• Accueil
  • > Recherche : graphisme noir blanc

Résultats de la recherche pour ' graphisme noir blanc '



STRIP-TEASE – Joe Matt (2004 Seuil)

 0a256bfab047bfe8e8c7b98e006ca.jpg

Dans la grande traditions des cartoonists underground américains (Crumb en tête), Joe Matt nous raconte sa vie de gentil loser sous forme d’un journal intime dessiné… Ses déboires sentimentaux, son (in)adaptation au Canada, sa collectionnite aigue de livres et de View Masters, ses relations avec ses potes dessinateurs (dont le canadien Seth) et surtout, ses obsessions de la branlette et du porno.

Il ne nous épargne rien de ses névroses mais heureusement, il sait en rire et nous en faire rire. Son graphisme sympa, tout en noir et blanc est parfaitement maîtrisé. Ses mises en pages sont vraiment originales et dynamiques. On lit ce Strip-tease avec plaisir et même, une certaine jubilation de se dire qu’il y a plus loser que nous !

nyvjoematt.gif

PERSEPOLIS – Marjane Satrapi (2007 l’Association)

persepolis.jpg

Je connais Satrapi grâce aux revues Lapin ou Ferraille illustré, mais je n’ai découvert que récemment son Persepolis. J’ai même vu son adaptation ciné avant de lire son roman graphique.

Que dire qui n’aurait déjà été dit sur cette œuvre ? Rien de nouveau, si ce n’est un vrai plaisir de lecture. Satrapi a certainement trouvé le médium idéal pour raconter son histoire. Un dessin en dit souvent plus que des long discours. Mais les mots sont parfois indispensables pour exprimer les choses… Le roman graphique est donc le meilleur moyen pour raconter son périple. Unique enfant de parents intellectuels et progressistes, Marjane nous raconte son enfance, ses relations avec ses parents ou sa grand mère, son exil en Autriche et son retour en Iran. Elle nous raconte aussi la montée de l’intégrisme et la prise de pouvoir du Shah, la mise en place du gouvernement islamiste et la perte des libertés individuelles qui en découlent, les arrestations et executions des opposants…

Le fait qu’elle nous raconte cela de son point de vue (qui change en fonction de son age) apporte une sensibilité au ton juste. Elle a su créer la distance nécessaire pour pouvoir raconter ces drames (familiaux et politiques) sans Pathos ni sensiblerie vulgaire. Son graphisme tout en rondeur contraste avec la maîtrise d’un noir et blanc strict. Ce style particulier, simplifié (et non simpliste) contribue à l’universalité de son propos et permet une identification forte du lecteur.

Son adaptation en DA avec son ami Winshluss est vraiment réussi. Bien évidemment, elle n’a pu tout retranscrire et a plutôt privilégié la dimension existentialiste et familiale de son récit. Le contexte politique y est donc moins développé, mais pas occulté pour autant. Il demeure le décor ambiant de sa vie en Iran.

JC Menu avait dit qu’il ne sortirait jamais d’intégrale (de Persepolis ou d’autres séries de son catalogue). Bien heureux qu’il y ait quand même cédé !

Collection Patte de Mouche – l’Association

sanstitrepdm21.png

Une des meilleures maison d’édition BD – L’ Association – nous propose, depuis sa création (1990), plusieurs collections aux noms plutôt sympathiques : Eprouvette, Ciboulette, Eperluette, Archives, Côtelette, Mimolette et Patte de mouche… Cette multitude de formats et de prix traduit l’intention première de sa ligne éditoriale, à savoir vouloir diversifier la Bande Dessinée. Publier des auteurs de qualité et produire de beaux livres, accessibles à tous.

La collection Patte de mouche correspond tout à fait à cette volonté.

D’un format « nouvelle » souple de 10,5 -15 cm, 24 pages, pour un prix de 3 €, cette collection est la plus économique du catalogue. Mais la qualité n’en est pas moindre. Ces BD ne sont pas des grandes réduites, mais de véritables oeuvrettes créées pour l’occasion. Les auteurs utilisent toutes les possibilités offertes par ce format : histoires courtes, noir et blanc, visuels épurés…

sanstitre31.png  sanstitre21.png

Le premier volume de la collection (Imbroglio) est l’exemple type des BD proposées par cette « Patte de Mouche » : peu de personnages, unité de lieu, de temps, monochromie …
Dans cet absurde huis-clos entre 3 personnages, l’histoire possède tant de rebondissement qu’on ne peut en deviner la fin avant de l’avoir lu. Ce qui est appréciable dans la mesure où ça se lit vite. Le graphisme lui, est au service de l’histoire, simple et efficace (du Trondheim, quoi !)

La Nouvelle Pornographie est un véritable exercice de « stylisation » comme seul sait les faire Trondheim. Dans cette bd au titre évocateur, ce dernier simplifie, schématise les formes jusqu’à l’abstraction. Mais en y regardant de plus prêt, il s’agit bien de dessins figuratifs, plutôt explicites…

t21341.jpg

Autre particularité des histoires proposés par les auteurs de l’Association : l’autobiographie. Baladi nous raconte ici une anecdote vécu durant sa jeunesse, souvenir qu’il pourrait nous raconter au coin d’une table, autour d’un verre. « Un récit urbain et déglingué à base de paumés et d’embrouilles, transcendé par la syntaxe si particulière d’Alex Baladi » (Catalogue 2006 de l’Association.)

sanstitre42.png  sanstitre51.png

Mahler est un dessinateur Autrichien (Vienne) possédant un style unique. Minimaliste, il se sert de volumes géométrique simples pour symboliser plutôt que représenter des formes. C’est un figuratif à la limite de l’abstraction. J’adore.
Longueurs & Retranchements est un pur exercice de style digne de l’OuBaPo (créé et diffusé par l’Association). Cette histoire d’auteur face à son éditeur est en fait construite à partir d’un seul et même dessin (celui de la couverture). Pourtant, il y a une vraie histoire séquentielle, un vrai rythme dans cette BD. D’ailleurs, je ne me suis pas rendu compte tout de suite que c’était quasiment la même case à chaque fois, tant il se dégage une impression de mouvement. Bluffant.
Mystery Music lui, regroupe plusieurs historiettes sans texte, d’une page, ayant pour thème un instrument de musique. La musique elle-même – qui est impalpable – est représenté ici par une masse noire informe. De ce décalage absurde se dégage une forme d’humour, de poésie.

espignole01.jpg

Poésie également avec l’Espignole, véritable carnet intime dans lequel Baudoin nous raconte ses souvenirs d’adolescent. Cet album est emprunt d’une certaine nostalgie et se veut essentiellement contemplatif. Structuré sur la forme d’un dessin par page incluant un texte en « voix off », l’Espignole est un bel ouvrage. Le style de Baudoin, expressionniste dans ses formes, ses contrastes et naturaliste dans ses thèmes, colle parfaitement à cette histoire de souvenirs, d’adolescence et d’amour perdus.

BLACK HOLE – Charles Burns (2006 chez Delcourt)

36efc854437bcdc6600d5598e52e2.jpg

Black Hole, où l’art de raconter le malaise de l’adolescence en évitant tout les écueils et clichés habituellement rattachés à ce thème.
L’histoire ne s’attache pas à décrire l’existence d’un seul personnage auquel on pourrait s’identifier facilement, mais à tout un groupe de jeunes (dont les deux principaux narrateurs : Chris et Keith). Ce qui nous évite d’entrer en empathie et permet d’installer une distance nécessaire pour supporter ces ambiances malsaines… Mais le fait que Burns nous décrive la vie de plusieurs ado permet malgré tout l’identification aux personnages car en fonction de nos sensibilités et de nos vécus, on se reconnait au moins dans l’un (ou plusieurs) des protagonistes.

7cf883aa877a332261de73c501450.jpg

Ce malaise ambiant, qui transparait tout au long de la lecture de Black Hole, tient à plusieurs choses…
Tout d’abord, cette histoire de mutation – parabole sur la transformation du corps et la découverte de la sexualité…
Cette « crève » qui se transmet sexuellement nous fait bien évidemment songer au virus du Sida. Sauf que les symptômes sont différents pour chacun des individus (du petit signe inaperçu aux malformations les plus visibles). Tous développent un rapport unique à sa mutation (certains l’acceptent plus ou moins bien, d’autres pas du tout). Même s’ils subissent tous plus ou moins la même chose, ils ne le vivent pas de la même façon. Le pire est qu’ils sont dans l’incapacité d’échanger, de partager leurs souffrances. Pour certain, cette solitude est insoutenable…

Sondeur des tourments les plus noirs, Burns sait parfaitement retranscrire nos angoisses et nos pulsions les plus refoulés. Comme dans cette scène associant pulsions sexuelles et angoisse de morcellement, qui symbolise la peur de l’abandon de soi…

33be258834fe3f7315706771714e7.jpg

Ou celle-ci qui décrit parfaitement l’angoisse de perte d’identité (devoir « changer de peau » pour devenir adulte)…

40e2c8d9e0ad4fc87412ae4b108df.jpg

Cette histoire de « peste ado » symbolise la perte de l’innocence, de l’enfance. Elle va à l’encontre de la bonne morale chrétienne qui prône la pureté et la virginité. Devenir adulte, c’est aussi se confronter à ça…
Le contraste entre l’aspect exceptionnel, irrationnel de ces mutations et la banalité du milieu étudiant américain des années 70 créé un décalage qui persiste tout au long de l’histoire. Et on ne sait pas, dans le fond, ce qui est le plus effrayant…

0d0f8cf8df0ad1c07d210dea214c2.jpg

Le graphisme tout en rondeur, presque de style humoristique détonne face à ce noir et blanc dur, tranchant, expressionniste… Les mises en pages sont d’une grande maitrise. Elles illustrent parfaitement les effets des drogues, les malaises mentaux que ressentent les protagonistes… (La scène d’ouverture quand Keith s’évanoui est remarquable…)
Oui, il se dégage quelque chose d’insidieusement malsain dans le graphisme de Burns.

02df5865828afed603d382f633468tt.jpg

Enfin, la narration… Burns joue ici avec le temps. Il le raccourci ou l’étire en usant des ellipses entre deux scènes ou en nous décrivant la même scène de différents point de vue. Il utilise régulièrement les « flash-back » …
Cette altération dans la chronologie des faits illustre assez bien le rapport ambigu au temps, que vivent généralement tous les jeunes : sentiment d’être immortel, vivre au jour le jour, confusion face aux événements passés, projections dans l’avenir difficiles…

Black Hole est une œuvre unique, remarquable, subtile, qui ne peut nous laisser indifférent. Car nous avons tous été ado au moins une fois dans notre vie.

1...678910

Visiteurs

Il y a 1 visiteur en ligne

Du beau, du bon, des bds…

Du beau, du bon, des bds…

Mag’ & revues disponibles…

Mag’ & revues disponibles…


DuffDes!gn |
Le peuple des couleurs |
ateliers enfants |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | axecreations
| ART'S DATING - DJO CAFÉ-ARTS -
| Electivo Fotografía