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What’s the news in Fouloude ?

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Une couverture d’Edika est toujours un plaisir (et la garantie de bonne vente du numéro !). Un dessin d’une grande sentimentalité (Edika est un sensible), dans lequel pointe malgré tout les détails absurdes et cons qui font la marque de fabrique du dessinateur ET du journal. Une couverture d’Edika (en moyenne une à deux par an) est indispensable pour conserver le fil avec « l’Umour Fluidien » originel.

« Fouloude Glôzial » évolue plutôt bien depuis ses débuts en 1975. Cette ‘continuité dans le changement’, tout en conservant l’esprit des fondateurs est la marque de fabrique du journal, et explique son incroyable longévité. Cependant, depuis l’arrivée du nouveau rédac’ chef Goffette (qui me semblait au départ une très bonne chose), on ne peut qu’observer une baisse de la qualité générale, des modifications dans la ligne éditoriale qui empêchent les lecteurs de s’y retrouver. L’apparition de nouvelles rubriques qui n’ont plus trop de liens avec l’esprit du journal (je ne suis pas contre les chroniques rock ou ciné, mais encore faut-il qu’elles s’inscrivent dans la logique  ‘Umour et Bandessinée’), de nouvelles séries plutôt médiocres, que ce soit Duc Béton de Conrad et Frissen ou la quête de Fluide de Frizou et Dubuisson. Sans parler de l’étonnant licenciement d’Eric Deup, pour un article (jamais publié) soi-disant diffamant envers la nouvelle direction du journal (tous les détails ici). Peut-être faut-il être indulgent, et prendre le temps de s’habituer à ces changements ?

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Heureusement, on trouve encore les incontournables Lindingre, Julien et Mo Cdm, Thiriet, James, Margerin, Gaudelette, Lefred-Thouron et bien sur Edika. Sans oublier les inaltérables rubriques de Frémion, Léandri, Casoar ou Fioretto. Espérons que cette baisse de régime ne soit que temporaire, et que le journal puisse renouer avec ses qualités intrinsèques. Je pensais que l’esprit sans concessions de Goffette s’adapterait bien à l’esprit fluidien, sans le dénaturer… Pourtant, Goffette a de bonnes idées, comme l’invité du mois. Dommage de n’y consacrer qu’une page en début de journal et ne pas, par exemple, les impliquer dans la conception des marges de la gazette, qu’ils aient la possibilité de commenter le contenu du journal… Dans son édito, Goffette annonce deux numéros spéciaux à venir sur/avec les Monty Python, puis Groland. Souhaitons que ces deux monstres étalons du genre puissent redonner du peps au journal…

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Mais revenons au génialement fou Edika. Il triture comme personne le langage BD et crée des mises en abyme de dingue, des histoires à tiroirs qui nous plongent littéralement « dans » le système structurel de la narration séquentielle (ça en jette comme formule !). Il nous balade entre les dimensions (la deuxième, la troisième, la quatrième…), incrustant ses personnages dans des décors photos ou les laissant se casser la gueule sur la rigidité du cadre ou de la planche. Un auteur qui joue et se joue des spécificités du médium, se mettant en scène en train de réaliser l’histoire qu’il est en train de nous raconter, toujours perturbé par ses personnages qui l’interpellent pour décider d’eux-mêmes, ou refuser, ce qui doit leur arriver. Un créateur qui se fait constamment débordé par ses créatures. C’est la dure vie d’un auteur. Une virtuosité graphique au service de délires narratifs, Edika arrive à décliner son savoir-faire sans donner l’impression de se répéter. A l’image du journal de Gotlib !

 « Dans les périodes de doute, c’est toujours à la référence Gotlib que l’équipe revient. Quand cette référence ne sera plus compréhensible par ceux qui font le journal, il n’y aura plus de journal. » (Yves Fremion, tirée du numéro spécial 30 ans de Fluide)

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Invitation à la Danse – Danijel Zezelj (Mosquito,1999)

Invitation à la Danse - Danijel Zezelj (Mosquito,1999) dans Chroniques BD 76149477

S’il faut citer de grands maitres du noir et blanc en bande dessinée, on pense aux brillantes figures du genre, tels que Hugo Pratt, Will Eisner, Alberto Breccia, Georges Pichard, Edmond Baudoin, Frank Miller, Jacques Tardi… Mais il ne faut pas être dupes, il en est d’aussi indispensables qui restent malheureusement dans l’ombre. Zezelj est clairement de ceux-là !

Ce sont deux articles (12) de Jean-Pierre Dionnet (sur son blog, qu’il n’a plus alimenté depuis un an, depuis la sortie du premier volume de sa saga Des dieux et des hommes !) qui m’ont attiré l’œil sur ce dessinateur exceptionnel.  Il n’est donc pas surprenant de voir Zezelj dessiner le troisième volume Des dieux et des hommes, qui vient de sortir chez Dargaud.

« Zezelj est encore un secret bien gardé, il oeuvra pendant le millénaire précédent mais il, on peut l’espérer, va enfin être révélé car il correspond pile aux temps passionnants que nous vivons désormais : il n’était par exemple pas dans les indispensables de l’année à Angoulême et il est édité depuis des années par ce formidable éditeur qu’est Mosquito.

Ce n’est certes pas un gamin. Il est né à Zagreb, en Croatie, dans une période troublée, et a été publié dès la fin des années 80. Là-bas d’abord, puis ensuite en Italie où il travailla pour Amnesty International et pour la télévision italienne et Federico Fellini que je cite, le remarqua immédiatement : « je suis fasciné par les perspectives menaçantes et fantomatiques de Zezelj et par la manière dont il utilise les histoires et les personnages pour exprimer une mélancolie générale et une destinée forcément fatale pour les personnages ».

Son dessin élégant, minimaliste, est digne des grands argentins des années 80, d’Alberto Breccia surtout, mais il est définitivement du troisième millénaire car il raconte, en nous faisant croire que c’est de la science fiction, ce qui se passe tous les jours, dans notre monde explosé. » (Dionnet, mars 2010)

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Cet Invitation à la danse, recueil de quatre nouvelles, constitue une très bonne porte d’entrée à l’univers de Zezelj, dont les références sont clairement affichées (Octavio Paz, Pasolini et Kafka). La puissance de son graphisme ne peut laisser indifférent. Ce contraste entre noirs intenses, parfois charbonneux, et blanc léger nous percute littéralement. Rarement la symbolique de ces non-couleurs n’aura été si subtilement employée : matière-lumière, présence-absence, Eros-Thanatos…

Zezelj joue sur les focales, entre des gros plans qui virent à l’abstraction, et des cadrages très cinématographiques, traités de manière quasi hyperréaliste. Son découpage vif apporte un rythme soutenu à des histoires urgentes.

El Sud, c’est l’histoire d’un déserteur qui sait à la veille de son exécution, grâce à la présence de sa bien-aimée, que la mort n’existe pas. Remarquable d’intensité, la véracité des scènes de combats se confronte à l’onirisme des sentiments partagés entre les amants.

Dans Le bouquet bleu (d’après une nouvelle d’Octavio Paz), Zezelj nous démontre toute sa virtuosité narrative. Un sombre quiproquo – un homme s’en sort in extremis, parce qu’il a la chance de ne pas avoir les yeux bleus ! – nous est raconté par une alternance de cases dessinées et de ‘cases textes’. Des doubles pages aux allures de damiers d’échiquier… Sur la dernière planche, un travelling avant nous emmène littéralement dans le papier, jusqu’au noir…

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Un attaquant de foot ne marque pas de but, car ça ne l’intéresse pas. Trois mafieux fomentent un mauvais coup. Deux marionnettes blaguent entre-elles. Un boxeur et son coach parlent métaphysique au coin d’un ring. Le parrain attend un message important. Un cartomancien reçoit une visite attendue. Un chat court jusqu’à 6, deux amants se disent au revoir dans un terrain vague. Un avion balance des poèmes… Il Volo – hommage à Pier Paolo Pasolini, est une succession de scènes magnifiques, sans liens, apparemment…

Un médecin de campagne est l’adaptation de la terrible nouvelle de Franz Kafka. Zezelj use d’une narration séquentielle plus linéaire, dans un genre expressionniste tranchant, qui sied à merveilles pour donner corps à l’univers absurde et fantastique de l’écrivain pragois.

Pour conclure sur cet ouvrage, une citation de Kafka lui-même, convenant parfaitement : « Il me semble d’ailleurs qu’on ne devrait lire que les livres qui vous mordent et vous piquent. Si le livre que nous lisons ne nous réveille pas d’un bon coup de poing sur le crâne, à quoi bon le lire  (…) Un livre doit être la hache qui brise la mer gelée en nous. Voilà ce que je crois. » (Lettre de Kafka à son ami Oskar Pollak en 1904.)

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dzezelj.com

Comme un poulet sans tête – Alex Barbier (Delcourt, 1994)

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Alex Barbier est un cas à part dans le monde de la bande dessinée. Un franc-tireur reconnu comme l’un des inventeurs de la « couleur directe », à une époque (dès 1975) où le terme n’existait pas encore. Ses albums déroutent, certains se demandant même si on peut encore qualifier sa production de bande dessinée. Chaque case est conçue comme une œuvre picturale à part entière, sans logique séquentielle apparente. Aucun trait ne vient appuyer ses formes et ses figures. Presqu’aucuns phylactères, les légendes sont très souvent en décalage avec les dessins. On ne trouvera non plus l’archétype du héros traditionnel auquel on pourrait facilement s’identifier.

« C’est un malentendu, Barbier ne jure que par la BD, un territoire d’expression aux richesses inavouées, capable de nous livrer ses démons intimes aussi bien que n’importe quel autre médium. De fait, Barbier ne fait que cela depuis des lustres. Déclinant l’ellipse entre les cases, l’espace inconnu caché entre les neurones, le cut-up cher à son idole William Burroughs – qu’il est capable de citer de mémoire pendant des heures, avec Celine dont il est l’un des meilleurs connaisseurs ». (Vincent barrière in Qu’est-ce que la BD aujourd’hui ? Hors-série Beaux Art Magazine)

Comme un poulet sans tête - Alex Barbier (Delcourt, 1994) dans Chroniques BD barbier1

Son graphisme, à base de couleurs outrancièrement décalées, évoque les déformations corporelles et les représentations charnelles d’un Francis Bacon ou d’un Lucian Freud. Chez Barbier, les corps sont disloqués, morcelés, mutilés. La sexualité est fauve, impulsive, désinhibée, exhibée… Expressionnistes, ses toiles expriment les tourments intérieurs des personnages (et de Barbier lui-même) plus qu’ils n’illustrent une histoire. Ses cadrages oscillent entre des plans d’ensembles (pour les décors) et des gros plans sur certains détails anatomiques. Barbier sonde les faces obscures de l’humanité et, par le biais de lycaons et autres bestioles (poisson, lynx, porc…), traque la bête qui est en nous.

Comme un poulet sans tête nous emmène dans les divagations mentales du dernier représentant de l’espèce humaine, qui a survécu à l’invasion des Broumphs. Son quotidien est envahi par diverses créatures issues des programmes télévisées, qui fonctionnent tous seuls « comme un poulet sans tête ». Barbier nous installe littéralement dans la peau du personnage, nous décrivant les événements de son point de vue halluciné.

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Lettres au maire de V. est le premier acte de ce qui deviendra son œuvre phare des éditions FRMK. Le maire reçoit une succession de lettres anonymes d’auteurs dénonçant les pratiques sexuelles « anormales et dangereuses pour la collectivité » d’un certain monsieur Papet (qui se défini lui-même comme un loup-garou), auxquelles ils ont eux-mêmes participé…

Le dénominateur commun à ces deux histoires est le lieu dans lequel elles se déroulent, à savoir un ancien casino, hanté par une faune étrange s’adonnant à des pratiques déviantes.

Cet album ne se lit pas comme une bande dessinée « normale ». Ces deux histoires sont décousues, façonnées en une succession d’indices, de détails qu’il nous faut organiser par nous même pour en saisir le sens. La narration repose sur la puissance des images, plus que sur la force d’évocation des mots.

Il n’est pas facile d’entrer dans l’univers de Barbier. Et c’est ce que j’apprécie d’ailleurs, être bousculé dans mes habitudes de bédélecteur et à ce titre, cet album est une vraie claque. Un auteur tel que Barbier est indispensable à mes yeux. Il ne brosse pas le lecteur dans le sens du complaisant. Bien au contraire, il ne nous épargne pas, et c’est tant mieux pour nous.

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Barbier chez FRMK

Interview sur Du9

Sur la Bande Dessinée…

 

Sur la Bande Dessinée... affichesalonouvragesban

Entre les dictionnaires et autres encyclopédies présentant les œuvres et artistes par ordre alphabétique, les anthologies ou livres historiques qui retranscrivent l’évolution du médium de manière chronologique, sans oublier les ouvrages spécialisés sur tel auteur ou tel aspect de la création, il est très difficile de s’y retrouver dans cet amas d’ouvrages, des plus théoriques au plus pratiques, des plus convaincants au plus décevants. Je profite de la création du premier salon des ouvrages sur la bande dessinée (auquel je ne pourrai pas me rendre d’ailleurs, dommage) pour présenter une petite sélection des bons ouvrages du genre, qui bien évidemment sera subjective et limitée (car je suis loin d’avoir tout lu dans le domaine)…

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Bande dessinée et figuration narrative, est le catalogue de l’exposition du même nom. Créée en 1967 pour le musée des arts décoratifs, sous la direction de Claude Moliterni, cette exposition est la première du genre en France. Sous titrée Histoire, Esthétique, Production et Sociologie de la bande dessinée mondiale. Procédés narratifs et structure de l’image dans la peinture contemporaine, cette expo (et ce catalogue) confrontait, déjà à l’époque, l’univers de la BD à celui de l’art contemporain, le Pop Art en particulier. Les passerelles entre ces deux univers sont nombreuses et variées, la notion de narration par l’image en est une. S’appuyant essentiellement sur des œuvres de l’âge d’or des comics d’avant guerre (de Little Nemo à Tarzan, de Buck Roger à Popeye…) et les classiques franco-belges, les analyses contenues dans ce catalogue n’ont rien perdu de leur pertinence.

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L’art de la BD par Duc (1982).La bible en deux volumes pour tout apprentis dessinateur de bd des années 80-90. L’auteur y décortique toutes les étapes de la conception d’une bd, du synopsis au découpage, de la mise en page à l’encrage. Le premier volume s’attaque au scénario, le deuxième au dessin. Le tout richement illustré. Face aux ouvrages pratiques sur l’art de dessiner des mangas ou des comics, cet Art de la bd a le grand avantage d’éviter tout formatage. Il présente les grands axes du savoir faire en bande dessinée, tout en favorisant la créativité de l’apprenti dessinateur et/ou scénariste. Ces ouvrages possèdent un petit coté suranné, ils n’en demeurent pas moins une référence qui peut être encore bien utile aux futurs auteurs…

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Parfait complément aux deux volumes de Duc, Histoire de la bande dessinée en France et en Belgique des origines à nos jours est un ouvrage collectif d’Henri Filippini, Jacques Glénat, Thierry Martens et Numa Sadoul (1980, réédité en 1984) qui comme son nom l’indique, retrace l’histoire franco-belge du médium, des ancêtres aux contemporains, en passant par les grandes revues (d’après guerre à nos jours) et les maisons d’éditions qui ont contribué à l’essor de la bande dessinée. Très bien illustré également, Histoire de la bande dessinée… constitue une très bonne porte d’entrée au 9ème art.

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La bande dessinée entre dans la collection Que sais-je ? en 1985. Signe de reconnaissance par le monde universitaire. Cet ouvrage d’Annie Baron-Carvais dresse un panorama sommaire mais plutôt complet de ce que représente la bande dessinée dans le monde. Après une petite histoire des bandes dessinées, l’auteure aborde les méthodes d’élaboration, présente la bd dans l’exercice de ses fonctions (éducatives, pédagogiques…) et s’arrête sur le phénomène de société qu’elle représente.

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La bande dessinée depuis 1975. Thierry Groensteen a sorti cet abécédaire en 1985 dans lequel il dresse un panorama des nouvelles tendances et auteurs influents de la bd moderne. Il est intéressant  de constater que Groensteen avait anticipé une des composante de ce qu’apportera la « nouvelle bande dessinée », à savoir le format ‘roman graphique’ : « Dans un album standard, chaque séquence remplie une fonction narrative assez stricte dans un schéma généralement linéaire. La construction d’un roman est beaucoup plus labyrinthique, plus proche du réseau signifiant, et permet aussi de varier son tempo ». De même avec la bédé de reportage, lorsqu’il dit : « Demain, certains envoyés spéciaux des organes d’information n’auront peut-être plus la caméra au poing, mais bien le crayon à la main ».

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Avec ce 93ans de BD, Jacques Sadoul, spécialiste émérite en science fiction, réactualise son ouvrage « panorama de la bande dessinée » et constitue ainsi une référence incontournable en la matière. Pourquoi 93 ans ? Parce que, à l’inverse d’autres qui voient en Rodolph Töpffer l’inventeur de la narration séquentielle, Sadoul considère que la bande dessinée, telle que nous la connaissons maintenant, trouve son origine en 1896 avec the Yellow Kid de R.F. Outcault et donne toute son importance aux Katzenjammer Kids de Rudolph Dirks, sorti en 1897.

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L’art invisible de Scott McCloud est un ouvrage essentiel pour comprendre les spécificités narratives et iconiques du médium. Art invisible, car ce qui fait la particularité de la bande dessinée n’est pas ce qui montré, raconté ou dessiné, mais à l’inverse, ce qui ne l’est pas. Ce qui se joue dans ces fameux « espace inter-iconiques », qui amènent le lecteur à combler par lui-même le blanc de l’entre deux cases, deux séquences. La force de cet ouvrage vient du fait que McCloud nous raconte la bande dessinée EN bande dessinée. Ce qui lui permet d’illustrer en temps réel ses concepts. Le fond devient indissociable de la forme.

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La bande dessinée et son double. La thèse de Menu (soutenue à la Sorbonne en ce début d’année) est un ouvrage important pour comprendre les particularismes de la bande dessinée de ces 20 dernières années. Auteur, éditeur et critique, Menu incarne cette nouvelle génération qui porte aisément plusieurs casquettes. Cette multifonction lui permet de développer une analyse du médium personnelle et originale, tant sur le versant de la création que de l’édition et de la critique. Menu ne définit pas la bande dessinée par ce qu’elle est, mais par ses doubles, c’est-à-dire par ce qu’elle n’est pas (une littérature, une avant-garde, un Art contemporain..), et étaye ainsi sa profession de foi : contribuer à l’érosion progressive des frontières.

composition

Composition de la bande dessinée est une étude de Renaud Chavanne, que je n’ai pas encore pris le temps de lire, mais qui s’annonce déjà comme une référence. Présentation de l’éditeur : « Parce que la bande dessinée est un art de l’organisation des images les unes avec les autres, il fallait se pencher sur les méthodes et les principes de ce qu’on appelle souvent la « mise en page ». Telle est notre ambition : mettre en lumière les règles qui guident la composition de la bande dessinée, en vertu desquelles les dessinateurs assemblent les cases entre elles et élaborent le sens de leur propos. Pour ce faire, plus de 200 œuvres ont été sollicitées, produites par de tout aussi nombreux auteurs, choisies afin de montrer la permanence des principes de composition dans les différentes aires géographiques de la bande dessinée, mais aussi à travers les années. »

Bibliographie (quasi exhaustive) sur la Bande Dessinée

Mini-précis de bande dessinée

L’histoire du corbac aux baskets – Fred (Dargaud, 1993)

L'histoire du corbac aux baskets - Fred (Dargaud, 1993) dans Chroniques BD histoireducorbacauxbask

Lorsque Fred convoque la Fontaine, Kafka et Freud dans une même histoire, cela donne le Corbac aux baskets, l’un de ses nombreux chefs-d’œuvre. Le corbeau n’est pas ici affublé de son traditionnel fromage, mais d’une paire de baskets. Doit-on en déduire qu’Armand sent des pieds ? En tout cas, selon son médecin, il sent le renard ! Un comble…

Tout comme Grégoire dans la Métamorphose, Armand se réveil un matin transformé en animal. En l’occurrence en corbeau, un volatile nuisible. De même que Kafka, Fred utilise la transformation anthropomorphique comme parabole symbolique, lui permettant de traiter de la différence. Une manière de dénoncer par l’absurde les discriminations et préjugés qui régissent encore et toujours les relations humaines.

Freud et la psychanalyse sont ici représentés par le docteur Verle Corbo, attifé d’un entonnoir sur la tête et d’un énorme stylo qui consomme du sept litre d’encre à l’heure. Car comme il le précise : « Entonnoir et gros stylo sont les deux mamelles du psychiatre ! ». Bien que psychiatre, Verle Corbo use du décorum et des méthodes propres à la psychanalyse (qui en prend ici pour son grade) : le bureau, le divan, la consultation payante comme principe thérapeutique, la prise de conscience, la libération de la parole, les jeux de mots, l’interprétation des rêves…

Fred est un électron libre dans le monde de la bande dessinée. Il ne semble avoir aucunes limites à ses délires narratifs et graphiques, jouant comme personne des codes plutôt rigides de la narration séquentielle. Entre rêve, réalité, hallucination ou allégorie, son histoire ne semble avoir ni queue ni tête, sans aucune logique spatiale ou temporelle. Pourtant, si on se laisse emporter par ses magnifiques planches colorées, par ce trait incisif et impérissable, sans chercher à rationaliser, tout devient cohérent. Cette folle histoire est lourde de sens.

C’est après un mois d’analyse, durant laquelle il raconte ses mésaventures (ses délires ?) qu’Armand guéri de son problème de mutation, qui serait survenu suite à l’explosion de la friteuse de Tchernobyl (?!)… S’il retrouve son physique d’origine après une bonne douche, ses difficultés d’intégration ne sont pas résolus pour autant. C’est la morale de cette histoire : qui est le plus discriminant ? Ce qu’on est réellement (un corbeau) ou ce qu’on donne à paraître (les baskets) ?  Le regard des autres ou son propre regard sur soi-même ?

histoireducorbac02 dans Chroniques BD

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