• Accueil
  • > Recherche : histoire séquentielle

Résultats de la recherche pour ' histoire séquentielle '



MISTER NOSTALGIA – Robert Crumb (1998 Editions Cornelius)

9782915492422fs.gif

Les éditions Cornelius ont la bonne idée d’éditer une Anthologie de l’œuvre de Robert Crumb. Et plutôt que de nous présenter ses œuvres de façon linéaire et chronologique, Jean-Pierre Mercier (co-direction éditoriale) a préféré regrouper ses planches par thèmes. Dans « Amerika », c’est sa veine pamphlétaire qui est mise en avant. « Mes problèmes avec les femmes » aborde, comme son titre l’indique, ses obsessions et ses penchants de pornographe. « Mister Nostalgia » nous fait partager sa passion pour la musique des années 20 (jazz, country… ) ainsi que sa collectionnite aigue de vieux enregistrements vinyls… J’ai une préférence pour ce « Mister Nostalgia », qui comprend surtout un des chef d’œuvres de la narration séquentielle : A short story of America. En quelques dessins, un plan fixe et beaucoup de poésie, Crumb en dit plus sur l’évolution de son pays que des discours d’historiens…

crumbpowerlines.gif

« Depuis le lycée, je suis fasciné par la manière dont le paysage américain a constamment changé, dont on l’a remodelé. En Amérique, rien ne reste identique très longtemps. Il n’y a jamais réellement eu de respect pour les constructions anciennes […] J’étais fasciné par le constant changement de décor en Amérique depuis le XVIIIème siècle, à la différence de l’Europe. Quand on est dans certains coins de Paris, on retrouve le XIXème siècle. En 1890, la 5ème Avenue de New York ressemblait au centre de Paris, avec ses alignements d’immeubles de cette époque, mais il en reste très peu de choses aujourd’hui. Tout a été remplacé. Dessiner Une brève histoire de l’Amérique, c’était un peu une tentative de préserver la mémoire culturelle. Il y a une volonté de continuité, de manière à ce que tout ne se fonde pas dans cet incessant changement dénué de sens. »

crumbpartii.jpg

Maître incontesté et mondialement reconnu de la bd underground, Crumb est un virtuose du crayon et de la plume. La diversité de ses projets nous démontre qu’il peut absolument TOUT dessiner. Prolifique, Crumb n’a rien perdu de son mordant et de son indépendance d’esprit en plus de quarante ans de carrière… Sans concessions, toujours…

Crumb a influencé plusieurs générations de dessinateurs, alors que son style ne semble pas avoir été directement influencé par quelque dessinateur que se soit (le journal Mad est une référence avérée, mais plutôt pour l’esprit que pour le style). C’est la marque des Géants !

1626848.jpg

MA ZONE – Autheman (1983 Dargaud)

mazone11072002.jpg 

J’apprécie Autheman depuis quelques années grâce à sa chronique dans l’Echo des Savanes. J’aime chez lui son humour fin, engagé, tombant toujours juste. Un sens de l’observation (plus percutant qu’il pourrait le laisser paraître) lui permettant de passer au crible les travers de notre société. Un grand dessinateur humoristique, Autheman est avant tout un auteur de BD, faisant parti de l’équipe de Pilote. Il a sorti plusieurs albums dans les années 80, dont cet excellent « Ma Zone ».

Dans son format, cette Bande Dessinée n’en est pas tout à fait une. Enfin, pas que ça. Ce serait plutôt un recueil de textes illustrés. Mais la grande originalité vient de ce que les illustrations sont agencées de façon séquentielle, s’inscrivant dans la continuité de l’histoire. Il n’y a pas de redondance, les dessins ne reprennent pas les éléments décrits dans le texte, ils les complètent. Par exemple, dans la nouvelle « Petites Annonces », le narrateur dit : « Au programme qu’elle avait choisi sur le juke-box, j’ai vu tout de suite qu’on avait un bon feeling sur la musique ». Le dessin d’a coté nous montre une main appuyer sur le bouton de la chanson The Logical Song de Supertramp.

Cette approche renouvelle le mode de narration du médium. Dans son propos également car, raconter des petites histoires de petites gens n’était pas si commun que ça à l’époque, et annonce les grandes tendances de la BD actuelle (autobiographie, autofiction…

Autheman nous explique : « Un jour que nous partagions le zinc avec Yvan Audouard, mon illustre concitoyen me glissa ce précieux conseil : – Il faut travailler sur le motif! …être « motivé » si tu préfères – et en me montrant d’un mouvement de l’œil une nénette qui venait d’entrer… – Regarde son blue-jean! … Il raconte son histoire! Il y a de ces phrases qui vous éclairent soudain l’horizon comme un faisceau de phare à iode. Bon Dieu mais c’est bien sûr me dis-je ; colle ton imagination en chômage technique et raconte le voisinage ; et les zombies de ta chère bourgade deviendront des héros au musée de Mickey! Le lendemain, motivé comme jamais, je commençais « Ma Zone ».

Collection Patte de Mouche – l’Association

sanstitrepdm21.png

Une des meilleures maison d’édition BD – L’ Association – nous propose, depuis sa création (1990), plusieurs collections aux noms plutôt sympathiques : Eprouvette, Ciboulette, Eperluette, Archives, Côtelette, Mimolette et Patte de mouche… Cette multitude de formats et de prix traduit l’intention première de sa ligne éditoriale, à savoir vouloir diversifier la Bande Dessinée. Publier des auteurs de qualité et produire de beaux livres, accessibles à tous.

La collection Patte de mouche correspond tout à fait à cette volonté.

D’un format « nouvelle » souple de 10,5 -15 cm, 24 pages, pour un prix de 3 €, cette collection est la plus économique du catalogue. Mais la qualité n’en est pas moindre. Ces BD ne sont pas des grandes réduites, mais de véritables oeuvrettes créées pour l’occasion. Les auteurs utilisent toutes les possibilités offertes par ce format : histoires courtes, noir et blanc, visuels épurés…

sanstitre31.png  sanstitre21.png

Le premier volume de la collection (Imbroglio) est l’exemple type des BD proposées par cette « Patte de Mouche » : peu de personnages, unité de lieu, de temps, monochromie …
Dans cet absurde huis-clos entre 3 personnages, l’histoire possède tant de rebondissement qu’on ne peut en deviner la fin avant de l’avoir lu. Ce qui est appréciable dans la mesure où ça se lit vite. Le graphisme lui, est au service de l’histoire, simple et efficace (du Trondheim, quoi !)

La Nouvelle Pornographie est un véritable exercice de « stylisation » comme seul sait les faire Trondheim. Dans cette bd au titre évocateur, ce dernier simplifie, schématise les formes jusqu’à l’abstraction. Mais en y regardant de plus prêt, il s’agit bien de dessins figuratifs, plutôt explicites…

t21341.jpg

Autre particularité des histoires proposés par les auteurs de l’Association : l’autobiographie. Baladi nous raconte ici une anecdote vécu durant sa jeunesse, souvenir qu’il pourrait nous raconter au coin d’une table, autour d’un verre. « Un récit urbain et déglingué à base de paumés et d’embrouilles, transcendé par la syntaxe si particulière d’Alex Baladi » (Catalogue 2006 de l’Association.)

sanstitre42.png  sanstitre51.png

Mahler est un dessinateur Autrichien (Vienne) possédant un style unique. Minimaliste, il se sert de volumes géométrique simples pour symboliser plutôt que représenter des formes. C’est un figuratif à la limite de l’abstraction. J’adore.
Longueurs & Retranchements est un pur exercice de style digne de l’OuBaPo (créé et diffusé par l’Association). Cette histoire d’auteur face à son éditeur est en fait construite à partir d’un seul et même dessin (celui de la couverture). Pourtant, il y a une vraie histoire séquentielle, un vrai rythme dans cette BD. D’ailleurs, je ne me suis pas rendu compte tout de suite que c’était quasiment la même case à chaque fois, tant il se dégage une impression de mouvement. Bluffant.
Mystery Music lui, regroupe plusieurs historiettes sans texte, d’une page, ayant pour thème un instrument de musique. La musique elle-même – qui est impalpable – est représenté ici par une masse noire informe. De ce décalage absurde se dégage une forme d’humour, de poésie.

espignole01.jpg

Poésie également avec l’Espignole, véritable carnet intime dans lequel Baudoin nous raconte ses souvenirs d’adolescent. Cet album est emprunt d’une certaine nostalgie et se veut essentiellement contemplatif. Structuré sur la forme d’un dessin par page incluant un texte en « voix off », l’Espignole est un bel ouvrage. Le style de Baudoin, expressionniste dans ses formes, ses contrastes et naturaliste dans ses thèmes, colle parfaitement à cette histoire de souvenirs, d’adolescence et d’amour perdus.

1234

Visiteurs

Il y a 1 visiteur en ligne

Du beau, du bon, des bds…

Du beau, du bon, des bds…

Mag’ & revues disponibles…

Mag’ & revues disponibles…


DuffDes!gn |
Le peuple des couleurs |
ateliers enfants |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | axecreations
| ART'S DATING - DJO CAFÉ-ARTS -
| Electivo Fotografía