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Pilules Bleues – Frederik Peeters (Atrabile, 2001)

Pilules Bleues - Frederik Peeters (Atrabile, 2001) dans Chroniques BD pilulesbleuesco

En une petite vingtaine d’albums sur quinze ans, Frederik Peeters est devenu un des auteurs les plus intéressants de sa génération. Un auteur complet (dessinateur, scénariste, coloriste…) qui développe un univers pictural des plus singuliers, mille fois copié… A l’aise dans de nombreux registre (fantastique, autobiographique, polar, dramatique ou fantaisiste), il sait adapter son graphisme (qui évolue au fil des productions) aux besoins de ses projets.

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Pilules bleues fait parti de ces quelques bande dessinées qui ont fait grandir le médium, l’emmenant vers des territoires qui ne semblait pas le concerner (récit dramatique à la première personne, abordant des thèmes de société …). On pourrait le définir comme un roman graphique car c’est un récit long, autobiographique et réalisé en noir et blanc. Mais ce n’est pas suffisant pour le qualifier ainsi. Pour moi, Pilules bleues est une bande dessinée des plus traditionnelle : les séquences sont fluides, clairement enchainées, même si Peeters use parfois d’ellipses et de cadrages décalés. Ses dessins ne sont pas qu’illustrations, ils évoquent parfois ses divagations mentales (avec la présence pachydermique de rhinocéros et de mammouths). Son style semi-réaliste et sa maitrise du noir et blanc contrasté apportent une légèreté qui convient à merveille pour « dédramatiser » le récit.

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Raconter la maladie n’est jamais évident, surtout par le biais d’un médium qui n’a que rarement permit d’aborder ce genre de thématique. Pilules bleues est un album sensible, qui aborde un thème grave (le sida), sans jamais sombrer dans le pathos. La mort est à peine évoquée, seule la peur de la contamination préoccupe le couple. Un récit émouvant qui prône l’espoir, la victoire de la vie sur la maladie. Peeters a fait le choix de nous raconter son histoire par le petit bout de la lorgnette, privilégiant la subjectivité de son point de vue. Il croit en son récit, et nous aussi pour le coup (j’avoue avoir eu quelques aprioris sur cette Bd qui se sont vite dissipés… Un bien bel album.

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http://frederik.peeters.free.fr/

Réminiscences – Ptoma (éditions Emmanuel Proust, 1999)

Réminiscences - Ptoma (éditions Emmanuel Proust, 1999) dans Chroniques BD ptoma

Réminiscences est un drame en cinq actes, racontant le parcours de Phoenix, boxeur et grosse frappe, vivant dans le Chicago de 1930 à 1949. Du ring à la fusillade… Un prologue muet, montrant la « bête » Phoénix dans toute son horreur. La deuxième partie s’ouvre sur une scène de cauchemar. Phoénix est hanté par de nombreux démons. C’est à ce moment qu’il commettra l’irréparable. S’ensuit alors sa quête de rédemption. Mais pourra-t-il se racheter ? Difficile quand on ne respecte pas le contrat et qu’on bute les hommes de main du boss… Chaque chapitre commence par une citation (de Michel Bataille, Gall, James Ellroy (qu’il a adapté à plusieurs reprises), Batavia et Barjavel) qui annonce la couleur : « Le « monstre » est une anomalie effroyable mais il est aussi peut-être, celui qui doit exister » (Michel Bataille in « Gilles de Rais »)

« Chicago, années 30. Un tueur sans morale qui idéalise la violence prendra conscience trop tard de sa pitoyable destinée. Quelles indéchiffrables motivations le poussent sur la voie du crime ? Et que signifie ce rêve étrange, qui ne lui laisse aucun répit, mettant en scène un épouvantail et un petit garçon bien seul pour l’affronter ? »

« Ptoma : sous ce pseudonyme se cache un auteur belge de 27 ans adepte de la « ligne sombre ». En trois bandes – six cases par planche -, sa narration va à l’essentiel, donnant du rythme et du suspense à cette hallucinante descente aux enfers. » (Quatrième de couverture)

Au première abord, on a comme une impression de déjà vu, entre les graphismes de Jack Davis (contes de la crypte), Burns, Mezzo, mais surtout Miller… Phoenix ressemble physiquement (et moralement) à Marv… Mais si Miller dessine à la machette (aux traits tranchants), Ptoma use plutôt de la faucille, générant des formes plus rondes. Cependant, ils partagent le même traitement du noir et blanc sans concessions, aux ombres incisives, aux contrastes puissants. Une maitrise digne de gravures expressionnistes du début du 20ème siècle.

Ptoma possède un style à la limite du réalisme, dont les proportions et attitudes des personnages sont excessives. Ces formes vous percutent. Les scènes de baston sont d’une efficacité redoutable, on ressent la violence des coups portés.

Une mise en scène vive, aux effets maitrisés, bien que chaque page contienne chacune six cases de tailles identiques. Cette structure en gaufrier est une véritable cage, retenant une bête qui ne demande qu’à se jeter sur vous ! Une fois encore, une contrainte peut devenir un atout. Pas de mise en page de dingue donc, pas de planche déchainées, déstructurées façon Kirby ou Mc Farlane. Il se dégage un certain classicisme dans l’enchainement des séquences, qui évoque le rythme des vieux films policiers…

Réminiscences est un bon premier album, aux influences marquées mais assumées, qui annonce un auteur prometteur (content de voir dans la revue Kramix qu’il évolue plutôt bien, et en couleur…), à l’univers singulier, qui le rapproche de nombreux auteurs de Comics et Graphic Novel. Ce n’est donc pas un hasard s’il est édité dans la collection Petits Meutres des éditions Emmanuel Proust qui, par exemple, diffuse actuellement la série The Last Days of American Crime.

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Collection – Une revue autour du dessin contemporain (éditions En Marge, 2010)

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Je crois bien que c’est Phil Casoar qui en a parlé dans sa rubrique mensuelle de Fluide, ou peut-être Willem dans Charlie, je ne sais plus… Toujours est-il que dès avoir appris l’existence de cette revue spécialisé dans le dessin sous toutes ses formes, je l’ai rapidement commandé chez mon libraire (mais récupéré tardivement). Celle-ci possède les mêmes exigences éditoriales qu’une revue d’art, en particulier au niveau de la qualité de reproduction des oeuvres. Son petit format n’entrave en rien le plaisir de contempler les oeuvres présentés, de les observer, de les scruter dans leurs moindres détails…

Collection dresse un panorama assez complet du dessin contemporain. Toutes les techniques y trouvent leur place, du traditionnel crayon (noir et blanc ou couleurs) au photomontage (classique ou numérique) ainsi qu’une présentation d’oeuvres bousculant les frontières entre texte et dessin… Point de critiques ou d’analyses d’oeuvre. Collection est une revue bilingue (français-anglais), collectif de dessinateurs nous présentant d’autres dessinateurs par le biais d’entretiens passionnants et passionnés, ainsi que par la diffusion de certaines de leurs oeuvres. Ils organisent également des expositions… « Envisager le dessin par de multiples entrées, explorer les possibilités du médium, de l’art contemporain au graphisme en passant par la bande dessinée, telle est la volonté de la revue Collection. Tous dessinateurs, nous recherchons le dialogue avec des artistes pour comprendre les enjeux de leurs travaux. [...] Sous d’apparents grands écarts, des liens se tissent entre les articles. [...] Nos affinités artistiques, nos goûts en commun et notre curiosité ont guidé nos choix pour ce premier numéro qui privilégie l’idée d’une promenade. » (morceaux choisis de l’éditorial).

Au sommaire de ce premier numéro, on trouve des dessinateurs connus tels que Charles Burns, Ruppert & Mulot ou Fanny Michaëlis (déjà croisé sur le site Grand Papier) et d’autres moins. J’y ai d’ailleurs découvert des artistes absoluments géniaux, pour la plupart adeptes de l’auto-édition, que dorénavant je ne manquerai pas de suivre. En particulier les dessinateurs Ludovic Boulard Le Fur, Ricardo Lanzarini ou Christian Aubrun.

Collection est une revue annuelle. Dommage, on en voudrait bien plus. D’un autre coté, sa rareté la rend d’autant plus précieuse… Vivement le numéro 2 en janvier prochain !

Collectionrevue.com

Les Sous-sols du Révolu – Marc-Antoine Mathieu (Futuropolis/Musée du Louvre éditions, 2006)

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J’ai découvert Marc-Antoine Mathieu grâce au collectif Le retour de dieu, dans lequel il nous raconte l’ascension physique et spirituelle d’un homme, au sein d’une cathédrale hors normes. Mathieu vient de sortir un album au thème plutôt similaire : Dieu en personne (ou si Dieu revenait sur terre, le reconnaitrions et comment réagirions-nous ?). Les sous-sols du Révolu (Extraits du journal d’un expert) est le deuxième album issu de la collaboration entre le Musée du Louvre et les éditions Futuropolis, dont le projet est de demander à des auteurs de bande dessinée de nous raconter leur Musée du Louvre. Après De Crecy, qui ouvrait le bal avec son remarquable Période Glaciaire, Mathieu prend la relève.

Dans cette histoire, nous suivons les pérégrinations d’un expert et de son second, qui sont chargé de répertorier toutes les salles du musée. Un périple qui durera exactement dix-huit mille cent trente-quatre jours, tant le Louvres est un véritable labyrinthe sans fond. Mathieu nous décrit un Louvres imaginaire, qui se rapproche de l’image que l’on peut se faire de l’un des plus grand musée du monde (il faudrait plus d’une semaine pour en faire le tour !). Les personnages y déambulent comme dans un espace mental, s’y perdant, passant d’une salle à l’autre, d’un palier à l’autre… Tel un rêve… Tout comme dans Le Retour de Dieu, le périple de son personnage est autant physique que spirituel.

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Eudes le volumeur et son compagnon Léonard sont chargés de répertorier toute les collections du Musée du Révolu (bel anagramme ! Tout l’ouvrage en regorge). Ils commencent par les fondations (qui sont en fait le sommet de la construction), puis les immenses galeries techniques dans lesquelles l’expert se rends compte que sa mission prendra plus de temps que prévue. S’ensuit « La galerie inondée » rassemblant les oeuvres pompiers, où ils font la connaissance de l’ancienne gardienne devenue passeuse. « Le dépôt des moules » se situant encore plus bas au huitième sous-sol, comprenant tous les moules de toutes les sculptures du musée, dont certaines oubliées de tous depuis des siècles… « La salle des fragments » où des ouvriers tentent de reconstituer un puzzle géant, en fait une immense sculpture de ce qu’ils pensent être un cyclope ! « L’atelier de restauration », véritable salle d’opération pour tableau et sculptures, est une sacrée cuisine. On y apprend une vérité paradoxale : la lumière est l’ennemie des couleurs, qui ne peuvent être vues sans elle… « Le département des copies » nous permet de faire la distinction entre une copie et un faux (« les faux issus de copies sont remarquables car ce sont des faux désintéressés… Ils ont leur part de vérité. »). « La réserve du tableau » (intitulé « Le musée du voleur ») donne le vertige par son « habile mise en scène de [la] mise en abime ». « Les archives » nous entrainent dans un délire visuel digne du grand Masse… « L’expert le vieux », où la rencontre avec un vieux collègue qui lui remet son registre d’expertise, permettra à Eudes de prendre conscience que ce travail de volumeur a pris, et prendra plusieurs vies avant d’être achevé (d’ailleurs, nos deux héros vieillissent au fil des pages)…

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« L’entrepôt des cadres » corrobore l’idée que l’encadrement est un Art à part entière. Mais face à la simplification à l’extrême du cadre, le responsable de l’entrepôt imagine de nouvelles voies. En l’occurrence « une suite de tableaux se succèdant chronologiquement de telle sorte à former un récit ». Ce qu’il nomme « une narration picturale séquentielle » ! Un clin d’oeil malicieux à la bande dessinée… La « Bricabracologie » renferme les plus anciennes collections du musée. Eudes et Léonard y croisent un groupe de gardiens de musée en séminaire, qui apprennent à maitriser le « tss tss tss », indispensable outil pour tout gardien voulant reprendre les visiteurs curieux qui touchent les oeuvres exposées… La salle de « L »icône » est occupée par un vieil homme (ressemblant étrangement à Léonard de Vinci). Ce dernier nous apprend qu’il existe en fait plusieurs versions de la Joconde, dans lesquelles seul son sourire change. Chacune est exposé à tour de rôle sans que personne ne s’en aperçoive… « Par ce stratagème, le maître voulait représenter le mystère même de la représentation ». Une subtile réflexion sur la subjectivité du regard. « Le très grand dessein » est l’avant-dernière étape du périple de Eudes. Son compagnon Léonard l’a quitté (Il a trouvé sa place dans le quartier des historiens). C’est donc seul qu’il explore les plans des sous-sols du musée. Il découvre que l’ensemble de ces sous-sols forment une pyramide, dont le sommet pourrait se situer en surface, sur l’esplanade… « Le dernier chapitre » nous montre un Eudes le volumeur en fin de vie, qui a le temps de remettre ces registres à un jeune expert, avant de s’éteindre…

Les Sous-sols du Révolu - Marc-Antoine Mathieu (Futuropolis/Musée du Louvre éditions, 2006) dans Chroniques BD soussolsplanche26

L’univers de Mathieu est ici plus que jamais poétique et absurde. Il y a du Masse dans son graphisme, avec ses personnages à lunettes rondes et chapeau melon. Ainsi que dans les situations absurdes vécues par le personnage principal. Du Fred également, par le détournement de certains codes narratifs et la poésie ambiante qui se dégage à chaque page. Ses formes arrondies et contrastées me font parfois penser à du Tardi. Certains visages expressifs à du Willem… Mathieu est pour moi un des meilleurs dans la maitrise du noir et blanc, tout en clair-obscur. Ses gris sont remarquables d’intensité et de subtilité (voir le chapitre « Le dépôt des moules » où les personnages s’enfonce de plus en plus dans l’obscurité). Un album bourré d’idées graphiques, et surtout narratives, plus géniales les unes que les autres. Un voyage magique, métaphorique, qui nous emmène dans les méandres de la mémoire de l’Art…

revolu dans Chroniques BD

Marc-Antoine Mathieu

Les dépoteurs de chrysanthèmes – Jean Marc Rochette (Futuropolis, 1980)

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Dessinateur autodidacte passionné de peinture (Goya en particulier), Rochette publia ses premières planches dans la mythique revue Actuel. Il n’a pas encore 18 ans. S’en suit la création d’Edmond le Cochon pour l’Echo des Savanes, d’abord seul, puis en collaboration avec Martin Veyron. Son graphisme humoristique et semi-réaliste est à l’époque plutôt underground et trash, très inspiré par Crumb, Corben ou Masse (un grenoblois comme lui !) et proche d’un Margerin des débuts.
Son style évoluera dans le temps, entre le réalisme froid de Transperceneige et les rondeurs colorées de Napoleon et Bonaparte (en collaboration avec Petillon). Il a sorti fin 2009 un nouvel album Himalaya Vaudou.

Ce « dépoteurs de chrysanthèmes » est son premier album, publié en 1980 chez Futuropolis. Il regroupe ses premières planches parues à l’époque dans Actuel. On y trouve aussi les premières histoires de son anti-héros plutôt perturbé, Claudius Vigne. Un recueil un peu fourre-tout (comme souvent avec les albums compilant les premières histoires d’un auteur) passant du fantastique à l’absurde, de l’érotisme au morbide, souvent dans la même histoire. Rochette revisite par l’absurde-trash certains grands mythes et genres populaires : Pim Pam Poum, l’homme invisible, le Polar… Son style s’adapte en fonction. Oscillant entre un réalisme travaillé, flirtant parfois avec l’Hyperréalisme (maitrisant les contrastes clair-obscures ainsi que la matière, par des jeux d’ombres et de hachures) et un style humoristique plus léger. Certaines planches teintées d’humour noir laissent transparaitre l’influence d’un Topor (dans leur style et leur thème).

On trouve quelques illustrations entre deux histoires, usant d’un principe apprécié par Etienne Robial. A savoir prendre un détail d’une planche et l’agrandir. Ce qui fait apparaitre les effets de trame. Procédé qu’il a souvent utilisé pour les couvertures d’ouvrages. Mais la grande originalité de cet album tient à sa conception. Robial et Rochette se sont amusés à supprimer les pages de gardes. La première histoire commence dès la couverture, la dernière se termine sur la 4 de couv’. Il n’y a aucunes pages blanches, tout espace libre est utilisé. Les indications (copyright, dépôt légal, etc.) sont inscrites sur le dos. Il y est même noté un petit poème de Martin Veyron à la gloire de son camarade :  » Rochette , immortelle silhouette, s’élevant telle la mouette au-delà des pâquerettes qu’hantent toutes les oeuvrettes. Dessins à la machette, récit à la baguette nous ouvre la targette d’un nouveau Papeete. Demain sur les manchettes des journaux, c’est Rochette « .

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