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Ma Vie-en-Vrac – Marcel Gotlib & Gilles Verlant (Flammarion, 2006)

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Je me rends compte que je n’ai pas encore fait de chronique sur Maître Gotlib. Merdre ! Entre Gai-luron, La Rubrique-à-Brac, Hamster Jovial, Pervers Pépère, Rha-Lovely ou Rha-Gnagna,  il est pourtant celui qui m’a initié à l’humour absurde, au comique de situation, aux dingues potentialités de la mise en page, au sens aigu du détail, au graphisme comme langage… Inventeur du mime dessiné, j’ai compris grâce à lui que le simple trait d’un dessin peut nous faire rire. Il est aussi celui qui a éveillé ma libido aux joies de l’humour salace, ce qu’on appelle sobrement : l’humour adulte.

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Cet ouvrage se présente sous la forme d’un recueil d’entretiens (dans le même esprit que le livre sur Metal Hurlant), dans lequel tous les collaborateurs et amis de Gotlib prennent la parole. D’Albert Algoud à Zep, on retrouve les témoignages de Brétécher, Yves Frémion, Bruno Léandri,  Fred, Mandryka, Yvan Delporte, Richard Gotainer, Goossens, Cabu, Cavanna, Morchoisne, Druillet et plein d’autres encore… Le tout regroupé en 20 thématiques, qui retracent son riche parcours.

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Gotlib est généreux, très généreux. Son œuvre prolifique nous le démontre et lorsqu’il décide d’arrêter de dessiner (snif !), c’est pour mieux se consacrer à son chouette journal Fluide Glacial (Youpi !). S’il pensait se la couler douce dans son rôle de rédac’chef, il s’est mis le doigt dans les lunettes ! Il a du en passer des nuits blanches à driver cette équipe de dingue… Juste au passage, les deux magazines que Gotlib a créés (en collaboration), sont les deux seuls qui existent encore parmi tous ceux lancés durant années 70. Signe que l’umour gotlibien, (inspiré par Harvey Kurtzman et Mad, les Monty Python, le National Lampoon, Actuel, et bien évidement René Goscinny) est impérissable !

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Marcel s’est essayé, avec succès, à énormément d’activité : Dessinateur et scénariste de BD bien sur, mais aussi lettreur, créateur de journaux (l’Echo des Savanes et Fluide Glacial), rédacteur en chef, éditorialiste, autobiographe, scénariste pour le théâtre ou le cinéma, illustrateur de pochette de disque, acteur de roman photo, héros de bd, une icône… Surtout, ne lui dites pas que c’est un Artiste de Génie, son humilité légendaire risque d’en prendre un coup !

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Laissons la parole à l’ami Schmoll : « C’est sur, Léonard dessinait mieux que Marcel mais de Vinci, même dans ses œuvres les plus folles, n’a jamais atteint le degré de déconnade de Gotlib, d’ailleurs, il ne s’en est jamais inspiré. Ce fait étant historiquement exact, je viens rendre hommage au père de Gai-Luron, au chroniqueur des Rubriques-à-Brac qui firent des heureux et les beaux jours de l’hebdomadaire Pilote (mâtin, quel journal !). Louons celui sans qui Fluide Glacial ne serait pas, ce grand dessinateur animalier à qui l’on doit des analyses poussées sur le comportement da la coccinelle, approuvant la thèse comme quoi ce n’est pas forcément qu’une bête à bon Dieu. A travers les pages de cette biographie, nous allons apprendre et tout savoir sur l’être surdoué qu’est notre Marcel national. Il va sans dire que le succès de cet ouvrage est garanti, à tel point que le cinéma va certainement s’emparer de l’œuvre pour la porter à l’écran. Mais qui incarnera notre héros ? Depardieu ?… Jugnot ?… Harry Belafonte ?… Patientons… Et en attendant, lisons les aventures extraordinaires de Marcel Gotlib ! »

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Belle surprise, c’est Gotlib qui signe la couv’ du dernier Fluide…

http://www.marcelgotlib.com/

BYE-BYE BUSH – Collectif (Dargaud,2009)

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J’aime bien les ouvrages collectifs. Avoir plusieurs auteurs de qualité dans un même album est toujours sympathique. De plus, j’affectionne les histoires courtes, le format « nouvelle ». Ce type d’ouvrage permet parfois de découvrir de nouveaux talents ou une autre facette de l’univers d’un auteur. Mais encore faut-il que le sujet soit à la hauteur. Que ce collectif ait du sens et de par son sujet, et dans le choix des auteurs.

Traiter du départ de Georges W. Bush, après ses huit années de règne, n’est certes pas une idée très originale, mais non moins intéressante. Un album auquel ne participent que des grands dessinateurs de presse et de bandes dessinées. D’ailleurs, tous les grands mensuels et hebdomadaires humoristiques y sont représentés : Charlie Hebdo avec Charb, Luz et Jul, l’Echo des savanes avec Vuillemin, Ivan Brun et Nix (qu’on retrouve aussi dans Le Strip), Fluide Glacial avec Clarke, Thiriet et Bercovici, Siné Hebdo avec Aranega et Malingrey et même des anciens de Ferraille Illustré tels que Mathieu Sapin, Bouzard (qui collabore également au Psikopat) ou Emile Bravo. Bref, tous les courants de l’humour dessiné sont présents, ce qui nous démontre qu’au-delà de certaines querelles, il n’y a pas de clivage. Ces auteurs collaborent ensemble autour d’un sujet fédérateur.

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Charb…

Charb, avec son humour toujours aussi acide, met en scène deux anciens baba-cool qui dissertent sur les dernières élections américaines : Obama, pas Obama, qu’est-ce que ça change ?

Clarke nous montre le grand nettoyage de la maison blanche après le départ de « Debeuliou ». Et il y a du boulot pour tout ranger et faire disparaître certains dossiers gênants !

Ivan Brun nous démontre qu’il n’est pas bon être un vétéran blessé de la deuxième guerre du golfe sous le mandat de Bush. Brun est égal à lui-même, trash et sans concessions.

Diego Aranega nous donne un cours de politique très intéressant, par l’intermédiaire d’un dialogue entre un maitre zen et son disciple. A base de métaphore et de beaucoup d’absurde.

Jul lui, imagine un nouveau type d’élection où le président des états unis serait élu en fonction du poids des électeurs. A priori, à l’avantage des conservateurs…

Emile bravo retranscrit le monde politique des USA à l’échelle d’un village du Far West. « Debeuliou » est le chérif sur le départ, qui veut mettre à sa place le vieil Old Timer Mc Cain. Mais c’est sans compter sur l’institutrice Hillary Clinton et son esclave de service, Obama. Les peaux-rouges sont bien évidemment, les islamistes.  

Vuillemin, avec son style et son humour impérissables, nous parle du dernier checkpoint avant élection, où deux soldats se demandent quelle serait la meilleure chose pour eux, entre Mc Cain et Obama…

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Jul…

Nix nous propose deux petits jeux : retrouver quel animal ne disparaîtra pas après le réchauffement climatique ? Et où est Ben Laden ? Deux planches remarquables.

Thiriet (au scénario) et Bercovici nous démontre par l’absurde le crétinisme du créationnisme.

Remarquables également sont les deux planches de Bouzard, qui avec son style expressionniste inimitable, nous montre un Bush confronté à ses fantômes.

Expressionniste aussi le dessin de Luz, plus qu’à l’accoutumé. Il nous raconte (en VO sous-titré) le retour de « Debeuliou » au ranch familial, où l’attendent de pied ferme ses parents.

Mathsap, avec son humour décalé, nous parle de Bush qui fait appel à Nourredine, un conseillé en communication, afin de redorer son image et d’en faire quelqu’un de sympa. Mission quasi impossible, sans un bretzel…

Le surréaliste Malingrëy se réjouit, à sa manière, du départ de Bush Junior…

Bye Bye Bush est un album bien sympathique, un recueil riche et varié dans lequel tous ces auteurs de qualité nous proposent un humour de qualité. Tout en nous faisant réfléchir un peu aussi…

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Nix…

CASES DEPARTS – Olivier Ka (Petit à Petit Editions, 2003)

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Je n’avais pas encore d’ouvrage des éditions Petit à Petit, voilà qui est chose faite. Installée à Darnétal -la ville normande de la BD, avec son Festival (14ème édition cette année) de l’association Normandiebulles, Fariboles (coucou à l’ami swamps !) et même Leblon-Delienne à ses débuts- cette maison d’édition nous propose depuis sa création un catalogue riche et varié, des projets originaux, des ouvrages de très bonne facture, de beaux livres jeunesse et des bandes dessinées. Petit à Petit est surtout connu pour sa série des Chansons de (Gainsbourg, Dutronc, Brassens, Brel, etc.) en BD.

« L’aéroport est un lieu de fantasmes, de rêves et d’évasion. Transitoire et impersonnel, il appartient à tout le monde. Les dix histoires de Cases Départs s’intéressent à des personnages imaginaires, qui s’approprient pour un instant un fragment de cet endroit de passage, en y injectant ici une once d’humour, là un poil de poésie. Dix histoires décalées pour voir l’aéroport autrement ». (quatrième de couverture)

Cet ouvrage collectif comprend dix histoires entrecoupées de dix poèmes illustrés. Tous écrits par Olivier Ka et interprétés par des dessinateurs et illustrateurs connus (Bouzard, Rabaté, Edith ou Alfred, pour leur première collaboration) d’autres moins, mais tous vraiment talentueux. Olivier Ka est un auteur prolifique, un des meilleurs de sa génération. Il excelle dans la plupart des formes littéraires (chronique, jeunesse, nouvelle, roman, scénario, poésie…) et jongle aisément avec les genres (surréaliste, fantastique, absurde, humoristique ou tragique). Ce Cases Départs nous raconte des histoires tantôt réalistes, tantôt fantastique, concoctées avec une bonne dose d’humour (absurde, quelques fois noir ou bon enfant) et toujours cette pointe de mélancolie propre à l’univers d’Olivier Ka.

Image de prévisualisation YouTube

Petite animation réalisée par un étudiant hollandais. Elle est tirée de l’histoire Le Spectateur…

http://olivierkaontheweb.free.fr/

HAUTE COUTURE – Besseron (les Requins Marteaux, 2001)

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Tout de même, Ferraille Illustré était un sacré vivier de bons auteurs : Bouzard, Guerse & Pichelin, Winshluss, Blex Bolex, Mathsap, etc. Besseron est un de ceux qui m’a de suite tapé dans l’œil, avec son style « monolithique ». Ses personnages, ainsi que les décors et les objets, ont tous un aspect minéral, donnant l’impression d’être fait en pierre, inexpressifs (leurs yeux ronds sont sans pupilles) et se ressemblant tous…

Sa nouvelle « Haute Couture », (collection Carrément des Requins Marteaux) nous raconte le périple d’un sérial-killer artiste, qui cout des morceaux de poulet sur ses victimes (!?). Cette histoire plutôt conne nous permet de constater que Besseron maitrise parfaitement les techniques de découpage, de séquençage qui confèrent à ses planches un rythme particulier (alors que ses dessins sont très statiques) le tout dans un format original. Il possède un sens précis des situations, du cadrage, du détail… Remarquable.

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Couverture du numéro 20…

Dans les premiers numéros de Ferraille (jusqu’au n°22), Besseron nous présentait, sur un scénario de Bouzard, les aventures de Claude et Jeremy, les frères siamois (deux têtes pour un même corps). Leur aspect bête de foire (clin d’œil à Freaks) ne les empêche pas de vivre comme tout le monde et d’être confrontés à un quotidien banal. Ce qui crée un constant décalage absurde. Claude et Jérémy se font virer de leur boulot de caissier dans un supermarché. Ils décident (du moins Claude) de ne pas se laisser abattre et d’en profiter pour redémarrer une nouvelle vie à la campagne…  Une série qui est par la suite sortie en album chez les Requins Marteaux sous le titre Le chalet de l’horreur.

A mon grand plaisir, on retrouve régulièrement Olivier Besseron dans les pages du Psikopat, où il excelle également dans l’exercice du gag, du dessin humoristique. Humour noir of course…

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Planche parue dans Psikopat magazine

A voir, son court métrage « Cirrhose Party » et ses divers projets sur :

http://besseronolivier.free.fr/ ou http://www.myspace.com/besseron

L’ACTEUR – Sirou (Jusqu’à l’os, 2008)

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Sirou est un dessinateur indépendant dont j’aime de plus en plus le style et l’humour (qui évoluent de mieux en mieux). Découvert il y a quelques années dans les pages du Psikopat, ses récits autobio pourraient être sans grand intérêt (il nous raconte ses déboires de dessinateur de bd qui galère pour survivre, avec quelques penchants pour l’alcool entre potes) s’ils n’étaient servis par un coup de crayon humoristique, vif et rond. Un humour absurde et légèrement surréaliste qui l’amène chaque fois à exagérer, et donc dédramatiser ce qu’il vit (il a créé le concept de « chômologie »! Tout un programme).

C’est dans la revue Bazart (mag’ et agenda culturel normand) que j’ai été surpris d’apprendre que Sirou est un gars de chez moué, un seino-marin du Havre, qui vient de sortir un album autoproduit : L’Acteur aux éditions jusqu’à l’os, dans la collection Fracture.

Toujours dans l’optique de soutenir la création auto-produite, j’ai acheté cet L’acteur car en plus d’apprécier l’auteur, ce petit livre (format 21x15cm, 54 pages) est de très bonne facture, à un prix abordable de 7 euros. Le personnage (Sirou lui-même ?) est en plein dialogue philosophique (un monologue en fait) avec le rocher contre lequel il est appuyé. L’acteur nous parle des affres de l’existence. Par un effet de mise en abime (le narrateur est aussi spectateur de ce qu’il nous raconte), Sirou aborde le thème du processus de création, le questionnement d’un auteur en particulier, d’un artiste en général. Ainsi que toutes les angoisses qui peuvent en découler… Intéressant et divertissant, et plus que ça encore… Du grand 9ème art… 

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http://www.siroublog.com/

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Du beau, du bon, des bds…

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