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Poustiquet – Bindle (édition atelier cauchois, 1977)

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En faisant du rangement dans ma bibliothèque, j’ai retrouvé cet album de Poustiquet que je possède depuis toujours. Je m’apprête alors à le relire avec une certaine déception nostalgique – comme on peut le ressentir lorsqu’on redécouvre avec un regard adulte une œuvre appréciée durant sa jeunesse – et je dois avouer avoir été agréablement surpris par la qualité de cette série. Surpris de constater que j’avais encore en mémoire bon nombre des gags de cet album, regroupés en sept thématiques. Cette série en apparence gentille et bon enfant recèle des perles d’humour noir ou légèrement salace dont je ne saisissais pas alors, toute la portée.

Poustiquet - Bindle (édition atelier cauchois, 1977) dans Chroniques BD ppoustiquet

Poustiquet est l’archétype du français moyen, dans toute sa diversité et ses contradictions : marié mais coureur de jupons, chasseur mais aussi défenseur des animaux, souvent pochetron, parfois feignant, musicien excentrique, bandits de petits chemins, intermittent du spectacle ou adepte des congés payés… Ces strips publiés à l’époque dans le quotidien normand Paris-Normandie tiennent encore bien la route et relèvent, sans en avoir l’air, d’un esprit satirique.

Bindle possède un graphisme propre au dessin de presse, vif et direct. Une précision dans les détails, les décors, une maitrise du gag en strip, avec un sens de la chute souvent absurde et con…

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Roland Vagnier signe Bindle, onomatopée qui faisait résonner les corridors de son lycée. Après des études d’architecture interrompues par la guerre, il travaille à la libération dans la presse parisienne en fournissant des dessins d’humour. En 1947, Paris Normandie l’engage comme dessinateur de presse.
Le 16 octobre 1949, il crée Poustiquet. Celui-ci sera publié tous les jours jusqu’au départ de son créateur en 1975 (plus de 7000 bandes et quelques rééditions sur la fin). Poustiquet fut distribué par Opera Mundi et visita ainsi d’autres quotidiens régionaux ou même étrangers, du Brésil en Israël.
(Pressibus)

Poustiquet ne restera pas dans les annales de la bande dessinée. Mais cet album est devenu pour moi une madeleine au goût plutôt savoureux…  

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Bindle

Dévorez des livres…

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Il est vrai que je ne chronique que rarement les livres sans images que je lis. Pourtant, j’en lis. Plusieurs en même temps d’ailleurs. Ce qui n’est pas forcement simple… Une biographie, un roman, un recueil de sketches et une lettre ouverte, voici donc mes lectures de cet été :

pixiesmaxi Pixies – les ovnis du rock (Camion Blanc, 2005)

Biographie intéressante pour découvrir l’histoire de ce groupe rock majeur de la deuxième moitié des années 80. Les Pixies ont développé une manière originale de composer, qui a inspiré bon nombre de groupe depuis, Nirvana ou Pavement entre autres : des couplets lents et retenus, associés à des refrains puissants et explosifs. Hurlements de Black Francis, contre-chants de Kim Deal. Sans oublier ce jeu de guitare particulier de Joey Santiago. Black Francis, devenu Frank Black après le split du groupe (sans vraies raisons apparentes) est un auteur-compositeur singulier. Et même si l’auteur précise que le point faible des chansons de Black viendrait de ses textes plutôt abscons, qu’il semble bâcler, toute une génération de fan s’y reconnait et adore ses paroles énigmatiques.

La particularité de cette biographie est que l’auteur nous raconte également l’histoire de Vicky, fan des Pixies depuis leurs débuts, qui est devenue de plus en plus obsédée par le groupe, puis par Franck Black, au point de suivre une thérapie spécialisée pour les fan-addicts. Une manière de décrire cette génération perdue de la fin des années 80 (la fameuse génération X), qui trouve dans les groupes de rock un soutient et une considération de leurs malaises, que la société est incapable de comprendre.

978laroutelivredecormac La Route – Cormac McCarthy (Edition de l’Olivier, 2008)

C’est après avoir vu le film que j’entreprends la lecture de ce prix Pulitzer 2007 de Cormac McCarthy. La comparaison s’impose bien évidemment, et je ne peux m’empêcher d’avoir les images du film en tête à chaque scène décrite dans le livre. Cependant, cette histoire d’un père se rattachant à son fils autant qu’à ce qui reste de son humanité, décidant d’aller au sud par la route dans un pays en cendre, est parfaitement retranscrit dans l’adaptation cinématographique, sans parler de la prestation physique, tout en intensité retenue de Viggo Mortensen.

L’aspect sombre, le style brut, sec, sans fioritures ni excès, l’absence de repères spatiaux et temporels… Tous ces éléments font de cette odyssée pour la survie, faite de rencontres dangereuses et impromptues, une œuvre sans concessions remarquable, qui en dit long sur notre monde actuel.

978g Merci Bernard – Le livre (Balland, 1984)

Ce recueil de sketches écrits en grande partie par le trio d’enfer Gébé, Jean-Michel Ribes et Topor (sans oublier Jean-Marie Gourio ou François Rollin) me permet de revisiter cette série culte de la télé française des années 80, à laquelle ont participé une kyrielle de grands comédiens (Michel Blanc, Jacques Villeret, Tonie Marshall, Micheline Presle, Luis Rego, Daniel Prévost, Claude Piéplu, Michael Lonsdale, Philippe Khorsand…)

Cet humour surréaliste et con ne vieilli pas d’une ride. Car notre société n’a pas beaucoup évoluée depuis cette époque et ces textes restent toujours pertinents, tant ils dénoncent par l’absurde nos comportements de primates civilisés.

9782226069252g Lettre ouverte aux culs-bénits – Cavanna (Albin Michel, 1994)

Cavanna s’adresse ici aux croyants de tous poils. A tous ceux qui vivent selon les préceptes d’un culte quelconque. Avec sa verve franche et sensible, il leur explique sous toutes les coutures en quoi les religions les manipulent et les crétinisent par leurs absconses sottises, en particulier le catholicisme, qu’il a bouffé durant son enfance.

Ce livre convient aussi aux athées, qui comme moi jubilerons à la lecture de phrases aussi salutaires que : « Quoi qu’il en soit, on ne peut pas croire toute sa vie au père Noël. Moi, en tout cas. Vint un moment où, à la première question du catéchisme : « Qu’est-ce que Dieu ? » j’eusse répondu par : « Le père Noël des grandes personnes. » Et aussi : « Une religion dite « universelle » n’est qu’une secte qui a réussi commercialement parlant ». Ou encore : « Je préfère mon inquiétude pas toujours confortable à leurs certitudes d’imbéciles. » Un régal…

Snack « avec surgelés de qualité » – Besseron (Même Pas Mal éditions, 2011)

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Nouvelle livraison de Besseron, qui nous proposent dans ce paquet de Snack, des histoires fraichement décongelées du Psikopat ou de Jukebox. Je savoure avec délice cet humour absurde et débile plutôt épicé, ce graphisme copieux et généreux.

Au menu, un boucher jaloux, un super héros loser, un mauvais perdant, de jeunes skateurs, une course poursuite sans suite, des chasseurs de lapins… Besseron n’épargne pas ses contemporains et dresse des portraits peu flatteurs mais pourtant si vrai de ceux que l’on nomme communément « les beaufs ».

Ce plateau d’amuse-gueule d’une à deux pages, servi par Même Pas Mal, se picore ou se dévore, c’est selon votre appétit. Toujours est-il que ce Snack se digère facilement car le gras de l’humour (qui donne du goût !) se marie parfaitement avec ce style tranché jusqu’à l’os.

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Besseron a du talent. Frémion ne s’y est pas trompé en l’interviewant dans sa chronique « Que vous êtes joli, que vous semblez beau ! » du dernier Fluide Glacial (n°422) :

- Tu publies chez Ferraille et dans le Psikopat, ici chez Mêmepasmal : tu évites les grands éditeurs délibérément ?

Besseron : Bien évidemment non, mais quand un éditeur indépendant me propose de publier mon travail bien présenté sur un joli papier, je vois pas pourquoi je refuserais. Les indépendants et moi c’est une grande histoire d’amour depuis pas mal d’années déjà. Cependant je vais bientôt refaire équipe avec mon camarade Frédéric Felder avec qui j’ai fait l’album « Meli Bielo ».

- La forme courte, de quelques pages au plus, devient rare. Tu sembles exceller dans ce genre lui aussi moins commercial. C’est un choix ?

Besseron : Il est vrai que les histoires courtes sur quelques pages ne me causent plus trop de problèmes, ça c’est le résultat de plusieurs années de publications dans des magazines et autres collectifs en tout genre. Ca a été un choix, mais c’est devenu un handicap pour les longs récits. Réaliser une histoire de soixante pages est maintenant pour moi un vrai défi.

- L’humour noir a peu de supports en France, troisième choix non commercial de ta part. Tu veux vraiment mourir de faim ?    

Besseron : l’humour noir c’est ce que j’aime et les histoires les plus courtes sont les meilleures dans ce domaine, je suis pas sûr de mourir de faim.

- [...] Tes mains, elles n’ont que quatre doigts : c’est un hommage à ce flemmard de Disney ?   

Besseron : Non, c’est juste qu’une main à cinq doigts m’amène à faire des doigts trop fins et cela ne colle pas avec mes personnages. Tandis qu’une main à quatre doigts en forme de knacki est beaucoup plus adaptée. J’ai toujours dessiné des mains à quatre doigts, sans même m’en rendre compte, jusqu’au jour où quelqu’un m’a dit « Tiens tu fais des mains à quatre doigts », je me suis souvenu qu’enfant j’étais un grand fan de « Super Matou » et « Horace » de Poirier dans Pif magazine, qui ont fait partie de mes premières lectures, ça vient aussi peut-être de là.

- Globalement, ton inspiration vient d’où ? De la vie quotidienne ? Tu devrais déménager un de ces jours, non ?

Besseron : Mes parents ont tenu un bar pendant vingt-cinq ans dans un village du Poitou et j’ai vécu une grande partie de mon enfance et adolescence derrière un comptoir d’un mètre dix où j’ai pu m’imbiber et m’inspirer d’une clientèle (pieds de vigne) qui étaient déjà pour moi des personnages de BD.

http://besseronolivier.free.fr/

La Fanfare – Avoine, Bridenne & JY (LA Boutique Editions, 2003)

La Fanfare - Avoine, Bridenne & JY (LA Boutique Editions, 2003) 1304703299

Ce recueil de dessins est le fruit de la collaboration entre trois dessinateurs aux styles bien différents, réunis autour d’une thématique commune : la fanfare. Car ces dessinateurs sont aussi musiciens, chacun jouant d’un cuivre, le baryton pour JY et le trombone pour Bridenne et Avoine. De fait, ils maitrisent leur sujet, ça sent le vécu…

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Bridenne possède un trait lâché et vif, propre au dessin de presse. Il a d’ailleurs travaillé pour l’Echo des Savanes, Pilote, Télérama ou même l’émission « Droit de Réponse » de la grande époque. Hédoniste, la musique est pour lui associée au(x) plaisir(s) de la chair, à l’ivresse de la bonne chair.

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JY

JY (que je découvre ici) développe lui un style et un humour plus anglo-saxon, à base de non-sens et d’absurdités graphiques. Il joue avec la perspective et la représentation de la 3 D et fait évoluer ses personnages dans un système espace-temps particulier, où la pesanteur ne semble pas exister. Ses personnages flottent dans l’air, comme portés par la musique.

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(ce dessin d’Avoine n’est pas issu de La Fanfare)

Avoine (découvert avec ces superbes 4èmes de couv’ de Siné Hebdo) nous proposent des dessins plus structurés. Ce gars semble dessiner avec une règle et un compas. Ses formes sont d’une droiture géométrique irréprochable. Ses dessins pourraient paraître froids s’ils n’étaient servis par ce trait épais et charbonneux qui dégage beaucoup d’émotions. Son humour fleure bon le surréalisme à la belge.

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Humour absurde et poésie graphique sont au rendez-vous dans cet ouvrage. Et si cette Fanfare ne fait pas de bruit, ces dessins là ne passent pas inaperçus ! La musique adoucie les mœurs, mais pas la matière grise.

 

 

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Restons avec un dessinateur de génie en la personne de Claude Serre. Un génie sur tous les tableaux : du graphisme, du dessin humoristique, de l’art de raconter des histoires en un seul dessin, de l’humour noir, de la couleur… Ces dessins sont hors du temps, d’une maitrise technique irréprochable (gravures à l’encre noire ou couleurs aquarelles chaudes). Un dessinateur indispensable.

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Engagés sans en avoir l’air, les tableaux de Serre abordent des thèmes existentiels de société (la vie, la mort, l’amour, les vacances, la bouffe…) avec un humour absurde, souvent cruel, qui fait mouche à chaque fois ! Les festivités ont débuté en 1972 avec Humour noir et hommes en blanc, qui remporta fort justement le Prix de l’Humour Noir, pour finir avec le Dico des maux en 1997, puisqu’il nous a bêtement quittés en 1998…

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Site officiel

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Du beau, du bon, des bds…

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