du bon pour trois fois rien. Merci Cornelius ! Reste à souhaiter que cette opération n’annonce pas une cessation d’activité comme Ego comme X.

je-bois-je-fume-et-je-vous-emmerde,M353424

Wombat vient de lancer une nouvelle collection Poche comique, qui porte parfaitement son nom. Un format poche pour un contenu comique, mais attention, du pointu, du affûté. Pour le premier volume, rien de moins que le Professeur Choron avec son « je bois, je fume et je vous emmerde ». Parfaite profession de foi pour cet iconoclaste, qui jongle avec maestria entre l’humour grivois le plus primaire et l’humour noir le plus trash. Sûr que ceux qui ne l’aimait pas ne l’aimerons pas plus. Pour nous autres, on est bien content de pouvoir lire et relire les propos philosophiques et autres absurdes aphorismes du prof. Un exemple à méditer : « qui sème le vent court après son chapeau ! ».

la cuisine cannibale

Pour le deuxième numéro de la collection, Wombat nous propose du royal : La cuisine cannibale de Maître Roland. Hommage à Jonathan Swift (qui est cité en préface), Topor décline la modeste proposition de l’auteur de Gulliver et nous offre des recettes généreuses et variées (des plus simples aux plus élaborées) pour accommoder nos contemporains et les rendre plus savoureux. Exemple : « Le con se sert avec un peu d’huile et un filet de vinaigre ». A vos fourneaux !

L’humour bête et méchant bande toujours…

bétémé

Sale période pour les bêtes et les méchants. Après le forfait de Siné pour cause de crevaison, c’est le bien nommé « café bête et méchant » qui ferme ses portes, faute d’avoir trouvé un plus large public. A croire que les amateurs de cet humour « coup de pieds au cul » se font plus rares, à l’image de ses créateurs… La réalité est bien plus conne. Un mauvais timing. Le patron Christophe Bétémé à déposé le nom de son troquet le 5 janvier 2015 et a ouvert ses portes rue de Montreuil (dans le 11ème, pas loin de Charonne) fin octobre… Autant dire la poisse. Pourtant, les ingrédients étaient parfaits.

Christophe est un passionné généreux et grand collectionneur de tout ce qui concerne Hara-kiri, Charlie Hebdo et leurs nombreux satellites. Et leurs auteurs bien évidemment. Une somme incroyable (il a TOUS les numéros!), qu’il te met à disposition (si t’es sage) avec, ça va de soi, un bon verre (d’Anosteké Prestige, par exemple). J’ai pu ainsi tenir dans mes petites mains frêles et moites le premier numéro d’Hara-kiri, le premier Charlie hebdo, des numéros de Zero ou Cordées avec Cavanna comme rédacteur en chef, le Hitler = SS de Gourio et Villemin en hors série original, un almanach avec des dessins et mises en pages de Sépia/Cavanna…

Bref, le Café Bête et Méchant restera pour ceux qui l’auront connu un lieu unique et incontournable qui ne sentait pas la poussière et la nostalgie, mais la bonne bouffe (le gars Christophe sait mijoter) et le bon vin (on y trouve logiquement les vins de Gérard Descrambe et avons goulayé une excellente « chochotte du boulon »). Un lieu vivant, faisant la part belle aux expositions et concerts, servant aussi de décors pour un court métrage. Surtout, on y fait de belle rencontre, une clientèle aux petits oignons avec les camarades Delfeil de Ton, Gébé et Topor fils, JC Menu, Pacome thiellement, Yves Frémion, etc… J’ai eu pour ma part l’occasion de rencontrer la petite Virginie. Oui, celle de Cavanna. Elle est tout à fait comme il la décrit dans Lune de Miel. Une belle rencontre. Merci Christophe.

L’humour bête et méchant est immortel. Suffit de voir les belles rééditions (chez Les Cahiers Dessinés ou Wombat) qui foisonnent : Topor, Gébé, Delfeil, Choron, Fournier, le Lune de Miel encore dispo… Et le Siné Mensuel qui continue le combat ! On a encore de quoi s’en mettre plein la gueule !

bétémée

Brèves de chroniques #7

2016 s’installe et nous offre déjà de bonnes choses à se mettre sous la dent (creuse ou en or, c’est selon vos moyens).

Nicole et Franky 4 (Cornelius, 2016)

nicole4

Quoi de mieux pour bien démarrer l’année 2016 que le retour de Nicole & Franky. Cette fois encore, Cornelius fait les choses bien et convoque un casting aux petits oignons : Ayroles, Debeurme, Delphine Panique, Adrien Demont, Dupuy & Berberian, Jacques Lob, Lumineau, Mandryka, Moolinex, Petit-Roulet, Texier, Zuo Ma… Ancienne et nouvelle gardes cohabitent sans couacs. Les bonnes rubriques sont toujours là. On est bien content d’en finir avec 2015 grâce Bill Franco, qui dresse un panorama des bonnes choses qui sont malgré tout survenue durant cette année de merde. Dans son édito, Nicole déplore que l’Aventure n’existe plus, tant ce terme est dorénavant galvaudé et dépossédé de son sens initial. « L’aventure est partout. Mais alors où sont les aventuriers ? Peut-être dans ces pages qui n’ont peur ni du risque ni de la découverte, et encore moins de partir explorer ces contrées reculées que l’on appelle l’Humour et l’Imaginaire (à ne pas confondre avec le Calembour et le Divertissement, en accès libre absolument partout) ».

Chroquettes – JC Menu (Fluide Glacial, 2016)

chroquettes

Ce début d’année 2016 est une période de consécration pour l’enfant terrible du neuvième art. Une exposition/rétrospective de sa carrière à Angoulême (et tant pis pour ceux qui ne peuvent s’y rendre, snif) accompagnée de la sortie de ces Chroquettes, aux éditions Fluide Glacial. JC Menu compile ici ses fragments disséminés durant plusieurs années dans diverses revues. La grande majorité étant recemment éditée dans les pages de Fluide, dans lesquelles ces planches en noir et blanc rappellent la période pré-couleurs. Une dimension nostalgique qu’il assume pleinement. Niveau contenu, de la bonne musique, de la bonne bédé, des souvenirs, des réflexions, des analyses, des putains de belles planches… le tout relié dans un bel album au format classique et dos toilé. bref, du très bon Menu quoi.

Les Meufs Cool Tome 2 – Salch (Les Rêveurs, 2016)

lesmeufscool2

Salch nous ressert une deuxième fournée de Meufs Cool. Même format, mêmes ingrédients, même savoir faire et pourtant, ce Meufs Cool 2 n’a pas tout à fait la même saveur. C’est la marque des grands chefs. Reproduire une recette originale sans donner l’impression de se répéter. Alors que le premier était placé sous les signes de la tristesse et du mea-culpa, ce deuxième opus commence sur une note plus revancharde et résignée (quoique). Et de nombreux passages à l’acte limite glauques… Mais pas de soucis pour ceux qui ont apprécié le premier, on retrouve ce trait décapant et cet humour coup de boule (ou l’inverse, si vous préférez) du sieur Salch qui n’a rien perdu de son mordant.

Zaï Zaï Zaï Zaï – Fabcaro (6 Pieds Sous Terre, 2015)

fabcaro1

L’unanime engouement pour ce « Zaï Zaï Zaï Zaï » nous ferait presque oublier que Fabcaro n’est pas un perdreau de l’année, et trace son chemin dans la bandessinée d’umour depuis une bonne dizaine d’année maintenant. Et quel chemin parcouru depuis son Steak haché de Damoclès. Alors qu’il aurai pu s’enfermer dans le genre «déboires-existentiels d’un-dessinateur-de-seconde-zone», il a su se renouveler et aborder différentes formes d’humour, du détournement absurde (La Bredoute, une parodie bien déjantée du fameux catalogue) aux strips humoristiques à la con (avec son Jean-Louis) ou grinçant (avec Parapléjak), de courts récits autobiographiques (On n’est pas là pour réussir) au faux récit de voyage (Carnet du Pérou), sans oublier divers scénarios pour ses camarades (Amour, passion et CX diesel, Achille Talon…), ainsi qu’un roman. Prolifique et varié, on retrouve sa signature dans les pages de nombreux magazines et fanzines : L’Echo des Savanne, Zoo, Fluide Glacial, Psikopat, Jade, Alimentation Générale

Avec Zaï Zaï Zaï Zaï , il ne se limite pas à une seule forme d’humour et fusionne les procédés : comique de répétition (avec ces moult itérations), satirique, de par son thème principal et même de gestes, bien que les mouvements de ce soi-disant « road movie » sont plutôt figés (à l’image du salto avant de la Clio!). Il aime avant tout faire évoluer ses personnages dans des situations incongrues… Il sait mettre de côté ce trait hachuré qu’on lui connaît (avec ces nez en U) pour un graphisme plus réaliste, dont les visages quasi abstraits rappellent ceux de Ruppert & Mulot.

fabcaro3

Là où il est fort et mérite d’être encensé, c’est pour cette précision quasi chirurgicale. L’humour ne supporte pas l’à-peu-près et Fabcaro l’a bien compris. Il fait preuve ici d’une parfaite minutie dans les plans, les cadrages, les attitudes, les dialogues… Un rythme théâtral, avec peu de mouvement et de nombreux plans fixes. Il enchaîne les gags à chaque page (voire à chaque case) sans se répéter et réinvente l’art de la chute par la roulade arrière. Chaque réplique est vectrice de gag, misant sur un constant décalage avec les images.

Comment ne pas voir dans cette histoire d’oubli de carte de fidélité une métaphore à peine voilée de la situation malheureusement bien réelle des sans-papiers. Il pousse à l’extrême ce bon gros délire paranoïaque pour dénoncer les dérives sécuritaires de notre époque. Il accentue à peine la dimension ubuesque du système, qui transforme chaque drame humain en un spectacle malsain. Il évoque également la précarité dans laquelle vivent les auteurs de bd en particulier, par extension toutes les personnes socialement fragiles qui peuvent en un instant devenir des parias. Pas très joyeux tout ça. C’est pourquoi les humoristes de cette trempe sont nécessaires. Ils apportent une juste distanciation sur ces thèmes graves et déclenchent en nous ce rire ravageur salutaire. 

fabcaro2

12345...28

Visiteurs

Il y a 2 visiteurs en ligne

Du beau, du bon, des bds…

Du beau, du bon, des bds…

Mag’ & revues disponibles…

Mag’ & revues disponibles…


DuffDes!gn |
Le peuple des couleurs |
ateliers enfants |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | axecreations
| ART'S DATING - DJO CAFÉ-ARTS -
| Electivo Fotografía